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  • Anne

La Betterave




Étymologie :

  • BETTERAVE, subst. fém.

Étymol. et Hist. 1600 bot. (O. de Serres, 530 dans Littré : Une espece de pastenades est la bette-rave, laquelle nous est venue d'Italie n'a pas longtemps. C'est une racine fort rouge, assez grosse, dont les fueilles sont des bettes, et tout cela bon à manger). Composé de bette* et de rave*.


Lire également la définition du nom betterave pour amorcer la réflexion symbolique.




Symbolisme :


Selon Le Livre des superstitions, Mythes, croyances et légendes (Éditions Robert Laffont S.A.S., 1995, 2019) proposé par Éloïse Mozzani :


La betterave est vouée à l'amour : "Si un homme et une femme légèrement plus âgée que lui mangent ensemble d'une même betterave, en se regardant dans les yeux, ils éprouveront une violente passion l'un pour l'autre".

En outre, c'est son jus qui sert souvent d'encre dans les pactes d'envoûtement d'amour.

Une betterave placée dans un verre de cristal à moitié rempli d'eau, sa partie supérieure laissée à l'air libre, devient un talisman à condition d'invoquer le nom de "Sheva" en formulant un vœu. Il se réalisera si la plante, laissée dans le "coin d'une pièce entre l'ombre et la lumière", se met à bourgeonner.

Lorsque les feuilles de betterave montrent leur envers, disent les Belges, elles annoncent la pluie; Pour qu'elles soient très belles, les planter le jour de la Saint-Jean (24 juin), selon un précepte breton.

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Pour Christiane Beerlandt, auteure de La Symbolique des aliments, la corne d'abondance (Éditions Beerlandt Publications, 2005, 2014), nos choix alimentaires reflètent notre état psychique :


La sphère psychique de la Betterave Rouge absorbe tout ce dont elle a besoin pour se maintenir debout, pour rester en vie, pour entretenir sa robustesse et sa vigueur sans ressentir le moindre manque. Elle montre à l'être humain comment bien prendre soin de soi et retenir en soi les substances alimentaires dont il a besoin pour se sentir sain et fort. C'est aussi psychiquement qu'elle incite l'être humain à faire en sorte qu'il ne manque de rien. Elle l'exhorte à remédier immédiatement à toute insuffisance, à combler toute lacune en lui, non pas en se remplissant avec des choses ou des personnes extérieures à lui mais en se donnant l'assurance, l'amour, l'attention, l'alimentation... bref, tout ce qu'il lui faut, à proprement parler, pour se sentir bien - sans que ce la entraîne une dépendance d'autrui.

Celui qui aime la Betterave Rouge s'avachit parfois, il croit insuffisamment en le sens de son Être, en la valeur de son JE. Il doute de lui-même, de la valeur de son JE. Il ne compte pas assez sur sa force intérieure parce qu'il se relie insuffisamment à sa source intérieure de forces : il ne croit pas vraiment en le Noyau incommensurablement puissant de son Être. Il cherche trop à se reposer sur les forces en dehors de lui ; il se maintient en vie en s’administrant, par exemple, des aliments complémentaires sous forme de vitamines u de tisanes, etc. Ce faisant, il ne se rend pas compte qu'une force bien plus grande est produite à l'intérieur de lui, que l'approvisionnement en substances alimentaires s'opère de dedans... pour peu qu'il bâtisse sa vie sur sa Source intérieure, dans la foi ! Il apprendra à se mettre en résonance avec cette source de vie intérieure pour s'y nourrir en premier lieu. Il ne devra consommer que les aliments dont il a réellement "envie" puisque cette "envie de" est précisément la traduction de son Moi profond !

A suivre

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Contes et légendes :


























Littérature :


Dans L'Homme à l'envers (Éditions Viviane Hamy, 1999), Fred Vargas, le lecteur est surpris de voir apparaître un olivier, suivi d'une betterave, dans l'environnement montagneux du Mercantour et des Alpes, tout autant que certains personnages :

"- Bon, dit Camille, pensive. Je ne voyais pas le Mercantour comme ça.

- Tu le voyais comment ?

- Je voyais quelque chose de chaud et de modérément montagneux. Avec des oliviers. un truc comme ça.

- Eh bien c'est froid et exagérément montagneux. Il y a des mélèzes, et quand c'est trop haut pour subsister, il n'y a plus rien du tout, que nous trois, avec le camion.

- C'est gai, dit Camille.

- Tu ne sais pas que les oliviers s'arrêtent à six cents mètres ?

- A six cents mètres de quoi ?

- D'altitude, bon sang. Les oliviers s'arrêtent à six cents mètres, tout le monde sait cela.

- Dans les régions d'où je viens, il n'y a pas d'oliviers.

- Ouais. Vous bouffez quoi, alors ? - Des betteraves. C'est courageux la betterave. Ça ne s'arrête pas, ça fait le tour du monde.

- Si tu plantes ta betterave en haut du Mercantour, eh bien, elle crèvera.

- Bon. Ce n'est pas ce que je voulais faire, de toute façon. Combien de kilomètres pour atteindre ce foutu col ?"

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