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L'Actée à grappe

  • Photo du rédacteur: Anne
    Anne
  • 4 sept. 2020
  • 9 min de lecture



Étymologie :


  • ACTÉE, subst. fém.,

Étymol. ET HIST. − 1751 bot. actea « actea spicata L. » (Encyclop. t. 1 : actea. Herbe dont Pline fait mention et que Ray prend pour l'aconitum racemosum ou l'herbe de Saint Christophe) ; 1823 actée [1808 selon Pt Rob.] (Boiste : Actée : famille de pavots). Empr. au lat. actaea « actée en épi » (Pline, 27, 43 ds TLL s.v.); voir André Bot. 1956, p. 17.


Vous pouvez lire également la définition de actée pour amorcer la réflexion symbolique.


Autres noms : Actaea cimifuga - Actée - Chasse-punaise - Cimicaire - Hellébore d'Asie - Racine âcre -

Actaea racemosa - Actée noire - Chasse-punaises - Christophoriane - Cimicaire en grappes - Cimicifuge - Herbe aux punaises - Herbe de Saint-Christophe - Racine noire de serpent -

Actaea spicata - Actée en épi - Herbe aux poux - Herbe de Saint-Christoffle - Herbe de Saint-Christophe - Raisin de loup -

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Botanique :


Bernard Bertrand, auteur de L'Herbier toxique - Codes secrets pour plantes utiles (Éditions Plume de carotte, 2009) présente l'Actée en épi (Actea spicata) :


L'Actée en épi - Fruits alléchants


Plante vivace à racine puissante, mais non charnue, produisant des tiges glabres, relativement fines et et hautes de 50 à 80 cm.

Feuilles composées de 3 à 5 folioles, dentées, triangulaires.

Fleurs blanches, groupées en petites ombelles.

Fruits : petites baies noires.

Forêts humides sous-bois frais, rare en plaine.


Principes actifs : Des hétérosides toxiques, de la protoanémine (lactone) irritante et rubéfiante. Les fruits contiennent des principes amers puissants qui rebutent vite le consommateur.


Botanique : Observant sur les ruines de nombreux châteaux féodaux dans les Vosges la présence d'Actée en épi, alors que le milieu ne lui semble pas propice, les historiens en ont déduit que la plante y était probablement cultivée à des fins médicinales.


On la nomme aussi Herbe de Saint-Christophe en raison de la ressemblance de sa tige avec le bâton du saint homme couvert de feuilles et de fleurs ! Elle est, selon les régions et la partie de la plante décrite, Raisin de loup pour ses fruits charnus et de prime abord appétissants, ou Herbe aux poux, quand on désigne la décoction de la plante entière, ou sa poudre ; quand au nom d'Ellébore noir, l'Actée le doit à sa racine. Selon les lieux, elle sera rare et isolée ou abondante, principalement dans les zones de collines du piémont et jusqu'à l'étage montagnard. Toute la plante est toxique, très toxique même et ce sont ses fruits - petites baies charnues et ovales rappelant une petite cerise noire - qui sont le plus à craindre. Pour le reconnaître sûrement le mieux serait de le laisser fleurir, puis fructifier, mais ce n'est pas toujours possible... Alors froissant sa feuille, vous pourrez ressentir sa désagréable odeur, comparable à celle d'un Sureau. Ingérés, les fruits frais sont d'abord doucereux, puis fortement irritants, ils enflamment d'abord les muqueuses, comme le fait l'Aconit, puis provoquent rapidement de vives brûlures de l'œsophage et du tube digestif. La racine produirait les mêmes symptômes, mais qui irait consommer sa racine aujourd'hui ? Personne, en effet ; ce fut pourtant le cas hier, alors que la plante était utilisée dans la pharmacopée, en lieu et place de l'Ellébore. Son usage interne fut rapidement abandonné, à cause des dangers représentés par un dosage hasardeux. Certains auteurs l'ont pourtant testé contre les morsures de serpents, les rhumatismes, la goutte ou l'asthme, pensant qu'elle pouvait présenter les mêmes vertus que sa proche parente nord-américaine (Actea racemosa ou rubra), aux baies rouge cerise, elle aussi très vénéneuse !

Concernant l'Actée, les auteurs anciens sont friands de récits dramatiques, Linné parle des effets d'un empoisonnement ayant provoqué chez la victime un délire furieux suivi de la mort. Un certain Lermercier, cité par Cazin, évoque une sorte d'ivresse convulsive, accompagnée de grandes perturbations cérébrales. Cela n'empêche pas Matthiole d'en recommander l'usage pour lutter contre l'asthme et les scrofules, et Tournai d'en faire usage pour calmer les toux rebelles à raison de seulement 2 g par jour ! On pourrait croire qu'ne dehors de quelques botanistes, personne ne connaît plus l'Actée ! C'est oublier que la plante est cultivée comme ornementale après l'avoir été en tant que médicinale ; c'est alors l'Actée rameuse américaine, en présence de laquelle il faudra expliquer avec fermeté à l'enfant curieux, que ces petites cerises rouges cachent sous leur belle parure de grands dangers !


Confusion : On peut confondre la plante jeune, avant fructification, avec du Sureau yèble (Sambucus ebulus L.), mais aussi avec la Spirée barbe de bouc (Aruncius dioicus Fernaldi), ou Reine des bois avec qui elle partage les mêmes biotopes. La confusion est telle que l'Actée porte parfois le nom populaire dee la Spirée, comme en italien : Barba di capra !

Dans la nature, elle peut croître au milieu des Framboises sauvages, et mûrir en même temps, on alertera alors ses enfants sur les risques de confusion.

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Bienfaits thérapeutiques :


Henri Ferdinand Van Heurck et Victor Guibert, auteurs d'une Flore médicale belge. (Fonteyn, 1864) nous apprennent les vertus médicinales de l'Actée en épi :


Propriétés Physiques : La racine présente à l'état récent une odeur doucereuse, puis fade et nauséeuse qui se dissipe en grande partie en se séchant ; son goût est amer et un peu âcre. Les feuilles froissées entre les doigts exhalent une odeur désagréable, leur saveur est âcre et amère ; les baies ont aussi une saveur nauséeuse ; elles sont vénéneuses.


Usages médicinaux : L'actée en épi est une plante âcre et vésicante dont on s'est servi contre la vermine et dans le traitement de la gale et des affections dartreuses (Bulliard, Loiseleur-Deslongchamps) ; on l'a aussi administrée dans le traitement de l'asthme et des scrofules (Matthiole, Haller) , et contre la toux des phthisiques (Lejeune). La racine purge à la manière des ellébores ; à forte dose, elle peut produire des accidents funestes ; les baies ont plusieurs fois déterminé des accidents très graves et même un délire suivi de mort (Linné, Lemercier).


L'Actea americana et l'Actea monogyna sont employés en Amérique en décoction comme gargarisme astringent et aussi dans les névroses.

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Selon le site Plantes et santé, l'actée à grappes a des vertus intéressantes à la ménopause :


L’Actée à grappe noire, une alternative aux hormones de synthèse


La ménopause n’est pas un état pathologique. Cependant, certaines modifications hormonales qui se produisent alors peuvent induire des symptômes désagréables dont la durée, la fréquence et la sévérité varient d'une femme à une autre.

Des plus classiques (bouffées de chaleur, sueurs nocturnes, transpiration excessive) aux plus rares (maux de tête, vertiges, palpitations cardiaques, tintements d'oreilles, anxiété, irritabilité, troubles du sommeil, comportement dépressif, atrophie vaginale, sécheresse vaginale par manque d’œstrogènes, spasmes utérins, perte de libido), ces troubles sont incommodants et concernent plus de trois femmes sur quatre. Mais il n’est ni nécessaire ni souhaitable de passer sous les fourches caudines des traitements hormonaux substitutifs de synthèse. Dans son infinie sagesse, la nature offre de nombreuses alternatives à la médication hormonale dont la pratique est de plus en plus contestée, notamment face aux risques réels de cancers, en particulier celui du sein. Parmi ces solutions, l’actée à grappe noire (ou black cohosh) utilisée en médecine traditionnelle amérindienne.


Les scientifiques confirment : Les recherches scientifiques les plus récentes et de nombreuses études cliniques ont confirmé l’utilisation traditionnelle de cette plante, en démontrant que la racine d'actée à grappe noire (Actea ou Cimicifuga racemosa) constitue un traitement alternatif de choix à l'hormonothérapie de substitution pour diminuer les symptômes de la ménopause. Ainsi, lors d’une étude effectuée en Allemagne sur plus de six cents patientes, 80% des femmes ont constaté une amélioration au bout de huit semaines de traitement. Et près de la moitié d’entre elles ont noté une disparition totale des symptômes. Les chercheurs d’outre-Rhin imputent ces résultats à la richesse de l’actée à grappe noire en composants phyto-oestrogéniques, comme les glycosides triterpéniques (actéine, cimicifugoside) et les isoflavones (formononétine) qui lui confèrent une action oestrogène-like, avec réduction de la production de l'hormone lutéinisante responsable des bouffées de chaleur et des sueurs nocturnes.


Un espoir pour le cancer du sein : Des chercheurs de la Faculté de médecine de Laval, au Canada, ont par ailleurs démontré in vitro que l’actée à grappe noire, aussi appelée racine de squaw, inhibe la croissance des cellules cancéreuses du sein. Cet effet serait au moins aussi important que celui du Tamoxifène, un anti-œstrogène couramment prescrit aux femmes après un cancer du sein pour prévenir les récidives et qui empêche la multiplication des cellules cancéreuses hormono-dépendantes en bloquant l'action de l'oestradiol qui les stimule. Mieux : l'actée permettrait d'utiliser cette plante chez les femmes ménopausées qui ont eu un cancer du sein, sans risque de provoquer une récidive. Tout récemment, des chercheurs de l'hôpital universitaire de Zurich ont examiné l'interaction entre Cimicifuga racemosa et des cellules cancéreuses du sein. Leur étude atteste que des extraits de Cimicifuga racemosa possèdent un effet inhibiteur sur la prolifération des cellules cancéreuses du sein et favorisent leur mort naturelle (ou apoptose). Dans le même temps, un groupe de chercheurs américains a validé ces résultats. Enfin, lors du "Davoser Tage", un important congrès de médecins qui s’est déroulé il y a peu de temps en Suisse, le pharmacologue H. Jarry, qui s’intéresse à Cimicifuga racemosa depuis des années, a confirmé que les extraits de cette plante ne provoquent pas les effets indésirables observés avec la thérapie hormonale en présence d’un cancer du sein.

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Usages traditionnels :


Selon Alfred Chabert, auteur de Plantes médicinales et plantes comestibles de Savoie (1897, Réédition Curandera, 1986) :


"Les teintures végétales ne pouvant supporter la concurrence des teintures chimiques dont le prix est bien moindre, les plantes tinctoriales ont cessé d'être cultivées, et on en récolte plus guère celles qui croissent dans nos vallées et sur nos montagnes. Je me souviens d'avoir vu dans mon enfance arracher, pour la teinture, l'épine-vinette et l'Asperula cynanchica ; aujourd'hui personne n'y songe. L'énumération que je fais des plantes tinctoriales spontanées en Savoie n'a donc qu'un intérêt historique.

Teinture noire : baies de l'herbe de Saint-Christophe (ou Christoffle, Actaea spicata ; [...]"

Bernard Bertrand, auteur de L'Herbier toxique - Codes secrets pour plantes utiles (Éditions Plume de carotte, 2009) complète la liste des usages dee l'Actée en épi (Actea spicata) :


"Usages : Outre-Atlantique, les usages de l'Actée sont restés plus vivaces. Hier, partie intégrante de la pharmacopée amérindienne, en fumigation, des travaux récents ont démontré une action de la plante pour soigner le cancer du sein.

Les indications en tant que calmant des troubles menstruels, déjà connues des populations autochtones, sont aujourd'hui reprises par la médecine officielle. Preuve que la science a encore bien des choses à découvrir à travers des richesses du monde végétal !

En homéopathie, Actaea racemosa 15 CH est utilisée pour soulager les troubles liés au cycle menstruel.


Révulsif pour les bœufs : La plante fut longtemps utilisée pour ses usages vétérinaires, comme révulsif... « Dans certaines maladies des boeufs, les paysans d'Auvergne introduisent sous la peau des filets de ses racines, qui provoquent un écoulement abondant de sérosité. » (Cazin). Cela dit, les herbivores la broutent et ne semblent pas la craindre, alors qu'elle intoxique la volaille !

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Symbolisme :


Pour Scott Cunningham, auteur de L'Encyclopédie des herbes magiques (1ère édition, 1985 ; adaptation de l'américain par Michel Echelberger, Éditions Sand, 1987), la Cimicaire (Actaea cimifuga) a les caractéristiques suivantes :


"Genre : Masculin

Pouvoirs : Puissance virile - Créativité - Courage.


Utilisation magique :

En cas de baisse du potentiel sexuel, il est recommandé de fabriquer rapidement un sachet d'amour bourré de sommités fleuries de cette plante, au milieu desquelles on enfouit un grain de poivre blanc, un grain de poivre noir, et un très petit piment chili du type appelé « bec d'oiseau ». Une infusion des mêmes composants, en respectant les proportions (toujours deux grains de poivre et un petit piment rouge pour une poignée d'herbes), peut être ajoutée à l'eau du bain.

Portée sur soi, à même la peau, une tige fleurie de Cimicaire donne le courage d'affronter des situations périlleuses.

La racine, elle, donne de l'humilité.

Si vous avez à fournir un gros effort de conceptualisation ou de réalisation, massez-vous le front et les tempes avec du suc de Cimicaire; c'est un excellent stimulant des facultés créatrices."

Dans L'Oracle des Simples, savoir ancestral des Sorcières de campagne (Éditions Arcana Sacra, 2019), Siolo Thompson présente ainsi l'Actée à grappe qu'elle associe au fait de Repousser :


"L'Actée à grappe noire est souvent utilisée comme complément alimentaire, et en phytothérapie comme remède pour les problèmes gynécologiques et autres, dont les maux de gorge, les problèmes rénaux et la dépression. A forte dose, cette plante est toxique et peut irriter les centres nerveux, interférer avec la grossesse et provoquer un avortement. La racine est expectorante, hypnotique, sédative, tonique et vasodilatatrice. On la récolte en automne, quand les feuilles meurent, puis on la coupe en morceaux et on la fait sécher. En Amérique du Nord, on s'en sert pour créer un antidote aux morsures de serpent (d'où son nom de racine noire de serpent). Curieusement, certaines grenouilles et certains crapauds sont attirés par cette plante.

La carte du Diable, surtout quand elle est inversée, peut vous prévenir de dépendances ou d'attachements négatifs qui vous retiennent. Les séparations, les ruptures et le rejet sont des expériences difficiles de la vie humaine, mais parfois, ces actions radicales sont nécessaires pour permettre une nouvelle croissance.


Propriétés oraculaires : L'une des caractéristiques les plus frappantes de l'actée à grappe noire, c'es son odeur médicinale, qui repousse de nombreux insectes (d'où son nom d'herbe aux punaises ou de chasse-punaise) et lui vaut son indication oraculaire. repousser. Trouver ce mot dans un oracle peut sembler étrange, mais il y a bien des situations dans lesquelles il peut être nécessaire de rejeter, éjecter, repousser ou écarter ; réfléchir à ce qu'il faut faire des énergies négatives, des avances indésirables de quelqu'un, ou même de vos propres pensées ou sentiments négatifs. Repoussez les choses qui vous retiennent ou qui vous pèsent, comme un discours intérieur négatif, des gens épuisants, des situations fatigantes ou des critiques destructrices. Ruminer le négatif est rarement utile. Dans le tarot, le Six d’Épées est une carte qui parle de trancher les liens et de passer à autre chose."

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