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Le Charme



Étymologie :


  • CHARME, subst. masc.

Étymol. et Hist. Ca 1170 (Chr. de Troyes, Erec et Enide, 3157 ds T.-L.). Du lat. class. carpĭnus « id. ».


Lire également la définition du nom charme pour amorcer la réflexion symbolique.

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Botanique :


Grâce à mon frère David (lorsqu'il était élagueur, puis technicien de l'arbre, entre autres...) j'ai appris assez tôt comment distinguer un hêtre d'un charme :


"Le charme d'Adam, c'est d'être à poil !"


C'est-à-dire que la feuille de charme a des dents tandis que celle du hêtre a de petits poils, comme le montre la photo ci-dessous.

 













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Symbolisme :


Louise Cortambert et Louis-Aimé. Martin, auteurs de Le langage des fleurs. (Société belge de librairie, 1842) évoquent rapidement le symbolisme du charme :


CHARME - ORNEMENT.

Sous le nom de charmille , le Charme faisait autrefois le principal ornement de nos grands jardins ; on l'employait à former de longs rideaux de verdure, des portiques, des obélisques, des pyramides, des colonnades. Le père Rapin, dans son poëme des Jardins, fait un très bel éloge de ce bel arbre. On peut encore voir, à Versailles, comment le fameux Le Nôtre savait le faire entrer dans ses belles et nobles compositions.

 

Dans Les Fleurs naturelles : traité sur l'art de composer les couronnes, les parures, les bouquets, etc., de tous genres pour bals et soirées suivi du langage des fleurs (Auto-édition, Paris, 1847) Jules Lachaume établit les correspondances entre les fleurs et les sentiments humains :


Charme - Ornement.

A cause du fréquent emploi qu’en fit Lenôtre dans les jardins de Versailles.

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Dans son Traité du langage symbolique, emblématique et religieux des Fleurs (Paris, 1855), l'abbé Casimir Magnat propose une version catholique des équivalences symboliques entre plantes et sentiments :


CHARNE - ORNEMENT.

Femmes rejetez loin de vous les ornements de votre chevelure, les ornements d'or et la magnificence des vêtements, mais songez à l'ornement caché du cœur, qui consiste dans la pureté in corruptible d'un esprit de douceur et de paix ; il est le plus riche ornement aux yeux de Dieu. C'est ainsi que se paraient autrefois les saintes femmes espérant en Dieu et soumises à leurs maris. -

1 Pierre III, 3-6. .

Tant que le Charme commun reste forestier il garde son nom, mais dès qu'il est élevé en palissade il s'appelle charmille ; sa hauteur le met au second rang des arbres de nos bois. Son tronc rarement droit est bien arrondi, revêtu d'une écorce unie, blanchâtre, porte une tête ordinairement très grosse, très touffue, souvent d'une forme peu agréable ; mais comme ses branches naissent dans toute sa hauteur et jouissent d'une grande flexibilité, comme les feuilles sont extrêmement nombreuses, le pépiniériste et le jardinier décorateur le façonnent à leur gré ; tantôt ils le taillent en sphère, en pyramide, en colonne, en obélisque ; tantôt aussi ils en forment des portiques, des rideaux, de longues avenues couvertes, ou de belles palissades de verdure. Les jardins de Versailles, plantés par le célèbre Le Nôtre, offrent de beaux modèles de ce genre de composition.

Le bois du charme est dur, compacte et blanc ; il prend bien le poli et est recherché pour faire des manches d'outils , pour les ouvra ges des tourneurs , des charpentiers, des menuisiers. On s'en sert pour vis de pressoir, maillets, roues de moulin et comme bois de chauffage. Sous ce dernier rapport il donne beaucoup de chaleur et fournit une braise ardente.

Comme tout plait dans cet arbre, on se sert très souvent de lui pour terme de comparaison ; ainsi on dit familièrement : « il se porte comme un charme ; il va comme un charme ; il brûle comme un charme ; il pousse comme un charme.

RÉFLEXION.

Il n'y a rien de si déplorable que l'amour des vains ajustements. Comment une femme chrétienne pourra-t -elle s'appliquer comme elle le doit aux exercices d'une piété solide et mépriser les folies du siècle, lorsqu'elle trouve du plaisir à se parer d'or et de pierreries ?

(SAINT-CHRYSOSTOME, Sermons.)

 

Emma Faucon, dans Le Langage des fleurs (Théodore Lefèvre Éditeur, 1860) s'inspire de ses prédécesseurs pour proposer le symbolisme des plantes qu'elle étudie :


Charme - Ornement.

Sous le règne de Louis XIV, le bois de charme devint à la mode ; le célèbre Le Nôtre, intendant des jardins du roi, en orna le parc de Versailles, et, encore aujourd'hui, on se promène sous de longs rideaux de verdure formés par l'ombrage que donnent les allées de charmes. Cet arbre ne sert pas seulement à l'ornementation, on l’emploie encore beaucoup dans le charronnage, pour fabriquer des manches d'outils, des roues, des vis à pressoir, etc.

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Dans Le Livre des superstitions, Mythes, croyances et légendes (Éditions Robert Laffont, 1995 et 2019), Éloïse Mozzani nous propose la notice suivante :


Un bâton en charme, aux bouts fourchus, protège du mauvais oeil et de la malchance. Le bois de cet arbre ou arbrisseau sert également à fabriquer les baguettes magiques utilisées notamment par les magnétiseurs.

Une tisane de bois de charme combat l'engorgement du foie.

 

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Selon Didier Colin, auteur du Dictionnaire des symboles, des mythes et des légendes ( (Hachette Livre, 2000) :

"Il était une fois un arbre au charme envoûtant A ce point que, au fil du temps, à force de s'asseoir, de s'allonger ou de rêver au pied de son tronc, on a fini par dire que l'on était sous le charme. Car de tout temps, le charme fut associé aux enchantements des mages, magiciens et chamans, qui utilisaient ses branches pour fabriquer des baguettes magiques à l'aide desquelles ils prononçaient des formules incantatoires aux effets salutaires, le plus souvent pour rompre des sorts jetés par des êtres aux intentions douteuses. C'est ainsi qu'ils rompaient le charme. Est-ce pour cette raison que les-dites formules, qui étaient souvent gravées sur les baguettes, finirent par être nommées des charmes ? Peut-être, mais il s'agissait alors d'un jeu de mots, car le charme de la formule magique a une étymologie commune avec le verbe "chanter", tandis que le charme des forêts partage une racine étymologique avec le mot "sapin".

Les Celtes, qui appréciaient ses vertus protectrices, l'utilisaient pour réaliser des remparts contre leurs ennemis éventuels. C'est ainsi qu'ils lui attribuèrent la qualité de la loyauté, car l'efficacité et la solidité des piquets de charmes, placés en rangs serrés autour des villages fortifiés, ne les décevaient jamais.

Parlons enfin de ce plant de petits charmes, que l'on nommait la charmille, qui eut son heure de gloire dans les jardins du début du XIXème siècle et que le poète français Pierre de Béranger a si bien chanté : "A l'ombre des vertes charmilles, vous voulez danser aux chansons..."

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Sylvie Verbois, auteure de Les arbres guérisseurs : Leurs symboles, leurs propriétés et leurs bienfaits (Éditions Eyrolles, 2018) transcrit le message que lui inspirent les arbres :

Mot-clé : Estime de soi.

Élément : Eau ; Air ; Espace.

Émotion : Mélancolie ; Tristesse ; Joie.


Je suis un arbre doux et protecteur, je dissipe peine et désarroi, j'écarte de votre chemin infortune et adversité en vous redonnant assurance et persévérance. Je sème au cœur de votre corps légèreté, constance et bienveillance. Je dépose en vous énergie, appétence et espérance, allant et élan. Grâce à moi, retrouvez volonté et vaillance, ayez foi en vous et confiance en la vie. Écorcez-moi doucement, prélevez quelques jeunes branches, faites-en une tisane et buvez, votre corps en sera très heureux.

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Liz Marvin, autrice de Grand Sage comme un Arbre (Michael O’Mara Books Ltd, 2019 ; First Éditions, 2021 pour la traduction française) transmet les messages qu’elle a pu capter en se reconnectant aux arbres :

Bois authentique : le Charme

Difficile de rester soi-même en toute situation : on est souvent tenté de changer son comportement pour plaire aux autres. Apprendre à rester authentique suppose d’être bien dans sa peau : accepter son écorce en quelque sorte. Les arbres ne gaspillent pas leur cholorophylle à essayer de passer pour autre chose que ce qu’ils sont. Ils se concentrent sur leur développement sans se soucier du jugement. L’humble Charme ne devient pas spécialement grand ne produit pas de fleurs remarquables ni de fruits délicieux. Mais il existe depuis des milliers d’années et pousse tranquillement sans attendre d’applaudissements.

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Littérature :


Yves Paccalet, dans son magnifique "Journal de nature" intitulé L'Odeur du soleil dans l'herbe (Éditions Robert Laffont S. A., 1992) évoque la Charmille :

14 janvier

(Saint-Martin-de-Peille)


[...] Les branches de la charmille sont un chandelier d'Israël ; son écorce une chandelle coulante.

 

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