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Fearn

  • Photo du rédacteur: Anne
    Anne
  • 31 déc. 2018
  • 28 min de lecture

Dernière mise à jour : 13 avr.




Symbolisme :


Selon Robert Graves, auteur de Les Mythes celtes, La Déesse blanche (Éditions Faber and Faber, 1948 ; traduction française : Éditions du Rocher 1979 et 2007) :


C'est dans l'Ogygie de Roderick O' Flaherty que j'ai trouvé mention, pour la première fois, de Beth-Luis-Nion, comme une authentique relique du Druidisme transmise oralement jusqu'à nous à travers les siècles On s'en serait servi jusqu'à une époque récente, uniquement pour des usages divinatoires. Il consiste en cinq voyelles et treize consonnes. Chaque lettre tire sn nom de l'arbre ou de l'arbuste dont elle est l'initiale.

Dans l'alphabet irlandais moderne les noms des lettres sont également des noms d'arbres et la plupart d'entre eux correspondent à la liste d'O' Flaherty excepté le T qui est devenu l'Ajonc, l'O le genêt et l'A l'orme.

[...]

F pour FEARN


Le quatrième arbre est l'aulne, l'arbre de Bran. Dans Le Combat des Arbres, l'aulne combat en première ligne, ce qui est une allusion au fait que la lettre F est l'une des cinq premières consones du Beth-Luis-Nion comme du Boibel-Loth. Dans Le Chant des Arbres de la Forêt, poème irlandais ossianique, il est décrit comme « le plus acharné à la bataille de toutes les essences, le plu chaud des arbres au combat ». Quoique pauvre combustible, comme le saule, le peuplier et le châtaignier, il est prisé des fabricants de charbon de bois d'après lesquels c'est lui qui fournit le meilleur charbon. Son rapport avec le feu est exalté dans le Roman de Brandwen lorsque « Gwern » (l'aulne), fils de la sœur de Bran, est brûlé sur un bûcher. Et dans les districts reculés d'Irlande, le crime d'abattre un aulne sacré amène, pense-t-on, comme châtiment la destruction par le feu de la maison du fautif. L'aulne est aussi à l'épreuve du pouvoir désagrégeant de l'eau. Ses feuilles, légèrement poisseuses, résistent plus longtemps aux pluies d'hiver qu'aucun autre arbre à feuilles caduques et son bois résiste à la destruction indéfiniment, même s'il sert à faire des conduites d'eau ou des pilotis. Le Rialto, à venise, repose sur des pilotis d'aulne, de même que plusieurs cathédrales médiévales. Vitruve, l'architecte romain, mentionne qu'on se servait d'autres aulnes pour établir les fondations des chaussées dans la marche de Ravenne.

Le rapport entre Bran et l'aulne, dans ce sens, est clairement mis en évidence dans le Roman de Brandwen où les porchers (prêtres oraculaires) du roi Matholwch d'irlande voient une forêt sur l'eau et ne peuvent deviner ce que c'est. Branwen leur dit que c'est la flotte de Bran le Béni venu le venger. Les vaisseaux sont ancrés au large. Bran s'avance en marchantsur les hauts fonds et fait débarquer ses impedimenta et ses gens ; après quoi il jette un pont sur le fleuve Linon, bien que ce dernier dût en être protégé par un charme magique, en se couchant en travers du fleuve et en faisant poser des claies au-dessus de lui. En d'autres termes, à partir d'une jetée, un pont fut construit sur des piles faites d'aulne. On disait de Bran : « nulle maison ne peut le contenir ». A l'énigme « qu'est-ce qu'aucune maison ne peut contenir ? » la réponse est simple : « les pilotis sur laquelle elle est construite ! ». En effet, les premières maisons européennes furent bâties sur des pilotis d'aulne au bord de lacs. « La tête chantante de Bran » fut bien, dans un sens, la tête momifiée d'un roi sacré ;mais, dans un autre sens, c'était la tête de l'aulne, c'est-à-dire sa frondaison. On fait de jolis sifflets avec les branches vertes de l'aulne, c'est la raison pour laquelle, d'après mon ami Ricardo Sicre y Cerda, les garçons de Cerdagne, dans les Pyrénées, scandent en catalan une prière traditionnelle :


Berng, Berng, sors de ta peau :

Je te ferai siffler si joliment...


Ils la répètent en frappant l'écorce avec un petit bâton de saule pour la détacher du bois. Berng (ou Verng dans le langage de Majorque, de même famille) c'est encore Bran. Les appels à Berng sont faits au profit de la déesse du saule. Le fait de se servir de saule pour frapper, au lieu d'un second morceau d'aulne, porte à croire que c'était de tels sifflets que se servaient les sorcières pour évoquer les vents destructeurs, surtout ceux du nord. Mais on peut fabriquer des pipeaux à plusieurs trous de la même façon que les sifflets et, dans ce sens, la tête chantante de Bran peut avoir été un pipeau en aulne. A Harlech, où la tête chanta sept années durant, le ruisseau d'un moulin prend sa course au-delà du rocher du Château. C'est l'endroit rêvé pour un bosquet d'aulnes sacrés. Il est possible que la légende d'Apollon écorchant vif Marsyas, le joueur de pipeau, soit un souvenir de l'excision de l'écorce de l'aulne pour en fabriquer des sifflets.

Dans l'ancienne Irlande, on se servait d'aulne pour faire des seaux à lait et autres récipients de laiterie, d'où son nom poétique, dans le Livre de Ballynote : Comet lachta (« le Gardien du lait) ». Cette relation entre Bran-Cronos, l'aulne, et Rhéa-io, la Vache Blanche-Lune est d'importance. En Irlande, on appelait Io « Glas Gabhnach », « Celle qui donne du lait encore verte » parce que, tout en n'ayant jamais eu de veau, elle produisait des fleuves de lait. Gavida, le nain volant forgeron, l'avait fait sortir furtivement d'Espagne ; elle avait fait le tour de l'Irlande en un seul jour, avait été gardée par les sept fils du nain (probablement symboles des sept jours de la semaine) et finit par donner le nom de Bothar-bo-finné, « Trace de la Vache Blanche », à la Voie Lactée. Selon les Actes de la Grande Académie Bardique, elle aurait été tuée par Guaire à la requête de la femme de Seanchan Torpest, puis, selon l'Histoire d'Irlande de Keating, Diarmuid, fut exécuté par son fils aîné pour avoir tué une autre vache sacrée.

Le nom de Caer Bran, donné à la colline britannique la plus occidentale, face au cap Land's end prouve le lien existant entre Bran et l'océan de l'ouest.

La mythologie grecque ou latine mentionne rarement l'aulne, sans doute supplanté comme arbre oraculaire par le laurier de Delphes. Mais l'Odyssée et l'Enéide contiennent des références importantes à l'arbre. Dans l'Odyssée, l'aulne est le premier nommé des trois arbres de la résurrection (le peuplier blanc et le cyprès étant les deux autres) qui formaient un bois autour de la grotte de Calypso, la fille d'Atlas, dans son île élyséenne d'Ogygie ; dans ce bois nichaient et jacassaient les corbeaux de mer consacré à Bran en Bretagne), les faucons et les mouettes. Ceci explique la version, donnée par Virgile, de la métamorphose des sœurs de Phaéton, le héros solaire : tandis qu'elles pleuraient la mort de leur frère, dit-il dans l'Enéide, elles auraient été converties, non en un bosquet de peupliers comme le relatent Euripide et Apollonios de Rhodes, mais en un petit bois d'aulnes situé sur les rives du Pô, et ceci désignait évidemment une île élyséenne de plus. On fait généralement dériver e mot grec pour aulne, clethra, de cleio, « je clos » ou « je renferme ». L'explication semble consister dans le fait que les fourrés d'aulnes enfermèrent le héros dans l'île oraculaire en poussant autour de sa tombe. Les îles oraculaires semblent avoir été originellement des îles de fleuves et non des îles océaniques.

L'aulne était bien connu, et l'est encore, pour produire trois belles teintures : rouge par son écorce, verte par ses inflorescences et brune par ses rameaux. Elles symbolisent le feu, l'eau et la terre. Dans le Glossaire de Cormas (Xe siècle) rédigé en termes désuets, l'une est dénommé ro-eim, que l'on peut traduire par « ce qui fait rougir la face » d'où l'on peut déduire que les « héros tachés de cramoisi » des Triades galloises, qui étaient des rois sacrés, avaient un rapport avec le culte de l'aulne de Bran. Une raison de la sainteté de l'aulne est que, lorsqu'il est abattu, son bois, d'abord blanc, semble saigner rouge comme un être humain. Dans le folklore britannique, la teinture verte est associée aux vêtements des fées : si l'on peut voir en ces dernières les survivantes des tribus primitives dépossédées et forcées de se réfugier sur les hauteurs et dans les bois, le vert des vêtements peut s'expliquer comme un camouflage : les forestiers et les brigands l'adoptèrent au moyen âge. L'usage de l'aune est très ancien Mais surtout il est l'arbre du feu, du pouvoir du feu de libérer la terre de l'eau ; et la branche d'aulne qui fit reconnaître Bran dans le Càd Goddeu est un symbole de résurrection (ses rameaux sont disposés selon une spirale). Ce symbole de la spirale est antédiluvien : les plus anciens sanctuaires sumériens étaient des « maisons des esprits », comme celles de l'Ouganda, et étaient entourés de piliers spiraliformes.

Le quatrième mois s'étend du 18 mars, époque des premiers chatons de l'aulne, au 14 avril et marque l'assèchement des inondations hivernales par le soleil printanier. Il contient l'équinoxe du printemps à partir duquel les jours commencent à devenir plus longs que les nuits et le soleil à devenir adulte. De même que l'on peut dire poétiquement que les frênes sont les rames et la quille du coracle qui transporte l'esprit de l'Année à travers les inondations jusqu'à la terre sèche, on peut également dire que les aulnes sont les pilotis qui maintiennent la maison hors de l'atteinte des inondations de l'hiver. Fearn (Bran) apparaît dans la mythologie grecque sous l'aspect du roi Phoronée, législateur du Péloponnèse. Il était honoré comme un héros à Argos qu'il aurait, dit-on fondée. Hellanicus de Lesbos, un savant contemporain d'Hérodote, en fait le père de Pelasgus, Iassus et Agénor qui se partagèrent son royaume après sa mort : en d'autres termes, l'origine de son culte à Argos se perdait donc dans la nuit des temps. Pausanias, qui vient à Argos pour s'informer, écrit que Phoronée était le mari de Cerdo (la Déesse Blanche en tant que muse) et que le dieu-fleuve Inachus l'avait fait concevoir par la nymphe Mélia (frêne). Puisque l'aulne succède au frêne dans le calendrier des arbres, et puisque les aulnes poussent au bord des eaux, le pedigree est acceptable. Pausanias confirme l'identification de Phoronée à Fearn en semblant laisser de côté la légende de Prométhée et en faisant de Phoronée l'inventeur du feu. D'après Hyginus, le nom de sa mère aurait été Argéia (« d'un blanc éblouissant »), encore la Déesse Blanche. Ainsi Phoronée, comme Bran et les autres rois sacrés, était né de, marié à), et finalement enseveli par la Déesse Blanche : son fossoyeur était la déesse de la mort Héra Argéia à laquelle, dit-on, il aurait le premier offert des sacrifices. Phoronée devint alors le dieu Fearineus, le dieu du printemps auquel on offrait des sacrifices annuels sur le mont Cronien à Olympe à l'équinoxe du printemps. Sa tête chantante rappelle celle d'Orphée dont le nom est peut-être une abréviation d'Orphruoeis « Poussant sur la rive du fleuve » c'e.st-à-dire « aulne ».

En certains pays méditerranéens, on semble avoir utilisé le cornouiller à la place de l'aulne. Son nom latin cornus vient de cornix, « corneille ». Celle-ci était consacrée à Saturne, ou Bran, et dévore les « rouges cerises » du cornouiller comme le faisaient aussi les pourceaux de Circé, d'après Homère. Ovide associait ces « fruits » aux glands comestibles comme nourriture des humains pendant l'âge de Saturne. Aussi bien que l'aulne, l'arbuste fournit une teinture rouge. On le tenait pour sacré à Rome où le point de chute du javelot en bois de cornouiller de Romulus avait déterminé l'endroit où la cité devait être construite. Le fait qu'il soit rattaché à ce mois est ce qu'il est en fleurs, blanches, au milieu de mars.

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Laura Tuan, autrice d'un livret d'accompagnement intitulé Les Tarots celtiques (Éditions De Vecchi S.A., 1998) propose un article sur l'ogam Fearn :


"Aulne - Fearn


Période : 18 mars- 14 avril.


Divinité : Bran


En raison de sa résistance proverbiale à l'eau, l'aulne a été utilisé depuis les temps les plus reculés comme support de fondations. Dans la mesure où il se prête également à la fabrication d'instruments à vent, il renvoie au symbolisme du combat auquel les guerriers étaient encouragés par le son d'un cor.

Solidité, résistance et force de caractère: tels sont donc les traits marquants de ces natifs obstinés, impétueux et déterminés à atteindre leur objectif qu'ils poursuivent sans se ménager. Nés pour commander et pour combattre, ils risquent cependant de heurter par leur rudesse des caractères plus indécis et sensibles. En compensation, et malgré leur despotisme, ils sont généreux, brillants, courageux : de vrais leaders, en somme, incomparables quand il s'agit d'organiser et de diriger.

L'autoritarisme ne les quitte pas non plus en amour où ils manifestent toute leur fougue en se jetant à corps perdu dans les relations, sans prendre le temps d'apprécier leurs conséquences. Ils font preuve d'une sexualité brûlante, mais peu attentive aux besoins de leur partenaire : quand ils convoitent un objectif, ils ne se soucient pas un instant de blesser pourvu qu'ils arrivent à leurs fins.

[...]

Très résistant grâce à la légère viscosité de ses feuilles et inaltérable à l'eau, l'aulne était immergé dans les rivières pour supporter les ponts ou bien placé sous les édifices construits dans les régions extrêmement humides. On avait recours à lui pour fabriquer les traditionnels sabots hollandais isolant de l'humidité, ainsi que les instruments à vent, pipeaux et flûtes. Il servait par ailleurs à réaliser des seaux et autres récipients destinés à contenir des produits fromagers, d'où son épithète de « gardien du lait ». Dans le poème gallois Le Combat des arbres, il est qualifié de « magicien de la bataille, arbre ardent au combat ». Son bois constitue en effet un très mauvais combustible, mais fournit en revanche un excellent charbon végétal.

En Irlande, abattre un arbre équivaut à un délit grave qui attire sur le coupable l'incendie de son habitation. Petit détail : on extrait de l'aulne les teintures pour le lin et la laine ; le rouge (symbole du feu), de l'écorce ; le vert (symbole de l'eau), des fleurs ; et le marron (symbole de la terre), des branches. Appelé également « celui qui empourpre le visage », on dit que lorsqu'il est abattu, son bois blanc se teinte de sang rouge.

Dans le mythe gallois, il renvoie au dieu augural Bran, le corbeau ; ce dernier continua de guider et conseiller ses hommes juste avec sa tête qui, séparée du corps au combat, demeura prodigieusement intacte durant plusieurs années.

Frère de la célèbre reine Branwen humiliée par les Irlandais, Bran avait débarqué en Irlande pour venger sa soeur. Pour permettre à ses soldats de traverser le fleuve Linon, il se changea en pont : il jeta dans l'eau quelques claies d'aulne et étendit par-dessus son corps gigantesque (on disait en effet de lui qu'aucune maison n'aurait été suffisamment grande pour l'abriter). Ce n'est pas un hasard si les premiers villages européens furent bâtis sur pilotis au bord des lacs. Il existait à ce propos une devinette très répandue : Qu'est-ce qui ne peut rentrer dans aucune maison ? La réponse était d'une simplicité enfantine : les pieux qui la soutiennent.

Divinité : Bran.


Les cartes : Désigné sous le terme poétique d'arbre à lait (la carte de l'automne fait clairement référence à sa dénomination) en raison de son bois à la fois souple et très résistant, parfait pour fabriquer des seaux et autres récipients, mais aussi des ponts (comme l'illustre la carte de l'hiver), l'aulne se pare dans la version printanière de gouttes de rosée semblable à des perles. A noter le corbeau, consacré au dieu gallois Bran dont la tête, après la décapitation dans la bataille, continua par magie à penser et à parler en accompagnant et en conseillant ses hommes pendant encore de nombreuses années. Il ne faut pas non plus oublier ses fameuses propriétés tinctoriales, différentes selon la partie employée (fleur, branche, écorce), comme en témoignent les gentilles petites fées du feu sur la carte de l'été, les salamandres occupées à recueillir les substances colorantes.


Mots clés : Force- Ardeur- Excitation - Combativité - Pureté.


Printemps : A l'endroit : Sacrifices pour atteindre son but - Luttes et compétitions affrontées avec beaucoup de courage - Résistance à la fatigue - Passion de son travail - Défense des collègues plus faibles - Progrès - Attitude combative à l'égard de la vie.


A l'envers : Compétitivité - Carrière inadaptée - Intolérance de la hiérarchie - Conflits - Énergie disproportionnée par rapport à l'ampleur du travail - Changements soudains - Coups de tête qui ne mènent à rien.


Été : A l'endroit : Amour avec un grand A - Passion intense - Ardeur - Compétition amoureuse dont on sort vainqueur - Bonheur - Enthousiasme.


A l'envers : Béguin irrésistible - Passion amoureuse préjudiciable à l'étude et au travail - Rivalité dont on sort perdant - Jalousies - Disputes avec le partenaire - Exagérations - Prétentions - Égocentrisme - Immaturité affective - Un soupçon de sadisme.


Automne : A l'endroit : Argent dépensé généreusement - Invitations et cadeaux aux personnes chères - Voyages dispendieux mais satisfaisants avec l'être aimé - Fêtes - Dîners - Théâtre.


A l'envers : Frais grandioses par goût de paraître - Ostentation- Coups de tête - Pertes- Faillites - Voyages dispendieux avec quelques risques de trop.


Hiver : A l'endroit : Énergie qui rend pimpant - Récupération - Force physique - Pratique d'un sport.


A l'envers : Excès énergétiques - Inflammations - Rougeurs - Éruptions cutanées - Petites blessures, fractures et brûlures dues à la précipitation - Limitations de vitesse à ne pas à ne pas dépasser pour cause de conduite problématique.


Le temps : 18 mars - 14 avril.


Le conseil : N'étouffez pas le feu de la passion, mais maîtrisez-le afin que son énergie, bien canalisée, vous emmène toujours plus loin."

Selon Gwyddhyon, auteur de Ogham, Le Yi-King celtique des arbres (Éditions Chariot d'Or, 1999), l'Aulne est associé à diverses caractéristiques :


"Nom : Fearn

Lettre : F

Monde végétal : Aulne (Alnus glutinosa)

Signification : la royauté - la défense -

l'ambition

Symbole : la volonté divine

Couleur : pourpre

Direction cardinale : nord.


Triades celtiques : Pour devenir un être humain véritable il existe trois acquis indispensables : la connaissance - l'amour - la force morale.


Monde de l'épreuve de l'Abred : Les inflammations peuvent être soulagées par l'Aulne. L'écorce de celui-ci, en décoction, soulage les brûlures et les inflammations. L'Aulne résout les conflits dans le corps et dans l'esprit. La quête simple : purifier et protéger par une vision profonde de ce qui est, et par la discrimination.


Monde des âmes de Kenmill : Les druides reconnaissaient l'Aulne comme un arbre sacré qui apporte la protection et assure le bon déroulement des événements de la vie. Il veille sur le flux des émotions conflictuelles et les disperse dans le flux de la vie, tout comme l'Aulne surveille le flux des rivières. Cette attitude peut développer les dons d'intuition et de divination.


Monde ultime de Keugant : Réconcilier les contraires, calmer et réconforter, tel est le rôle de Fearn. Montrer le courage, apporter la protection et voir au-delà du regard ordinaire, tel est le service spirituel.


Images : Le bouclier des guerriers.

Arbre de la planète Saturne.

"L'aulne avance vers le combat, au premier rang."

Je suis pur comme un rayon de soleil."

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Dans Le Tarot Celte des arbres (Édition originale, 1998 ; Traduction française Le Courrier du Livre, 2001) Liz et Colin Murray associent Fearn à :


"Couleur : Écarlate.

Chiffre : 3 qui symbolise la Trinité.


L'Aulne, comme le Saule, est un arbre qui aime l'eau. Son bois est onctueux et résistant à l'eau, et ainsi très utilisé pour les fondations subaquatiques : des parties de Venise et beaucoup de cathédrales médiévales ont été construites sur des pilotis d'Aulne. Bran le Béni - Bendegeit Bran - est le dieu lié à cet arbre dans l'alphabet de l'Ogham. Il est réputé avoir fait de son corps un pont pour enjamber la Linon, afin que ses hommes puissent passer au-dessus des eaux périlleuses. Mortellement blessé dans un combat contre les Irlandais, Bran prophétisa des événements qui suivraient sa mort, demandant à ses partisans de couper sa tête et de l'emporter. Ils se rendirent à Harlech, où la tête chanta pendant sept ans, puis à Gwales, la tête ne subissant pas de corruption, et prophétisant pendant ce temps. Ils finirent par arriver à Londres, Caer Llyndain, et enterrèrent la tête de Bran à White Mount, ou Bryn Gwyn, maintenant le site de la Tour de Londres. On dit que tant que la tête resta cachée, elle donna protection contre les calamités venues de l'au-delà de la mer. le roi Arthur, est-il dit, la déterra : une action malheureuse, car alors les Saxons envahirent le pays.

Bran signifie corbeau et jusqu'à nos jours, le souvenir du pouvoir de la tête de Bran est conservé dans la légende relative à la présence de corbeaux dans la Tour de Londres. On leur accorde une attention particulière, à cause de la croyance dans ce que le royaume sera en sûreté tant qu'ils y resteront. A un tel point que, quand la ménagerie de la Tour à Regent's Park en 1834, les corbeaux furent laissés intentionnellement, pour respecter une vieille prédiction, et lui permettre de continuer à l'avenir. Le corbeau était respecté comme animal doué de pouvoir de prédire. Beaucoup d'oiseaux étaient utilisés par les Druides comme moyen de divination, en interprétant leurs mouvements et leurs appels. Mais le corbeau était censé posséder une force oraculaire particulière, à cause de son air éveillé, intelligent et sage. L'Aulne peut vous aider, si vous choisissez cette carte, à trouver une protection spirituelle dans les querelles, comme Bran, après la bataille, offrit protection à ses partisans, et leur lieu de repos, et aussi, la force oraculaire, quand il les instruisit au sujet de leurs voyages et de leurs actions futures.

Tirée à l'envers, cette carte signifie un manque de besoin de protection dans les zones de querelle - ou un manque de conscience de ce besoin. L'orientation oraculaire est offerte.


Mots-clefs : Oraculaire - Protecteur.

Troisième mois : Janvier."

Selon Alain Gesbert, auteur de B. A. - BA Oghams divinatoires (Éditions Pardès, 2002), l'ogham Fearn est associé à :


"Arbre : Aulne.

Mot clé : Force.

Association complémentaire : Force morale par la douceur - Persévérance.

Lettre : F.

Période : 18 février - 17 mars.


Fearn indique l'énergie morale, la force intérieure et la vitalité physique. Il vous faut rester vous-même et ne pas faire de compromis, s'ils sont en opposition à votre éthique ou avec votre manière de penser. Il y a un risque d'être têtu, trop obstiné ou opiniâtre vis-à-vis du changement. Le défi de Fearn est de savoir quand vous devez aller de l'avant et quant il vous faut être plus conservateur en consolidant vos acquis. Qu'est-ce qui se cache derrière cette résistance au changement ?

Visualisez ou imaginez la résistance de l'Aulne face à la détérioration par l'eau et associez-y la force intérieure, tranquille, avec une idée de persévérance sereine."

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Ellen Eert Hopman, autrice de A Druid’s herbal of sacred tree medicine (Destiny Books, 2008 ; traduction par Deepl) propose sa vision de l'ogham Fearn :


"Alder - Fearn - [Fyehrn]


Nous allons maintenant examiner la troisième lettre de l'alphabet oghamique de l'arbre, fearn (aulne). Le Word Ogham o Morainn mic Moín mentionne airinach ian, « bouclier des bandes de guerriers ». Le Word Ogham o Mic ind Oic mentionne comet lachta, « protection du lait ».

Et le Briatharogam Con Culainn nous donne Dín cridi, « Protection du cœur » (de).

« Le Chant des arbres de la forêt », un poème irlandais sur la sagesse des bois datant du XIIIe siècle, énumère les bois les plus adaptés pour faire du feu :


Sorbier, arbre du sorcier, Ronce, brûle celui qui est si vif et si vert,

Chêne, tu es la chaleur la plus féroce de tous les bois,

Aulne, tu es la sorcière guerrière de tous les bois,

Houx, brûle-le vert, brûle-le sec,

Sureau, brûle celui qui harnache les chevaux des armées des sidhe [monticule aérien],

Bouleau, brûle sans faillir les tiges qui portent les gousses immuables,

Peuplier, brûle-le tôt ou tard.


Si vous cherchez de l'aulne, regardez au bord des étangs, des rivières et des ruisseaux, car l'aulne aime avoir les pieds dans l'eau. L'aulne est très résistant à la pourriture. Dans l'Antiquité, son bois servait à construire des routes et des voies ferrées. L'aulne était utilisé dans toutes les constructions nécessitant une protection contre l'humidité, telles que les pilotis des habitations lacustres, les roues à eau, les fondations de maisons, les écluses de canaux et les tuyaux en bois. Il servait également à fabriquer des seaux à lait, ce qui explique peut-être le nom oghamique « gardien du lait ».

L'aulne servait également à fabriquer du charbon de bois pour la poudre à canon, ainsi que comme combustible dans les foyers des forgerons et les fours des potiers. Dans une maison infestée de puces et d'autres insectes, on ramassait des feuilles d'aulne encore humides et on les répandait sur le sol. Les insectes restaient collés aux feuilles et mouraient.

L'aulne, « bouclier des bandes de guerriers », servait autrefois à fabriquer des boucliers pour les guerriers. Son bois passe du blanc au rouge après avoir été coupé, ce qui lui donne l'aspect du sang.


UTILISATIONS PHYTOTERAPEUTIQUES : La partie de l'aulne (Alnus glutinosa) (aulne noir) utilisée en phytothérapie est l'écorce interne, que l'on récolte en raclant l'écorce d'une brindille ou d'une branche à l'aide d'un couteau bien aiguisé


ATTENTION : N'enlevez jamais l'écorce du tronc de l'arbre, car vous risqueriez de le tuer.


L'écorce interne est également mise à mijoter pour obtenir une solution de lavage des plaies, indiquée pour les blessures externes très profondes, ainsi qu'une tisane pour les lésions internes (ce qui explique peut-être le nom oghamique « bouclier des bandes de guerriers »). L'écorce doit être séchée avant d'être utilisée en usage interne, car l'écorce fraîche est émétique. Prise par voie interne, elle arrête les saignements. Lorsque l'écorce interne est mise à décocter dans du vinaigre, elle donne un lavage externe pour éliminer les poux et la gale. La tisane d'écorce d'aulne peut être utilisée en gargarisme pour les maux de gorge et comme dentifrice pour nettoyer les dents et les gencives.

Pour préparer cette décoction, faites mijoter une cuillère à café d’écorce interne ou de feuilles par tasse d’eau dans une casserole non en aluminium munie d’un couvercle hermétique pendant vingt minutes.

Pour un usage interne, par exemple pour traiter une hémorragie interne, prenez jusqu’à deux tasses par jour à raison d’une cuillère à soupe par prise.


ATTENTION : Ne cueillez les feuilles fraîches que jusqu'au solstice d'été. Passé cette date, elles contiendront trop d'alcaloïdes végétaux.


L'aulne rouge (Alnus rubra) s'utilise de la même manière que l'aulne noir, et les dosages sont identiques. L'aulne lisse ou aulne noisetier (Alnus serrulata) s'utilise également de la même manière et aux mêmes dosages.

Les guérisseurs et les praticiens de médecine amérindiens utilisaient l'aulne pour traiter diverses affections. Les Micmacs utilisaient l'écorce interne pour soigner les crampes et les vomissements, la diphtérie et les troubles rhumatismaux. En usage externe, ils utilisaient l'écorce et les feuilles pour soigner les plaies. Ils utilisaient l'écorce interne et les feuilles en usage interne sous forme de tisane pour traiter la fièvre, arrêter les saignements internes et soigner les hémorragies pulmonaires.

Les Mohegans utilisaient la tisane d’écorce en lavage pour les entorses, les contusions, les maux de tête et les douleurs dorsales. Les Montagnais préparaient une tisane à partir des rameaux comme remède purificateur du sang. Les Penobscots préparaient une décoction d’écorce pour les crampes et les vomissements.


ASPECTS SPIRITUELS : Selon la tradition irlandaise, le premier homme aurait été créé à partir d’un aulne, et la

première femme à partir d’un sorbier. Deux contes écossais associent l’aulne à la mort. Dans l’un d’eux, un jeune marié décédé et enterré revient pour dire à son épouse qu’il a en réalité été emporté par les fées. Lorsque sa tombe est ouverte, on y trouve une bûche d’aulne, mais aucun cadavre. Dans un autre récit, une femme est enlevée par les fées et un tronc d’aulne est laissé à sa place. L’aulne, qui pousse dans les endroits humides, est associé aux esprits de l’eau dans la tradition irlandaise, en particulier au cheval blanc des fées.

Dans l’Antiquité, l’aulne était associé à de nombreuses croyances sacrées. À Ebchester, près du mur d’Hadrien en Écosse, on a découvert une inscription dédiée au dieu Vernostonus dans laquelle il est personnifié sous la forme d’un aulne. Vernostonus est un autre nom de Cocidius (le Rouge), un dieu local de la chasse et de la guerre, considéré comme un guerrier sacré et un protecteur de la tribu. Le nom Cocidius provient peut-être du mot « coch » ou « rouge », un nom logique pour un dieu associé aux guerriers et à la chasse.

Un colorant rouge est fabriqué à partir de l’écorce de l’aulne, ce qui renforce son association avec les guerriers et le sang.

L'aulne est également associé au dieu protecteur Bran, dont le neveu, un roi irlandais, s'appelait Gwern, mot gallois signifiant « aulne ». Dans la « Bataille des Arbres » du poète Taliesin, Bran portait des rameaux d'aulne.

Dans l’Antiquité, les guerriers avaient pour coutume de conserver les têtes coupées de leurs ennemis tués comme trophées. Les Celtes croyaient qu’une fois qu’un guerrier avait capturé une tête, il détenait l’esprit de son ennemi. Il avait capturé l’âme et le pouvoir de son ennemi. La tête coupée de Bran fut enterrée par ses partisans à l’emplacement de l’actuelle Tour de Londres, en Grande-Bretagne, afin de protéger le pays. (Le roi Arthur a bêtement déterré la tête, ouvrant la voie aux invasions saxonnes.)

L’un des noms oghamiques de l’aulne est « protection du cœur ». L’esprit de l’aulne est celui de la protection contre les excès émotionnels. Faites appel à son esprit pour vous aider à construire un pont en temps de conflit, afin d’éviter d’être ballotté par la tempête sur les océans de la passion. Utilisez le bouclier protecteur du guerrier sacré qu’est l’aulne pour résister aux raz-de-marée de la peur, de la colère et du doute de soi. Laissez l’aulne construire un radeau pour vous faire flotter en toute sécurité sur une mer de sentiments troublés."

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D'après Julie Conton auteur d'un essai sur L'ogham celtique ou le symbolisme des arbres, l'oracle des druides (Éditions Mémoires du Monde, 2014) :


Son : f

Nom : Fearn

Nom scientifique : Alnus glutinosa

Correspondances astrologiques :

  • Mars et le Bélier dont Mars est maître

  • Saturne et le Capricorne dont Saturne est maître

  • Pluton, Mars et le Scorpion dont Pluton et Mars sont maîtres

  • Vénus et le Taureau, dont Vénus est maîtresse.


L'aulne, appelé aussi aune, anois, aunet, verne, vergne, ou bergue, est une espèce hygrophile qui affectionne les bords des rivières, des étangs, et les lieux marécageux. L'aulne peut atteindre une hauteur de 25-30 mètres environ, pousse jusqu'à 1200 mètres d'altitude et peut vivre une centaine d'années. Il appartient à la famille des bétulacées, comme le bouleau et le noisetier. L'Alnus glutinosa ou aulne glutineux est l'aulne le plus commun en Europe de l'ouest mais il en existe d'autres espèces.

L'écorce jeune est lisse et grise, puis devient brune et crevassée. Jusqu'à sa chute tardive dans la saison, le feuillage reste vert et ne jaunit pas. Les feuilles sont ovales ou arrondies, dentées et crénelées, échancrées au sommet. En mars-avril, les fleurs apparaissent en même temps que les feuilles, les fleurs femelles sont de courts chatons pourpres, dressés, et les fleurs mâles sont de longs chatons pendants, chatons mâles et femelles coexistant sur le même arbre. Les fruits sont de petits cônes ovoïdes de la taille d'une noisette. Au printemps, les feuilles se recouvrent d'une sécrétion résineuse qui les rend collantes.


Chez les Celtes, l'aulne fait partie des essences du bosquet sacré. Les Arvernes, peuple de Gaule, portent un nom dérivé du terme gaulois verno, « aulne ». En gaulois, verno, en gallois et en breton, gwern, et en irlandais, fern, le terme signifie à la fois « aulne », « marais », le lieu où il aime pousser, ainsi que « mât ». en période de crue, l'aulne peut se retrouver entouré d'eau comme le mât d'un navire au milieu de la mer. Il possède un système racinaire très profond qui l'ancre solidement et lui permet de résister aux inondations.


Le symbolisme de l'aulne est complexe. il réunit des valeurs très différentes, voire contradictoires. C'est un arbre de feu, d'eau et de terre... A la fois masculin, yang, émissif, et féminin, yin, réceptif, c'est un arbre de combat et de paix, l'arbre des vivants et des morts. Le tirage de cet ogham ne sera pas toujours facile à interpréter. L'intuition vous guidera vers la signification qui vous concerne « ici et maintenant ».

Commençons par la dimension masculine, énergétique et active de l'aune, qui est en affinités avec l'élément Feu. Dans les campagnes on l'appelait « l'arbre de feu » car il épuise l'eau où il se trouve, c'est pourquoi on enterrait autrefois des rameaux d'aulne pour drainer les terrains humides.

En Irlande, on disait que l'acte d'abattre un aulne sacré amenait la destruction de la maison du criminel par le feu. De plus, on utilisait l'aulne pour fabriquer un excellent charbon.

La comparaison de l'ogham Fearn, qui transcrit le son f, avec la lettre correspondante dans l'alphabet runique est très parlante. Il s'agit de la rune Fehu, Feoh, correspondant comme Fearn au son f. Fehu est la première rune de la séquence. C'est une rune de feu, de commencement, elle incarne l'énergie première, comme le Bélier, premier signe dans la roue du zodiaque, signe de feu régi par la planète Mars.

Par ailleurs, le bois de l'aulne, résistant à l'eau et quasiment imputrescible, était couramment utilisé pour les fondations, pour les pieux des maisons lacustres, des ponts et embarcadères. Il permettait donc de commencer la construction.

Dans Le Combat des Arbres, la mention des aulnes fait écho à cette notion de commencement. L'aulne symbolise une puissante énergie dynamique, la flamme de la passion, l'engagement premier, l'impulsion initiale.


Les aulnes en première ligne / S'ébranlèrent.


Ou bien, selon d'autres traductions :


Les aulnes, en tête de la troupe / Fermèrent l'avant-garde

ou : Les aulnes, en tête de ligne / Étaient les premiers.


Les aulnes sont en première position pour combattre, comme la rue Fehu correspondant à Fearn est le premier caractère de la séquence runique. La dimension combative est également en analogie avec Mars, planète yang, liée au potentiel énergétique mais aussi à la guerre et l'agression : Mars-Arès est le dieu de la guerre dans la mythologie gréco-romaine.

En tirage, Fearn vous incite à vous lancer dans l'action, à vous engager et à combattre les obstacles. Elle vous exhorte au courage ; soyez passionnés, enthousiastes. Vous êtes peut-être dans une période de (re)commencement et de(re)construction sur de nouvelles bases. Osez mettre vos désirs en action.


Fait intéressant, on extrayait une teinture rouge à partir de l'écorce de l'aulne, or le rouge est la couleur de Mars et de l'élément Feu.

Les propriétés médicinales de cet arbre sont, elles aussi, en relation avec le Feu : une infusion de feuilles d'aune est efficace pour faire tomber la fièvre. On utilisait les feuilles d'aulne pour préparer la couche des malades, car celles-ci ont la particularité de déclencher de fortes suées. De même qu'un aulne assèche une terre humide, il « assèche » le corps en provoquant la transpiration. Son action contre le feu de la fièvre est à l'origine de son surnom de « quinquina indigène », le quinquina étant un fébrifuge connu.

On utilisait aussi l'aulne pour calmer le feu des inflammations. Sainte Hildegarde de Bingen évoquait déjà, au XIIe siècle, le cataplasme de feuilles fraîches d'aulne, destiné à activer la cicatrisation des ulcères.

La décoction est efficace contre l'angine et la pharyngite, le bain de bouche guérit les aphtes et les feuilles d'aulne, en bain, soulagent les rhumatismes.


Nous avons vue que Fearn était à mettre en parallèle avec la rune Fehu : c'est la rune des dieux Vanes, de Freyr et Freya, frère et sœur, dieux nordiques de l'abondance, de la fertilité et de la paix.




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Dans La Voix des Arbres (Édition originale, 2019 ; Tana Éditions, 2023 pour la traduction française) Diana Beresford-Kroeger transmet à son tour sa vision de l'ogham des Celtes :


"Fearn - L'Aulne


Quand je retournais à Lisheens chaque été, mon manteau d’écolière tombait dès que je descendais du car et que je m’asseyais à côté de Pat sur la carriole de la ferme, au rythme des sabots des chevaux, de l’eau qui coulait dans la rivière et de l’odeur pittoresque des animaux qui se mêlait à celle du chèvrefeuille.

Assise sur mon sac de gruau Macroom, mon jeune regard souverain posé sur un paysage qui était mien, je me faisais l’effet d’une reine. Les aulnes se dressaient, silencieux, sur mon passage, tandis que les roues me secouaient alors que nous montions vers mes collines.

Ces roues avaient tout changé pour les anciens Celtes, qui s’étaient emparés avec enthousiasme de cette invention incroyable. Les forgerons, qui comptaient parmi les intellectuels de la société celte, avaient examiné la roue avec l’intention de l’améliorer. Ils ont ainsi ajouté une bande de fer chaud sur le bois. En refroidissant, celle-ci se contractait, ce qui mêlait le métal au bois. Le forgeron ajoutait ensuite quelques clous pour que la roue accroche mieux la route. Un nouveau véhicule, que les Celtes appelaient carr, pouvait désormais transporter rapidement des marchandises. C’était le prélude à des problèmes bien connus : la circulation et bien sûr l’entretien de routes, au centre des coûts.

À mesure que la circulation augmentait dans le monde celte, des grand routes devinrent nécessaires, puis il en fallut de plus grandes encore. Pour leur conception, il fallait relever le défi des gués, des tourbières et des marais. L’aulne fut la réponse : le bois de cet arbre, qui croît dans les sols humides, marécageux, est imputrescible dans l’eau, et son homogénéité le rendait parfait pour la construction de routes. Les aulnes qui poussent près des rivières produisaient des bûches d’une trentaine de mètres de long pour un diamètre de travail de quatre-vingt-dix centimètres. Des bûches de trente mètres formaient le lit de la route. En fonction du terrain, du chêne, de l’orme, du noisetier et de l’if ont aussi été utilisés, après avoir été écorcés et aplanis à l’aide d’une herminette. Ces nouvelles routes permettaient le passage de deux charrettes côte à côte.

Ce réseau routier traversait l’Irlande sur des kilomètres. Surtout, il passait par des tourbières, où les routes étaient renforcées par nécessité, mais aussi en vertu des lois des brehons ainsi que du Senchus Mór, un recueil de lois et de jurisprudences plus anciennes, selon lesquelles le roi était responsable de l’entretien des routes sur son territoire. Que des voyageurs soient blessés parce que la route était en mauvais état, et le roi devait les dédommager. Toutefois, si le voyageur endommageait la route par négligence, il devait une compensation financière au roi ou au chef local.

Quand une route devait traverser une rivière, la méthode de construction du pont, ou droichead, était dictée par le Senchus Mór, qui incluait également des règles concernant les fossés.

Bon nombre de grand-routes, ou slite, d’importance en Europe ont accueilli des voies romaines, mais cinq fameuses slite demeurent en Irlande, héritées des temps anciens, et rayonnent autour de la colline des rois de Tara. Slí Asail partait au nord-ouest. Slí Mudluachra traversait Tara du nord au sud. Slí Cualan partait au sud-est et passait par Dublin, tandis que Slí Dála menait au sud-ouest. Enfin, la plus célèbre, Slí Mór, allait de Tara à Galway en suivant un esker, une crête de dépôts sableux. Il s’agissait de la route préférée de la princesse Niamh, fille du dernier haut roi et amatrice de vitesse, dont la chevelure flamboyante volait au vent. Un modèle de courage, de pouvoir et de fierté pour les femmes irlandaises.

L’aulne utilisé pour les anciennes grand-routes, Alnus glutinosa, est un arbre indigène d’Europe, d’Afrique du Nord et de bon nombre de régions d’Asie. Avec ses rideaux de chatons mâles à l’épreuve de l’eau, ce membre de la famille du bouleau est un beau cadeau du printemps, chargé de tannins qui suintent comme du sang quand l’arbre est coupé. L’air oxyde en quelques minutes le bois blanc, qui devient rouge, raison pour laquelle couper un aulne est censé porter malheur. Mais cette réaction chimique justifie l’utilisation de l’aulne comme teinture, fixée à l’aide de divers mordants végétaux, pour produire différentes nuances de jaune, de rouge et de rose, ainsi que du noir, du vert et du brun.

Les remèdes tirés des arbres de la famille du bouleau, comme l’aulne, n’étaient pas l’exclusivité des druides ; ils étaient connus et utilisés dans tout le monde civilisé. L’un des usages les plus anciens d’Alnus glutinosa était un bain de bouche antimicrobien et analgésique. La couche cambiale humide, sous l’écorce, était préparée en décoction et servait en gargarisme. C’était un bon moyen d’apaiser la douleur et l’inflammation des gencives et de la bouche. Curieusement, les Premières Nations ont recours à une décoction similaire de l’espèce présente en Amérique du Nord pour soulager la douleur cuisante des brûlures.

Une décoction d’écorce et de feuilles vertes adultes d’aulne était utilisée dans tout le monde celte pour ses effets analgésiques. On l’appliquait en lotion sur les articulations douloureuses — genoux, coudes, mains —, avant de la laisser sécher. On buvait aussi au printemps des tisanes d’écorce et de feuilles juvéniles.

Les druides considéraient l’aulne comme un bile, un arbre sacré. Il était pourvu d’un autre nom, fearn, pour la lettre F de l’alphabet oghamique. Le tracé de ce F était constitué d’une ligne verticale où prennent naissance trois lignes horizontales qui s’étendent vers la droite. Pour les anciens druides, le fearn était le gardien de l’eau, une substance à la fois sainte et sacrée."

Pandora Hearts, autrice, et Lydie Bossuet, illustratrice proposent un Oracle des arbres & des oghams (Éditions Secret d'étoiles, 2022) que je trouve particulièrement beau :


"Paroles de Fearn : Je suis Fearn l'arbre des Fronts de Batailles. Mes racines ancrées profondément dans la terre nue confèrent une stabilité sans égale. Mon bois résiste aux attaques des eaux tumultueuses et, à mon corps défendant, je m'engage à protéger mes frères restés derrière moi. mon tronc saigne au contact de l'air, toutefois cela n'atteint pas mon esprit tenace et combatif. Je suis Fearn, l'arbre de la Combativité et de la Résistance.


Signification de la carte : Dans un tirage, Fearn symbolise la stabilité, les bases solides et l'engagement, les actions entreprises avec courage, la ténacité et la résistance, la défense et la combativité. Il vous indique que votre stabilité vous permet d'agir en toute sécurité. Fearn vous conseille de faire preuve de courage et de camper sur vos décisions. Votre obstination et votre persévérance porteront leurs fruits à votre avantage. Vous devrez cependant faire preuve de patience.

Dans un tirage concernant un projet ou une relation nouvelle, Fearn indique que le commencement est stable et vous conseille d'aller de l'avant. Il peut également exprimer que vous vivez un cycle de reconstruction matérielle ou spirituelle. Parfois, il suggère qu'une personne proche vous apporte son soutien. Mais sil peut également vous demander d'épauler des personnes proches de vous.

Fearn suggère parfois qu'il est temps d'agir, de ne plus avoir peur de prendre l'initiative. Son énergie d'entreprise vous conseille de laisser libre cours à votre spontanéité : faites preuve d'audace, lancez-vous et prenez les devants ! La solidité de vos actions entraîne des augures favorables.


Carte renversée : Lorsque la carte apparaît à l'envers, Fearn expose une possible capitulation à contrecœur et un abandon des convictions ou des engagements. Il peut indiquer une personnalité défaitiste nocive pour vous. Parfois, il indique un manque de soutien, une instabilité matérielle ou spirituelle. Il conseille ainsi de vous ouvrir aux autres et de demander de l'aide à des personnes de confiance.

Fearn peut mettre en garde contre une impulsivité nocive ou un empressement à agir sans réfléchir. Ce comportement téméraire mais négligeant vous entraîne dans une mauvaise direction. Il vous suggère également de garder patience, de recommencer et de réévaluer vos actions sur des bases plus saines. Parfois, il vous met en garde contre des engagements malhonnêtes ou des prises de risque inconsidérées.


Mots clés : Engagement - Entreprise - Initiative - Audace - Stabilité - Défense - Ténacité."

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