L'Oreille
- Anne

- 10 avr.
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Étymologie :
Étymol. et Hist. A. 1. a) Fin xes. aurelia « partie visible de l'organe de l'ouïe » (Passion, éd. D'Arco Silvio Avalle, 160) ; b) ca 1100 oreille (d'un animal) (Roland, éd. J. Bédier, 732) ; 2. a) ca 1145 oreille « organe de l'ouïe » (Wace, Conception ND, éd. W. R. Ashford, 1804) ; 1636 oreille extérieure (Monet) ; 1690 oreille intérieure, interne, externe (Fur.) ; 1814 oreille moyenne (Nysten) ; b) ca 1155 « attention prêtée à un interlocuteur » (Wace, Brut, éd. I. Arnold, 4784: surde oreille fist) ; c) 1547 mus. (J. Martin, Architecture, trad. de Vitruve, p. 151 : avec le jugement de l'oreille musicienne) ; 1630 (Malherbe, Poésies VI, Lxxiii, éd. J. Lavaud, p. 203 : une si juste oreille) ; 1690 avoir de l'oreille (Fur.) ; d) 1559 « confiance » (Du Bellay, Le poète courtisan ds OEuvres, éd. Ch. Marty-Laveaux, t. 2, p. 70 : S'il gaigne comme toy des grands Princes l'oreille) ; e) 1660 « personne qui entend, qui écoute » (Bossuet, Sermons, Charité fraternelle ds Littré, § 9) ; 3. a) 1952 oreille électronique (Figaro, 19-20 janv., p. 7) ; b) 1959 oreille artificielle (Electron.). B. P. anal. de forme 1. a) 1247 oraille « anse (d'un van) » (ds G. Espinas, Vie urbaine de Douai, III, 62 ds Fonds Barbier) ; b) 2emoitié xiiies. « partie de la chaussure où l'on passe les boucles, les lacets » (Gaufrey, éd. F. Guessard et P. Chabaille, 5648 : l'oreille d'un souler) ; c) 1322 « anse d'un récipient » (Dehaisnes, Doc. et extr. divers concernant l'hist. de l'art dans les Flandres... t. 1, p. 247 : paielle d'arain noeve a deus orelles) ; d) 1388 « pièce métallique » (B. Prost, Inventaires, t. 2, p. 347 : grant caudiere à deux oreilles) ; e) 1478 « partie d'un couvre-chef » (Arnaud d'Agnel, Comptes du roi René, t. 2, p. 98 : bonnetz à grans oreilles) ; f) xves. [date du ms.] « manche de charrue » (Gloss. de Garlande, éd. A. Scheler, p.307: Stiva [...] orille) ; g) 1606 mar. oreille de lievre « sorte de voile » (Nicot) ; h) 1636 mus. « lame de plomb, dans les jeux d'orgues » (Mersenne, Harmonie universelle, Livre des orgues, p. 330) ; i) 1642 « pli fait à une page de livre » (Oudin Fr.-Ital.) ; j) 1678 mar. oreille de l'ancre (Guillet, Les Arts de l'homme d'épée) ; k) 1704 « coin de la toile qui enveloppe un ballot » (Trév.) ; l) 1721 agric. « versoir de charrue » (Liger, Nouv. maison rustique, t. 1, 2epart., p. 501) ; m) 1724 oreilles de chien terme de mode (Satyre nouvelle ... ds Brunot t. 6, p. 1104) ; 1797 sobriquet donné à la jeunesse dorée, pendant le Directoire (texte ds Brunot t. 9, p. 836) ; n) 1755 écrou à oreilles (Encyclop. t. 5, s.v. écrou) ; o) 1830 « partie latérale d'un dossier de fauteuil » (Balzac, Bal Sceaux, p. 95 : fauteuil à oreilles), cf. oreillette ; p) 1868 archit. « entaille au bout d'un appui de croisée ou d'un seuil » (Littré) ; q) 1876 oreille d'âne « outil passant dans l'anneau d'une clé » (Chabat) ; r) 1952 oreille d'âne « conduit cylindrique en tôle permettant l'aération d'une cabine de navire » (Gruss) ; 2. bot. a) 1546 oreille de souris (J. Martin, trad. [F. Colonna] Discours du songe de Poliphile, fo17 rods Quem. DDL t. 12, s.v. adiante : Alsine ou oreille de soriz) ; b) 1552 oreille de Judas sorte de champignon (Rabelais, Quart livre, chap. LX, éd. R. Marichal, p. 242 : aureilles de Judas) ; c) 1570 oreille d'homme « asaret » (Pena et Lobel ds Roll. Flore t. 9, p. 217) ; d) 1591 oreille de souris « piloselle » (Lobelius, ibid. t. 7, p. 197) ; e) 1611 oreille de lièvre « myosotis » (Cotgr.) ; f) 1611 oreille d'âne « grande consoude » (ibid.) ; g) 1694 oreille de souris « myosotis » (Tournefort Bot. t. 1, p. 210) ; h) 1887 oreille de lièvre « pezize » (Joret ds Roll. Flore t. 11, p. 175) ; 3. zool. a) 1611 oreille de mer (Cotgr.) ; b) 1832 oreille de Saint-Pierre, oreille de boeuf (Raymond). Du lat. pop. auricula « oreille ; ouïe ; anse de cruche ; en compos. dans quelques noms de plantes : auricula muris, etc. », dimin. en -icula (cf. suff. -ule*) du lat. class. auris « oreille ; oreille attentive, attention ; jugement de l'oreille ; orillon d'une charrue », auquel il s'est substitué.
Lire également la définition du nom oreille afin d'amorcer la réflexion symbolique.
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Anatomie :
Alain Froment, dans un ouvrage intitulé Anatomie impertinente, Le corps humain et l'évolution (© Éditions Odile Jacob, 2013) nous en apprend davantage sur les oreilles :
"SYMÉTRIES : Un adage populaire dit que nous avons deux oreilles mais une seule bouche, parce qu'entendre vaut mieux que parler. Aussi absurde qu'elle soit, cette sentence pose le problème des organes symétriques et des organes médians.
[...]
OREILLES : Pavillon : L'oreille externe est faite d'un pavillon et d'un conduit. L'auricula, ou oreillette, est l'« anse de cruche ». Le pavillon ou pinna est la partie saillante, décollée du crâne, qui n'existe que chez les mammifères. Il est fait d'un seul cartilage recouvert de peau, et sa forme en cornet acoustique en fait un capteur directionnel qui permet de concentrer le son et d'éviter une résonance dans le conduit. Il est capable d'amplifier de plusieurs décibels les sons situés autour de 5000 hertz. Chez les mammifères, l'oreille, très vascularisée, peut jouer un rôle thermorégulateur. On peut de ce point de vue comparer l'oreille immense du fennec, ou renard des sables, à celle toute petite du renard polaire, conformément à la règle d'Allen définie plus haut. Chez l'homme, elle est trop petite pour jouer ce rôle, mais, du fait de cette richesse vasculaire, sa rougeur et son gonflement sont des signaux émotionnels et sexuels qui ne passent pas inaperçus. Le pavillon est du reste une zone érogène classique, tant chez l'homme que chez la femme. On attribue à certaines populations des oreilles particulièrement grandes; c'est le cas des Peuls en Afrique de l'Ouest, et il existe au Sénégal un gâteau appelé « oreille de Peul » (nop u Pël en wolof). De très grandes oreilles sont un signe de sagesse. C'est ainsi que le Bouddha est figuré, afin qu'il puisse entendre la souffrance du monde. De même, tirer les oreilles des enfants est, ou du moins était jusqu'à un passé proche, censé éveiller leur intelligence. La portugaise est une variété d'huître qui évoque l'oreille, d'où son usage en argot, en version ensablée, et le mot « horion » vient d'« horeillon », cible vulnérable dans les bagarres. L'oreille se tranche facilement, ce qui en fait un objet de châtiment, ou encore un trophée guerrier apprécié.
Lobe : Le lobe inférieur, si propice à la décoration, n'existe que dans notre espèce, bien qu'occasionnellement, il soit visible chez le chimpanzé. Il est peu innervé, de sorte qu'on peut le percer sans anesthésie, en le refroidissant avec un glaçon par exemple, pour y suspendre des ornements. À l'origine, ces pendants d'oreilles avaient une vertu prophylactique, pour empêcher les démons de s'introduire dans le conduit auditif et par là dans l'intimité de l'être. Une statistique portant sur 4 000 Européens a montré que deux tiers avaient le lobe libre, les autres l'ayant attaché au cou. Ce pourcentage correspond à un gène « lobe libre» dominant : on n'a des lobes attachés que si nos deux parents les ont. Ce caractère a pu servir, autrefois, dans les exclusions de paternité : un homme aux lobes libres marié à une femme aux lobes attachés ne peut être le père d'un enfant aux lobes attachés. Inutile cependant de vous précipiter sur vos enfants pour vérifier, il y a des procédés plus fiables.
Auriculoscope : L'oreille a un dessin propre à chaque individu, ce qui en fait un caractère d'identification criminologique dans la méthode Bertillon, qui y décrivait treize régions. Ces caractères ont été dépassés par les empreintes digitales, mais ils peuvent servir à comparer des photographies, car si la chirurgie esthétique peut transformer le visage, elle est rarement appliquée aux oreilles. Pour cette raison, si la plupart des passeports requièrent une photographie prise de face, on exige en Suède qu'une des oreilles soit visible. C'est grâce à ses oreilles que le nazi Klaus Barbie, qui se cachait sous une fausse identité, a été démasqué. Certains peintres classiques avaient une façon personnelle et stéréotypée de dessiner l'oreille, ce qui en fait une véritable signature picturale. De par leur forme, elles sont parfois, comme le fer à cheval, assimilées au sexe féminin. Marie aurait été fécondée par l'oreille, et Kama, le fils de la déesse-soleil Surya, également ; le Bouddha peut-être, et même Gargantua puisque, comme l'écrit Rabelais, rien dans la Bible ne dit que c'est impossible. Cela attise le charlatanisme : les liens entre sa forme et le caractère (une oreille pointue révélerait un opportuniste, une oreille petite un conformiste, une grande un entrepreneur, etc.) sont là encore une résurgence navrante de la physiognomonie telle que les recruteurs d'entreprise prétendent l'exercer aujourd'hui. L'auriculothérapie ou acupuncture de l'oreille est une méthode promue par un médecin lyonnais, Paul Nogier (1908-1996), qui repose sur l'idée que le pavillon de l'oreille est une représentation du corps humain en position fœtale tête en bas, avec des liens neuronaux entre celle-ci et les différents organes. Bien qu'elle affirme avoir des résultats dépassant l'effet placebo, cette médecine n'a pas été validée faute de preuves.
Cérumen : Le fonctionnement du canal auditif est plus subtil qu'il n'y paraît : nous localisons l'origine du son avec une précision angulaire de 2 à 3 degrés, mais les deux oreilles ont des fonctions différenciées: la droite pour écouter un son, la gauche pour entendre l'environnement sonore. Dans la mythologie égyptienne, orientée sur l'axe de la vallée du Nil, où les morts sont enterrés sur la rive gauche alors que la rive droite est celle du soleil levant, l'oreille gauche reçoit l'air de la mort, et la droite l'air de la vie. Le conduit, légèrement coudé, réchauffe l'air ambiant, ce qui améliore la vibration du tympan. Les deux tiers externes sont en cartilage tandis que le tiers interne traverse l'os le plus compact du crâne, le rocher. Sa muqueuse comporte des glandes sébacées et 4 000 glandes sudoripares apocrines qui sécrètent le cérumen, dont il en existe deux types codés génétiquement: soit beige et sec, récessif, ou brun et collant, dominant; le premier est plus fréquent en Asie et chez les Amérindiens, le second en Europe et en Afrique. Le goût du cérumen est repoussant pour les insectes, ce qui les dissuade de s'engager dans le conduit, d'autant qu'il est aussi défendu par des poils, qui deviennent plus longs, et peu esthétiques, avec l'âge. Ces dispositions anatomiques ne sont pas dépourvues d'inconvénients: on ne peut pas se curer le conduit avec le doigt ; il faut un outil, ce que, de tous les animaux, seul l'homme peut faire. En outre, l'accumulation de cérumen peut donner une surdité certes réversible, mais gênante. Les glandes qui sécrètent le cérumen sont cousines de celles du sein, et un lien a été établi entre le gène du type humide du cérumen, le cancer du sein et la bromidrose, odeur déplaisante des aisselles où les glandes apocrines sont aussi impliquées.
Atavisme : La structure cartilagineuse du pavillon le maintient dressé et, sur son ourlet, on voit parfois une petite excroissance appelée tubercule de Darwin, anecdotique mais célèbre. Darwin le décrit dans The Descent of Man (1871) comme la pointe de Woolner, car le sculpteur Thomas Woolner l'avait attribué à une réminiscence de l'oreille pointue des animaux, et y voit lui aussi un atavisme. Il s'agit d'un caractère mendélien dominant simple mais à pénétrance incomplète, c'est-à-dire qu'il ne s'exprime pas toujours. Il y aurait 10 % de porteurs du tubercule dans le monde, mais 26 % en Europe. Un autre atavisme qui a frappé Darwin est la persistance des muscles moteurs de l'oreille, exemple assez convaincant de vestige évolutif : il existe trois muscles auriculaires, disposés devant, dessus et derrière. Rares sont les gens qui ont gardé la faculté de les mouvoir, tels le célèbre illusionniste Houdini, ce qui impressionne toujours.
Oreille interne : L'oreille moyenne comprend le tympan et trois osselets disposés en chaîne : le marteau (malleus), l'enclume (incus) et l'étrier (stapes), le plus petit os du corps humain, mais qui s'avère un des plus importants en phylogénie. Cette chaîne est capable de détecter des vibrations infimes du tympan, et de les amplifier 22 fois, notamment grâce au bras de levier très allongé de l'enclume, en direction de l'organe de détection du son, la cochlée, aussi appelée limaçon en raison de sa forme en coquille d'escargot. L'étrier est doté d'un muscle minuscule responsable du réflexe stapédien qui ajuste l'intensité du son afin de protéger l'oreille interne, à condition toutefois qu'un son trop fort ne se prolonge pas trop. À 100 décibels, le réflexe dure un quart d'heure mais au-delà du seuil de douleur, qui est de 120 décibels, il ne se maintient que quelques secondes. Ensuite, des lésions irréversibles de l'audition surviennent. Ce réflexe atténue aussi les sons de basse fréquence, qui ont tendance à masquer les sons plus aigus ce qui, dans la compréhension de certains sons de la voix humaine, en particulier les consonnes, est important. La fonction auditive est fragile et s'altère avec le temps ; les gammes de fréquence vont de 16 hertz à 30 000 chez l'enfant, 20 000 chez l'adolescent, 12 000 chez l'homme de 60 ans. Il y a de plus en plus de pertes dans les aigus avec l'âge, avec aussi de plus en plus de difficulté à filtrer des sons différents, comme des conversations multiples dans une même pièce.
Trompe d'Eustache : L'oreille moyenne est creuse, et une haute pression, comme celle subie lors d'une plongée, risquerait de crever le tympan. Les trompes d'Eustache (du nom de l'anatomiste italien Bartolomeo Eustachi, 1510-1574) sont un vestige patent des ouïes de nos ancêtres poissons, qui font communiquer l'oreille moyenne et les fosses nasales, permettant d'équilibrer cette pression par un mouvement de déglutition. L'usage de distribuer des bonbons au décollage et à l'atterrissage des avions permet de susciter cette déglutition et si les nourrissons se mettent souvent à pleurer, c'est qu'ils ne savent pas qu'il faut avaler sa salive pour soulager la tension du tympan. La manœuvre de Valsalva, décrite en 1704, qui consiste à forcer l'air expiré à passer par les trompes lorsqu'on se bouche le nez, est destinée à rééquilibrer la pression entre l'oreille externe et l'oreille moyenne. Dans le même but, les plongeurs s'entraînent à pratiquer une gymnastique pharyngienne plus difficile, la béance tubaire volontaire. Quand la trompe reste ouverte anormalement se crée le phénomène d'autophonie : on entend sa propre voix ou sa respiration résonner de façon gênante. Ce tubule de près de 4 centimètres de long est aussi le chemin que suivent les microbes lorsqu'on se mouche, ce qui peut causer une otite.
Transformisme : Bien qu'elle soit toute petite, cette région possède une très intéressante histoire qui livre quelques clés de l'évolution. Une des caractéristiques des mammifères est la présence des trois osselets, contre un seul chez les amphibiens et les reptiles, et aucun chez les poissons. C'est l'embryologiste Karl Reichert, en 1837, bien avant la théorie darwinienne, qui a découvert ce rapport entre la mandibule des poissons et l'oreille des mammifères. Pour confirmer cette observation faite sur les embryons d'espèces actuelles, il fallait trouver dans les archives fossiles un animal qui présenterait ce saut de la mandibule vers l'oreille. Ce sont les reptiles mammaliens qui ont fourni la solution: les plus reptiliens d'entre eux n'ont qu'un os, et les plus mammaliens en ont trois, par captation des deux os qui font l'angle de la mandibule (appelé angle goniaque qui, poésie de l'anatomie, veut dire angle « angulaire ») et donnent le marteau et l'enclume, tandis que l'étrier provient de la bordure de l'ouïe, l'hyomandibule des poissons. Ainsi, l'oreille moyenne retrace deux événements majeurs de la biologie évolutive, la conquête du milieu terrestre avec la transformation de l'audition aquatique en audition aérienne - l'étrier, puis le passage des reptiles aux mammifères, qui implique les deux autres osselets. Il y en a un quatrième, le tympanique, directement dérivé de l'os angulaire des poissons, et qui fusionne avec le temporal.
Équilibre : L'oreille interne est logée dans le labyrinthe ménagé dans la profondeur du rocher, à l'abri du bruit de la circulation sanguine. Remplie d'un liquide un peu visqueux, elle est faite de trois parties : le limaçon, le vestibule et les trois canaux semi-circulaires, perpendiculaires les uns aux autres selon les trois directions de l'espace. Le plan horizontal défini par le canal correspondant passe par la racine du nez et le trou auditif, ce qui correspond à la position physiologique de la tête, légèrement penchée en avant. Les deux fonctions de l'oreille interne n'ont pas la même importance. Ainsi, on peut survivre assez bien en étant sourd, mais il est très difficile de mener une vie normale si l'on présente des troubles permanents de l'équilibre. Des terminaisons du nerf acoustique baignent directement dans le limaçon et le vestibule, qui est situé derrière la fenêtre ovale où aboutit la chaîne des osselets. La cochlée est tapissée de cellules ciliées, l'organe de Corti, qui répondent à des fréquences différentes, d'autant plus basses que l'on s'éloigne de la fenêtre ovale ; chaque cellule dont les cils vibrent transmet cette excitation sous forme d'influx nerveux que le cerveau décode en sons d'intensité et de hauteur tonale spécifiques. Les canaux semicirculaires, qui constituent un repère orthonormé, sont remplis du même liquide gélatineux, l'endolymphe. Des cristaux de carbonate de calcium, les otolithes (« pierres d'oreille ») ou poussières d'oreille, d'une taille inférieure à 2 millièmes de millimètre, se déplacent dans ce gel et amplifient la stimulation de neurones ciliés (qui existent déjà chez Amphioxius, un chordé primitif acrânien). Ces otolithes existent chez les poissons osseux, dont nous descendons, mais pas chez les poissons cartilagineux ; d'assez grande taille, ils enregistrent beaucoup de données concernant l'âge, la santé et l'environnement du poisson.
Ivresse intérieure : Dans l'apesanteur des vaisseaux spatiaux, en bateau ou en voiture, il peut y avoir déconnexion entre ce que dit la vision et ce que dit l'équilibre, d'où les nausées du mal des transports. De même, si nous buvons trop d'alcool, celui-ci diffuse du sang vers le liquide de l'oreille interne et, étant plus léger, induit des sensations, comme des troubles de l'équilibre, connues sous le nom d'ivresse. Le couplage entre la position de la tête et celle des yeux est remarquable : vous pouvez bouger la tête dans tous les sens sans quitter des yeux la page de ce livre, à cause du câblage entre les huit muscles oculaires, quatre pour chaque oeil, et l'oreille interne. Le nystagmus, mouvement réflexe des globes oculaires qui cherchent à suivre un point mobile (comme les poteaux télégraphiques que l'on regarde depuis un train), est aussi un signe d'ivresse répertorié par la police de la route : le cerveau, sous l'influence de l'alcool, interprète la légèreté du liquide de l'oreille interne comme un déplacement. Le dispositif de l'équilibre a sa version antérieure dans les « neuromastes » des poissons, ligne de petits sacs situés le long du flanc de l'animal et contenant des cellules ciliées dans un canal rempli de liquide. Les compressions latérales induites par les courants sur les flancs du poisson renseignent son cerveau sur sa position. Le système cilié, décliné ici sous diverses formes, est très ancien et pourrait même remonter aux bactéries."
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Croyances populaires :
Dans le Dictionnaire de la France mystérieuse - Croyances populaires, superstitions, sorcellerie, rites magiques (Éditions Omnibus, 2016) Marie-Charlotte Delmas consacre un article à l'oreille :
Oreille : Au Moyen Age, selon les Évangiles des quenouilles : « Quand les oreilles vous démangent, sachez pour vérité et comme évangile que, si c’est la droite, ce seront de bonnes nouvelles, et si c’est la gauche, elles seront mauvaises. »
Cependant, ce ne sont pas les démangeaisons qui retiennent généralement l’attention, mais les bourdonnements et tintements. La personne qui les ressent est assurée que quelqu’un parle d’elle. Cette croyance, encore connue de nos jours, est très ancienne. Au 1er siècle, Pline écrit : « Les absents (c’est une opinion reçue) sont avertis que l’on parle d’eux par le tintement de leurs oreilles. » (Histoire naturelle, livre XXVIII.)
Cette superstition, très répandue, s’enrichit de précisions sur la nature des propos tenus. Au XVIIe siècle : « Que quand l’oreille gauche nous tinte, ce sont nos amis qui parlent ou qui se souviennent de nous ; et que le contraire arrive lorsque l’oreille droite nous tinte. » (J.-B. Thiers.)
Au XIXe siècle, le rôle de chaque oreille varie d’un lieu à l’autre. Pour les uns, c’est l’oreille gauche qui signale les médisances (Beauce et Perche, Vosges, Alpes-Maritimes, Basse- et Haute-Bretagne, Maine-et-Loire…) ; pour les autres, la droite (Loire-Atlantique, Paris, Deux-Sèvres…).
Pour détourner les conversations malfaisantes et faire cesser le tintement, il est recommandé de se mordre le petit doigt (Alpes-Maritimes, 1894) et aussitôt le méchant se mordra la langue (Paris, 1912 ; Deux-Sèvres, 1906), ou de poser le petit doigt sur son front (Bretagne, 1903). Dans le Maine-et-Loire, c’est le petit doigt de la main gauche ou le coin de son tablier qu’il faut mordre, pour que la personne fasse de même avec sa langue (1905).
Enfin, il est possible de connaître l’identité de celle ou celui qui se livre à un bavardage désobligeant. On obtient l’initiale de son nom en prenant un chiffre au hasard, entre un et vingt-cinq, que l’on reporte sur les lettres de l’alphabet (Ille-et-Vilaine, Finistère, Paris). On peut aussi réciter l’alphabet jusqu’à ce que le bourdonnement s’arrête ; la lettre que l’on prononce à cet instant est la première du nom du calomniateur (Finistère, Ille-et-Vilaine).
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Symbolisme :
Dans le Dictionnaire des Symboles, Mythes, Rêves, Coutumes, Gestes, Formes, Figures, Couleurs, Nombres (Éditions Seghers, 1969) Jean Chevalier et Alain Gheerbrant proposent la notice suivante :
"OREILLE. 1. Le symbolisme le plus remarquable appliqué à l'oreille est celui qui se rapporte au mythe de Vaishvânara comme Intelligence cosmique : ses oreilles correspondent aux directions de l'espace, ce qui est très frappant, si l'on se souvient du rôle qu'attribué la science contemporaine aux canaux semi-circulaires.
Nous notons à propos du van, le rôle très particulier de discrimination attribué aux oreilles de Ganesha, larges comme des vans, et assumant en conséquence la même fonction.
En Chine, le symbolisme le plus notable est celui des oreilles longues, signe de sagesse et d'immortalité : Lao-Tseu avait des oreilles longues de sept pouces ; il était d'ailleurs surnommé longues oreilles. C'était aussi le cas de plusieurs autres personnages illustres — et d'une exceptionnelle longévité — tels Wou-kouang, Yuan-kieou, et le prodigieux héros légendaire des sociétés secrètes, Tchou Tchouen-mei.
Nous ne noterons ici que pour mémoire le rôle symbolique de la fonction auditive (perception hindoue des sons inaudibles qui sont des reflets de la vibration primordiale ; mystérieuse perception taoïste de la lumière auriculaire). Ce symbolisme est évoqué sous la notice son.
2. En Afrique, l'oreille symbolise toujours l'animalité. Pour les Dogons et Bambaras du Mali, l'oreille est un double symbole sexuel : le pavillon étant une verge et le conduit auditif un vagin. Ce qui s'explique par l'analogie de la parole et du sperme, tous deux homologues de l'eau fécondante, dispensée par la divinité suprême. La parole de l'homme, disent les Dogons, est aussi indispensable à la fécondation de la femme que sa liqueur séminale. La parole mâle descend par l'oreille, comme fait le sperme par le vagin, pour s'enrouler en spirale autour de la matrice et féconder celle-ci.
Selon un mythe Fon recueilli au Dahomey par B. Maupoil, la divinité créatrice Mawu, après avoir créé la femme, aurait tout d'abord placé ses organes sexuels à la place des oreilles.
3. Cette symbolique sexuelle de l'oreille se retrouve jusque dans l'histoire des premiers temps du christianisme : Un hérétique du nom d'Elien, écrit Rémy de Gourmont fut condamné au Concile de Nicée pour avoir dit Le Verbe est entré par l'oreille de Marie... Néanmoins l'Eglise, préférant que ce sujet ne fût pas trop approfondi, ne s'est plus prononcée dogmatiquement, et elle a laissé Enodius reprendre la thèse d'Elien ; elle a permis que le missel de Salzbourg s'appropriât ces deux vers du poète :
Gaude, Virgo mater Christi
Quae per aurem concepisti
(Réjouis-toi, Vierge, Mère du Christ, qui par l'oreille a conçu).
Le bréviaire des Maronites, ajoute R. de Gourmont, contient encore une antiphonie où l'on peut lire : Verbum Patris per aurem Benedictae intravit. L'interprétation sexuelle méconnaît ici une autre signification : l'oreille symbolise l'obéissance à la parole divine ; c'est pour avoir entendu, au sens plénier du comprendre et d'accepter, l'annonce qui lui était faite que Marie, librement, conçut le Messie. L'oreille est ici l'organe de la compréhension.
4. Le percement de l'oreille est une forme très ancienne d'engagement et d'appropriation. On le trouve dans l'Ancien Testament :
Si ton esclave te dit : — Je ne veux pas sortir de chez toi, parce qu'il t'aime, toi et ta maison et qu'il se trouve bien chez toi, alors tu prendras un poinçon et tu lui perceras l'oreille contre la porte, et il sera pour toujours ton esclave. (Deutéronome, 15, 16-18).
En Orient, les derviches de la confrérie des Bektachi, qui prononçaient des vœux de célibat, se perçaient également une oreille et portaient une boucle à laquelle on les reconnaissait. La tradition européenne qui voulait que les marins se percent une oreille et portent une boucle pour signifier leurs fiançailles avec la mer a sans doute la même origine.
5. Une des incantations druidiques, que les textes irlandais ont transmises, est le briamon smetbraige (le sens de l'expression est obscur) qui se pratique sur l'oreille : le druide frotte celle de la personne désignée par l'incantation et celle-ci meurt. Non seulement le druide isole l'homme de l'humanité, comme le pense le glossateur irlandais, mais il le fait mourir en l'empêchant de communiquer avec autrui et il le met dans l'impossibilité de recevoir un enseignement quelconque. Dans plusieurs cas signalés par l'hagiographie insulaire, l'oreille sert aussi à l'allaitement symbolique, de valeur spirituelle, donné par quelques saints à leurs disciples préférés. Dans l'allégorie de l'éloquence du Kunstbuch d'Albrecht Durer les personnages qui suivent Ogmios lui sont attachés par des chaînes allant de la langue du dieu aux oreilles de ses adorateurs. Un petit bronze du musée de Besançon représente un dieu à l'oreille de cerf, accroupi dans la posture dite bouddhique.
6. L'oreille est le symbole de la communication, en tant que celle- ci est reçue et passive, non en tant que transmise et active. A Pozan, en Birmanie, se trouve une très ancienne statue de Bouddha, recevant la révélation par les oreilles. Saint Paul n'a-t-il pas dit aussi que la foi venait de la tradition orale ; mais en précisant qu'elle était reçue par l'audition : fides ex auditu. L'oreille apparaîtrait ici comme une matrice, ou tout au moins le canal, de la vie spirituelle (voir n° 3 de cette notice).
7. Selon la légende grecque du Roi Midas, les grandes oreilles seraient aussi les insignes de la stupidité. Mais l'analyse de la légende révèle bien davantage : en préférant la flûte de Pan à la lyre d'Apollon, le roi Midas a choisi ce que symbolisent ces dieux, la séduction des plaisirs au lieu de l'harmonie de la raison. Ses grandes oreilles signifient la bêtise, issue de la perversion de ses désirs. Bien plus, il veut cacher sa difformité : il ne fait qu'ajouter à la luxure, à la sottise, la vanité. Le roi Midas, symbole de la platitude banale est, malgré son refus de le reconnaître, l'homme le plus niaisement dupe de tous les mortels.
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Annick de Souzenelle autrice de Le Symbolisme du corps humain (Éditions Albin Michel, 1991) s'intéresse au décryptage du symbolisme de l'oreille :
"[...] Je ne veux donner ici qu’un point de départ à la réflexion à laquelle nous nous devons pour passer la Porte des Hommes : devenir adulte, comme cela est si couramment exprimé aujourd’hui, ce n’est pas aménager les énergies psychiques, mais les redonner à leur dimension ontologique dont la référence juste appartient au Corps divin.
C’est cela seulement devenir des Hommes.
POSTURE CORPORELLE LIÉE AU PASSAGE DE LA PORTE DES HOMMES : Il est indéniable que la verticalisation intérieure de l’Homme se fera de façon toute privilégiée dans un corps verticalisé lui-même avec harmonie.
La colonne vertébrale n’est pas un axe droit – elle serait alors très fragile – mais elle est composée d’une succession de courbes qui se complètent, se compensent et lui donnent une remarquable solidité dans la souplesse.
La droite idéale que ces courbes reconstituent unit d’une façon exacte dans un même plan les chevilles, les reins et les oreilles.
Ainsi se continuent et se correspondent dans la croissance de l’Arbre les trois « germes » pied-rein-oreille. Cet axe doit être reçu avec justesse dans la coupe du hara. [...]
Stable dans le mouvement, dansant sur ses racines, l’Homme dans son hara est centré en lui-même. Son buste n’est ni penché en avant ni cambré en arrière, mais ancré avec exactitude dans le hara de telle sorte que le ventre soit toujours libéré.
La tête est bien dégagée des épaules qui, elles, lâchent prise et tombent. La colonne cervicale se déroule dans la lumière et prolonge au mieux la colonne vertébrale, obligeant le menton à un léger retrait et cela, nous le verrons, pour que le corps ne soit plus qu’une oreille et que l’Homme devienne Verbe.
[...]
Le visage rassemble, resserre sur un plan supérieur, redit sur un mode majeur tout ce que le corps a déjà révélé de lui jusque-là : les oreilles sont homologues de la Sephirah Malkuth ; elles correspondent tout particulièrement aux pieds.
[...]
Nous nous souvenons en effet qu’au niveau pelvien, le bloc urogénital, chez l’homme comme chez la femme, est indifférencié dans les premières semaines de la vie foetale.
Il en est de même du bloc audio-vocal, son homologue. Ce n’est qu’à la cinquième semaine de vie in utero que les fonctions auditive et phonatoire se différencient, comme au même moment l’arbre urinaire se distingue des structures et des fonctions génitales.
1. L’OREILLE : Exprimant un même aspect symbolique que les pieds et les reins, les oreilles ont la forme d’un germe. Comme eux, elles récapitulent le corps tout entier. C’est à cette lumière qu’est née l’auriculothérapie.
Cette technique médicale, qui obéit à la méthode traditionnelle d’acupuncture, fait converger au niveau de l’oreille seule les localisations des poncturations destinées à vivifier telle ou telle partie du corps. Car, selon le tracé des correspondances harmoniques qui relient l’oreille à l’ensemble du corps, telle partie de l’oreille poncturée fait vibrer telle partie précise du corps à laquelle elle est liée.
Selon le docteur Paul Nogier, cette méthode thérapeutique est employée, empiriquement peut-être mais réellement, depuis les temps les plus anciens : « En Égypte, sous les pharaons, les femmes se piquaient l’oreille pour limiter leurs grossesses ; les Scythes, quant à eux, utilisaient la cautérisation du pavillon dans le cas d’impuissance, et Valsalva employait le même procédé pour calmer les rages dentaires. Au siècle dernier, de très nombreux médecins français, et non des moindres, brûlaient encore la racine de l’hélix pour guérir la névralgie sciatique. »
L’acupuncture japonaise établit cette même correspondance entre les pieds et le corps. Se basant sur le même principe que celui qui préside à l’auriculothérapie, cette technique a pour support le pied en tant que germe. De même que les pieds « écoutent » la terre pour en filtrer les informations – à plusieurs niveaux – afin qu’ils se posent sur ce qui est vérifié solide, et de même que les reins filtrent l’eau et le sang-feu pour distribuer l’énergie en bas et en haut, de même l’oreille filtre l’air, symbole du souffle divin.
Les oreilles, qui récapitulent pieds et reins au niveau du champ de cinabre crânien, n’ont pour vocation fondamentale que d’assurer la verticalisation de l’Homme afin de porter celui-ci de sa multiplicité inaccomplie liée à sa fonction phonatoire à son unité accomplie liée à sa fonction Verbe.
Si le Verbe créateur, Arché de la Création, a voilé Sa gloire et S’est enfoui au sein de la Création, dans les profondeurs de la matière qu’Il a modelée en Son expir, l’Homme, microcosmos, cache en lui le Verbe, microthéos. La croissance de l’Homme, nous l’avons vu dans les chapitres précédents, n’est que la formidable force germinatrice du Théos, le Yod, revenant à l’unité divine, le Aleph, dans son inspir. Je veux parler d’une croissance totale dont, par conséquent, le développement physique est inséparable.
La première manifestation de ce Théos, le Verbe, à la naissance de l’enfant est le cri dont il ponctue son entrée dans le milieu aérien. Le cri de l’Homme, à quelque moment de sa vie qu’il soit proféré, sera toujours un retour sécurisant à son état le plus archaïque, le plus proche de l’arché, le plus ontologique.
Toute sa vie sera une lente élaboration de ce cri qui deviendra langage, puis chant, enfin silence au sein duquel est rejoint l’Arché, le Verbe. Né du Grand Silence divin, l’Homme ne pourra retourner à ce silence que lorsqu’il sera capable de le percevoir, car l’Homme ne parle que dans la mesure où il entend. Il ne croît que dans les limites du registre où il entend. Sa parole est expression de son évolution et l’une vérifie l’autre. Toutes deux sont fonction de son écoute.
L’oreille va donc passer de la perception intra-liquidienne, dans le sein maternel, à celle du redoutable Silence divin. Les vibrations reçues au cours de cette lente évolution vont moduler, structurer l’Homme, dans le but de l’adapter progressivement à ses nouvelles naissances.
Au niveau de la dernière tête, ce troisième étage qui nous intéresse maintenant dans le schéma corporel, l’Homme, structuré par le silence qu’il est capable de percevoir, devient Verbe. Il extrait de sa gangue cosmique le Théos.
Mais nous le voyons incapable de recevoir, d’entendre ce silence s’il n’a pas perçu auparavant toutes les vibrations nécessaires à cette construction ultime. Cette dernière est fonction de toutes celles qui l’ont précédée.
Nous avons vu l’importance de l’acquis in utero : ce qui n’a pas été reçu dans l’audition intra-liquidienne ne pourra être que difficilement récupéré plus tard.
Des expériences significatives ont été faites chez des oiseaux, nous rapporte le docteur Tomatis : « Des œufs d’oiseaux chanteurs couvés par des oiseaux non chanteurs donnent naissance à des oiseaux non chanteurs… » Le docteur Tomatis a mis au point une thérapeutique qui consiste à tenter de reconstituer ce milieu ambiant du ventre maternel pour amener l’enfant mutique mais non sourd à se souvenir de sa vie foetale. On lui fait écouter l’enregistrement de la voix maternelle à travers une couche liquidienne. Récupérera-t-il par là ce que sa mère n’a pas su lui donner en temps utile ?
Des guérisons spectaculaires sont décrites par cet éminent thérapeute. Elles viennent confirmer ma certitude : l’enfant qui n’aura pas reçu dans la vie foetale les vibrations affectives nécessaires à la structure de sa vie psychique risquera de demeurer toute sa vie un amputé psychique, et cela restera vrai à tous les étages de son évolution.
Actuellement, de nombreuses méthodes de psychothérapie sont axées sur l’importance de l’expression qui rejoint celle de la communication. Que de difficultés l’homme moderne ne rencontre-t-il pas à ce sujet ! Mais en vérité, je pense que les problèmes relatifs à l’émissivité sont pour la plupart conditionnés par un blocage situé au niveau de la réceptivité. Soit que la terre n’ait pas été cultivée, soit qu’elle n’ait pas été ensemencée, soit qu’elle ait reçu des graines empoisonnées, elle ne peut exprimer la richesse qu’elle détient en potentialité.
Tant que l’oreille vibrait en harmonie avec les sons de la nature ou avec une musique elle-même construite en harmonie avec les structures intérieures de l’Homme, celui-ci ne se détruisait pas. La bruyante frénésie des villes, la pseudo-musique à base de tintamarre qui ne correspond qu’à la désintégration du son, les cantiques vécus dans un registre plus puérilement sentimental qu’authentiquement spirituel, tout cet ensemble concourt à faire proliférer les plantes mortelles de notre être.
[...]
Il est temps de nous pencher ici sur les remarquables travaux que le docteur Tomatis a consacrés à ce sujet. « C’est pour tendre l’oreille que le corps se verticalise, dit-il, et c’est pour devenir une oreille totale, sorte d’antenne à l’écoute du langage, que l’Homme se voit doté d’un système nerveux qui répond à la réalisation de cette fonction. »
Dans le ventre de la mère, l’enfant n’est qu’une grande oreille, il reçoit l’information totale du monde des archétypes dans lequel il baigne, ainsi que les sons qui lui parviennent du monde maternel. Il entend, enregistre, mais ne le sait pas encore.
Dans la perspective que propose le docteur Tomatis, le développement de l’enfant in utero puis sa croissance tout au long de sa vie obéissent à l’induction exigeante et secrète de sa fonction parolière qui amène l’Homme adulte – et c’est cela être adulte – à devenir dans la matrice cosmique cette grande oreille capable d’entendre la totalité de l’information pour la devenir, devenir Parole-Verbe. Les expériences scientifiques du docteur Tomatis viennent prouver ce que la tradition nous affirme : dès sa conception, l’Homme est thématisé par sa fonction Verbe, participation à la Parole qui est son Nom, comme Adam l’est dès le principe de sa création par יהוה.
« Tout se passe comme si une précession offrait à l’oreille le rôle qui consiste à déclencher l’amplification ultérieure du système nerveux… L’oreille se voit donc attribuer le système nerveux dans le but de pouvoir introduire la fonction parolière. »
En affirmant cela, le docteur Tomatis renverse les concepts classiques de l’ontogenèse qui donnaient et donnent encore la précession au système nerveux, lequel se verrait attribuer par la suite les fonctions sensorielles.
Dans la perspective inversée que met en place Tomatis, c’est autour du labyrinthe, organe central, énergétique et primordial de l’oreille interne, que tout s’organise.
Le secret au coeur du labyrinthe de l’oreille, en tant que force inductrice de croissance et en tant que finalité exaltante, rejoint le thème fondamental de nombreux mythes ainsi que celui de la recherche mystique universelle pour laquelle labyrinthes et mandalas sont objets symboliques de méditation. Ce secret – le Nom – s’enracine donc dans la toute première cellule embryonnaire qui serait alors programmée à cette seule fin : la parole.
L’Homme n’est que Verbe ! Il naît pour devenir son Nom, lequel, engrammé à la fine pointe du labyrinthe embryonnaire, organise tout autour de lui dès la « nuit utérine ». Créé par le Verbe de Dieu, l’Homme est vibration secrète qui le modèle et le sculpte, le module et le chante jusqu’à ce qu’il devienne Verbe !
La tradition hindoue rapporte que le son primordial Aum est enfermé dans la conque, shanka, et que cette conque a le même schéma que l’oreille humaine. Or, la cochlée au sein de l’oreille interne est le κόχλος grec qui signifie « conque » ou « coquillage ». Une conscience très primaire de cela nous fait écouter le chant de la mer au fond d’un coquillage…
Cette même tradition hindoue appelle la Création Shruti qui, littéralement, signifie « ce qui est entendu ». « Elle est primordialement enfermée dans la conque shanka qui contient le Aum. »
La conque, au niveau de l’oreille, est donc la cochlée qui, avec le labyrinthe, fait partie de l’oreille interne. Elle est la part la plus archaïque de notre structure.
En Inde, comme au Tibet, le monosyllabe Aum est rituellement modulé comme étant le son primordial et impérissable, le Nom du Verbe manifesté.
Il est vibré à plusieurs niveaux de résonance dans la boîte crânienne, de telle sorte que la dernière vibration est nettement nasale, mobilisant ainsi le rhinencéphale, soit la partie la plus archaïque du cerveau ; nous verrons qu’il nourrit ainsi l’éveil du Verbe divin en l’Homme.
Cette dernière vibration rejoint celle qu’induit la lettre N ; elle fait alors se relier intimement le son Aum à celui que fait vibrer le Amen hébreu. Amen אמן est un mot intraduisible car il ne peut être enfermé dans un concept. Comme tous les mots hébreux, c’est son corps même qui est vivant jusqu’à la plus fine pointe de son esprit qui met alors celui qui le module en adéquation totale avec la réalité du mystère divin.
[...]
En tant que l’oreille est analogue à un corps tout entier, ce troisième étage appelé « oreille interne » correspond à la tête et a pour fonction l’équilibre et la verticalisation. Sagesse et intelligence y président.
Équilibre et verticalisation dans l’espace extérieur sont symboles d’équilibre et verticalisation dans les terres intérieures que cette partie de l’oreille assure essentiellement.
L’oreille moyenne est constituée de la caisse du tympan à l’intérieur de laquelle trois osselets – l’étrier, l’enclume et le marteau – nous renvoient aux outils du forgeron.
Le travail d’accomplissement qui se fait dans la forge, au deuxième étage du corps, correspond à ce travail de transmission des sons et de régulation des pressions qu’assure l’oreille moyenne.
L’oreille externe comprend le conduit auditif et le pavillon. Contrairement à celui des animaux, le pavillon de l’oreille humaine n’est pas mobile, mais il est ciselé d’une manière infiniment plus complexe.
L’animal, qui se déplace exclusivement dans le monde extérieur et qui n’a d’autre moyen de défense que la rapidité du geste, a besoin de ce pouvoir giratoire qui lui permet de balayer l’espace en un instant pour en recevoir les informations.
La fine complexité du pavillon chez l’Homme est sculptée par l’intelligence de ce dernier qui économise son mouvement extérieur et donc l’information qui lui est inhérente, afin de porter à l’intérieur de lui-même sa puissance d’écoute. L’Homme adulte qui commence d’intégrer l’animal ne devrait se déplacer dans l’espace extérieur qu’en fonction de l’écoute intérieure, essentiellement. Toute agitation alors s’efface. L’oreille humaine se présente donc comme organe d’écoute intérieure tout entier dirigé sur le cœur du labyrinthe qui, entendu, donne la clef du chemin du Nom, puis celle du Nom Lui-même. Il ouvre sur l’universalité de la Création.
Le cœur n’est entendu que par celui qui, tel l’apôtre Jean à l’écoute du secret divin en se penchant sur le sein du Christ lors de la Cène, y place son oreille. Car le coeur du labyrinthe, c’est aussi le Christ, le Verbe. Il est présent en chacun de nous.
Le cœur du labyrinthe n’est entendu que par celui qui s’est totalement redressé parce qu’il s’est totalement épousé dans le sanctuaire du forgeron.
De même que le fœtus, grande oreille dans le ventre maternel, ne naît que lorsque son sang est totalement porteur de son souffle, son Nom en germe, de même, foetus accompli dans la matrice cosmique, l’Homme devient alors la grande oreille qui entend son Nom ; il est prêt à naître.
Parce qu’il connaît son Nom, il devient Verbe.
Le cœur-organe, icône du Verbe, est constitué dans sa partie supérieure de deux oreillettes, dont la fonction subtile rejoint celle des oreilles.
Le cœur ne bat que pour entendre.
Entendant, il verra. « Heureux les cœurs purs car ils verront Dieu » (Mt 5, 8).
Parce qu’il n’a pas eu d’oreille pour entendre l’Ange prononcer le nom qu’il devait donner à son fils, Zacharie est privé de parole pendant neuf mois (Luc 1, 20).
La tradition chrétienne parle de l’« eucharistie de la Parole » : Parole-nourriture dont les mantras hindous sont la réplique. Cette nourriture est reçue dans l’oreille que son étymologie relie à la notion d’« ouverture ». La bouche qui reçoit, elle, la nourriture physique est aussi « ouverture » dans son étymologie latine os, oris.
« Ephéta, ouvre-toi, ordonne le Christ au sourd que Ses disciples Lui amènent pour le guérir. Aussitôt ses oreilles s’ouvrirent et sa langue se délia » (Mc 7, 34-35). Et Marc, insistant sur le lien étroit qui unit l’oreille à la parole, rapporte l’admiration des disciples de Jésus qui disent de Lui : « Il fait entendre les sourds et parler les muets » (Mc 7, 37).
En hébreu, l’« oreille », Ozen אזן , évoque l’idée d’« obéissance » (mot dont la racine signifie aussi « ouverture »). L’énorme confusion qui s’est opérée dans notre langue coupée de ses racines profondes a introduit une identité de sens entre les mots « se soumettre » et « obéir ». En réalité, la soumission est servitude, l’obéissance libération.
Ce même mot Ozen אזן est composé de la racine Zan זן qui signifie « espèce, sorte ». Sous ce symbolisme, l’oreille assure la continuité, la croissance d’une espèce nourrie par le Aleph א, la puissance divine créatrice. Dans cette perspective, l’oreille reçoit – par le cordon ombilical nourricier qui vient s’implanter subtilement au niveau de son tragus – la manne céleste qui est le Nom : « Je lui donnerai la manne cachée, et je lui donnerai un caillou blanc, et sur ce caillou est inscrit un Nom nouveau que personne ne connaît si ce n’est celui qui le reçoit » (Ap 2, 17-18).
Le septénaire sur lequel est construit le livre de l’Apocalypse, contrepoint au septénaire du livre de la Genèse, me semble lié à l’ouverture des sept palais. Chacune des sept lettres destinées aux sept Églises se termine par cette injonction : « Que celui qui a des oreilles entende ce que l’Esprit dit aux Églises. »
Après avoir écrit la dernière lettre, Jean a la vision du Trône divin…
L’iconographie chrétienne ne représente ni le Christ ni les saints avec de grandes oreilles. Elle met seulement en lumière le chakra ovoïde de la gorge au niveau duquel se libèrent les énergies de l’Homme-Verbe. Seuls, à ma connaissance, les petits personnages situés à l’extrême droite du linteau du tympan de Vézelay sont des hommes munis d’énormes oreilles : ils ont entendu, pris conscience que leur pied est blessé ; et c’est marchant à cloche-pied qu’ils s’avancent vers leur verticalisation pour leur accomplissement divin.
C’est en Inde surtout que nous rencontrons ces symboles, dans la tradition védantique, tout d’abord sous la forme de l’éléphant aux longues oreilles, puis chez le Bouddha.
Ganesha, fils de Shiva, a une tête d’éléphant et un corps d’homme. Il monte un rat. « Sa force spirituelle est symbolisée par l’amplitude de la tête avec ses larges oreilles et sa trompe, ensemble qui a l’apparence de Aum écrit en sanscrit. Aum, nous le savons, est le symbole de l’infini, de la Réalité suprême, sous forme de Son symbole. Pénétré de la lumière divine, Ganesha est sans poids, aussi léger que l’air. Il n’écrase pas le rat, animal sagace, habile et rusé qui sait pénétrer dans les endroits difficiles et très étroits et symbolise l’intelligence apte à pénétrer les problèmes les plus ardus. »
Il n’est pas utile d’insister ici sur l’iconographie du Bouddha, image de l’Homme réalisé. Non seulement il a de longues oreilles, mais au sommet de sa tête la fleur de lotus s’est ouverte ; j’y reviendrai.
Si la tradition chrétienne ne représente que peu d’Hommes aux longues oreilles, par contre elle vénère l’âne.
[...]
En Grèce, Midas, roi de Phrygie, ne sut pas reconnaître la supériorité des sons que le divin Apollon tira de sa cithare sur ceux de son rival ; il reçut des oreilles d’âne, de celui qui sait, lui, discerner les sons divins.
Le bonnet d’âne était primitivement donné à l’écolier qui ne savait pas écouter, non pour lui faire honte, mais pour qu’il apprenne à entendre.
La tradition chrétienne gardait encore vivant, jusqu’à ces dernières années, le symbolisme du lapin et du lièvre. Animaux aux longues oreilles, ils ornaient les cartes pascales. Oreilles et oeufs de Pâques se rejoignent dans le même symbolisme de la Résurrection.
Dans le même sens, les oreilles du taureau sont offertes au matador qui a livré une brillante corrida. Il reçoit ainsi la récompense par excellence en hommage au Grand OEuvre divin accompli. La tauromachie plonge ses origines dans un rituel sacré lié aux sacrifices sanglants : le matador, vêtu de l’« habit de lumière », pénètre de son épée le coeur du taureau noir.
Chez les Celtes, selon ce que rapportait récemment l’écrivain Frédéric Lionel, les oreilles des animaux sacrifiés par les druides étaient offertes à Ogmios, dieu de l’éloquence. Oreilles et parole sont encore ici intimement liées.
[...]
Le mot hébreu « silence », qui qualifie antinomiquement la Voix divine, est Dmamah דממה qui contient les mots Ma מה , l’« eau » et Dam דם , le « sang ». Entrons alors dans cette réalité que la Voix divine ne Se fait entendre ni dans le vent (élément air), ni dans le tremblement de terre (élément terre), ni dans l’élément feu, mais dans le silence qui participe de l’eau et du sang, donc de l’Esprit.
L’oreille, en tant que réceptacle du Verbe divin, baigne dans les eaux d’une nouvelle Genèse. Sortant de la caverne-matrice Élie naît à une nouvelle dimension. Créé en Adam à l’image divine, il en atteint la ressemblance."
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*
Dans Le Temple de l'âme : La Parole divine du corps humain (Éditions Dangles, 1998) Roland Arnold décrypte la symbolique des oreilles :
"Les oreilles : Du latin auricula, dérivatif qui a remplacé auris (oreille, ouïe, être attentif). Il semble intéressant de noter les mots latins qui ont la même racine qu’auris :
aura (ae) : souffle léger, brise, rayonnement de l’or, air, ciel ;
aureus : d’or, doré, précieux, qui vaut de l’or ;
aurifer : qui produit de l’or, qui contient de l’or ;
auriga : cocher, conducteur, pilote ;
aurigo : guider, gouverner, conduire ;
auritus : longue oreille, qui entend, attentif ;
aurora : l’aurore ;
aurum : or, richesse ;
aureola : couronne d’or ;
aureus, nummus aureus : pièce d’or.
*
Nous sentons sans grande difficulté les liens qui se tissent entre tous ces termes, si nous nous souvenons que nous vivons en fonction de l’écoute, d’abord extérieure, pour passer très vite à une écoute intérieure.
a) Vers l’écoute intérieure : Celui qui écoute le verbe en lui est conduit à transformer sa vie en une aurore où l’inaccompli devient accompli, où l’épais se sépare du subtil, où l’inattention devient attention. Le plomb, le non-précieux, devient or.
L’oreille, ainsi que les autres organes, révèle une science profonde au-delà de la structure physiologique. Il y a là une véritable richesse si nous savons la découvrir, une sorte d’héritage de sagesse valant plus que de l’or.
D’une manière purement anatomique, l’oreille est composée de trois parties :
L’oreille externe, ou pavillon, qui se prolonge par le canal auditif (24 mm) débouchant sur le tympan.
L’oreille moyenne avec sa chaîne d’osselets : le marteau, l’enclume et l’étrier.
L’oreille interne formée :
d’un labyrinthe osseux avec les canaux semi-circulaires disposés selon les trois plans de l’espace, et dont le rôle est d’assurer l’équilibre.
d’un labyrinthe membraneux avec l’utricule et le saccule qui contiennent l’endolymphe (eau à l’intérieur) où baignent de petits grains calcaires dont la fonction est aussi d’assurer l’équilibre.
Le limaçon se termine par l’appareil de Corti, qui est l’organe spécifique de l’audition. C’est une sorte de harpe qui vibre selon les sons.
Que veulent donc dire tous ces mots ?
Interprétation symbolique : le pavillon externe s’oriente pour capter les sons. Sa forme est celle d’un germe qui rappelle la forme d’un embryon. La réception des sons se fait germe, d’où peut croître une nouvelle écoute. L’oreille moyenne, avec les plus petits os du corps, est une forge où s’opère le travail de l’écoute. L’enclume et le marteau sont les outils spécifiques des forgerons.
Se forger une écoute pour entendre ce qui est essentiel dans le brouhaha de nos vies ; l’écoute se fait à partir du silence intérieur pour atteindre le silence extérieur.
Ainsi, tout homme doit se faire forgeron en travaillant sur lui-même afin de parvenir à une écoute juste et orientée. Utilisons le marteau, l’enclume et l’étrier pour transformer les sons en sagesse.
Au-delà de cette forge, nous pénétrons dans le labyrinthe, symbole de l’errance psychologique, pour trouver la sortie, ce qui correspond à une compréhension autre, une compréhension spirituelle.
L’écoute est directement en relation avec l’équilibre. Ne cherchons-nous pas tous une vie équilibrée ?
Le premier mot de la principale prière du peuple d’Israël est « Shema Israël », qui veut dire : « Ecoute Israël... » et toute sa vie sera fondée sur cette écoute. C’est là le premier commandement de Dieu : « Ecoute ! »
L’enfant, dans le ventre de sa mère, est une énorme oreille et il vit selon cette écoute. Elle est le premier sens qui s’éveille dans la vie intra-utérine.
Aussi, le Christ dit :
Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la gardent !
b) L’équilibre et le temps : Les oreilles, interne et moyenne, sont entièrement contenues dans l’os du temporal crânien, c’est-à-dire l’os qui donne le temps de la vie. Temporal : du bas-latin temporalis, de tempus ou temporis, le temps.
Le rythme, le temps de notre vie n’est-il pas en rapport avec notre capacité d’écoute ? Et si écoute il y a, écouter qui, quoi ?
N’y a-t-il pas plusieurs niveaux d’écoute ?
s’écouter parler, s’écouter ;
écouter les autres ;
écouter la Parole de Dieu, de l’homme de Nazareth ;
écouter la voie intérieure.
Et on passe le temps comme on écoute (le temps pouvant être bon ou mauvais). D’où le mot « tempe » pour la partie latérale de la face. Le seul temps qui existe est le présent. Notons que dans présent nous entendons présence de Celui qui est.
L’audition au niveau du temporel est liée à la vision par l’os zygomatique (du latin zygoma, du grec zugôma, jonction et de zugon, joug) ou malaire.
Mais le plus intéressant est le verbe tempero en latin, qui signifie :
Transitif : disposer convenablement les éléments d’un tout, combiner dans les justes proportions, organiser, régler, modérer, tempérer, équilibrer.
Intransitif : garder la mesure, l’équilibre, être modéré, maîtriser.
Et tempestas, qui est le temps, la température, mais aussi le mauvais temps, la tempête, l’orage, le trouble, le malheur. Ou encore tempestus (tempus) « qui vient en son temps, qui est favorable, approprié, mûr ».
L’oreille (écoute) nichée dans le temporal conditionne d’une manière irréfutable la situation d’expérience du moment présent.
De plus, l’appareil de l’audition et de l’équilibre se trouve dans la partie de l’os temporal qu’on a nommée le « rocher » (en grec petra) : d’où les descriptions anatomiques : nerfs pétreux, sinus pétreux inférieur, etc. En grec, petra veut dire « pierre, roc ».
Dans la tradition chrétienne, celui qui a le pouvoir des clefs du Royaume de Dieu est l’apôtre Pierre. En hébreu, Petros signifie « celui qui ouvre ». Le rocher peut donc aussi signifier petros, os qui ouvre à une nouvelle
Ecoute, divine cette fois-ci, donc à un nouvel équilibre centré sur Dieu.
Le symbolisme du rocher comporte des aspects différents, dont le plus évident est celui de l’immobilité, de l’immuable ; il peut être le Principe suprême. Ainsi, le Rocher d’Israël du langage des Psaumes bibliques n’est autre que Yahvé.
De même dans le cantique de Moïse : « Il est le rocher ; ses oeuvres sont parfaites, car toutes ses voies sont justes ; c’est un dieu fidèle et sans iniquité, il est rectitude et justice. »
Même identification en ce qui concerne le rocher du désert, dont Moïse fait jaillir la source : fontaine de vie et manifestation des possibilités originelles.
Dans l’Ancien Testament, le rocher est l’image de la force de Yahvé, de la solidité de son alliance, de sa fidélité.
Les psalmistes dans leur détresse invoquent Dieu comme un rocher. Ce rocher préfigure le Christ.
Le rocher spirituel d’où coule le breuvage de vie est expressément identifié par Paul au Christ.
Nous connaissons tous la fin du Sermon de la montagne où Jésus-Christ dit :
C’est pourquoi quiconque entend ces paroles que je dis et les met en pratique sera semblable à un homme prudent qui a bâti sa maison sur le roc.
La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et se sont jetés contre cette maison : elle n’est point tombée parce qu’elle était fondée sur le roc.
Mais quiconque entend ces paroles que je dis et ne les met pas en pratique sera semblable à un homme insensé qui a bâti sa maison sur le sable.
La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et ont battu cette maison : elle est tombée et sa ruine a été grande.
c) Canal cosmique et révélation : La maison, symbole du corps humain, est bien construite si elle a comme fondement le roc (Dieu), le rocher spirituel.
Dans d’autres traditions, nous pouvons apprendre que le symbolisme le plus remarquable appliqué à l’oreille est celui qui se rapporte au mythe de Vaishvânara comme intelligence cosmique : ses oreilles correspondent aux directions de l’espace, ce qui est frappant si l’on se souvient du rôle qu’attribue la science contemporaine aux canaux semi-circulaires de l’oreille interne.
En Chine, Lao-Tseu est représenté avec des oreilles longues de sept pouces ; il était surnommé « longues oreilles » : symbole de sagesse et d’immortalité fondées sur l’écoute.
A Pozan, en Birmanie, se trouve une très ancienne statue représentant Bouddha, recevant la révélation par les oreilles.
Saint Paul a dit que la foi venait de la tradition orale en précisant qu’elle était reçue par l’audition : fides ex auditu ?
L’oreille est le symbole de la communication en tant que celle-ci est reçue et passive et non en tant que transmise et active. Elle apparaît ainsi comme une matrice, ou tout au moins un canal qui véhicule la vie spirituelle.
L’écoute, l’équilibre, le rythme et le temps sont liés physiologiquement. La fonction normale du corps humain, génératrice de santé, est en grande partie due à une bonne écoute et à une bonne vision. En pathologie, l’origine des problèmes d’équilibre, d’écoute, de rythme et de température est vraisemblablement due à la mauvaise qualité de l’écoute.
Ecouter, bien entendu, mais écouter quoi ?
Après le baptême de Jésus par Jean, la première parole qu’il a dite est :
L’homme ne vivra pas seulement de pain mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.
Au commencement le Logos,
Le Logos est vers Dieu,
Le Logos est Dieu.
Logos, paroles à écouter.
La vie n’est pas seulement nourriture terrestre, mais aussi et surtout nourriture spirituelle.
d) Les lois de l’écoute : Les sons sont de l’énergie vibratoire ; l’air, symbole du souffle de Dieu, en est le véhicule.
Cette fonction d’écoute intérieure est confirmée par l’appellation « oreillettes » (petites oreilles) des deux cavités supérieures du coeur. Celui-ci peut être considéré comme un centre qui écoute.
Le cinquième doigt de la main a aussi sa fonction d’écoute : l’auriculaire. « C’est le petit doigt qui me l’a dit ! » exprime bien, dans les conversations populaires, cette manière intuitive et intérieure de l’écoute.
Ecouter, c’est obéir ; de là découle le fait de tirer les oreilles des enfants qui n’écoutent pas.
« Avoir des oreilles, c’est être apte à comprendre. » Si Jésus a ouvert les oreilles aux sourds, c’est pour symboliser l’action de Dieu qui « éveille l’oreille » en sorte que des paroles peuvent « s’accomplir aux oreilles » : la parole devient un événement actuel.
Par opposition à la proclamation sur les toits, on peut parler ou entendre au creux de l’oreille, dans le secret. Il s’agira toujours de révélation et de sagesse.
Pour entendre, écouter, il faut avant tout que l’homme fasse silence. Et c’est dans la mesure où il commencera à se taire qu’il pourra se mettre sur le chemin de l’écoute.
Les oreilles spirituelles sont ouvertes par la sagesse et selon la Volonté divine, et c’est grâce à elles que l’homme peut entendre l’harmonie et la perfection de la vie, selon la compréhension qu’il a de la Parole de Dieu.
Les anciens anatomistes savaient bien des choses :
L’oreille qui entend,
L’œil qui voit,
C’est l’Eternel qui les a faits."
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Michel Odoul, auteur de Dis-moi où tu as mal, je te dirai pourquoi (Nouvelle Édition revue et corrigée Albin Michel, 2002) nous donne sa vision des oreilles, empreinte de la philosophie chinoise :
"Prenons un exemple. Un enfant qui naît avec une oreille droite légèrement plus grande que la gauche va avoir une relation et une dépendance d'écoute privilégiée avec son père. Pourquoi ? Si l'enfant est né avec cette oreille plus grande, c'est parce qu'elle s'est formée ainsi avant la naissance ; elle s'est structurée sous cette forme dans le Ciel Antérieur, dans le non-manifesté. À ce niveau, la droite est en rapport avec la symbolique paternelle et la gauche avec la symbolique maternelle. Tout ce qui viendra de son père, éducativement, culturellement, sera reçu et perçu avec une plus grande sensibilité, une plus grande écoute mais sans doute aussi une plus grande dépendance.
Si, en revanche, cet enfant déclare une otite à cette même oreille droite, nous sommes dans le monde manifesté, dans le vécu de l'enfant après sa naissance. Cette oreille droite est donc maintenant en relation avec la symbolique maternelle car nous sommes dans le Ciel Postérieur, le manifesté. C'est l'enfant qui a déclenché une manifestation symptomatique dans son corps physique présent et après sa naissance. Ici, les latéralités s'inversent
et la droite devient en relation avec la symbolique maternelle. Cette otite signifiera qu'il ne veut pas entendre ce qui vient de sa mère, que son écoute vers ce qui vient d'elle ne le satisfait pas. Peut-être crie-t-elle trop souvent ou passe-t-elle son temps à lui dire: «Fais attention, ne fais pas ça, tu vas tomber, te faire mal, ne prends pas froid., etc.
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Le méridien de la Vessie (signe astrologique chinois du Singe) : La Vessie est associée à l'Hiver, comme le Rein dont elle est le complémentaire. Elle est liée à tout l'appareil urinaire ainsi qu'à l'hypophyse et au système nerveux autonome qui collaborent à la sécrétion des reins. Elle rejette l'urine qui est le produit final de la purification des liquides du corps.
C'est la phase finale de la transformation des énergies, les urines étant les liquides impurs chargés en toxines et en excès dans le corps. La Vessie est couplée au Rein car c'est lui qui dirige la sécrétion des urines. La Vessie permet aussi, avec le Rein, de gérer et d'évacuer les « vieilles mémoires », les vieux schémas profonds que nous portons tous en nous et que nous sommes prêts à changer, à lâcher. Ce rôle se comprend aisément puisque ces deux méridiens sont en étroite relation avec le système nerveux autonome qui est lui-même la « porte » physiologique de notre inconscient, c'est-à-dire justement ce qui porte nos mémoires les plus profondes.
Sur le plan physiologique, ce méridien correspond aux os, à la moelle osseuse, aux oreilles. Au niveau psychologique, il est associé à la sévérité, à la fécondité, à la rigueur, à la décision et au sens de l'écoute.
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Les oreilles et leurs maux : Les oreilles sont les organes de l'ouïe. Elles nous permettent de capter, de recevoir puis de transmettre, en les codant, les messages sonores. Elles sont en relation avec le Principe de l'Eau et, par extension, avec nos « origines ». Les auriculothérapeutes y « lisent » la forme d'un fœtus renversé et selon les Orientaux, il est possible d'y voir si la personne est ce que l'on appelle « une vieille âme., c'est-à-dire quelqu'un. qui n'en est pas à sa première vie ». Le son « créateur» a été la première manifestation dans notre Univers. Nos oreilles nous relient à nos origines et sont l'un des signes de l'immortalité et de la sagesse (Bouddha). Par extension, elles sont la représentation de notre capacité d'écoute, d'intégration, d'acceptation de ce qui nous vient de l'extérieur, car elles permettent d'écouter mais aussi d'entendre.
Les problèmes d'oreilles, bourdonnements, acouphènes, surdités partielles, sélectives ou totales sont le signe que nous avons de la difficulté à entendre (voire que nous refusons) ce qui se passe autour de nous. Si la surdité est latéralisée à droite, elle est en rapport avec la symbolique maternelle et si elle est à gauche, avec la symbolique paternelle. C'était, par exemple, le cas de Raphaël qui déclenchait des otites à répétition de l'oreille droite. Or, sa mère avait tendance à beaucoup crier et l'enfant ne supportait pas ces cris incessants."
Jacques Martel dans Le Grand Dictionnaire des malaises et des maladies (Éditions ATMA Internationales, 2014) nous éclaire sur les significations des oreilles et de leurs atteintes :
"OREILLES (en général) : La vue et l'ouïe me permettent de me situer dans l'environnement. Je peux voir des choses sans qu'il n'y ait de son, je peux entendre des sons sans nécessairement voir d'où provient ce son. À eux seuls, ces deux sens forment une sorte de « trois dimensions » de mon environnement. Ainsi, les oreilles me permettent d'entendre tous les sons qui m'entourent, autant ceux qui sont harmonieux que disharmonieux. La surdité totale ou partielle peut survenir lorsque je ne peux traiter ou accepter ↓♥ ce que j'entends. Si je suis sourd, c'est qu'il s'est installé un processus sélectif d'informations et que je veux entendre seulement ce qui fait mon affaire et que je me coupe de tout ce qui se dit et de ce qui ne me convient pas. Ce processus sélectif est très efficace car il permettra de « reconnaître », par exemple, la voix de mon enfant que je cherche dans une foule. De la même façon, ce processus agira à l'inverse pour ce que je ne veux pas entendre. D'une façon indirecte, les oreilles permettent un maintien de l'équilibre corps-esprit évoluant dans l'Univers. Cet équilibre me tient debout, en alerte, me permettant d'être centré et de suivre ma voie.
OREILLES (maux d' ...) : Des maux d'oreilles surviennent quand je vis de la peine, que je suis irrité ou que je me sens blessé par des choses que j'ai entendues. Je peux aussi avoir l'impression que personne n'écoute ce que j'ai à dire ou je suis déçu par rapport à ce que j'aimerais me faire dire et que l'on ne me dit jamais (compliments, remerciements, etc.). C'est comme si je voulais me renfermer et ne plus être en contact avec ce qui m'entoure. Le mal d'oreilles, lui, survient à la suite d'une critique qui est venue à mes oreilles et qui m'était destinée ou destinée à une autre personne. Ce que j'entends m'angoisse et me fait mal, tant physiquement qu'émotionnellement. S'il s'agit d'une infection à l'oreille, j'ai probablement entendu des paroles qui me causent de l'irritation, un bouleversement émotionnel, un conflit ou de la disharmonie. S'il s'agit d'une otite, je vis beaucoup d'impuissance face à ce que j'ai entendu. Si un enfant vit un malaise à ses oreilles, cela peut exprimer un conflit relié à l'environnement familial ou à l'école. Les maux d'oreilles sont fréquents chez les enfants qui entendent tout ce que les grandes personnes disent, les disputes de leurs parents, sans pouvoir donner leur point de vue. ]'apprends à garder mes oreilles « ouvertes » en tout temps, tout en développant ma capacité à me détacher de ce que j'entends. Mon cœur peut ainsi rester ouvert en tout temps.
OREILLES - ACOUPHÈNE : L'acouphène est le phénomène qui fait que j'entends des sons tels que sifflements, bourdonnements, des grésillements sans que cela ait un rapport avec mon environnement. Cela peut être passager ou permanent et peut se produire avec des intensités sonores différentes. Lorsque cela m'arrive, je dois prendre le temps de me questionner si j'ai été à l'écoute de ma voix intérieure. C'est comme si je n'étais pas parfaitement syntonisé sur « mon poste de radio intérieur ». Lorsque je syntonise un poste de radio qui est en ondes et qui n'émet pas de musique ou de parole, je peux « entendre le silence ». Par contre, si je déplace le récepteur sur une fréquence où il n'y a pas de poste qui émette, j'entends grésillement ou du sifflement, comme si j'utilisais un poste à onde courte. Y a-t-il des émotions que j'aurais refoulées de crainte de troubler mon équilibre intérieur ? Ainsi, la vie me rappelle d'être à l'écoute de ma voix intérieure, de mes besoins et de mes désirs. Je dois me prendre en mains afin de diminuer le « niveau de bruit ou les interférences » qui peuvent exister dans mes pensées et dans mes émotions. Car le fait d'entendre ces sifflements ou ces bourdonnements m'indique peut-être aussi qu'il y a quelque chose que je ne veux plus entendre et que ces sons vont « étouffer » pour éviter que cela parvienne à mes oreilles. ]'accepte ↓♥ d'ouvrir davantage mes oreilles intérieures (situées à 8 à 10 cm en arrière de mes oreilles physiques) pour être plus en mesure de capter ma voix intérieure. Je peux demander aussi à entendre plus consciemment les sons de la nature et les mélodies célestes afin de bénéficier de plus de paix et de repos en moi-même. Toute approche holistique telle que yoga, détentes dirigées, acupuncture, ostéopathie, vitaminothérapie, énergie, etc., peut aider à diminuer le niveau de stress et à ramener la tranquillité intérieure. Il se peut que j'entende aussi comme le son d'un ruisseau, d'un torrent, le tintement des cloches (petites, moyennes ou grosses), de la cornemuse, du vent dans les arbres, du bourdonnement des abeilles, des milliers de violons. Ces sons correspondent à des sons que je peux entendre sur différents plans de réalités intérieures et peuvent me permettre de déterminer sur quel plan je me syntonise. Cela signifie alors que mon oreille intérieure est ouverte à entendre davantage la réalité de ces mondes.
OREILLES - BOURDONNEMENT D'OREILLES : Les bourdonnements sont reliés au refus d'écouter sa voix intérieure, les signes intérieurs qui guident sa vie. Je « fais à ma tête », je refuse d'entendre certaines paroles que je trouve déplaisantes. Je peux même être entêté. Je résiste car j'ai peur de savoir la vérité, d'être au courant d'une situation ou même de prendre éventuellement une décision. Cela peut même me mettre en disharmonie et je déclencherai un bourdonnement d'oreilles pour ne pas entendre ... j'ai l'impression qu'une personne pense à moi alors qu'en réalité c'est souvent le contraire. Je peux être tendu à cause des idées qui me « trottent » dans la tête. En acceptant ↓♥ de rester ouvert au niveau du cœur, je peux entendre les paroles avec plus de détachement. Je ne suis plus obligé de faire la sourde oreille.
OREILLES - OTITE : L'otite est une inflammation à une ou aux deux oreilles, et qui a son origine dans l'inconfort que je peux vivre face à quelque chose que j'entends ou que j'ai entendu dernièrement. L'otite est fréquente lorsque je suis enfant, notamment par rapport à ce que mes parents peuvent se dire entre eux ou par rapport à ce que je peux me faire dire, n'étant souvent pas capable d'exprimer mon mécontentement ou ma frustration. Que je sois adulte ou enfant, même si cette peine peut provenir de ce que j'entends, elle peut provenir aussi de ce que je n'entends pas comme par exemple : « Je t'aime », « Félicitations pour ce que tu viens de faire », etc. En général, quand j'ai une otite, il y a du liquide qui apparaît derrière le tympan. Ce que j'entends doit alors passer à travers cette eau avant d'être entendu. Cette situation est la même que lorsque j'étais bébé dans le ventre de ma mère. Donc, je recherche, même inconsciemment, par une otite, à retrouver cet environnement privilégié. Je préfère peut-être faire « la sourde oreille » me « boucher les oreilles » pour ne plus avoir à entendre. Je me replie sur moi-même, n'ayant que tristesse, lassitude, incompréhension comme compagnons. C'est un signal pour mes parents que moi, l'enfant qui a une otite, je vis un conflit intérieur et qu'il est important qu'ils m'amènent à exprimer ce que je vis afin d'amener une guérison rapide. Comme adulte, l'otite me permet de me questionner par rapport à ma voix intérieure et de voir : « Est-ce que j'écoute celle-ci ? », « Est-ce que je reçois des messages qui me dérangent et qui me mettent en colère par rapport à ce que j'ai à faire ou par rapport à ce que l'on me demande de faire ? " C'est par l'écoute, tant intérieure qu'extérieure, que je peux avancer dans la vie, celle-ci me permettant d'être centré et d'éviter des obstacles inutiles.
OREILLES - SURDITÉ : « Mieux vaut être sourd que d'entendre cela ! " Je choisis de ne plus entendre, je décide de m'isoler des autres. Me sentant facilement rejeté, je me « bouche les oreilles » car je ne veux plus être ennuyé. Ne sachant parfois quoi répondre, je fais la sourde oreille. J'ai peur d'être manipulé et je n'accepte ↓♥ pas la critique, je ne veux pas « entendre » raison ; donc, en créant cette barrière, je m'isole de plus en plus, je m'entête à ne pas entendre. Pourtant, que je le veuille ou non, le temps fait en sorte que les problèmes non réglés dans ma vie reviennent tous un jour et que je devrai y faire face. J'aurais intérêt à « tendre l'oreille » et écouter ma voix intérieure qui est la meilleure conseillère dans ma vie. Le plus bel acte d'amour que je puisse faire est d'ouvrir mon cœur. J'accepte ↓♥ d'entendre les messages et je m'ouvre aux autres."
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Le site La Vague de Vie propose un fascicule intitulé "Le symbolisme des organes du corps humain" (malheureusement non sourcé) dans lequel on peut lire la notice suivante :
"OREILLE : Les organes de l’audition, canal de la vie spirituelle, sont reliés à l’Intelligence cosmique qui émet ses communications (révélations) et confère la compréhension de la Réalité. Ils symbolisent le degré d’obéissance à la Parole divine qui engendre la discrimination et la sagesse. En ce sens, elles prennent une connotation sexuelle, celle de la réception d’une Parole-semence. On dit qu’ils peuvent révéler le degré d’animalité d’un être. Plus elles sont grandes, mieux elles témoignent de l’ouverture à l’intuition ou à l’inspiration. Certains les relient au degré de longévité. Le pavillon de l’oreille s’oriente pour caper les sons. Il rappelle un germe ou un embryon qui peut croître selon l’usage de ce qui est entendu.
En rêve, les oreilles invitent à rester en état d’alerte, à se faire réceptif, à se mettre à l’écoute d’une direction intime ou à porter assistance. On doit se mettre à l’écoute de ce qui est dit verbalement par les autres ou à ce qui est capté intuitivement. Il se peut qu’on s’en remette trop à son unique jugement intellectuel. On les associe parfois au degré de maturité ou de sagesse qui résulte de l’expérience. Le cérumen, communément appelé cire d’oreille, indique qu’on n’écoute pas ce qui est dit ou qu’on ne porte pas attention à ce qui se passe. Les affections des oreilles invitent à vérifier ce qu’on y laisse entrer. On a de la difficulté à percevoir psychiquement la réalité. On manque de patience. L’ego réprouve. On a peur d’entendre une vérité. On souhaiterait entendre ce qui n’est pas dit, mais suggéré. On n’aime pas ce qu’on entend. Manque de réceptivité ou d’ouverture. Occultation des messages salutaires. Colère. Volonté de ne rien entendre. Révolte contre les observations, les critiques ou les conseils. Pour la femme, elles peuvent illustrer la frigidité, des complexes sexuels.
OREILLES (Tintement dans les) : Lorsqu’il ne s’agit pas d’un phénomène morbide (problème de santé) ni d’un phénomène naturel (changement de pression atmosphérique), il s’agit d’une clé pour interpréter un message sonore intuitif. Si ses polarités ne sont pas inversées, le tintement dans l’oreille droite signifie oui, celui dans l’oreille gauche, non.
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