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  • Anne

Le Charme



Étymologie :

  • CHARME, subst. masc.

Étymol. et Hist. Ca 1170 (Chr. de Troyes, Erec et Enide, 3157 ds T.-L.). Du lat. class. carpĭnus « id. ».


Lire également la définition du nom charme pour amorcer la réflexion symbolique.

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Botanique :


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Grâce à mon frère David (élagueur, technicien de l'arbre entre autres...) j'ai appris assez tôt comment distinguer un hêtre d'un charme :

"Le charme d'Adam, c'est d'être à poil !"

C'est-à-dire que la feuille de charme a des dents tandis que celle du hêtre a de petits poils, comme le montre la photo suivante :

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Fleurs de Bach :


D'après Les Douze "Guérisseurs" et autres remèdes (1ère édition 1941, traduction française Centre Bach 2011) du Dr Edward Bach :


"Pour ceux qui ne se sentent pas assez forts, mentalement ou physiquement, pour porter le fardeau de la vie qui leur est imposé; les affaires de la vie quotidienne leur semblent trop pour qu’ils puissent les réaliser, bien qu’ils arrivent généralement à exécuter leur tâche. Pour ceux qui croient qu’une partie de leur esprit ou de leur corps a besoin d’être fortifiée avant de pouvoir s’acquitter aisément de leur travail."

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Selon Mechthild Scheffer, auteure du coffret de cartes Les Fleurs du Dr Bach, le chemin de l'harmonie psychique (1997, traduction française : Médicis-Entrelacs, 2001), la fleur du charme est "la fleur du dynamisme" qui nous guide dans le processus de transformation "de la lassitude psychique... vers la vivacité de l'esprit".


Message de la carte :

Quelle est la vérité que je dois mieux comprendre ?

La vie n'est que mouvance, chaque jour est unique, différent d'hier et de demain. L'ennui, les sentiments de routine ne surgissent que si l'on se limite sur le plan psychique et qu'on n'accorde pas assez d'importance aux propositions et impulsions de son Moi sensitif.


Quelle est la décision qui pourra me reconnecter avec mon Guide intérieur ?

Je tiens à rejeter les schémas mentaux dépassés. Je me décide à souscrire de tout cœur aux propositions d'action de mon guide intérieur, à laisser pénétrer davantage l'élément émotionnel dans ma vie et à réagir de manière plus spontanée à mes perceptions sensibles.


Ces signes me permettent de voir que mon potentiel positif de Hornbeam s'accroît :

Depuis que je tiens davantage compte de mes différents besoins, ma vie quotidienne se déroule avec plus de légèreté et d'enthousiasme.


État d'âme négatif : Incertitudes et manque de confiance : Sensation de "lundi matin" ; on se croit trop faible pour accomplir les tâches de la journée, mais on y parvient finalement tout de même.

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Symbolisme :


Louise Cortambert et Louis-Aimé. Martin, auteurs de Le langage des fleurs. (Société belge de librairie, 1842) évoquent rapidement le symbolisme du charme :


CHARME - ORNEMENT.

Sous le nom de charmille , le Charme faisait autrefois le principal ornement de nos grands jardins ; on l'employait à former de longs rideaux de verdure, des portiques, des obélisques, des pyramides, des colonnades. Le père Rapin, dans son poëme des Jardins, fait un très bel éloge de ce bel arbre. On peut encore voir, à Versailles, comment le fameux Le Nôtre savait le faire entrer dans ses belles et nobles compositions.

 

Dans Les Fleurs naturelles : traité sur l'art de composer les couronnes, les parures, les bouquets, etc., de tous genres pour bals et soirées suivi du langage des fleurs (Auto-édition, Paris, 1847) Jules Lachaume établit les correspondances entre les fleurs et les sentiments humains :


Charme - Ornement.

A cause du fréquent emploi qu’en fit Lenôtre dans les jardins de Versailles.

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Dans son Traité du langage symbolique, emblématique et religieux des Fleurs (Paris, 1855), l'abbé Casimir Magnat propose une version catholique des équivalences symboliques entre plantes et sentiments :


CHARNE - ORNEMENT.

Femmes rejetez loin de vous les ornements de votre chevelure, les ornements d'or et la magnificence des vêtements, mais songez à l'ornement caché du cœur, qui consiste dans la pureté in corruptible d'un esprit de douceur et de paix ; il est le plus riche ornement aux yeux de Dieu. C'est ainsi que se paraient autrefois les saintes femmes espérant en Dieu et soumises à leurs maris. -

1 Pierre III, 3-6. .

Tant que le Charme commun reste forestier il garde son nom, mais dès qu'il est élevé en palissade il s'appelle charmille ; sa hauteur le met au second rang des arbres de nos bois. Son tronc rarement droit est bien arrondi, revêtu d'une écorce unie, blanchâtre, porte une tête ordinairement très grosse, très touffue, souvent d'une forme peu agréable ; mais comme ses branches naissent dans toute sa hauteur et jouissent d'une grande flexibilité, comme les feuilles sont extrêmement nombreuses, le pépiniériste et le jardinier décorateur le façonnent à leur gré ; tantôt ils le taillent en sphère, en pyramide, en colonne, en obélisque ; tantôt aussi ils en forment des portiques, des rideaux, de longues avenues couvertes, ou de belles palissades de verdure. Les jardins de Versailles, plantés par le célèbre Le Nôtre, offrent de beaux modèles de ce genre de composition.

Le bois du charme est dur, compacte et blanc ; il prend bien le poli et est recherché pour faire des manches d'outils , pour les ouvra ges des tourneurs , des charpentiers, des menuisiers. On s'en sert pour vis de pressoir, maillets, roues de moulin et comme bois de chauffage. Sous ce dernier rapport il donne beaucoup de chaleur et fournit une braise ardente.

Comme tout plait dans cet arbre, on se sert très souvent de lui pour terme de comparaison ; ainsi on dit familièrement : « il se porte comme un charme ; il va comme un charme ; il brûle comme un charme ; il pousse comme un charme.

RÉFLEXION.

Il n'y a rien de si déplorable que l'amour des vains ajustements. Comment une femme chrétienne pourra-t -elle s'appliquer comme elle le doit aux exercices d'une piété solide et mépriser les folies du siècle, lorsqu'elle trouve du plaisir à se parer d'or et de pierreries ?

(SAINT-CHRYSOSTOME, Sermons.)

 

Emma Faucon, dans Le Langage des fleurs (Théodore Lefèvre Éditeur, 1860) s'inspire de ses prédécesseurs pour proposer le symbolisme des plantes qu'elle étudie :


Charme - Ornement.

Sous le règne de Louis XIV, le bois de charme devint à la mode ; le célèbre Le Nôtre, intendant des jardins du roi, en orna le parc de Versailles, et, encore aujourd'hui, on se promène sous de longs rideaux de verdure formés par l'ombrage que donnent les allées de charmes. Cet arbre ne sert pas seulement à l'ornementation, on l’emploie encore beaucoup dans le charronnage, pour fabriquer des manches d'outils, des roues, des vis à pressoir, etc.

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Selon Didier Colin, auteur du Dictionnaire des symboles, des mythes et des légendes ( (Hachette Livre, 2000) :

"Il était une fois un arbre au charme envoûtant A ce point que, au fil du temps, à force de s'asseoir, de s'allonger ou de rêver au pied de son tronc, on a fini par dire que l'on était sous le charme. Car de tout temps, le charme fut associé aux enchantements des mages, magiciens et chamans, qui utilisaient ses branches pour fabriquer des baguettes magiques à l'aide desquelles ils prononçaient des formules incantatoires aux effets salutaires, le plus souvent pour rompre des sorts jetés par des êtres aux intentions douteuses. C'est ainsi qu'ils rompaient le charme. Est-ce pour cette raison que les-dites formules, qui étaient souvent gravées sur les baguettes, finirent par être nommées des charmes ? Peut-être, mais il s'agissait alors d'un jeu de mots, car le charme de la formule magique a une étymologie commune avec le verbe "chanter", tandis que le charme des forêts partage une racine étymologique avec le mot "sapin".

Les Celtes, qui appréciaient ses vertus protectrices, l'utilisaient pour réaliser des remparts contre leurs ennemis éventuels. C'est ainsi qu'ils lui attribuèrent la qualité de la loyauté, car l'efficacité et la solidité des piquets de charmes, placés en rangs serrés autour des villages fortifiés, ne les décevaient jamais.

Parlons enfin de ce plant de petits charmes, que l'on nommait la charmille, qui eut son heure de gloire dans les jardins du début du XIXème siècle et que le poète français Pierre de Béranger a si bien chanté : "A l'ombre des vertes charmilles, vous voulez danser aux chansons..."

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Sylvie Verbois, auteure de Les arbres guérisseurs : Leurs symboles, leurs propriétés et leurs bienfaits (Éditions Eyrolles, 2018) transcrit le message que lui inspirent les arbres :

Mot-clé : Estime de soi.

Élément : Eau ; Air ; Espace.

Émotion : Mélancolie ; Tristesse ; Joie.


Je suis un arbre doux et protecteur, je dissipe peine et désarroi, j'écarte de votre chemin infortune et adversité en vous redonnant assurance et persévérance. Je sème au cœur de votre corps légèreté, constance et bienveillance. Je dépose en vous énergie, appétence et espérance, allant et élan. Grâce à moi, retrouvez volonté et vaillance, ayez foi en vous et confiance en la vie. Écorcez-moi doucement, prélevez quelques jeunes branches, faites-en une tisane et buvez, votre corps en sera très heureux.

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Littérature :


Yves Paccalet, dans son magnifique "Journal de nature" intitulé L'Odeur du soleil dans l'herbe (Éditions Robert Laffont S. A., 1992) évoque la Charmille :

14 janvier

(Saint-Martin-de-Peille)


[...] Les branches de la charmille sont un chandelier d'Israël ; son écorce une chandelle coulante.

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