Blog

  • Anne

Le Milan




Étymologie :

  • MILAN, subst. masc.

Étymol. et Hist. 1. 1500 ornith. millan (Anc. poésies fr., éd. A. de Montaiglon, t. 9, p. 339) ; 2. 1546 ichtyol. (Opuscules de Plutarque, trad. E. Pasquier, p. 170 ds Hug., s.v. chrysot). Empr. de l'a. prov. milan ornith. (xiiie s. ds Rayn.), lat. pop. *milanus (cf. esp. milano), altération de *milvanus, lui-même issu du lat. class. milvinus «relatif au milan», dér. de milvus/miluus «milan» (oiseau de proie et poisson marin). L'a. fr. disait escoufle (1re moitié xiie s., escufle, Psautier Cambridge, 103, 17 ds T.-L.), empr. d'une forme de b. bret. *skouvl que l'on peut restituer d'apr. le bret. mod. skoul (Bl.-W.5).


Lire aussi la définition du nom pour amorcer la réflexion symbolique.




Symbolisme :


Selon Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, auteurs du Dictionnaire des symboles (1ère édition, 1969 ; édition revue et corrigée Robert Laffont, 1982),


"On trouve, dans la littérature chinoise, des allusions au milan comme à un oiseau vulgaire et bavard, ce qu'est pour nous la pie.

Au Japon, tout au contraire, le milan est un oiseau divin : selon le Nibongi, c'est un milan d'or qui, se perchant sur l'arc du premier empereur Jimmu, lui indiqua le chemin de la victoire. Aussi l'image du milan figure-t-elle toujours auprès de l'empereur lors de certaines cérémonies. Il peut avoir été, comme en Égypte, un emblème de clan.

Le milan figurait parmi les oiseaux, consacrés à Apollon, dont le vol était riche en présages. Lors de l'attaque de l'Olympe par Typhon, c'est en milan qu'Apollon se transforma. Le milan, volant haut dans le ciel et d'une vue perçante, observé par les augures dans ses évolutions significatives, est normalement rattaché à Apollon et symbolise la clairvoyance."

*

*

Selon Didier Colin, auteur du Dictionnaire des symboles, des mythes et des légendes ( (Hachette Livre, 2000) :


"Le milan noir est un oiseau rapace de la m^me famille que le faucon, l'autour, le vautour, l'aigle ou la buse, par exemple. On le trouve dans toute l'Europe, en Scandinavie, au sud de l'Asie, en Afrique et en Australie. Chasseur de petits vertébrés, il se nourrit surtout de charognes, oiseaux ou poissons morts. La femelle ne pond que 2 ou 3 œufs en avril ou en mai, mais il arrive fréquemment que le dernier oisillon à naître soit jeté au bas du nid par ses aînés, à peine sorti de l’œuf. Le milan noir aime à vivre près des rivières et des grands étangs, en se mêlant aux colonies de hérons. D'une taille pouvant atteindre entre 50 et 60 centimètres, son vol tournoyant et son cri strident sont impressionnants.

C'était l'un des oiseaux consacrés à Apollon, le dieu solaire grec, qui symbolisait ses dons de clairvoyance. Ainsi, selon la légende mythique attribuée à Typhon, le fils monstrueux, issu de l’œuf engendré par Gaïa et la semence de Cronos, lorsqu'il attaqua le Ciel, les dieux se réfugièrent dans le désert d’Égypte. Alors, Arès se transforma en poisson. Hermès en Ibis, Dionysos en bouc, Héphaïstos en bœuf et Apollon en milan, tandis que Zeus et Athéna luttèrent contre l'être surnaturel dont la tête touchait les étoiles, et qui était pourvu de cent têtes de dragons à la place de doigts..."

*




Symbolisme celte :


Pour Sabine Heinz, auteure de Les Symboles des Celtes, (édition originale 1997, traduction française Guy Trédaniel Éditeur, 1998),


"Comme beaucoup d'autres merveilles de la nature, les rapaces sont aujourd'hui en voie de disparition. Bien qu'ils soient encore nombreux dans les pays celtiques, on se rend compte de la destruction progressive de la nature et l'on prend des mesures. C'est ainsi qu'aujourd'hui, dans le centre du Pays de Galles, le milan rouge, un oiseau de proie aussi majestueux qu'élégant, célèbre par sa queue d'hirondelle, est protégé par l'armée lors de la pariade et de la couvaison. Etant donné la pollution croissante de l'environnement et le manque de proies qui en résulte, il apprécie certainement que les habitants du pays le nourrissent."

*

*