Blog

  • Anne

La Salicorne




Étymologie :

  • SALICORNE, subst. fém.

Étymol. et Hist. a) 1563 salicor subst. masc. « plante qui croît généralement au bord de la mer et dont on retire la soude » (B. Palissy, Recepte veritable ds Œuvres, éd. A. France, p. 29) ; b) 1611 salicorneid. » (Cotgr.)). Empr. au cat. salicorn (att. dep. 1490 ds Alc.-Moll), plus prob. issu d'un b. lat. salicorneum, comp. de sal « sel » et de corneum « en forme de corne », que d'orig. ar. Voir Cor.-Pasc., s.v. sal et FEW t. 21, p. 154a.


Lire également la définition du nom salicorne afin d 'amorcer la réflexion symbolique.


Autres noms : Salicornia europaea ; Asperge de mer ; Bâton d'eau de mer ; Casse-pierre ; Christe-marine ; Coqueron ; Corail de mer ; Corne de sel à rameaux ; Cornichon de mer ; Eau de mer en bâton ; Engane ; Haricot de mer ; Passe-pierre ; Pesse jaune ; Sablotine ; Salade de mer ; Salicor ; Salicorne herbacée ; Salicot ; Salicoto ; Soufouiro.

*

*




Utilisations :


Si l'on en croit Auguste Chevalier, auteur de l'article intitulé "Les Salicornes et leur emploi dans l'alimentation : étude historique, botanique, économique." (In : Revue de botanique appliquée et d'agriculture coloniale, 2ᵉ année, bulletin n°16, décembre 1922. pp. 697-785) :

Article complet
.
Download • 6.41MB

Aucun document précis de l'Antiquité concernant les Salicornes n'étant parvenu jusqu'à nous, il est difficile de dire si les anciens thérapeutes grecs et latins ont connu ces plantes. Plusieurs espèces vivaces de Salicornia sont abondantes sur le littoral de la Grèce et de l'Italie, ainsi que dans les îles de la Méditerranée ; il est donc probable qu'elles furent remarquées et utilisées de bonne heure par les Anciens, mais les diverses chénopodiacées des terrains salés devaient être confondues ensemble. Suivant Stackhouse (cité par Poiret, Supplém. Encycl.) la Salicorne serait l'Alimon de Théophraste, "l'Alimos de Dioscoride. Les botanistes prélinnéens et notamment Jean Bauhin ont cru reconnaître aussi les Salicornes dans l'Anihillis de Dioscoride, le Tragus du même auteur et l'Halymus de Pline (Livre VIII, chap. XXII). Ces noms, à notre avis, désignaient la plupart des salsolacées et salicorniacées du littoral méditerranéen et aussi le Chenopodium Halimus petit arbuste du bord de la mer, riche en soude.

Les Arabes faisaient usage de ces plantes pour la fabrication de la soude et ils en introduisirent l'usage en Espagne. Les Suseda, les Salsola et les Salicornia étaient désignés par les auteurs arabes du moyen âge sous les noms de Kali ou Al Kali d'où est venu le mot français alcali, ainsi que l'appellation scientifique d'une soude, commune sur les bords de la mer dans presque tous les pays de l'Europe, nommée par Linné Salsola Kali.

C'est sous le nom de Kali ou Kalia que la plupart des auteurs prélinéens (Dalechamps, Matthiole, G. et J. Bauhin, Jean Ruel, etc.), ont désigné le groupe de plantes renfermant les Salicornes.

Pour la première fois, en 1554 dans son Histoire des plantes (édition hollandaise), Rembert Dodoens a employé le nom Salicornia et a publié un dessin qui représente très exactement un jeune plant de Salicornia europaea. Cet auteur célèbre, né à Malines en 1518, a fait dériver le nom Salicornia du vieux mot français Salicor employé en certains pays pour désigner les Salicornes. Suivant Eug. Rolland, le mot Salicor est employé en 1578 par Bl. de Vigenère (Images de Philostate).

*

*

Selon Marie-Pierre Arvy et François Gallouin, auteurs de Légumes d'hier et d'aujourd'hui (Éditions Belin 2007) :


Au Moyen Âge les salicornes herbacées et ligneuses étaient utilisées pour la fabrication de la soude et permettaient de dégraisser les étoffes. Après calcination, les cendres entraient dans la fabrication du savon et du verre. Ainsi, au XIVe siècle, de nombreuses verreries se sont installées à proximité des zones littorales.

Ce n'est qu'au XIXe siècle que la salicorne herbacée a été utilisée pour ses vertus médicinales : conservée dans le sel, elle entrait dans l'alimentation des marins pour les protéger contre le scorbut. Elle était consommée avec la chicorée sauvage et le pissenlit pour soigner les « engorgements » de la rate.

*

*




33 vues

Posts récents

Voir tout