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  • Anne

L'Ornithorynque






Étymologie :


Étymol. et Hist. 1803 ornithoringue (Faujas de Saint-Fond, Essai de géol., t. 1, p. 321) ; 1805 ornithorhynque (Cuvier, Anat. comp., t.3, p. 107, aussi ornithorinque, t. 3, p. 243). Empr. au lat. sc. ornithorhync(h)us «id.» (1800, Blumenbach ds Neave) formé à partir du gr. ο ρ ν ι θ ο- (v. ornitho-) et de -ρ ρ υ γ χ ο ς (de ρ ̔ υ ́ γ χ ο ς «groin, bec»).


Afin d'amorcer la réflexion symbolique, vous pouvez lire la définition du nom ornithorynque.



Symbolisme :


Dans un article intitulé "Ornithorynque, oryctérope et théranthropes Les vrais monstres et les autres" paru dans Animal et Religion (2016) Pierre de Maret rapporte que :


De tout temps et sous toutes les latitudes, l’esprit humain a donné naissance à des êtres fabuleux. Il a procédé souvent par hybridation, réunissant en un même monstre des parties d’animaux réels comme Pégase (cheval ailé), le Griffon (lion et aigle), Quetzalcoatl (serpent et oiseau quetzal), le Minotaure (taureau et homme), les cynocéphales (hommes et chiens) ou encore le Metoh-kangmi (homme ours) des Tibétains.

Parfois, comme les êtres véritablement contrefaits, ces monstres imaginaires ont des têtes ou des membres multiples, comme le cerbère (chien à trois têtes). Ils peuvent aussi posséder des capacités extraordinaires, tel le phénix (oiseau immortel). Parfois aussi, l’imaginaire a même doté les monstres hybrides de pouvoirs surnaturels, comme le dragon (serpent avec des ailes et des pattes et qui crache du feu) ou la chimère (corps de serpent, tête de lion et de chèvre, qui crache du feu).

Mais une autre catégorie de monstres, bien réels ceux-là, mérite de retenir l’attention. Ornithorynque, oryctérope : les termes mêmes témoignent de la perplexité des zoologues lorsqu’il s’agit de nommer ces étranges créatures méconnues et fréquemment confondues.


L’ornithorynque, un improbable mélange

Commençons par l’ornithorynque, ce mammifère bizarre au corps de castor, à pattes de loutre et à bec de canard, qui pond des œufs. On ne le rencontre qu’à l’est de l’Australie, et lorsqu’il fut découvert, il parut tellement étrange que les naturalistes européens – à qui on en avait adressé des dépouilles – crurent à une supercherie.

Sans surprise, l’ornithorynque occupe une place particulière dans les mythes et les croyances des aborigènes.

Dans une légende recueillie sur la côte centrale de la Nouvelle-Galles du Sud, les animaux formaient trois groupes, chacun convaincu de sa supériorité : les animaux terrestres, capables de courir sur la terre, les oiseaux, qui pondent des œufs et sont capables de voler dans les airs, et les créatures aquatiques qui savent nager. Chaque groupe tente de convaincre l’ornithorynque de les rejoindre puisqu’il a certaines de ses caractéristiques. Après quelques jours de réflexion, l’ornithorynque réunit tous les animaux et leur tint ce langage :


Je n’ai besoin de rejoindre aucun de vos groupes, car je suis spécial à ma façon. Comme j’ai de la fourrure et que j’aime parcourir mon territoire, j’ai quelque chose d’un animal terrestre. J’ai aussi un petit peu d’un oiseau puisque j’ai un bec et que mon épouse pond des œufs. En même temps, j’ai quelque chose d’une créature aquatique car j’aime nager et explorer le monde aquatique. (...) Je ne sais pas pourquoi les ancêtres nous ont créés tous différents, mais nous devons apprendre à accepter nos différences et à vivre ensemble.


Tous les animaux et les hommes, après avoir entendu ces paroles, furent d’accord pour reconnaître la grande sagesse de l’ornithorynque. Les hommes décidèrent que dorénavant ils ne le chasseraient plus car il était vraiment extraordinaire.

L’ornithorynque est le sujet d’un certain nombre d’autres mythes aborigènes et continue de nos jours à fasciner et à susciter de multiples récits plus ou moins fantastiques. Son rôle symbolique ou rituel semble être resté cependant limité.

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