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L’Épine-vinette




Étymologie :


Selon Wikipédia : Berberis, nom arabe du fruit de la plante ; il signifierait coquille car les pétales creux sont en forme de coquille. Vinette est le nom vulgaire de l'oseille dont les feuilles rappellent le goût.


Autres noms : Berberis vulgaris ; Berbéris ; Bisbinette ; Bois de Saint-Girâ ; Crépinier ; Épine-croix ; Épine minette ; Oseille des bois ; Oseille du berger ; Pain de chèvre ; Pine vinelle ; Pisse-vinaigre ; Vinettier.




Botanique :





Symbolisme :


Selon Philippe François. Nazaire Fabre d'Églantine, auteur du Rapport fait à la Convention nationale dans la séance du 3 du second mois de la seconde année de la République Française (1792) :


Dans le calendrier républicain, l'Épine-vinette était le nom donné au 13e jour du mois de fructidor.

Pour Scott Cunningham, auteur de L'Encyclopédie des herbes magiques (1ère édition, 1985 ; adaptation de l'américain par Michel Echelberger, Éditions Sand, 1987), l'Épine-Vinette (Berberis vulgaris) a les caractéristiques suivantes :


Genre : Féminin

Planète : Terre

Élément : Terre

Pouvoirs : Argent ; Succès ; Popularité.


Utilisation rituelle :

On tire de son écorce et de ses racines une belle odeur jaune pur, très solide, bien connue autrefois pour son emploi dans l'industrie teinturière; c'est vraisemblablement pour cette raison que, le Jeudi saint, les villageois déposaient une écorce et une épine de cet arbrisseau devant la porte des maris trompés. Cette coutume se retrouve dans toute la France et en Wallonie.

Les Amérindiens obtenaient cette même teinture des espèces indigènes : Berberis aristata ; Berberis lycium, etc. Ils la mélangeaient avec d'autres sucs végétaux et des graisses animales pour faire des peintures avec lesquelles ils dessinaient les dieux, les représentations cosmiques, les signes magiques, etc. Ils s'en enduisaient aussi le corps, selon un rituel précis, à l’occasion des danses sacrées.

Dans beaucoup de campagnes, les garçons plaçaient un rameau desséché d'Épine-Vinette devant la maison des filles peu aimables, ou mauvaises langues.


Utilisation magique :

Cet épineux aux fleurs d'un jaune éclatant est traditionnellement associé à la réussite, au succès. Pour être très populaire et gagner lés élections, un homme politique, met toutes les chances de son côté en portant sur lui de la racine d'Epine-Vinette. Ce même talisman peut aider une comédienne à devenir une grande vedette, un écrivain à obtenir la notoriété, etc.

Les étamines de l'Épine-Vinette présentent un phénomène d'irritabilité remarquable : si l'on touche avec une pointe quelconque les filets staminaux, on les voit se dresser tous ensemble, d'un seul élan, vers le pistil, en un violent réflexe d'autodéfense. Cette caractéristique a été largement employée à des fins de divination. Une fille « chatouillait l'Épine-Vinette » pour savoir si elle se marierait bientôt; une actrice pour savoir si elle obtiendrait le rôle qu'elle souhaitait ardemment; une coquette pour savoir si elle se trouverait un riche amant, etc. Il ne faut jamais interroger la fleur pour des questions étrangères au gain, à la réussite sociale, car alors l'Epine-Vinette se fâche et fait échouer l'entreprise.

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Littérature :


Régine Detambel consacre un ouvrage à Colette. Comme une flore, comme un zoo (Éditions Stock, 1997) dans lequel elle s'intéresse aux métaphores botaniques et zoologiques :


Épine-vinette

« La femme de nos pays n'est pas, physiologiquement, précoce. Son adolescence, âpre et maigriotte comme une baie d'épine-vinette, ne fait que promettre. » Prisons et Paradis


Quelques articles de Colette journaliste et critique de théâtre sont réunis dans La Jumelle Noire. L’un d’eux proclame : « Paris ne souhaite qu'une chose : l'éternité de Mistinguett. Elle est propriété nationale. » Dans Prisons et Paradis, Colette se souvient de Mistinguett, à ses débuts, de son « visage, étonné, inachevé, qui hésitait sur un parti à prendre. » Elle s'étonne de la hâte avec laquelle Mistinguett s'échappe dans les coulisses et pense qu’ « [elle] pouvait signifier : Je n'ai qu'un moment, il faut que je vous quitte pour m'occuper de l'autre, pour aller travailler à l'autre - l'autre Mistinguett, celle que je deviendrai. Ce que je vous donne ici, c'est en attendant. Je n'ai pas mieux, pas encore... » La maturité est à gagner, le rayonnement en attente.

De cette Mistinguett inaboutie, Colette ébaucha le portrait à l’aide d’un arbrisseau épineux, humble, simple, dont les baies sont couleur de vin et les fleurs jaunes. L’épine-vinette « âpre et maigriotte » était cette jeune femme prometteuse qui devint, en effet, « une sorte de tonnerre de Dieu, une résistance de cantinière... » L’œuvre de Colette est un gisement de devinettes pour le jeu du portrait chinois. Si j'étais un arbrisseau, je serais une épine-vinette. Qui suis-je ? Et toute l'œuvre se révélerait, comme une énigme botanique. Si j'étais un parfum, je serais la verveine-citronnelle : Minne, bien sûr. Si j'étais une graminée, je serais la mélique penchée : c'est Annie. Si je soignais un cactus rose...

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