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Le Poinsettia



Étymologie :


D'après le nom de Joel Roberts Poinsett (2 mars 1779 – 12 décembre 1851), un docteur, un botaniste et un homme d'État américain.

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Botanique :


Victoria Hammiche, Rachida Merad, Mohamed Azzouz, et al. auteurs de Plantes toxiques à usage médicinal du pourtour méditerranéen. (Springer Paris, 2013) présentent rapidement le Poinsettia :

L'espèce, originaire du Mexique, a été introduite, aux Etats-Unis, au XIXe siècle, par son ambassadeur dans ce pays, J.R. Poinsett qui est à l'origine de son nom.

Elle se présente comme un arbuste de 50 cm, lorsqu'il pousse en pot mais qui dépasse 2 m en pleine terre. Les feuilles entières ont des lobes irrégulièrement dentés ; les petites fleurs jaunes, discrètes, sont entourées de très grandes bractées de couleur rouge vif, roses ou jaunes, disposées en étoile. L'ensemble a l'aspect d'une très grande £leur de 20 à 30 cm de diamètre, recherchée en


horticulture pour son effet décoratif. [...]


Parties et principes toxiques : Comme toutes les euphorbes, Ie poinsettia contient un latex très irritant dont l'allergène reste inconnu. Des triterpènes ont été mis en évidence dans Ie latex ; des anthraquinones, composés phénoliques hautement sensibilisants, sont soupçonnées.

Deux triterpènes cytotoxiques ont été isolés des feuilles et identifiés par différentes méthodes spectrales. Leur cytotoxicité a été mise en évidence et évaluée sur les cellules tumorales d'ascite du carcinome d'Ehrlich.

Sa toxicité est controversée. La question de savoir si cette espèce est réellement toxique n'est pas tranchée à ce jour car les écrits sont contradictoires. Pour certains auteurs, l'agression des muqueuses est importante et grave, des cas de rhinites et d'asthme dus aux fleurs sont rapportés ; pour d'autres, l'agression se limite à une irritation buccale. Ces derniers auteurs signalent, toutefois, Ie décès d'un chien, survenu 12 heures après l'ingestion de feuilles. Une étude, réalisée à Pittsburgh, aux Etats-Unis, a porté sur 849575 cas d'exposition aux plantes, recensés par l'association américaine des centres anti-poisons : 22 793 cas concernaient Ie poinsettia ; 93,3 % de ces cas touchaient des enfants. Pour 96,1 % des patients admis à l'h6pital, aucun traitement n'avait été nécessaire.

L'expérimentation animale n'a pu mettre en évidence la toxicité.

Le classement des fréquences d'appels aux centres anti-poisons européens est Ie suivant : 152 appels ont concerne la feuille de poinsettia (la période n'est pas précisée) avec 13 appels pour la Belgique de 1980 à 1989.

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Symbolisme :


D'après Nicole Parrot, auteure de Le Langage des fleurs (Éditions Flammarion, 2000) :


"Le poinsettia, arrivé des Etats-Unis en Europe depuis quelques dizaines d'années tout au plus, ne fait pas partie des plantes répertoriées dans les langages des fleurs. Mais, lorsque l'on connaît son histoire, on peut lui prêter ces messages : "Vous cachez bien votre jeu, mais pour la bonne cause", "Croyez en moi", "J'arrive toujours à temps !" , "Rien n'est jamais perdu" et "Le bonheur sourit à ceux qui savent faire la fête".

La plante aux couleurs de Noël n'est pas une plante comme les autres. En effet, ses "fleurs" ressemblent bigrement à des feuilles déguisées. Elle fait son apparition chez les fleuristes à la période des fêtes. Surnommée sur son continent d'origine "la fleur de la Sainte Nuit" et s'épanouissant en pot ou sur les cartes de vœux, elle évoque irrésistiblement le Christmas américain. Rapportée voici cent ans du Mexique par le premier ambassadeur des États-Unis, le Docteur Joël Poinsette, elle pousse à présent, et à foison, dans les champs de Californie et commence à s'acclimater en Europe.

Un conte populaire explique comment le poinsettia, jusque-là tout vert, s'est un jour paré de fausses fleurs écarlates (les vraies fleurs de la plante sont en fait les petits grains placés au centre des feuilles rouges). Tout en se dirigeant vers la crèche installée sur la place de leur village, deux petits mexicains sans le sou se désolent de n'avoir rien à offrir à l'Enfant Jésus. La tête basse, ils remarquent des graines éparpillées sur le sol, les ramassent et décident qu'elles seront leur cadeau. Sous les moqueries de leurs camarades les bras chargés de présents, ils jettent les graines dans la verdure qui entoure Jésus. Le miracle se produit : là où elles tombent, les feuilles deviennent rouges et la plante tout entière prend un air de fête. Qu'elle a gardé."

Mot-clef : Confiance en l'avenir".

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Doreen Virtue et Robert Reeves proposent dans leur ouvrage intitulé Thérapie par les fleurs (Hay / House / Inc., 2013 ; Éditions Exergue, 2014) une approche résolument spirituelle du Poinsettia :


Nom botanique : Euphorbia pulcherrima.


Propriétés énergétiques : Vous aide à déterminer votre mission de vie et à l'accomplir, fait de vous une source d'inspiration pour les autres et incite aux célébrations.


Archanges correspondants : Haniel, Jophiel et Raziel.

Chakra correspondant : Coronal.


Propriétés curatives : Le poinsettia est la plante associée aux fêtes de Noël, ce qui ne vous surprendra pas lorsque vous ressentirez son énergie. Elle vous guidera vers votre mission de vie et vous apportera un peu plus de bonheur à chaque pas que vous franchirez. Si vous déviez de votre chemin, l'énergie de ce compagnon bienveillant vous rappellera votre mission. Utilisez cette fleur en fin d'année pour vous aider à vous recentrer. L'année à venir sera emplie de merveilleuses opportunités.


Message du Poinsettia : " Vous avez une mission fantastique à accomplir sur cette planète. Les anges et moi-même vous transmettons des messages pour vous guider. Alors, suivez votre intuition et poursuivez le chemin qui vous mènera à votre mission de vie. Ainsi, un état de bien-être vous envahira tout naturellement, ce qui produira un magnifique effet d'entraînement. Lorsque vous menez l'existence que vous souhaitez, vous inspirez les autres et les guidez vers leur propre voie divine.

Je suis également la fleur des célébrations ! Il est temps de vous détendre et de vous amuser !"

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Selon Le Jardinier paresseux :


Le poinsettia (Euphorbia pulcherimma) est acutellement assurément le principal symbole floral de Noël dans tout l’hémisphère nord, mais il n’en a pas toujours été ainsi. En fait, jusqu’aux années 1960, le poinsettia était à peu près inconnu du grand public.

Pourtant, le poinsettia était dans un plus lointain passé un puissant symbole de pureté chez les Aztèques du Mexique, où la plante poussait à l’état sauvage. Il symbolisait le sang des guerriers morts au combat, et était utilisé dans les cérémonies reliées aux sacrifices humains ainsi que dans la médecine et les teintures.

Ils appelaient la plante cuetlaxochitl, « la fleur aux pétales de cuir ».

Le dernier empereur des Aztèques, Montezuma, fit amener des caravanes de tiges de poinsettias dans sa capitale, Teotihuacan, située dans les montagnes non loin de la ville actuelle de Mexico, car la plante tropicale, intolérante aux températures basses, ne pouvait être cultivée dans cette région en raison des hivers trop frais.

Lorsque les missionnaires franciscains sont arrivés avec les conquistadors espagnols dans le but de convertir les peuples païens du Mexique au christianisme au début du XVIe siècle, ils ont d’abord eu une vision très négative de cette plante «païenne», qui pour eux évoquait le symbolisme de l’ancienne religion, et ont essayé de bannir sa culture. Cependant, à la fin du siècle suivant est née une légende sur le poinsettia qui était tout à fait conforme à leurs objectifs. Ainsi, au XVIIe siècle, la plante était tant acceptée que les frères franciscains ont commencé à incorporer des poinsettias dans leurs célébrations de Noël.

Aujourd’hui, le poinsettia est autant un symbole de Noël au Mexique que le sapin de Noël dans les régions plus septentrionales.

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Mythologie :


Le petitweblu évoque rapidement un mythe éthologique qui concerne le poinsettia :


Selon une ancienne légende Aztèque, cette plante est née d’une histoire d’amour tragique au cours de laquelle le cœur brisé d’une déesse aztèque laissa tomber au sol des gouttes de sang qui donnèrent naissance à l’étoile de Noël.




Contes et légendes :


Sur le site Espace pour la vie on peut lire ce petit conte :


Une légende originaire du Mexique


Au Mexique, le poinsettia est lié à un très beau conte religieux. L'histoire raconte qu'une jeune fille, du nom de Pépita, marchait tristement vers l'église en cette veille de Noël. Voyant tous les jeunes qui accouraient vers l'église avec des cadeaux pour l'Enfant Jésus, Pépita fondit en larmes sur les marches du perron de l'église. Elle ressentait cruellement sa pauvreté et se sentit incapable de pénétrer dans la Sainte Demeure sans honorer la naissance du Christ avec son propre cadeau

Un sage tenta de la consoler en lui disant : « Pépita, je suis sûr que même le cadeau le plus humble, donné avec amour, sera grandement apprécié ». Alors Pépita se leva, et alla cueillir un bouquet de feuilles d'un arbuste commun et peu attrayant qui croissait le long de la route. Elle entra dans l'église et se dirigea tout de suite vers la crèche où venait d'être déposé l'Enfant Jésus.

En déposant son bouquet, un miracle se produisit au grand étonnement de tous les participants. Les feuilles d'un vert ordinaire se transformèrent en bractées d'un rouge intense; depuis cet événement, tous les poinsettias sauvages se parent de couleurs flamboyantes durant le temps de Noël.

Peu importe la légende, pour les Mexicains, les poinsettias demeurent flores de la Noche Buena ou les « fleurs de la Nuit Sainte ». La plante et ses bractées étaient connues depuis fort longtemps par la population locale. En médecine populaire, les feuilles étaient appliquées en cataplasmes pour traiter les maladies de la peau. Elles furent aussi broyées et incorporées à une boisson pour accroître la production de lait chez les femmes qui allaitent. L'écorce et les bractées rouges furent utilisées pour la fabrication d'une teinture cramoisie.

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D'après le blog Coco Magnanville :


La fleur qui se fane

La légende dit que sur le territoire au nord de Taxco poussait un buisson de fleurs blanches très belles.

Après une bataille au cours de laquelle les Aztèques ont battu les Chontales et les ont presque décimés, les fleurs sans aucune raison se sont flétries. Les vainqueurs ont décidé de les appeler Cuetlaxóchitl, la fleur qui se fane. Quand vint le moment d'une autre floraison, les buissons se sont couverts de bractées rouge sang qui était le sang versé par le peuple Chontal.

La fleur fait partie également des fêtes sacrées dédiées à Huitzilopochtli ( colibri de gauche= guerrier ressuscité) qui est une divinité d'origine Aztèque, dieu tribal de la guerre et du soleil, protecteur de la tribu (en image ci-dessus).

Pour les Aztèques, cette plante est le symbole de la pureté, d'une nouvelle vie pour les guerriers morts au combat. Ils pensaient dans leur cosmovision qu'ils revenaient après la mort sous la forme de papillons ou de colibris pour boire le nectar de Cuetlaxóchitl. La fleur est ajoutée lors des offrandes aux guerriers morts au combat.

Les Aztèques s'en servaient comme plante médicinale et comme colorant : les bractées pilées avec de l'octli (pulque) permet d'obtenir une couleur rouge pour teinter les cuirs et les tissus. Le jus et les tiges servent de crème dépilatoire.

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Littérature :


C’est le dernier samedi avant Noël.

On sent que l’année prochaine sera importante. L’an présent touche à sa fin. L’aube a été venteuse, secouant les feuilles, le soleil levant brillait à travers une brèche de nuages jaunes. Mais tout de suite, il atteignit les fleurs jaunes qui pointent au-dessus du mur du patio, l’or mouvant, brillant du bougainvillier et le violent éclat rouge du poinsettia.

Le poinsettia est splendide, avec ses fleurs très grosses, d’un rouge implacable et sans tache. On les appelle Noche Buenas, fleurs de la Noël. Ces touffes exposent leur pourpre vigoureusement, comme des oiseaux rouges qui ébourifferaient leurs plumes dans le vent matinal avant le bain. Elles remplacent le houx. Noël a besoin d’un héraut rouge pour l’annoncer.


David-Herbert Lawrence, Matinées mexicaines, (traduction française : Éditions Stock, 1986).

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