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  • Anne

Koad





Ogham :


Dans Le Tarot Celte des arbres (Édition originale, 1998 ; Traduction française Le Courrier du Livre, 2001) Liz et Colin Murray associent Koad à :


Couleur : Nombreuses nuances de vert.


En Alba, l’Écosse actuelle, il existe certains groupes d'arbres qui ont toujours été vénérés. Des superstitions les entourent - on croit que leurs branches, par exemple, ne doivent jamais être élaguées ou taillées. On appelle ces groupes Bell Trees, du gaélique bile, qui signifie un "bouquet d'arbres". Ces arbres sont censés être les survivants des anciens Bosquets druidiques, composés habituellement de Chênes, mais parfois aussi, d'autres arbres, ils sont toujours situés près d'une source. C'est un fait que l'actuelle tradition de libre parole vient de la pratique druidique consistant à tenir toutes les réunions dehors, "devant la Face du Soleil et l'Œil de la Lumière". Ces réunions étaient tenues dans un dessein rituel, et les questions légales et les jugements y étaient donnés et reçus.

Parliament Hill, le Llandin, au nord de Londres, est ainsi appelé parce que c'était une colline de réunion, de Gorsedd de l'ancienne époque cymrique (celtique). Elle comporte des vestiges de terrassements artificiels exécutés dans ce lointain passé. Une source, qui fut par la suite détournée, jaillissait de son flanc.


La carte du Bosquet représente toute connaissance, un endroit sacré où tout est lié et devient clair dans l'unité -tout comme les anciens Bosquets liaient leurs membres dans un dessein commun. Tous les arbres de l'alphabet ont des associations avec les déité"s, les fêtes, les mois de l'année, les mythes, les légendes et beaucoup d'autres choses. Pour obtenir une compréhension plus complète de cette sagesse, vous devez regarder derrière ce qui est présenté en surface, pour voir les principes sous-jacents de la vie, spirituels et naturels, les modèles récurrentes de l'âme, des saisons et du cosmos qui nous entourent tous. Le Bosquet rassemble pour notre voyage toute la connaissance cachée dans les arbres. Il recèle la compréhension de tout ce que vous avez déjà connu, ou êtes capable d'apprendre.

Les arbres vous cachent la forêt si la carte apparaît à l'envers. Ne vous concentrez pas si étroitement sur juste un ou deux aspects à l'exclusion de tant de choses qui sont aussi connues et disponibles. C'est seulement en étant ouvert à toute la sagesse qui vous entoure que vous pouvez réaliser l'harmonie.


Mots-clefs : Lieu sacré ; Toute connaissance ; Passé, présent et futur disponibles.

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Selon Alain Gesbert, auteur de B. A. - BA Oghams divinatoires (Éditions Pardès, 2002), l'ogham Koad est associé à :


Arbre : Bosquet sacré.


Mot clé : Connaissance.


Lettre : K.


Pour les Celtes, les bosquets étaient sacrés et vénérés. Un bosquet est aujourd'hui quelque chose d'assez ordinaire et qui passe inaperçu, sauf aux êtres suffisamment sensibles pour ressentir ce qui se cache derrière les apparences. Koad représente une connaissance révélée sans l'usage des mots et qui se ressent avec le cœur. Il s 'agit d'un mystère qui est subitement ou intuitivement compris. Le défi de Koad est que vous êtes peut-être trop résolu ou tenace, trop dans votre mental ou dans vos problèmes pour avoir une vision d'ensemble de la situation.

La solution est de prendre du recul et d'écouter son intuition, pour entendre le message qui est caché.

Visualisez ou imaginez un bosquet magique : s'y cacher vous donne une connaissance de vous-même et, par voie de conséquence, des autres.

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Littérature :


Verrières-le-Buisson


Un cuivre vénéneux d'orage élève son

Gong ondulant et mou sur le bois de Verrières.

Pris entre la chaussée, où hurle l'unisson

Des moteurs, et ce poids grondant sur mes arrières,

Pauvre brindille au bord du ruisseau des Buats

Qui sur la flûte en ciment brut de sa tranchée

Sifflote, je vacille et je contribue à

L'épouvante de cette plaine effilochée

En tapis de savane et verts salons moussus

Où luisent doucement les ampoules des poires.

Les faux toits paysans qui penchent par-dessus

Démasquent à la fin l'affiche aux attrapoires,

Aguichant l'amateur d'espace massacré :

VIVEZ ICI DANS UN VÉRITABLE VILLAGE.

En face, sur l'autel d'un boqueteau sacré,

L'autoroute arrondit plein cintre son retable

De ronflements. J'aime ce bois au sort amer

Qui se tient droit dans le silence de sa rage

Et tisse dans ses pins un murmure de mer

Éloignant la funeste voile de l'orage.

Mais la divinité qui l'habite me hait,

Comme elle hait tous les mortels qu'on motorise.

Je m'attends donc au pire, immobile, muet,

Entre ce sanctuaire où rien ne m'autorise

A demander asile, et l'affreux rodéo

Qui m'interdit le moindre écart, la moindre halte,

Et m’inspire à la fois le blasphème et Deo

Gratias au moment de plonger sur l'asphalte

Vers les vergers défunts qu'habillent des linceuls

De clématite. Seul. Comme un jour seront seuls

Et maudits tous ceux que la solitude exalte.

Ont déjà disparu ces bâtards claudicants

Dont le passage ensemble indispose et rassure.

Mais d'un trou dans la haie on voit une enfonçure

Où ronchonne le feu des derniers Mohicans.


Jacques Réda, "Verrières-le-Buisson" in Hors les murs, Gallimard, 1982.

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