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  • Anne

La Caraline



Autres noms : Ranunculus glacialis ; Carline ; Renoncule des glaciers ;





Botanique :


Chronique nature - Quel avenir pour la Renoncule des glaciers ?

Auteur : RAM, radio associative des Hautes-Alpes


Description : C'est une grosse fleur blanche puis rosée. Plante d'altitude par excellence, elle vit entre 2300 et 4000 m d'altitude. Elle est parfaitement adaptée à son milieu mais on peut se demander quel sera son avenir en raison du bouleversement du climat. C'est la question que se pose Marie-Geneviève Nicolas, garde-monitrice au secteur de Vallouise du Parc national des Écrins :


La renoncule des glaciers

 

Toutes les espèces d'une communauté écologique possèdent un remarquable pouvoir indicateur du milieu dans lequel elles vivent. Leurs capacités physiologiques et la compétition des autres organismes ne leur permettent de vivre que dans certaines conditions bien déterminées. L'espèce végétale est donc un révélateur, un intégrateur de facteurs écologiques (climatique et édaphique). Selon une échelle de 1 à 5, des chercheurs, en fonction de leur expérience et de leurs observations, ont attribué une valeur indicatrice pour une douzaine de facteurs. C'est ainsi que la renoncule des glaciers possède une valeur bioindicatrice de 3 concernant l'humidité du sol, de 1 pour la température moyenne à laquelle la plante est soumise pendant sa période de végétation, de trois pour le degré de continentalité (LANDOLT 1977). Un système de pondération en fonction du nombre et du recouvrement des plantes ainsi que différents ajustements permettent des estimations plus précises. En l'occurrence, on peut définir les conditions d'existence et plus spécialement les conditions climatiques actuelles de l'écosystème «sols gelés en polygones». Si la composition floristique des sols polygonaux venait à changer, il serait finalement possible de comparer et de chiffrer brièvement et simplement les modifications dans le temps et dans l'espace, notamment en cas de changement climatique (GUISAN & a/. 1998, HAEBERLI & BENISTON 1998, THEURILLAT & al. 1998).

En voie de disparition : L'association végétale spécialisée des sols polygonaux risque non seulement de disparaître de son emplacement actuel suite au réchauffement climatique, mais même de disparaître complètement des Alpes. En effet, d'une part la superficie potentiellement disponible pour l'étage alpin sera réduite de 66% et celle de l'étage nival de 86% pour un réchauffement de 3,3° C. (THEURILLAT & GUISAN 2001). D'autre part, la proportion des fortes pentes, impropres au déroulement des processus géomorphologiques impliqués dans la formation de sols polygonaux, augmentera fortement aux étages nouvellement disponibles

[...]

- La renoncule des glaciers (Ranunculus glacialis) bat des records d'altitude jusqu'au sommet du Finsteraarhorn à 4275 m, par exemple. Elle témoigne d'une parfaite adaptation hypsophile. L'efficacité de sa photosynthèse aux basses températures est remarquable.

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Vertus médicinales :


Françoise Nicollier et Grégoire Nicollier, auterus d'un article intitulé « Les plantes dans la vie quotidienne à Bagnes : noms patois et utilisations domestiques », (In : Bulletin de la Murithienne, n°102,‎ 1984, pp. 129-158) rapportent :


karlïnna, f. = renoncule des glaciers = Ranunculus glacialis : bonne pour la circulation du sang, pour le liquéfier.

 



Usages traditionnels :


Selon Alfred Chabert, auteur de Plantes médicinales et plantes comestibles de Savoie (1897, Réédition Curandera, 1986) :


J'ai vu, en faisant l'ascension du Galenstock, un alpiniste anglais, grand amateur de piment, le remplacer par les feuilles de la carline, Ranunculus glacialis, dont la saveur est âcre et poivrée. Il affirmait ne s'en être jamais mal trouvé. Son exemple n'est pas à suivre, la carline est dangereuse.

[...]

Dans les vallées et les basses montagnes on administre comme diaphorétiques, les fleurs de sureau, [...] et dans les Alpes, la carline, Ranunculus glacialis ;

 

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