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La Forêt de Compiègne

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    Anne
  • il y a 3 heures
  • 12 min de lecture



Étymologie :


Dans "Les forêts de l'Ile-de-France." (In : Revue des Deux Mondes (1829-1971), 1950, pp. 117-140) Pierre Bernus propose l'explication suivante :


"On relève à la fin de l'antiquité celui de forêt des Sylvanectes pour le groupe entourant Senlis (forêts de Chantilly, d'Ermenonville et d'Halatte). Pour la forêt de Compiègne on trouve dans les textes le nom de Sylva Cotia ou Caucia, vocable d'origine probablement celtique signifiant la forêt. En français, cela devint forêt de Cuise, mot qui subsiste pour désigner un charmant village, dans le voisinage duquel se trouve l'unique cromlech de l'Ile-de-France, appelé dans le pays le parc aux loups : Cuise-la-Motte.

[...]

Parmi les noms qui, dans la forêt de Compiègne, sont liés à la vénerie, on peut relever ceux du Hourvari, du Requêté, du Jet de pierre, du Saut du Cerf. Ces deux derniers, dans tous les cas, remontent très haut, car on les trouve portés sur la carte qui fut faite en 1564 de la forêt de Compiègne et que j'ai déjà mentionnée. Cette carte en contient d'autres, toujours en usage, comme ceux, par exemple, du Cheval noir, du Fort Poirier, de Mares Saint-Louis et des Mares de Jaux, du Vivier Corax, etc. On y relève aussi le tracé d'un des plus vieux chemins, le chemin des Plaideurs, toujours existant et connu sous ce nom, qui va, sur un parcours de près de vingt kilomètres, du bourg de la Croix-Saint-Ouen à Pierrefonds. Il y aurait une étude intéressante à faire sur l'origine de beaucoup de ces noms de lieux-dits forestiers, comme celui des Sept-Morts (qui a donné naissance à la légende d'un cavalier, qui, attaqué par sept bandits, les tua tous), ou de la Belle-Image (peut-être y avait-il là une statuette de la Vierge.



Ancienneté de la Forêt de Compiègne :


Michel Roblin, auteur d'un article intitulé "Les limites de la civitas des Silvanectes." (In : Journal des savants, 1963, n° pp. 65-85) élimine le mythe d'une forêt ancestrale remontant aux Gaulois :


"Sans doute la végétation originelle de la région de Senlis, comme de tout le nord de la France, est-elle la forêt de chênes, mêlés de hêtres, de charmes et de tilleuls, mais cette forêt primitive a perdu depuis des millénaires sa continuité et son homogénéité. Celle de Compiègne, truffée d'établissements gallo-romains, paraissait mérovingienne à M. Matherat, je ne crois pas qu'il soit aussi simple de donner un âge précis à un aspect végétal. Il n'est pas certain que les périodes troublées du Bas Empire et de l'établissement de la monarchie franque aient été spécialement propices au développement de la forêt. La régression de l'agriculture a peut-être favorisé la friche et l'épine aux dépens des emblavures, mais d'un autre côté l'abandon de la charrue pouvait entraîner le développement de l'élevage extensif, du pacage des bestiaux en forêt, de la chasse sans contrôle, de la vie errante et sauvage, bref d'une exploitation néfaste à la sylviculture. Des textes nombreux, d'époque féodale, mais aussi d'époque franque, signalent des cultures et des défrichements en des lieux que la toponymie permet de classer sans hésitation aucune dans la nomenclature forestière latine, en contre-partie des vestiges archéologiques nettement antiques, comme ceux du temple de Halatte, ont été découverts en des cantons où l'agriculture a disparu depuis plus d'un millénaire. C'est la forêt de chasse, exclusivement cynégétique, qui est récente ; elle ne daterait pas même de l'époque franque, mais serait d'une origine très proche dans certains cas, et les belles allées rectilignes avec les étoiles qui la divisent en favorisant également la recherche du gibier et l'exploitation de la Direction des eaux et forêts, ont été créées il y a deux siècles à peine (1). A l'époque romaine, comme à l'époque celtique et à l'époque franque la forêt existait aussi, mais sous une forme bien différente ; elle était plus importante en étendue, mais moins compacte, parsemée d'habitats temporaires ou permanents. Ces habitats, dont la mise au jour pourraient nous inciter à postuler toujours une prédominance de l'agriculture, n'étaient pas forcément l'indice de défrichements, mais plus souvent d'exploitations industrielles, ils étaient peuplés de verriers, de charbonniers, de tuiliers, de tous les exploitants de cette matière première jadis indispensable, le bois, tandis que les chemins des Vaches et les chemins des Paissonniers nous précisent encore aujourd'hui l'importance des bergers, des vachers et des porchers, tolérés périodiquement sous la rouvraie et la hêtraie et dont les rustiques abris ont laissé des traces difficiles à dater. Il y a deux millénaires, l'opposition actuelle entre les bois et les champs aurait été vainement cherchée dans la civitas des Silvanectes, comme dans les civitas voisines, la forêt diffuse était partout et nulle part et il faudra attendre les défrichements de la fin du Moyen Age pour voir se dessiner la frontière entre prati, silvae et campi, toujours mentionnés dans les plus anciennes villae de la région. (2)


Notes : 1) Ce sont les routes, au sens étymologique, du latin rupta, de trouée au milieu de la forêt brisée, rompue. On donnait aussi jadis le nom de route à de simples coupes destinées à séparer un canton destiné à l'exploitation des autres secteurs de la forêt. Les routes de chasse de la forêt d'Halatte, comme de la plupart des autres forêts de la région, datent de la fin du XVIIe et du début du XVIIIe siècles. Les anciennes cartes du Département des cartes et plans de la Bibliothèque nationale, très imprécises d'ailleurs pour les périodes antérieures, nous montrent bien les sentiers tortueux qui étaient primitivement les seules voies des cantons forestiers. Les routes et les chemins étaient en général empierrés, nous ne pouvons donc tirer argument d'un empierrement pour justifier l'attribution à l'époque romaine.

2) Les petits bosquets qui parsemaient les labours du Valois, les remises, souvent disparues, sauf en toponymie, étaient des pièges destinés à attirer le gibier levé dans la forêt voisine, afin qu'il se remette, se repose, dans un endroit d'où il ne pourrait plus s'échapper.




Historique de la forêt :


Jérôme Buridant, Boris Brasseur, Hélène Horen et al., auteurs de "Une écologie historique de la forêt de Compiègne (nord de la France)." (In Anticiper l’avenir des écosystèmes, pp. 187-204 © ISTE Editions, 2024) retracent les différentes époques de la forêt de Compiègne :


"La forêt de Compiègne (49° 22′ N ; 2° 54′ E ; 32-148 m d’altitude) est la troisième plus grande forêt domaniale de plaine en France. C’est une forêt subatlantique tempérée de chênes et de hêtres, localisée à 70 km au nord-est de Paris, qui couvre environ 14 500 hectares, à la jonction des rivières de l’Aisne et de l’Oise. Le substrat est dominé par des sables acides et des calcaires. Elle a longtemps été considérée comme une forêt très ancienne, qui aurait pu exister continuellement depuis le début du dernier épisode de boisement postglaciaire, il y a environ 10 000 ans. Cette conviction s’appuie sur le fait que 1) les historiens du XIXe siècle ont interprété de façon erronée la description du paysage par César (De Bello Gallico) comme une région boisée dense à l’époque de la conquête romaine (I er siècle av. J.-C.) ; 2) à la suite de la chute de l’Empire romain (Ve siècle apr. J.-C.), la forêt est devenue une réserve de chasse royale jusqu’à la Révolution française en 1789 ; et 3) depuis le XVIIIe siècle, la forêt est une forêt domaniale gérée pour la production de bois et la chasse du cerf. Cependant, des preuves s’accumulent selon lesquelles la forêt de Compiègne ne serait pas aussi ancienne qu’on le pensait auparavant, et a été façonnée par des milliers d’années d’activités humaines.

[...]

Dans le cas de grandes forêts, telles que la forêt de Compiègne, qui étaient déjà présentes durant le « minimum forestier » (environ 1850 en France) (Bergès et Dupouey 2017) et ont été continuellement cartographiées au cours des derniers siècles, il a été supposé qu’elles existaient probablement depuis les temps préhistoriques. Cette hypothèse était apparemment soutenue par d’anciennes sources écrites. Pline l’Ancien et Suétone, par exemple, désignaient la Gaule antérieure à la conquête romaine comme Gallia Comata, ce qui signifie « Gaule chevelue » (Clavel-Lévêque 1989). Cela a été interprété par les historiens du XIXe siècle comme la preuve d’une terre couverte par des forêts (Maury 1848 ; 1850). Cependant, les premières explorations archéologiques du XIXe siècle commencèrent à jeter le doute sur l’hypothèse d’une forêt ancienne, depuis qu’un nombre de sites gallo-romains eurent été découverts, tels que les vici (c’est-à-dire zones urbaines), les villae (c’est-à-dire fermes isolées), un sanctuaire et plusieurs routes.

[...]

Les résultats montrent que durant la période gallo-romaine, les activités humaines étaient structurées par une importante voie romaine, reliant deux villes : Soissons (Augusta Suessionum), à l’ouest, et Senlis (Augustomagus), au sud-ouest. La route principale croisait trois villes secondaires (vici), et plusieurs fermes (villae) étaient dispersées de part et d’autre, les plus distantes étant connectées à la route principale par des routes secondaires. La technique lidar a aussi révélé que sur quasiment toute la zone forestière, la terre était divisée en parcelles rectangulaires, qui étaient également systématiquement structurées par l’ancien réseau routier (figure 14.2). Elles sont très semblables à celles relevées dans d’autres forêts françaises, qui se sont révélées être les anciennes terres agricoles, où les labours généraient de grandes parcelles géométriques, entourées de talus possiblement surmontés d’une haie (Georges-Leroy et al. 2011). Dans certaines parties de la forêt, de plus petites parcelles de formes plus irrégulières, probablement d’origine médiévale (Ve -XVe siècles), se superposent à ce parcellaire géométrique (Buridant et al. 2020). Cela indique que des parties de la forêt actuelle étaient encore cultivées au Moyen Âge.

[...]

La région de la forêt actuelle de Compiègne n’était ainsi précédemment pas une forêt, mais ressemblait plutôt à une terre agricole ouverte. Les études archéologiques et les analyses polliniques suggèrent que la déforestation locale commença bien avant la conquête romaine (Perrière et Leroyer 2006). Les premières populations d’agriculteurs s’installèrent aux alentours de 4500 av. J.-C. dans les vallées de l’Oise et de l’Aisne, qui longent l’actuelle forêt de Compiègne à l’ouest et au nord (figure 14.1). À l’époque, les diagrammes polliniques sont dominés par les chênes (Quercus) et les noisetiers (Corylus), avec les tilleuls (Tilia), les ormes (Ulmus) et les aulnes (Alnus). Cette végétation typique de la période de l’Atlantique (5500-2300 av. J.-C.) était probablement une forêt à canopée ouverte. Les hêtres (Fagus sylvatica) sont apparus après 3000 av. J.-C. et sont devenus communs après 1250 av. J.-C. (Leroyer et al. 2017).



La forêt médiévale : la (re)naissance d’une région boisée ou un écosystème semblable à une savane ? Les habitats gallo-romains ont été abandonnés assez soudainement vers la fin du IVe siècle apr. J.-C., avec des preuves archéologiques de destruction et d’incendies à partir du IIIe siècle apr. J.-C. (Frémont et Woimant 1975, 1976 ; Truffeau-Libre 1977). Une forêt est mentionnée pour la première fois au VIe siècle par Grégoire de Tours (Histoire des Francs), lorsqu’il raconte la mort du roi mérovingien Clotaire Ier en 561, d’une fièvre « alors qu’il était en train de chasser dans la forêt de Cuise » (dum in Cotia silva venationem exercet). La forêt de Cuise est présentée comme une forêt de chasse appartenant au domaine royal. Depuis cette première mention, les textes historiques confirment la présence continue d’une forêt dans cette région, qui fut par la suite nommée forêt de Compiègne.

Du fait de la colonisation forestière de champs abandonnés, la forêt médiévale primitive aurait pu consister en des bois relativement denses dominés par les chênes. Cette hypothèse est soutenue par la faible densité de population humaine dans cette région durant le haut Moyen Âge, et le fait que les maisons locales étaient construites en utilisant de grands arbres présentant des anneaux de croissance très étroits, suggérant qu’ils auraient poussé dans des peuplements denses. La pression humaine sur la forêt a probablement augmenté à nouveau avec l’explosion démographique des XII-XIIIe siècles. Les études archéologiques attestent d’activités associées à l’approvisionnement en bois, telles que les ateliers de potiers (commençant aux Xe -XIe siècles), les fours à verre (XIIe - XVIe siècles) et les industries métallurgiques (XIVe siècle), toutes établies dans la forêt. Le nombre de fours à verre a augmenté pendant les XIVe et XVe siècles, lorsque plusieurs familles de verriers, immigrant de l’est de la France, s’y établirent. À cette époque, la fougère aigle (Pteridium aquilinum) était probablement abondante, puisqu’elle était la seule source de fondants potassiques.

La datation de charbons enfouis, extraits des charbonnières situées dans les dépressions topographiques au centre de la forêt, suggère que la production de charbon de bois était menée depuis au moins les XIIe -XIIIe siècles jusqu’aux années 1610-1670. Cependant, aucune source écrite ne spécifie la structure, l’étendue et la composition de la forêt avant les XVIe -XVIIe siècles, rendant ainsi difficile de reconstruire la forêt médiévale. Cette dernière a sans doute été modelée par deux facteurs principaux : les droits d’usage et la chasse.

[...]

Comme beaucoup de forêts européennes du Moyen Âge, la forêt de Compiègne n’était pas exclusivement destinée à la production de bois. Les populations locales bénéficiaient de nombreux droits d’usage, tels que le ramassage de bois mort, la coupe du bois vert et le pâturage du bétail et des cochons. Ces droits d’usage furent progressivement restreints, particulièrement par la réformation des forêts de 1663, afin de limiter la surexploitation des ressources forestières (figure 14.4). À cette date, de tels droits étaient concédés à 16 communautés d’habitants, 25 communautés ecclésiastiques et un four à verre. Certaines communautés voyaient leurs droits restreints à certaines zones, tandis que beaucoup d’autres pouvaient conduire leurs troupeaux à travers la forêt entière. La charge autorisée dépassait souvent un animal par hectare, une densité bien plus grande que la capacité de charge de la forêt. Il était donc probable que le paysage forestier à l’époque ressemblait plutôt à un pâturage boisé (c’est-à-dire une savane tempérée) (Rackham 1998) qu’à une forêt avec une canopée fermée, une hypothèse soutenue par des analyses de charbon du sol.

Au même moment (à partir du XVIIe siècle), avec le progrès des armes à feu, la chasse aux faisans était devenue à la mode. Les rois Louis XIV et Louis XV firent construire sept faisanderies au centre de la forêt. Les faisanderies étaient des parcs fermés et cultivés, dédiés à l’élevage des faisans, qui étaient ensuite relâchés dans de grands espaces ouverts (appelés « tirés ») dans la forêt, leur permettant de s’envoler. Cette pratique était toujours en cours au XIXe siècle. L’empereur Napoléon III était un passionné de la chasse au faisan, et venait souvent en forêt de Compiègne.

Cependant, la forêt de Compiègne était aussi dédiée à la production de bois. Pendant les XVIIe et XVIIIe siècles, des bûches étaient transportées de Paris par la rivière de l’Oise, où elles étaient utilisées dans la construction et comme combustible. La forêt fournissait aussi un grand nombre de grumes courbes aux chantiers navals royaux de la côte atlantique, ainsi qu’à un chantier naval local, qui construisait des barges pour le transport fluvial intérieur. L’abondance de bois courts et courbes suggère que le noyau de la forêt, qui était géré en futaie pour la chasse, était entouré de forêts gérées plus intensivement, en taillis sous futaie à courte rotation."


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La forêt actuelle :


Jérôme Buridant, Boris Brasseur, Hélène Horen et al., auteurs de "Une écologie historique de la forêt de Compiègne (nord de la France)." (In Anticiper l’avenir des écosystèmes, pp. 187-204 © ISTE Editions, 2024) présentent la forêt comme suit :


"Le paysage forestier actuel est principalement un héritage des périodes récentes de restauration et de replantation, qui commencèrent au milieu du XVIIIe siècle. De 1772 à 1792, des feuillus, principalement des chênes pédonculés, furent plantés par Pierre-Lucien Pannelier d’Annel et son fils, Antoine-Lucien Pannelier. Une seconde phase de reboisement se produisit au cours du XIXe siècle, sur 6 610 hectares (c’est-à-dire 46 % de la zone forestière totale) (Buridant 2008). À la suite de la Seconde Guerre mondiale, les conifères, principalement des pins sylvestres, furent largement plantés sur les zones les moins fertiles. Plus de la moitié de la forêt est, par conséquent, composée de plantations récentes (< 250 ans). Il est probable que les perturbations humaines associées à ces plantations aient facilité la propagation invasive du cerisier d’automne (Prunus serotina), qui commença vers le milieu du XIXe siècle. La forêt de Compiègne est actuellement la plus envahie de France, avec environ 80 % de la zone forestière impactée, sous une forme allant d’arbres isolés à des peuplements monospécifiques, ce qui impacte significativement l’écosystème.

La forêt actuelle est principalement dédiée à la production de bois (chêne, hêtre, pin sylvestre) et à la chasse au cerf. En tant que forêt publique suburbaine, elle subit également une pression croissante des populations locales pour leurs activités récréatives. Deux réserves naturelles ont été créées, l’une au XIXe siècle (Beaux Monts) et l’autre dans les années 1970 (Grands Monts). Ces réserves sont des outils utiles pour analyser l’impact de la gestion forestière actuelle sur la végétation.

Les premières décennies du XXIe siècle sont marquées par des évolutions rapides de la végétation forestière, en réponse aux changements globaux (encadré 14.5). Ces changements accélèrent les processus : la plupart des espèces d’arbres subissent un dépérissement sévère, en raison de plusieurs facteurs non indépendants : épisodes de sécheresse répétés (hêtres), hannetons (chênes), attaques (épicéas), épidémies de chalarose (frênes), etc. Ces dépérissements accélèrent l’arrivée de la lumière sur le sol forestier, entraînant des changements importants sur les cortèges végétaux."

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Dimension spirituelle de la forêt :


Marie-Laure Le Brazidec, autrice d'une "Proposition d'identification d'une divinité féminine sur une série de jetons en plomb de Gaule romaine." (In : Bulletin du cercle numismatique du Val de Salm, 2020, no 476 et 477, p. 13) identifie une déesse gauloise trouvée en forêt de Compiègne :


"Il y a déjà vingt ans, nous publions un article sur une série de jetons gallo-romains2 , suite à l'étude d'exemplaires issus des fouilles de la forêt de Compiègne (Oise, France) au XIXe siècle, en m'intéressant plus particulièrement à l'iconographie de l'un d'entre eux. Le problème était en effet d'identifier un personnage féminin représenté sur le droit de cette série. À cette époque, il n'avait pas été possible de proposer une identification satisfaisante.

[...]

La série qui a retenu notre attention en raison de l'identification d'un des personnages représenté, se décrit comme suit :

Au droit : À droite, Jupiter debout vers la gauche, nu, avec un pan de draperie sur l'épaule gauche, tenant un sceptre vertical de la main gauche et son foudre de la main droite ; en face de lui, debout à droite, se tient une déesse semblant porter quelque chose sur la tête, différent d'un casque, vêtue d'une tunique courte, bouffante sur le haut des cuisses, par dessus une tunique plus longue ; ses deux mains levées se trouvent à hauteur de son visage ; elle tient dans ses mains deux objets ronds qui semblent identiques, de telle façon que l'on voit dépasser le bout de trois de ses doigts au-dessus, à moins que ce soit un décor propre aux objets.

Au revers : autour d'un rameau que l'on retrouve systématiquement au centre, la légende change en fonction du peuple ou de la localité concernée ; par exemple, sur les exemplaires de la forêt de Compiègne, il s'agit de MEDIOL pour Mediolanum, nom de la localité.

[...]

En comparaison de la divinité représentée sur les antoniniens de Salonine portant la légende DEAE SEGETIAE, nous proposons donc d'identifier la déesse des jetons gallo-romains à Segetia [/Segeta]."


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