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Le Pourpier




Étymologie :

Étymol. et Hist. 1. Fin du xie s. polpier (Raschi, Gl., éd. A. Darmesteter et D. S. Blondheim, t. 1, 839) ; 2emoit. du xiiie s. porpié (Guillaume de La Villeneuve, Les Crieries de Paris, 31 ds T.-L.) ; 1314 pourpié (Henri de Mondeville, Chirurgie, 2978, ibid.) ; 1538 pourpier (Est. d'apr. FEW t. 9, p. 529a) ; 2. 1752 pourpier de mer (Trév.). Du lat. pop. *pullipedem, acc. de *pullipes « pourpier » littéral. « pied de poulet » (pullus « poulet », pes « pied »).


Lire également la définition du nom pourpier afin d'amorcer la réflexion symbolique.


Autres noms : Portulaca oleracea ; Porcelane ; Portulaque ; Pourpier à grandes fleurs ; Pourpier maraîcher ; Pourpier potager ; Pourpiéride ;

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Botanique :


Jacques Lefrêne (pseudonyme d'Elie Reclus), auteur dePhysionomies végétales, Portraits d'arbres et de fleurs, d'herbes et de mousses (In : La Science sociale, 1er avril-19 août 1870 ; Éditions Héros-Limite, 2012) dresse le portrait du Pourpier :


Le Pourpier (Portulaca grandiflora et oleracea) :

C'est une potagère des campagnes ; dans les chaleurs de l'été, les paysans, amateurs de salade, se régalent de ses feuilles juteuses et visqueuses, légèrement acidulées. Elle appartient à la famille des plantes grasses, qui tirent directement de l'atmosphère des sucs abondants. Ce qui lui convient le mieux, c'est un terrain sablonneux et riche,meuble, bien fumé, cahudement exposé. Après une belle pluie d'orage, ses branches poussent volontiers des raines aux aiselles des feuilles. L'ombre lui déplaît, les gelées lui sont funestes. On fit le pourpier originaire des Indes et des Antilles, où il croît spontanément ; il abonde dans le Nouvelle-Grenade, il vint un peu partout et s'est aventuré jusque dans le Spitzberg.

Trop lourd et trop gras pour pouvoir s'élever bien haut, le Pourpier préfère ramper sur le sol, dont il confisque une large part, grâce à ses tigelles nombreuses qui rayonnent autour de lui et, s'appliquant étroitement sur le terrain, empêchent tout rival d'empiéter sur son domaine. Positif, dédaigneux, et pour cause, des aspirations sublimes vers les régions éthérées, il s'enracine solidement, s'installe dans son fumier. Prenant des biens d'ici-bas tout ce qu'il peut prendre, sa tige s'épaissit et vermillonne, ses feuilles se gonflent et se font luisantes : on dirait de petites outres pleines de graisse.

Bien nourri, bien portant, monté en couleur, l'oreille rouge, le gaillard ne manque pas de progéniture. Au soleil de juillet, les fleurs éclosent à plaisir. Leur joyeuse bande illumine le parterre en un matin. Il y en a de jaunes, il y en a de roses, les unes sont blanches et tachetées de pourpre, les autres rouges étoilées de blanc. Des douze à quinze étamines fines, brunes, brillantées de pollen, on dirait de la poudre d'or dans des coupes d'albâtre ou de rubis.

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Vertus médicinales :


D'après Julie Mailloux, auteure d'un mémoire intitulé Plantes compagnes de la maternité, en Caraïbe. (Mémoire de formation d'accompagnante à la naissance, Centre Pleine Lune, 2017) :


Pourpier : (Portulaca oleracea) :


Nervosité/Insomnie

Le pourpier a une activité neuro-sédative, anticonlvulsivante. En aliment ou en tisane, 2 poignées de feuilles fraîches pour ½ L d'eau pendant 10 min.


Cet aliment ressort également comme plante à prendre particulièrement durant la grossesse. Le pourpier est riche en phyto-nutriments utiles à la résistance aux infections et à l'anémie (fer et vitamine B9). Cuisiné en salade il apporte (pour 100g de pourpier) :

  • ¼ des besoins en oméga 3 (connu pour être un allié de la santé de la femme enceinte et de son bébé) ;

  • 100% des besoins en vitamine E ;

  • 50% des besoins en béta-carotène ;

  • 40% des besoins en vitamine C (Longuefosse).

On peut le manger également en soupe ou en légume.

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Croyances populaires :


Ana M. Cabo-González, autrice de « Quand les propriétés des plantes défiaient l’entendement », (Annales islamologiques, 51 | 2017, pp. 39-51) s'intéresse notamment aux propriétés merveilleuses des plantes :


Al-Qazwīnī écrit à ce sujet que les carottes (ǧazar, Daucus carota L.) cuites, mélangées avec du miel et consommées chaque jour en quantité de cinq dirhams accroissent le désir sexuel d’une façon extraordinaire [...] Cette même propriété est attribuée au pourpier (farfaḫ, Portulaca oleracea L.), si, une fois écrasé et mélangé avec du miel, on l’étale sur le pénis, le nombril et le pubis (Al-Qazwīnī, Kitāb ʿaǧāʾib al-maḫlūqāt, F. Wüstenfeld (éd.), 1967, p. 291.).

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Symbolisme :


Jacques Lefrêne (pseudonyme d'Elie Reclus), auteur dePhysionomies végétales, Portraits d'arbres et de fleurs, d'herbes et de mousses (In : La Science sociale, 1er avril-19 août 1870 ; Éditions Héros-Limite, 2012) s'appuie sur la description botanique de la plante (voir ci-dessus) pour en déduire des traits symboliques :


Par son apparence, par sa structure et son organisation, la fleur de pourpier ressemble à s'y méprendre à l'églantine. Belle entre les belles, l'églantine se balance à l'extrémité d'un rameau flexible, tandis que sessile sur sa tige rampante, la portulaque, de famille serve, reste attachée à la glèbe. mais sauf l'avantage de la position, tant vaut l'églantine, fleur de grâce et de beauté, tant vaut aussi la pourpiéride. C'est une charmante fille vraiment, que les destins ont donnée au Sancho Pança du potager. Issue du plus intime de son être, chair de sa chair, nerfs de ses nerfs, Portulaca continue et reproduit l'auteur de ses jours. Ce père rapace et gourmand, obèse et obtus, ce rustaud face rougeaude et luisante d'huile, se trouve être l'auteur inconscient d'une organisation délicate, dans laquelle son être s'est concentré en même temps que raffiné. Croit-il se reconnaître dans cette apparition d'une beauté si touchante et suave ?

Elle s'élève à un ou deux centimètres à peine au-dessus de sa motte native, une simple primevère la dépasse de toute la hauteur de sa taille ; à cette fleurette, la rose et l'églantine se balançant au vent semblent s'être élevées dans la région des hirondelles. Eh bien ! Portulaca de basse extraction, l'humble et modeste Portulaca brûle néanmoins d'un amour idéal.

- D'amour pour qui ?

- Pour le soleil, le grand soleil, ni plus ni moins. Son existence est un culte constant, une adoration muette vers le Dieu du jour. Elle ouvre ses pétales tout grands, elle les étend, les élargit, pour se faire inonder de plus de lumière, pénétrer de plus de chaleur. Sa corolle, grand œil qui contemple le soleil, ne veut voir autre chose. Si un nuage fait ombre, tristement elle se referme ; si un passant s'interpose et qu'elle ne puisse voir plus haut que le front de l'insoucieux, elle s'enveloppe de ses voiles et se replonge dans la nuit. Au moment où elle allait éclore, s'il fait temps couvert, elle attend que l'astre glorieux ait dissipé le triste amas de vapeurs. Et si le ciel reste trouble, elle laisse ses boutons se flétrir et s'effeuiller. Elle préfère mourir, elle préfère ne pas naître.

On peut donc être humble, pourtant brillante et splendide. On peut encore, comme Portulaca, la fille des tropiques, être modeste et douce, et pourtant aimer ce qu'il y a de plus grand, n'aimer que ce qu'il y a de plus beau !

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Pour Scott Cunningham, auteur de L'Encyclopédie des herbes magiques (1ère édition, 1985 ; adaptation de l'américain par Michel Echelberger, Éditions Sand, 1987), le Pourpier (Portulaca sativa et Portulaca aleracea) a les caractéristiques suivantes :


Genre : Féminin

Planète : Lune

Élément : Eau

Pouvoirs : Amour ; Chance ; Protection.


Utilisation magique : Si l'on dépose du Pourpier dans un lit, nul cauchemar ne viendra pendant la nuit perturber ses occupants.

Porté sur soi, il attire la chance et l'amour et éloigne les esprits maléfiques. Pour se protéger, les soldats en glissaient sous leur cuirasse pendant les batailles.

Répandu autour de la maison, il apportera le bonheur au foyer.

 

Dans Le Livre des superstitions, Mythes, croyances et légendes (Éditions Robert Laffont S.A.S., 1995, 2019) proposé par Éloïse Mozzani, on apprend que :


Qui porte cette plante sur soi attire la chance et l'amour et est à l'abri des esprits maléfiques. Du pourpier répandu autour de la maison porte bonheur également à son foyer. En placer sur son lit préserve des cauchemars et des visions nocturnes. On dit encore que "pour se protéger, les soldats en glissaient sous leur cuirasse pendant es batailles".

Attention : cueillir du pourpier de la main gauche porte malheur.

Selon Albert le Grand, l'absorption de la plante tempère "l'ardeur de la concupiscence" et incite donc à la chasteté.

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Doreen Virtue et Robert Reeves proposent dans leur ouvrage intitulé Thérapie par les fleurs (Hay / House / Inc., 2013 ; Éditions Exergue, 2014) une approche résolument spirituelle du Pourpier :


Nom botanique : Portulaca spp.


Variété commune : Portulaca grandiflora.


Propriétés énergétiques : Améliore l'alimentation et débarrasse des aliments nocifs pour la santé.


Archange correspondant : Raphaël.


Chakra correspondant : chakra sacré.


Propriétés curatives : Le pourpier ne vous retient pas, au contraire ! Alors, soyez prêt à vous engager à transformer votre mode de vie. Cette fleur ne vous suggère pas subtilement d'apporter des changements à votre existence mais elle vous le demande clairement ! Vivre sainement vous permet d'entrer plus facilement en contact avec vos amis les anges.


Message du Pourpier : « Il est temps que vous arrêtiez de consommer de mauvais aliments. Chaque fois que votre corps les assimile, il devient de plus en plus difficile pour vous d'entendre vos anges. Imaginez que vous vous sentez bien et plein d'énergie. C'est une vie à cette image que j'envisage pour vous. Libérez-vous des toxines issues de votre alimentation et vous pourrez mener l'existence dont vous rêvez. Je ne perds pas de temps, car je suis là pour atteindre des objectifs. Engagez-vous à supprimer les aliments nocifs de vos repas ; vous savez desquels il s'agit ! Je m'assurerai que vous ne succombiez pas à la tentation

Vous allez prendre le chemin de la joie ! »

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Symbolisme alimentaire :

Pour Christiane Beerlandt, auteure de La Symbolique des aliments, la corne d'abondance (Éditions Beerlandt Publications, 2005, 2014), nos choix alimentaires reflètent notre état psychique :


D'un caractère quelque peu étrange, opiniâtre, rebelle, cette plante ose dire "non" quand les autres disent "oui". Avec elle, il faut prendre des gants. La controverse peut faire partie intégrante de sa vie. Elle ne veut pas faire comme les masses, quitte à paraître présomptueuse. Elle sait pourtant très bien ce qu'elle veut et personne ne saurait la faire abandonner son point de vue. Elle cherche toujours à obtenir ce qu'elle veut, elle persiste dans ses opinions ; elle cherche toujours à obtenir ce qu'elle veut, elle persiste dans ses opinions ; elle refuse de marcher sur les traces d'autrui. Elle s'évade des modèles coutumiers, s'insurge par conviction - "sincère" -, se révolte même, rompt avec certaines chose s'en va... lorsqu'elle sent qu'elle doit agir ainsi. Impossible de la contenir entre quatre murs ou de la mener docilement par le licou ; elle ne suit aucun modèle et ne souhaite faire que ce qu'elle devoir faire dans son for intérieur. nous pouvons néanmoins dire qu'il semble que cette plante appelée Pourpier ne s'est pas encore réellement "trouvée" ; elle se cherche avec impatience, d'une façon parfois non-conformiste. Elle sent très bien ce qui n'est pas la bonne voie, ce qu'elle ne doit pas faire. elle incite l'être humain à s'élever contre n système dans lequel il s'est emprisonné.

Celui qui a faim de Pourpier éprouve au fon de son cœur l'envie de tout renverser, de tout chambarder, de se défouler comme un enfant qui va à la foire. il veut "sortir", échapper à la monotonie, à l'ennui, à ce qui est réglé et structuré, aux modèles consacrés, à un mode de vie oppressant qu'il s'est dicté... Ses énergie tournent fougueusement en rond. Il aimerait bien s'éclater pour une fois. Il veut pour une fois se débarrasser de tout ce qui est devoir, norme, règle, cadre, ligne ou structure arrêtée ! Il ressent le besoin profond de se ficher de toutes les règles imposées. il lui faut un exutoire libre, de l'espace pour se mouvoir librement ; il veut se dégager des structures et des liens trop serrés. Cette fois, il veut en faire à sa guise sans toujours devoir tenir compte des autres. Il ressent une révolte intérieure contre tout ce qui semble le "freiner", ce qui semble l'empêcher d'être lui-même en toute liberté ! Il jette sa casquette et s'envole, libre comme un oiseau dans la nature...

Celui qui raffole

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