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  • Anne

L'Œnothère




Étymologie :

  • OENOTHÈRE, subst. fém.

Étymol. et Hist. 1777 œnothera lat. bot. (Encyclop. Suppl. t. 4) ; 1811 œnothère (Bon jardinier pour 1811 ds Roll. Flore t.6, p.5). Empr. au lat. sc. œnothera, att. sous la forme onothera dep. 1532 (Guinter, ibid.) lui-même empr. au gr. ο ι ̓ ν ο θ η ́ ρ α ς « plante dont la racine a une saveur vineuse », comp. de ο ι ̃ ν ο ς « vin » et de -θ η ρ α ς « ce qui attrape, attire », de θ η ρ α ́ ω « poursuivre, chercher à saisir ».

  • ONAGRE, subst. fém.

Étymol. et Hist. 1615 onagra (Daléchamps, Hist. gén. des plantes, t. 1, 752) ; 1778 onagre (Lamarck Flore fr. t. 3 n°1076). Empr. au gr. ο ν α ́ γ ρ α att. chez Dioscoride (André Bot.) par l'intermédiaire d'un lat. bot. onagra, ou parfois oenagra par rapprochement avec les termes en oeno- (v. élém. formant oen(o)-) à cause de l'odeur de vin des racines séchées de cette plante (Daléchamps, loc. cit.).


Lire également la définition des noms œnothère et onagre afin d'amorcer la réflexion symbolique.


Autres noms : Œnothera biennis ; Herbe aux ânes ; Onagre.

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Botanique :


Nathalie Mondot dans un article intitulé "Exprimer les «maux des femmes» : projet d’enquête ethnobotanique." (Ethnopharmacologia, n°63, juin 2020) présente ainsi l'onagre :


L’onagre : L’onagre (Oenothera biennis) contient deux acides gras essentiels, l’acide linoléique et l’acide gamma-linoléique, qui sont nécessaires à la synthèse des prostaglandines. Même si plusieurs études se sont penchées sur l’utilisation de l’onagre dans le traitement du syndrome prémenstruel, la plupart d’entre elles sont de trop piètre qualité pour permettre d’en tirer des conclusions solides. Une analyse méthodique des essais cliniques a permis de conclure que l’huile d’onagre n’apporte aucun avantage (1). Même si elle est bien tolérée en général, l’huile d’onagre coûte cher et son utilisation à long terme pourrait être associée à un risque accru d’inflammation, de thrombose et d’immunosuppression (2).


Notes : 1) 0. Budeiri D, Li Wan Po A, Dornan JC. Is evening primrose oil of value in the treatment of premenstrual syndrome ? Control Clin Trials, 1996 ; 17 (1) : 60-8.

2) Jellin JM, Batz F, Hitchens K. Pharmacists Letter ; Natural Medicines Comprehensive Database. Stockton, CA: Therapeutic Research Faculty ; 1999 : 330-1.


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Médecine traditionnelle :


Selon l'article intitulé "L’HUILE D’ONAGRE, UNE MAUVAISE HERBE DONT ON PEUT PRENDRE DE LA GRAINE !" du 16 janvier 2019, lu sur le site Regards sur les cosmétiques :

[...]

Une plante utilisée en médecine traditionnelle

L’huile d’onagre est utilisée en médecine traditionnelle pour traiter différentes pathologies telles que l’eczéma, l’asthme, la polyarthrite rhumatoïde, les troubles prémenstruels et les troubles liés à la ménopause, en permettant de réduire l’intensité des bouffées de chaleur.6 Des travaux récents font état de sa place dans l’arsenal thérapeutique naturel des femmes d’Amérique du sud souhaitant contrer les effets de la ménopause. L’huile d’onagre est censée réduire le phénomène de dépression et la sensation de fatigue. On consommera également des bananes pour retrouver un peu d’énergie, du soja et du pollen pour limiter les bouffées de chaleur. L’avocat sera mis au menu afin de lutter, si l’on veut bien y croire, contre les bouffées de chaleur et les sueurs nocturnes. Épinards, saumon, yaourts et fromages préviendront l’ostéoporose (1)… Le rôle de l’huile d’onagre dans la prévention des troubles de la ménopause ne repose sur aucune étude sérieuse. (2) L’utilisation de compléments alimentaires à base d’huile d’onagre ne réduit pas, en effet, les mastalgies de façon plus convaincante qu’une huile de foie de poisson ou que de l’huile de germes de blé. (3)


Notes : 1) T. D. Locklear, B. J. Doyle, A. L. Perez, S. M. Wicks, G. B. Mahady, Menopause in Latin America : Symptoms, attitudes, treatments and future directions in Costa Rica, Maturitas, 104, 2017, Pages 84-89

2) D. Budeiri, A. Li Wan Po, J. C. Dornan, Is evening primrose oil of value in the treatment of premenstrual syndrome? Controlled Clinical Trials, 17, 1, 1996, Pages 60-68

3) Jacqueline Blommers, Elisabeth S. M. de Lange-de Klerk, Dirk J. Kuik, Pieter D. Bezemer, Sybren Meijer, Evening primroseoil and fish oil for severe chronic astalgia: A randomized, double-blind, controlled trial, American Journal of Obstetrics and Gynecology, 187, 5, 2002, Pages 1389-1394

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Littérature :


Yves Paccalet, dans son magnifique "Journal de nature" intitulé L'Odeur du soleil dans l'herbe (Éditions Robert Laffont S. A., 1992) évoque les onagres :

30 juillet

(Nieuport)


Les onagres bisannuelles me font boire le bonheur des dunes dans leurs coupes d'or. Focalisations de lumière sur le sable...

Leurs feuilles étroites nourrissent des bourgeons floraux aigus comme la quenouille fatale à la Belle au bois dormant. Leurs corolles éphémères ceignent des cascades d'étamines vaporeuses. Dans chaque fleur, un lourd pistil à tête crucifiée s'incline sur le ventre rond du pétale inférieur.

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