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L'Hyacinthe (pierre)

  • Photo du rédacteur: Anne
    Anne
  • 4 mai
  • 4 min de lecture



Étymologie :


Étymol. et Hist. 1. a) 1523 hiacinte « pierre précieuse d'un jaune tirant sur le rouge » (Apoc. IX, 17, Nouv. Test., éd. Lefebvre d'Etaples, Paris ds Littré) ; b) 1564 « étoffe de la couleur de l'hyacinthe » un drap de hyacinthe (Nomb. 4. a. 11 ds Indice et recueil universel de tous les mots principaux des livres de la Bible, p. 169 ro) ; 2. a) 1559 bot. (Ronsard, Eclogue du Thier, 178 ds Œuvres, éd. P. Laumonier, t. 10, p. 61 : ses bors soient pour jamais d'hyacintes semez) ; b) 1840 « qui est d'un bleu tirant sur le violet » (Ac. Compl. 1842). Empr. au lat. hyacinthus, lui-même du gr. υ ̔ α ́ κ ι ν θ ο ς « jacinthe » parfois aussi « pied d'alouette », a désigné aussi une pierre précieuse, peut-être l'aigue marine ou l'améthyste (v. Chantraine et P. Mann ds Romania, t. 49, pp. 188-189) ; le lat. hyacinthus servait à désigner plusieurs plantes à bulbe mal déterminées, en particulier la jacinthe (la diversité des couleurs de la fleur montre qu'il s'agit de plusieurs plantes, v. André Bot.), une pierre de couleur bleu-violet. Le sens 2 b ne se trouve que dans les trad. de la Bible, comme trad. du lat. chrét. hyacinthus « étoffe teinte de couleur pourpre-violet », v. TLL s.v. 3128, 15 sqq.


Lire également la définition du nom hyacinthe afin d'amorcer la réflexion symbolique.


Autres noms : Cristal de roche rouge - Hyacinthe de Compostelle - Hyacinthe occidental - Quartz hématoïde - Sinople -

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Croyances populaires :


Selon Jacques Albin Simon Collin de Plancy, auteur du Dictionnaire infernal, ou bibliothèque universelle sur les êtres, les personnages, les livres, les faits et les choses: qui tiennent aux apparitions, à la magie, au commerce de l'enfer, aux divinations, aux sciences secrètes, aux grimoires, aux prodiges, aux erreurs et aux préjugés, aux traditions et aux contes populaires, aux superstitions diverses, et généralement à toutes les croyants merveilleuses, surprenantes, mystérieuses et surnaturelles. (Tome troisième. La librairie universelle de P. Mongie aîné, 1826) :


HYACINTHE. - Pierre précieuse que l'on pendait au cou, pour se défendre de la peste. De plus elle fortifiait le cœur, garantissait de la foudre, et augmentait les richesses, l'honneur, la prudence et la sagesse.

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Symbolisme :


Selon Elie-Charles Flamand, auteur de Les pierres magiques. (Éditions Le Courrier du Livre. Paris, 1981) :


L'HYACINTHE : Elle symbolise l'enthousiasme, le dynamisme mais aussi la sobriété.

L'hyacinthe dégage des radiations réconfortantes et attractives.

Elle prédispose à la joie, chasse la neurasthénie et les vains soupçons, donne la hardiesse et augmente les richesses. Elle lutte contre les spasmes, favorise les digestions difficiles, combat l'obésité et l'hydropisie et fortifie le cœur.

« Les hommes d'auctorité attribuent, dit Jérôme Cardan, grandes et plusieurs louenges au kyatint... pour ce que le hyacint rend les hommes qui le portent, hors du péril du tonnerre, en sorte que la cire portée qui est mise sous l'engraveure d'iceluy, mesmement rejecte le tonnerre : et dit-on que cecy a esté expérimenté aux régions auxquelles plusieurs périssent par le tonnerre, veu qu'aucune personne n'a esté touchée qui porte le hyacint. Par semblable miracle, il délivre ceux qui habitent en l'air pestiféré. Tiercement, il fait dormir : ce qu'Albertus Magnus confesse avoir expérimenté. Coustumièrement, j'en porte un très-grand, et semble estre quelque chose ; toutesfois il ne sert moult à concilier le dormir ; mais le mien n'est de couleur rouge et du bon genre, ains il est iaune comme l'or et est fort loing du très-bon, car le très-bon est de couleur rouge, qui rarement surmonte la magnitude d'une lenticule. » [Jérôme Cardan].

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D'après l'exégèse mystique, les correspondances des gemmes avec les milices célestes sont les suivantes :

L'Hyacinthe signifie les sièges vides où reviendront s'asseoir les égarés.

Dans Le Livre des superstitions, Mythes, croyances et légendes (Éditions Robert Laffont, 1995 et 2019), Éloïse Mozzani nous propose la notice suivante :


Variété de zircon jaune rougeâtre, appelée autrefois jacinthe, cette pierre fine symbolise l'enthousiasme, le dynamisme mais aussi la prudence, la tempérance et la sobriété. L'hyacinthe réconforte, rend joyeux et hardi, combat la neurasthénie et la suspicion. Elle est même censée augmenter les richesses et les honneurs et « assure[r] une réponse favorable aux demandes de celui qui la porte ». Autrefois, on conseillait au voyageur d'en porter une : il trouverait ainsi gîte et couvert dans toute auberge.

Au XIIe siècle, sainte Hildegarde, abbesse de Bingen (Allemagne), en prescrivait l'usage suivant : « Si quelqu'un est assailli par des fantômes ou victime de sortilèges au point d'en avoir perdu la raison, prenez une miche de pain blanc au sortir du four, découpez une croix dans la partie supérieure de la croûte - sans trop entamer la mie, toutefois -, puis passez-y la femme en récitant cette prière : "Puisse Dieu, qui arrache toute pierre précieuse au démon, arracher de toi... (nommez les fantômes et sortilèges à l'œuvre), et te libérer des affres de cette démence." Le patient devait alors manger le pain. La même prière était utilisée pour une personne souffrant de douleurs cardiaques, en même temps qu'on lui faisait un signe de croix avec la gemme sur le cœur ».

Au XVIe siècle, selon notamment Jérôme Cardan, la hyacinthe passait pur protéger de la foudre et faire dormir. Elle avait également un grand pouvoir contre la peste : non seulement elle refoulait la maladie mais prévenait également, en pâlissant et en perdant son éclat, qu'un membre de l'entourage en était victime.

La pierre préserve encore des blessures, des accidents et du poison ; elle combat les maladies, remédie aux spasmes, au troubles digestifs, à l'hydropisie. La tenir dans la bouche fortifie le cœur. Contre les fièvres, on prescrivait autrefois de la hyacinthe pulvérisée mêlée à une dose égale de laudanum. L'hyacinthe aurait même un effet contre l'obésité.

Une tradition prétend que des hyacinthes tombent du soleil. Selon Pline, ces gemmes s'appelaient lyncurium ou pierres de lynx car elles se formaient, disait-on, des urines du félin.

Une tradition russe en fait la pierre porte-bonheur des artistes et des musiciens.

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