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  • Anne

Le Tamaris



Étymologie :

  • TAMARIS, subst. masc.

Étymol. et Hist. 1213 thamarisque (Fet des Romains, éd. L. F. Flutre et K. Sneyders de Vogel, p. 612, 8) ; xiiie s. poldre de tamaris (Simples médecines, éd. P. Dorveaux, n°236) ; xve s. tamarisc (Grant herbier, n°472, J. Camus ds Gdf. Compl.) ; 1568 tamarix (Paré, Œuvres, éd. J.-Fr. Malgaigne, XXIV, 21, t. 3, p. 395 a). Empr. au lat. tamarix (Columelle), tamarice, -es (Pline) ; b. lat. tamariscus (ive s., Rutilius Palladius), tamaricium (fin ive s., Servius) « tamaris », v. André Bot., Cf. l'a. prov. tamaris (ca 1250 ds Levy Prov.), tamarisc (xive s. ds Rayn.), auquel, d'apr. Thomas (A.). Essais, p. 76, aurait été empr. le n. fr. de cette plante méditerranéenne.


Lire aussi la définition du nom pour amorcer la réflexion symbolique.


Autres noms : Tamarix ; Bruyère haute ; Bruyère sauvage ; Damarisse ; Myrique ; Tabarin ; Tamarin ; Tamarisque ; Tan'brin ; Tomoriss ;

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Symbolisme :


Emma Faucon, dans Le Langage des fleurs (Théodore Lefèvre Éditeur, 1860) s'inspire de ses prédécesseurs pour proposer le symbolisme des plantes qu'elle étudie :


Tamarix — Vous ne m'attraperez pas.

Cet arbrisseau, dont les longues grappes de petites fleurs purpurines font l'ornement des massifs des jardins, sont pour la plupart originaires de France. On faisait autrefois des verres ou tasses en bois de tamarix, et l'on prétendait qu'en en faisant usage pour boire et pour manger, la rate se dissolvait, ce qui permettait d'acquérir une vélocité excessive à la course.

 

D'après le Dictionnaire des symboles (1ère édition, 1969 ; édition revue et corrigé Robert Laffont, 1982) de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant,


"Le tamaris est en Chine, parce qu'il ressemble au pin ou parce qu'il résiste aux intempéries, un symbole d'immortalité. Le nom du Maître de la Pluie Tche'e-song tseu signifie tamaris, ou pin rouge. il a aussi pour nom Chou-tei (vertu des arbres), cette vertu ou ce pouvoir étant sans doute propre à la résine, utilisée comme drogue de longévité.

On notera aussi que le tamaris semble avoir joué un rôle d'arbre central au pays de Canaan, car Abraham planta cet arbre à Bersabée avant d'invoquer Yahvé (Genèse, 21, 33). Après avoir conclu l'alliance avec Abimélek, Abraham planta un tamaris à Bersabée et y invoqua Yahvé, Dieu d'éternité.

Pour les Japonais, les paysages qui renferment cet arbre (Gyoryn = tamaris) font penser à un tableau de l'école de la Chine du Sud. Les savants d'autrefois disaient qu'il annonçait la pluie et l'appelaient l'arbre divin; le magicien de la pluie. On le nomme encore l'Unique-aux-trois-Printemps, car il peut fleurir jusqu'à trois fois par an.

Il évoque la douceur de la solitude, les vastes étendues désertes, les grandes plaines chinoises, où des civilisations se sont englouties sans qu'on s'en aperçoive, l'indifférence de l'éternité."

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Pour Scott Cunningham, auteur de L'Encyclopédie des herbes magiques (1ère édition, 1985 ; adaptation de l'américain par Michel Echelberger, Éditions Sand, 1987), le Tamaris (Tamarix) a les caractéristiques suivantes :


Genre : Féminin

Planète : Saturne

Élément : Eau

Divinité : Apollon

Pouvoir : Divination ; Exorcisme.

Utilisation rituelle : L'Apollon de Lesbos est représenté avec une branche de Tamaris à la main.

C'est des Tamaris, dit-on, que l'on vit descendre la manne sur les Juifs affamés dans le désert.

Les mages, en Perse, taillaient leurs baguettes de divination dans ce bois ; ils sectionnaient la branche avec une hache en silex (règne minéral) ; ils l'émondaient avec l'arête vive d'un coquillage (règne animal) ; enfin ils la faisaient macérer dans diverses décoctions de plantes (règne végétal).


Utilisation magique : Le Tamaris est brûlé en fumigations pour chasser les mauvaises influences des maisons, étables, etc. De plus, sa fumée éloigne les serpents.

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Dans Le Livre des Fleurs (Librairie philosophique J. Vrin, 1989), Georges Ohsawa (Nyoiti Sakurazawa) tente d'initier les Occidentaux à cet art ancestral particulièrement subtil qu'est celui des fleurs.


Ainsi, il nous apprend qu'on prête aux fleurs "non seulement une beauté personnelle, mais des qualités, des mouvements d'humeur, un caractère complet, une âme, minuscule reflet de la grande âme de la nature. [...]

Les Nippons se plaisent à retrouver dans les descendants d'une famille célèbre le caractère des fleurs qui forment le blason, c'est un exercice de psychologie florale. D'ailleurs la psychologie des fleurs a ses raisons d'être. Une fleur a un pays natal, un milieu préféré, une famille, des désirs et des appréhensions. Le tamaris juniperina par exemple réalise dans le paysage qu'il couvre un tableau de l'école du sud. On a devant les yeux la Chine continentale, la vaste Chine philosophe, divine, préhistorique, inerte et puissante.

C'est dans les jours pluvieux où l'atmosphère est amollissante et porte à être indulgent qu'il est beau à regarder. Les savants d'autrefois disaient qu'il annonçait la pluie. A cause de cela on le nommait l'arbre divin, le magicien de la pluie. Quand les nuages noirs se forment, se petites feuilles minces comme des aiguilles se tournent vers le ciel.

On le nomme encore l'unique-aux-trois-printemps, car il fleurit jusqu'à trois fois dans l'année.

C'était l'arbre favori de la Cléopâtre de la Chine, la belle impératrice qui vivait au VIIIe siècle. Il évoque la douceur de la solitude, les vastes étendues désertes, les grandes plaines chinoises où des civilisations se sont englouties sans qu'on s'en aperçoive, l'indifférence de l'éternité."

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Mythes et légendes :


D'après Angelo de Gubernatis, auteur de La Mythologie des plantes ou les légendes du règne végétal, tome 2 (C. Reinwald Libraire-Éditeur, Paris, 1882),


TAMARIX. — Il y en a de deux espèces : tamarix gallica, appelée aussi tamarix d’Apollon ; et tamarix orientalis, alias tamarix d’Osiris. Nicandre appelle le tamarix prophétique (...) ; l’Apollon de Lesbos est représenté avec une branche de tamarix à la main. Les Mages, en Perse, prophétisaient aussi, tenant à la main une branche de tamarix ; d’après Hérodote, le tamarix était employée au même usage chez d’autres peuples de l’antiquité ; d’après Pline, les prêtres égyptiens se couronnaient de tamarix. C’est des tamarix, dit-on, que l’on vit descendre la manne sur les Israélites affamés dans le désert.

 

Dans Arbres filles et garçons fleurs, Métamorphoses érotiques dans les mythes grecs (Éditions du Seuil, février 2017, de Françoise Frontisi-Ducroux, on peut lire que :


"Akakalis [fut] transformée en tamaris, qui porte son nom, un arbre tout juste bon à faire des balais, selon Pline (Pline, Histoire naturelle, XVI, 108)."

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