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  • Anne

Le Puceron




Étymologie :

  • PUCERON, subst. masc.

Étymol. et Hist. 1. 1636 « petit insecte parasite des plantes » (Monet) ; 2. 1898 p. anal. (D'Esparbès, loc. cit.). Dér. de puce* ; suff. -(e)ron, v. -on1. On note aussi dans le 2e quart du xiiie s., le hapax puceron « protubérance (d'une pierre précieuse) de la forme d'un puceron » (Lapidaires E 225, p. 245 ds T.-L.).


On peut lire également la définition du nom puceron pour amorcer la réflexion symbolique.




Zoologie :


Selon Matt Pagett, auteur de Le petit livre de merde (titre original What shat that ?, Quick Publishing, 2007 ; édition française Chiflet & Cie, 2008) : "Le puceron : un insecte remarquable ! La femelle peut se reproduire par parthénogénèse (sans fécondation), le petit insecte devient adulte en quelques jours, et l'espèce se reproduit à une vitesse phénoménale, pour le plus grand malheur des jardiniers. De plus, les sécrétions anales du puceron empoisonnent les rosiers, les vignes et autres arbres fruitiers. Pas étonnant qu'il ne soit pas apprécié. En revanche, les fourmis l'adorent.


Description : Tous les agriculteurs vous le confirmeront : dès qu'ils voient une excrétion de puceron sur une feuille, ils sont désespérés. C'est une espèce de liquide luisant, bientôt recouvert d'une moisissure noire, la fumagine.


Un vrai nectar : En fait, la merde de puceron n'en est pas une ; elle est sucrée, visqueuse, et son nom, "miellat", évoque la douceur. Le puceron la produit après ingestion de la sève de la plante hôte. Il perce la paroi du végétal à l'aide de son rostre, puis aspire la sève, riche en acides aminés et en sucre. Il rejettera ensuite les sucres qu'il n'aura pas pu assimiler.

Comment lutter contre les pucerons et leurs excrétions collantes ? Les insecticides ne sont pas une panacée. Mieux vaut avoir recours à des prédateurs naturels, genre coccinelles ou guêpes parasites.

Les fourmis sont à éviter car accros au miellat elles n'assisteront pas les prédateurs dans leur travail d'extermination. Au contraire elles préféreront protéger le puceron dont elles apprécient les douceurs. Elles savent très bien y faire : avec leurs antennes, elles caressent l'insecte nourricier et leur geste est vite récompensé puisqu'une goutte mielleuse sort aussitôt de l'anus du puceron.


Moelleux à souhait : Les fourmis ne sont pas les seules à adorer le puceron : les abeilles sont friandes de miellat, et leur miel, sombre, au goût prononcé, est un régal pour les connaisseurs.

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Littérature :

L'Homme, la Sensitive et le Puceron


A un jeune homme d’une extrême susceptibilité.


Un Puceron dormait dans une Sensitive, Et mon doigt l’en voulut tirer. — Hélas ! pourquoi me déchirer, Dit, en se refermant, la corolle plaintive ? — Ingrate fleur, j’allais te soulager, Et l’ennemi qui dort sur ta peau vive, Lui criai-je, hélas ! va ronger Ton sein que j’allais protéger ! —

Âmes trop susceptibles, En croyant n’être que sensibles, Vous gardez un travers Qui troublera vos jours paisibles Plus que mille revers.


Abbé Louis-Maximilien Duru, « L’Homme, la Sensitive et le Puceron », Fables nouvelles, ou Leçons d’un maître à ses élèves, 1855.

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