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L'Esprit de la Joie

Photo du rédacteur: Anne
Anne
5 sept.
8 min de lecture

Dernière mise à jour : 1 oct.



Étymologie :


ÉTYMOL. ET HIST. I.− a) Ca 1150 goie « sentiment de bonheur intense, de satisfaction profonde » (S. Alexis, éd. Chr. Storey, 503); ca 1100 « ce sentiment considéré dans ses manifestations » (Roland, éd. J. Bédier, 3944 : Repairet s'en a joie e a barnage) ; id. dans son orig., la cause qui l'engendre (ibid., 1627) ; b) début xiie s. spéc. (S. Alexis, éd. citée, prol. : sei delitent es goies del ciel) ; ca 1274 (Adenet Le Roi, Berte, éd. A. Henry, 1270 : Mais Dieus, qui est donneres de joie souveraine) ; 2. 1168-91 « manifestation d'amour, caresse » (Chrétien de Troyes, Perceval, éd. F. Lecoy, 5770) ; ca 1170 « joie d'amour » (M. de France, Lais, Guigemar, 523, éd. J. Rychner, p. 21) ; 1188 joie d'amour (A. de Varennes, Florimont, 2582 ds T.-L.) ; xiiie s. femme de joie (Marguet convertie, éd. Jubinal, Nouv. Recueil, I, 317, ibid.) ; 1389 filles de joye (doc. ds Du Cange, s.v. abbas-abbatissa) ; 3. 1225-30 « personne, chose source de joie » (G. de Lorris, Rose, éd. F. Lecoy, 2347). Du lat. gaudia, plur. de gaudium (« contentement, aise, plaisir, joie ; plaisir des sens, volupté; personne, chose source de joie » dans la lang. class., caelestis gaudium, gaudium Domini « joie éternelle, joie du ciel » dans la lang. chrét.), employé à basse époque comme fém. sing., TLL, s.v., 1711, 68-71 ; v. aussi Vään., § 217 et Löfstedt, Synctatica, I, p. 48-49. Au sud d'une ligne Loire-Vosges, les dér. gallo-rom., de même que les divers corresp. des domaines ital. et hisp. (v. REW3 3705) reposent sur le masc. gaudium (cf. a. fr. joi subst. masc. ca 1150 employé pour renforcer une négation ne... joi, Thèbes, éd. G. Raynaud de Lage, 5261; ca 1165 « joie » B. de Ste Maure, Troie, 13640 ds T.-L. ; cf. aussi l'a. fr. joie à l'emploi masc. [nomin. sing. joies] ca 1165 G. d'Angleterre, éd. M. Wilmotte, 1133).


Lire également la définition du nom joie afin d'amorcer la réflexion symbolique.

Dans Vers la joie et autres méditations (Éditions Taillandier, 2023) François Cassingena-Trévedy explique comment il comprend cette étymologie :


"Derrière le mot joie se devine un visage. Un visage radieux. Celui que d'autres donnent à voir, parfois. Celui que nous donnons nous-même à voir, parfois. Au demeurant il y a bel et bien, étymologiquement, de la lumière dans ce mot-là. Le latin gaudium, d'où vient notre mot joie (comme liesse vient de laetitia), se rattache à une racine indo-européeenne gaw- qui connote l'idée de lumière. Celle-ci se trouve par exemple dans le grec ganos qui évoque l'éclat d'un liquide limpide et brillant : eau - de source -, miel ou vin. Le Psalmiste ne célèbre-t-il pas lui aussi  « le vin qui réjouit le cœur de l'homme » (Psaumes 103, 15) ?

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Pensées :


François Cassingena-Trévedy, auteur Vers la joie et autres méditations (Éditions Taillandier, 2023) partage son expérience chrétienne :


"La joie - nous disons bien la Joie au sens bernanonien - est toujours un puissant sed contra. Un démenti à tout ce qui semble s'acharner contre elle. Elle est difficile, dramatique, presque tragique, au regard de son enracinement opiniâtre dans ce qui semble la contredire, l'interdire, la nier. La joie est pionnière. La joie est âpre dans son obstination à s'enraciner, à fleurir, à porter du fruit. [...] La joie chevauche l'Histoire, coûte que coûte, et ne cesse d'élargir sa trouée bleue dans le ciel d'orage.

[...]

Et nous dirons d'emblée que les « réservoirs » majeurs de la joie sont au nombre de cinq. Le premier est le Réel, c'est-à-dire la création accueillie, respectée, aimée, dans ce qu'elle a de plus simple, de plus quotidien, de plus ordinaire - de plus banal, aimerait-on dire. Le deuxième est la Parole, autrement dit la « Parole de Dieu » qui convoque la nôtre et qui ne se peut entendre qu'à la fréquence la plus modeste de la nôtre. Le troisième est la Relation, c'est-à-dire nos relations humaines, pour autant que leur vérité et leur profondeur les préservent de toute mondanité superficielle. Le quatrième est la Présence, c'est-à-dire, outre la présence des choses (à proprement parler, il n'y a pas de nature morte), notre propre densité de présence à nous-même et les uns aux autres, ouverte sur une transcendance qui la porte, l'oriente et la dépasse. Le cinquième est l'Action, car il n'est décidément de joie pour l'homme que dans un agir positif, patient, créateur, qui n'a rien à vois avec l'activisme et qui, fût-ce à l'échelle d'un microcosme familier, transforme le désert en jardin, la matière en forme, le chaos en royaume.

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Symbolisme :


Dans L'Oracle des Chamans (Watkins Publishing, 2010 ; Éditions Véga, 2014) John Matthews et Wil Kinghan proposent une carte concernant la Joie :


Le Danseur de la Joie


"Je suis le Danseur de la Joie. Je danse emporté par la joie de vivre, par la sagesse et par le sens de la plénitude. Mon corps est souple comme les flots. Je peux vous aider à découvrir le chemin que vous devez suivre, alors que je me laisse entraîner dans une ronde jusqu'à en être étourdi. Mes bras se tendent devant moi, mes doigts pointent vers la direction que vous devez prendre. Dans la vie, l'immobilité n'est pas de mise. Je dois toujours alleer de l'avant dans ma quête éternelle de la Joie. Aussi emprintez ce ceehemin avec moi.


La joie est l'un des plus anciens états d'esprit que connaissent les hommes. Le danseur que nous voyons sur cette image incarne le jaillissement incontrôlé de la vie qui métamorphose tout ce qui l'approche. La joi nous envahit dans les moments de pleine conscience, de plaisir et de passion, lorsque nous sommes sincères et pleins d'espoir. la joie transcende toute autre émotion ou expérience et fait jaillir en nous une source intarissable d'énergie. Accueillez à bras ouverts le Danseur de la Joie et laissez-le vous emporter dans un tourbillon d'extase. Apprenez la joie de vivre et laissez-la rayonner autour de vous et se répandre sur tous vos proches.


Interprétations : Euphorie - État de pleine conscience - Espoir - Bonheur - Métamorphose - Impression de légèreté - Attirance vers la lumière - Présence divine - Expérience du plaisir - Reconnaissance de la vérité."





Rituel :


Daisy et Julie Bodin, autrices de Rituels d'éveil de la femme sacrée (© Éditions Eyrolles, 2021) proposent des rituels spécifiques pour honorer le Vivant et le Mystère :


"RITUEL DES GARDIENNES DE LA JOIE


Qu’il est bon parfois de savoir se relier aux gardiennes des connaissances sacrées et des animaux totem. Dans les anciennes tribus amérindiennes, faire appel aux gardiennes de la joie signifiait contacter l’animal totem de la loutre. Celle-ci permet de revenir dans vos énergies de l’enfance où l’amusement et l’acceptation du flot de la vie et des expériences berçaient vos jours et vos nuits. Car la loutre est celle qui vous incite à oublier vos soucis et à ressentir son énergie féminine et maternelle pour renaître à la magie de la vie.


Vos artéfacts sacrés :

  • Une pierre de soleil

  • Un smudge fan (bâton de plumes)

  • De l’encens

  • Un sac médecine

  • Un ruban jaune

  • Une bougie

  • Un abalone

  • Des fleurs : boutons d’or, crocus, laurier rose, azalées, roses roses, renoncules et/ou muguet


Votre cercle de pouvoir : Créez votre cercle de guérison à l’aide de votre ruban jaune. Puis, déposez dans les directions cardinales les éléments suivants :

  • À l’est, votre bougie.

  • Au sud, votre abalone.

  • À l’ouest, votre pierre de soleil.

  • Au nord, votre bâton de plumes et votre encens.

Votre cercle de guérison est désormais prêt à vous accueillir.


Votre rituel inspirant : Avant d’entrer dans votre roue de médecine, prenez le temps de choisir les fleurs de votre guérison selon la saison. Mettez dans une main ces fleurs et dans l’autre votre sac médecine. Faites la demande suivante :


« Que ce cercle de guérison me permette de retrouver la joie et l’espoir à chaque instant. »


Entrez dans votre roue de médecine et allongez vous au centre de celle-ci. Posez les fleurs et le sac médecine auprès de vous puis fermez les yeux. Prenez trois grandes respirations profondes, puis laissez votre respiration reprendre son rythme. Ressentez combien la détente s’installe en vous. Pensez maintenant à un lieu inspirant, ressourçant que vous connaissez déjà ou bien que vous imaginez. Prenez le temps de contempler cet espace de ressourcement et de retour au calme et à la plénitude. Ajoutez dans ce lieu les fleurs que vous avez choisies pour votre rituel. Leurs couleurs donnent vie et joie à cette bulle créative. Puis, faites apparaître la loutre dans votre lieu sacré. Observez la et laissez-la venir à vous. Ressentez sa joie, sa curiosité, son innocence. Elle vous apporte beaucoup de douceur et d’amusement.

Si petite et pourtant si inventive, elle veut vous transmettre ses messages. Écoutez-la attentivement.

Puis, dès que vous le souhaiterez, ce sera le moment de la remercier, puis de remercier également ce lieu qui a su si bien vous accueillir. Reprenez contact avec le sol et bougez progressivement l’ensemble de votre corps pour revenir dans l’ici et maintenant.

Une fois bien éveillée, redressez-vous en position assise et contemplez votre sac médecine et les fleurs qui vous entourent. Décidez à présent de déposer dans votre sac médecine ces plantes qui ont en commun l’énergie de la joie. Dites ces quelques mots :


« Sac Médecine,

offre-moi ta guérison

pour que chaque jour,

ma vie soit joie et gaieté. »


Refermez le sac médecine et déposez-le sur votre chakra solaire pour ressentir tous ses effets bénéfiques.

Puis, dès que vous serez prête, sortez de votre cercle de guérison en réalisant un pas en arrière. Gardez votre sac médecine plusieurs jours autour de votre cou, dans votre poche ou votre sac à main.


Votre mantra magique : « Je retrouve mon innocence et ainsi

la joie s’installe dans mon cœur,

dans mon esprit et dans chacune de mes pensées. »"

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Littérature :


La Joie


Oh ces larges beaux jours dont les matins flamboient !

La terre ardente et fière est plus superbe encor

Et la vie éveillée est d'un parfum si fort

Que tout l'être s'en grise et bondit vers la joie.


Soyez remerciés, mes yeux,

D'être restés si clairs, sous mon front déjà vieux,

Pour voir au loin bouger et vibrer la lumière ;

Et vous, mes mains, de tressaillir dans le soleil ;

Et vous, mes doigts, de vous dorer aux fruits vermeils

Pendus au long du mur, près des roses trémières.


Soyez remercié, mon corps,

D'être ferme, rapide, et frémissant encor

Au toucher des vents prompts ou des brises profondes ;

Et vous, mon torse droit et mes larges poumons,

De respirer, au long des mers ou sur les monts,

L'air radieux et vif qui baigne et mord les mondes,


Oh ces matins de fête et de calme beauté !

Roses dont la rosée orne les purs, visages,

Oiseaux venus vers nous, comme de blancs présages,

Jardins d'ombre massive ou de frêle clarté !


A l'heure où l'ample été tiédit les avenues,

Je vous aime, chemins, par où s'en est venue

Celle qui recélait, entre ses mains, mon sort ;

Je vous aime, lointains marais et bois austères,

Et sous mes pieds, jusqu'au tréfonds, j'aime la terre

Où reposent mes morts.


J'existe en tout ce qui m'entoure et me pénètre.

Gazons épais, sentiers perdus, massifs de hêtres,

Eau lucide que nulle ombre ne vient ternir,

Vous devenez moi-même étant mon souvenir.


Ma vie, infiniment, en vous tous se prolonge,

Je forme et je deviens tout ce qui fut mon songe ;

Dans le vaste horizon dont s'éblouit mon œil,

Arbres frissonnants d'or, vous êtes mon orgueil ;

Ma volonté, pareille aux nœuds dans votre écorce,

Aux jours de travail ferme et sain, durcit ma force.


Quand vous frôlez mon front, roses des jardins clairs,

De vrais baisers de flamme illuminent ma chair ;

Tout m'est caresse, ardeur, beauté, frisson, folie,

Je suis ivre du monde et je me multiplie

Si fort en tout ce qui rayonne et m'éblouit

Que mon cœur en défaille et se délivre en cris.


Oh ces bonds de ferveur, profonds, puissants et tendres

Comme si quelque aile immense te soulevait,

Si tu les as sentis vers l'infini te tendre,

Homme, ne te plains pas, même en des temps mauvais ;

Quel que soit le malheur qui te prenne pour proie,

Dis-toi, qu'un jour, en un suprême instant,

Tu as goûté quand même, à cœur battant,

La douce et formidable joie,

Et que ton âme, hallucinant tes yeux

Jusqu'à mêler ton être aux forces unanimes,

Pendant ce jour unique et cette heure sublime,

T'a fait semblable aux Dieux.


Emile Verhaeren, "La Joie" in La multiple splendeur, 1906.

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