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  • Anne

Le Glaïeul



Étymologie :

  • GLAÏEUL, subst. masc.

Étymol. et Hist. xiie s. glaviuz (Gloss. de Tours, 331 ds T.-L.) ; ca 1200 glagous (Escoufle, 8837, ibid.) ; xiiie s. glaiol (Didot Perceval, 72, ibid.). Du lat. gladiolus « épée courte » désignant aussi le glaïeul et diverses plantes à feuilles pointues (André Bot.) ; cf. l'a. fr. glai « glaïeul » (fin xie s. Raschi, Gl., éd. A. Darmesteter et D.S. Blondheim, t. 1, 545 p. 76 : glaid et textes du xiie s. ds T.-L.), du lat. « épée » qui en b. lat. a prob. pris comme son dér. une accept. botanique.


Lire également la définition du nom "glaïeul" pour amorcer la réflexion symbolique.


Autres noms : Gladiolus ;


Botanique :

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Usages traditionnels :


Dalila Abdessemed, dans son Etude phytochimique de gladiolus segetum. (2014, Thèse de doctorat ; Université de Batna 1), rapporte des usages africains du glaïeul :


Gladiolus dalenii, utilisé en Afrique du sud (Venda), exploitation du bulbe pour le traitement des blessures sous forme de poudre, en macération pour instillation oculaire et auriculaire. En Afrique de l'est (Mozambique) pour le traitement de la diarrhée, de la dysenterie et du choléra. Au Madagasca sous forme de pommade pour le traitement des abcès. En Afrique du sud (zones Zulu, Xhosa et Sotho) pour le traitement des maux de tête et lumbago. En Afrique centrale (Burundi occidental) exploitation des tiges, en macération dans l’eau, voix orale, tiges en décoction pour lavement. En Afrique centrale (République Démocratique du Congo (ex. Zaïre) (Rusizi, Kivu) en médecine vétérinaire, pour traitement de la stérilité, tubercule épluché, mixture dans le vagin. Pour le traitement du rhume, tubercule pilé, jus, en instillation nasale.

Gladiolus psittacinus en Afrique centrale (Rwanda) pour le traitement de la toux, consommation du bulbe écrasé par voix orale.

Gladiolus segetum L. (bulbe) utilisé en Afrique du nord (sud est de l’Algérie) pour le traitement de l’ulcère gastrique et la stérilité.

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Symbolisme :


Dans Les Fleurs naturelles : traité sur l'art de composer les couronnes, les parures, les bouquets, etc., de tous genres pour bals et soirées suivi du langage des fleurs (Auto-édition, Paris, 1847) Jules Lachaume établit les correspondances entre les fleurs et les sentiments humains :


Glaïeul jaune des jardins - Mépris.

Cette fleur, à demi cachée dans son feuillage, passe inaperçue des promeneurs, qui la cueillent rarement.

 

Selon Pierre Zaccone, auteur de Nouveau langage des fleurs avec la nomenclature des sentiments dont chaque fleur est le symbole et leur emploi pour l'expression des pensées (Éditeur L. Hachette, 1856) :


GLAYEUL - INDIFFÉRENCE.

Plante de la famille des iridées, dont les feuilles sont longues, étroites et pointues comme un glaive. Le glayeul commun est le seul qui croisse naturellement en France.

 

Emma Faucon, dans Le Langage des fleurs (Théodore Lefèvre Éditeur, 1860) s'inspire de ses prédécesseurs pour proposer le symbolisme des plantes qu'elle étudie :


Glaïeul - Défi - Provocation.

Magnifique plante aux feuilles minces, larges et aiguës, taillées en forme de glaive, d'où son nom latin gladiolus. Elle est cultivée par les amateurs et on en possède de riches variétés. L'espèce sauvage connue dans le Midi porte un épi de fleurs rouges, placées toutes sur un seul côté , comme tous les glaïeuls. Le port de cette plante est fier et élancé.

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Dans Le Livre des Fleurs (Librairie philosophique J. Vrin, 1989), Georges Ohsawa (Nyoiti Sakurazawa) tente d'initier les Occidentaux à cet art ancestral particulièrement subtil :


Ainsi, il nous apprend qu'on prête aux fleurs "non seulement une beauté personnelle, mais des qualités, des mouvements d'humeur, un caractère complet, une âme, minuscule reflet de la grande âme de la nature.

Ainsi le glaïeul est appelé quelquefois datedôgu, coquette. A d'autres moments on l’appellera oyodo, calme liquide. On lui dira encore hoosu, nouveau-né de hoô, oiseau sacré, ou bien saru-odori, le singe qui danse.

 

Dans Le Livre des superstitions, Mythes, croyances et légendes (Éditions Robert Laffont S.A.S., 1995, 2019) proposé par Éloïse Mozzani, on apprend que :


Les glaïeuls, qui "inclinent à l'amour les femmes auxquelles on en offre", passent dans certaines régions (Touraine) pour porter malheur. A la fin du siècle dernier toutefois, les feuilles de glaïeul figuraient parmi les amulettes permettant au conscrit de tirer un bon numéro.

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Selon Des Mots et des fleurs, Secrets du langage des fleurs de Zeineb Bauer (Éditions Flammarion, 2000) :


"Mots-clefs : Le Défi ; La Provocation.


Savez-vous ? : Autrefois, dans certaines provinces françaises, quand une femme recevait une gerbe de fleurs avec un glaïeul, elle savait que le nombre de fleurs indiquait l'heure de la rencontre avec l'élu de son cœur.


Usages : Le glaïeul est la fleur préférée des marins. Autrefois, les marins bretons ne montaient jamais dans un bateau sans avoir vérifié auparavant la présence d'un vase rempli de cette fleur. C'est sans doute en souvenir de cette tradition que les riches armateurs et les propriétaires e luxueux yachts en ornent toujours leurs bateaux.


Légendes : A l'époque baroque, une légende rapporte que les sept glaives qui devaient transpercer le cœur de Marie furent transformés en sept flamboyants glaïeuls rouges. Et c'est ainsi que cette fleur prit et a toujours une grande place dans les nefs des églises.


Message : Mon cœur vous défie."

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D'après Nicole Parrot, auteure de Le Langage des fleurs (Éditions Flammarion, 2000) :


"Cette fleur aux tons chatoyants, rose, rouge, jaune, orangé, exprime un amour vigoureux et autoritaire. Pressée d'arriver à ses fins, elle commence par fixer un rendez-vous. On raconte dans les palais d'Orient que les belles prisonnières du harem comptaient les fleurs accrochées à la tige du glaïeul placé au centre du bouquet offert. Leur nombre indiquait l'heure du rendez-vous secret. Le glaïeul aux feuilles en forme d'épée - son nom vient du latin gladiolus, glaive - affirme son goût de l'aventure joyeuse et victorieuse ainsi que le plaisir de la créativité. C'est la fleur de l'énergie en action et des hymnes la vie clamés haut et fort. Elle affiche une ambition téméraire et sans borne et ne craint pas la mort au service des libertés et de l'amour.

Le glaïeul semble avoir des affinités avec le dieu de la mer, Neptune. Il a , et depuis longtemps, l'habitude de voguer en haute mer. Tout au long de ses voyages, il décorait les tables des salles à manger du légendaire paquebot Normandie. Un brevet d'élégance qui fit école. Aristote Onassis, lorsqu'il recevait Winston Churchill, la Callas ou Jackie Kennedy en a relancé la mode. Et, désormais, trônant en faisceau dans des vases de cristal, il figure immanquablement sur les ponts des yachts de milliardaires. Riche de ses nombreuses fleurs en épis, notre glaïeul n'était, à son arrivée d'Afrique du Sud à la mi-XVIIIe siècle, qu'une fleurette triste et d'un blanc jaunâtre.

Grâce au talent de génération de botanistes, organisateurs de multiples croisements, il a acquis sa belle prestance et ses glorieuses couleurs. De quoi pavoiser à Monte-Carlo, Saint-Tropez ou Portofino."

Mot-clef : "Amour victorieux"

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Doreen Virtue et Robert Reeves proposent dans leur ouvrage intitulé Thérapie par les fleurs (Hay / House / Inc., 2013 ; Éditions Exergue, 2014) une approche résolument spirituelle du Glaïeul :

Nom botanique : Gladiolus spp.


Propriétés énergétiques : Elève votre énergie, amplifie le bonheur, soulage de la dépression et de la tristesse, guérit les peines de cœur.

Archanges correspondants : Jophiel, Michael et Raphaël.


Chakras correspondants : chakra du plexus solaire ; chakra du cœur.


Propriétés curatives : Le glaïeul est une fleur splendide avec ses longues tiges d'un vert profond et ses nombreuses inflorescences colorées. Cette plante bienfaitrice libère les émotions négatives. Elle ne résout pas tout, mais permet de faire un pas dans la bonne direction. en vous débarrassant de l'obscurité qui vous habitait, vous révélez votre lumière. Laissez briller votre être et votre âme. Il est temps de partager votre joie avec le monde et de répandre votre beauté sur les autres. Le glaïeul est parfait pour soulager les émotions et les énergies lourdes telles que la tristesse, ce qui en fait un cadeau merveilleux pour un ami qui en a besoin.

Message du Glaïeul : « J'améliorerai votre humeur en un clin d'œil. N'écoutez pas vos pensées selon lesquelles un énorme travail vous attend. Ces voix sont les vibrations les plus basses émises par votre ego. Je vous aiderai à vous débarrasser d'elles pour que vous ayez accès à la joie véritable qui vous habite. Vous ressentirez rapidement du bonheur et du bien-être. Il nous suffira de retirer les couches d'énergies négatives qui vous encerclent. Il s'agit d'un processus simple et facile, et vous ressentirez instantanément une transformation se produire dans votre corps et votre esprit. Profitez de la légèreté que je vous apporte. Vous oublierez bientôt vos émotions et expériences difficiles, pour ne vous rappeler, à partir de maintenant, que de votre état de bonheur profond. »

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Littérature :


Le Glaïeul


Père Glaïeul, où est ton fils ?

Il est au Cap, il est à Gand,

Il est à Nice et à Tunis, Et il est à Senlis.

Il est perroquet dans une oasis,

Glaïeul Cardinal, beau glaïeul de Gand.


Robert Desnos, "Le Glaïeul" in Chantefables et chantefleurs, 1952.

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Régine Detambel consacre un ouvrage à Colette. Comme une flore, comme un zoo (Éditions Stock, 1997) dans lequel elle s'intéresse aux métaphores botaniques et zoologiques :


Le gosier pourpre du Glaïeul

« Les fleurs : glaïeuls à petits gosiers enflammés, béants, au-dessus desquels les glycines versent de longues gouttes calmantes... » Belles Saisons


« A vous parler vendanges je viens de rencontrer sur un cep d'autrefois, dans un touffu juponnage de feuilles, un gros lézard vert, que j'empoignai à tâtons. Je criai de saisissement, une femme crie toujours. Mais je ne lâchai pas une prise qui était de belle taille, écailleuse finement, pourvue de longs doigts qui essayaient de desserrer les miens, d'une majestueuse queue verte, d'une tache bleue sur chaque tempe, d'un gosier pourpre de petit glaïeul... » Le glaïeul n'est qu'un gosier de saurien ou de reptile. Il n'est jamais présenté autrement qu'une gargouille obsédante. Pas de glaïeul sans peur d'être gobé.

« ... L'intendant marocain lui prit d'une main le menton, appuya son autre main sur le front, et ouvrit l'adolescent comme on ouvre un fruit pourpre à pépins blancs, pour nous montrer qu'il était beau jusqu'au fond, jusqu'aux molaires inattaquables, jusqu'au gosier rouge comme la gorge d'un glaïeul. Il vient de loin, ce geste de marchand d'éphèbes. Mais il n'a pas perdu sa sensualité maquignonne, son habileté à troubler le spectateur » remarque Colette. Ce geste de l'intendant marocain, je le vois moins comme un acte maquignon que comme le geste professionnel d'un expert en herpétologie, ouvrant la gueule du serpent, serrant la tête de part et d'autre pour obliger les mâchoires à s'ouvrir, dégager les crochets et recueillir le venin.

Si le glaïeul a un gosier, le gloxinia, à corolle en forme de tube, arbore une gueule : « ... Voyez ce gloxinia géant, qui bée comme un petit maelström à la corne d'un grand carré de soie ! Les bords de sa gueule sont teints aux couleurs du prisme, comme il arrive aux phénomènes cataclysmaux. Il est aussi beau qu'un arc-en-ciel et qu'un œil de pieuvre. »

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