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  • Anne

Le Chrysanthème





Étymologie :

  • CHRYSANTHÈME, subst. masc.

Étymol. et Hist. 1543 chrysantemon (Ant. Pierre, trad. de Constantin César, Les XX Livres d'agriculture, II, 5 cité par Vaganay ds Fr. mod., t. 5, p. 72) ; 1755 chrysantheme (Prév.). Empr. au lat. impérial chrysanthemon transcription du gr. χ ρ υ σ α ́ ν θ ε μ ο ν « id. », littéralement « fleur d'or ».


Lire aussi la définition pour amorcer la réflexion symbolique.




Botanique :

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Symbolisme :


Selon le Dictionnaire des symboles (1ère édition, 1969 ; édition revue et corrigée Robert Laffont, 1982) de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant,


"La disposition régulière et rayonnante de ses pétales en fait un symbole essentiellement solaire, associé donc aux idées de longévité et même d'immortalité. C'est ce qui explique que cette fleur soit l'emblème de la maison japonaise. Le chrysanthème héraldique japonais a seize pétales, ce qui superpose à l'image solaire celle d'une rose des vents, au centre de laquelle l'Empereur régit et résume les directions de l'espace.

Du Japon à la Chine et au Viêt-nam, plusieurs homophonies lui donnent un rôle de médiateur entre ciel et terre et l'associent, non plus seulement aux notions de longévité et d'immortalité mais à celles de plénitude, de totalité. Il devient ainsi symbole de perfection et donc de joie pour le regard.

En Asie comme en Europe, il est par excellence la fleur automnale ; et l'automne est la saison de la vie paisible après l'achèvement des travaux des champs : c'est pourquoi le philosophe Tcheou T'ouen-yi y voit parmi les fleurs, celle qui se cache et fuit le monde. Le poète So-kong Tou des T'ang en fait l'emblème de la simplicité, de la spontanéité naturelle et discrète des Taoïstes, ce qui n'est pas, en définitive, très différent."

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Dans Le Livre des Fleurs (Librairie philosophique J. Vrin, 1989), Georges Ohsawa (Nyoiti Sakurazawa) tente d'initier les Occidentaux à cet art ancestral particulièrement subtil qu'est celui des fleurs.


Ainsi, il nous apprend qu'on prête aux fleurs "non seulement une beauté personnelle, mais des qualités, des mouvements d'humeur, un caractère complet, une âme, minuscule reflet de la grande âme de la nature. [...]

Le chrysanthème sera nommé inkun'usi, sage caché, ou akinagusa, fleur qui ne connaît pas la tristesse de l'automne, ou enreikyaku, hôte qui honore. L'école nippone des fleurs est une présentation morale des fleurs, par suite elle doit connaître leur psychologie.

[...]

Le chrysanthème est la reine des fleurs nippones. C'est la fleur du Mikado. C'est la fleur noble avant tout. Elle est représentée dans les plus grands chefs d'oeuvre de la peinture, elle figure sur les objets d'art laqués en bois précieux, sur les ciselures, sur les vêtements, les tissus, les broderies les plus aristocratiques. N'était vraiment poète que celui qui savait hanter la beauté du chrysanthème.

Beaucoup de maîtres de fleurs ont eu l'ambition de réaliser des arrangements de chrysanthèmes dignes du modèle. Bien peu ont réussi. De ceux-ci on conserve le souvenir depuis l'antiquité. Les concours de chrysanthèmes au Nippon dépassent en nombre et en qualité tous les autres.

Nous ne pourrions prétendre à donner des leçons d'arrangement de chrysanthèmes, nous savons exposer seulement les principes en cette matière. C'est comme un maître de manège qui aurait tout à coup à dresser un cheval pur sang. Il saurait exactement ce qu'il faut faire, mais parce qu'on est maître de manège on n'est pas forcément cavalier.

Or le chrysanthème est par excellence un pur sang dans le domaine floral. Bien qu'il sot d'une qualité hors de pair, ou plutôt parce qu'il est d'une qualité hors de pair, il désarçonne tous ceux qui ne sont pas des maîtres.

L'art des fleurs qui a pour but de mettre en valeur leurs vertus et leur beauté est impuissant avec lui, tellement il est riche de tout dès sa naissance. L'art court le risque de le diminuer. Ses feuilles sont très fragiles, ses fleurs gardent la marque de la moindre brutalité, ses tiges délicates se cassent facilement, c'est un problème de leur donner une légère courbure. Enfin, c'est une plante qui absorbe l'eau difficilement."

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Selon Des Mots et des fleurs, Secrets du langage des fleurs de Zeineb Bauer (Éditions Flammarion, 2000) :


"Mot-clef : L'amour fragile.


Savez-vous ? : Cette fleur a été mentionnée pour la première fois trois siècles avant J. C. en Chine ; elle se nommait "fleur d'or. Au Japon, le chrysanthème fait l'objet d'un culte réel, car il est l'emblème de la famille impériale. Il n'est jamais offert ! En Europe, les pots de chrysanthèmes ornent souvent les tombes. Associée tout d'abord à la Toussaint, il faudra attendre le XIXe siècle pour que cette fleur soit offerte en bouquet et entre dans les compositions florales.


Usages : Le chrysanthème reste malgré tout une fleur destinée principalement à rendre hommage aux défunts. Il signifie simplement : tu restes dans mon souvenir. Depuis peu de temps, on trouve le chrysanthème chez les herboristes car il est utilisé pour stimuler la micro-circulation.


Message : A la vie, à la mort, je me souviens."

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D'après Nicole Parrot, auteure de Le Langage des fleurs, (Éditions Flammarion, 2000) :


"Le chrysanthème a gardé au creux de ses pétales un peu du mystère de sa patrie d'origine, le Japon. Pourtant, ses messages sont clairs et sans détour. Il déclare apporter la joie dans l'adversité. Face à la fuite du temps, il favorise la constance dans les sentiments. Blanc, il prédit : "vous aimez le vrai, vous avez raison, vous y trouverez un succès durable". Rose, il s'engage : "mes sentiments pour vous n'auront point de fin". Jaune, il recommande l'optimisme et, violet, il ordonne : "pensez constamment à moi".

La fleur d'or, comme l'indique son nom venu du grec, illumine nos brouillards de novembre. Elle est entrée sur la pointe des pieds dans l'Europe du XVIIe siècle sous forme du tout petit chrysanthème pompon.

Le premier chrysanthème "à grandes fleurs", sera, quant à lui, rapporté d'Orient en 1789 par un Marseillais, voyageur curieux de plantes. Mais c'est à la Belle Epoque qu'il connaît la gloire avec la vogue du style japonais. Cet emblème national du pays du Soleil Levant devient un leitmotiv de l'Art nouveau. Sculpté dans la pierre, il décore les immeubles de Paris comme les premiers gratte-ciel de New York. Il se brode sur les kimonos, figure sur les estampes, s'épanouit dans les salons tout autant que sur les tombes et le peintre impressionniste Berthe Morisot l'accroche, noir, au décolleté de sa Jeune Fille au bal.

Aujourd'hui, le chrysanthème ne se réserve plus à la fête de tous les saints mais commence à retrouver sa juste place dans la maison.


Mot-clef : "Pensez sans cesse à moi".

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Selon le blog de Xialong (31 octobre 2009) :


"Le chrysanthème, « Jiuhua », fleur de la neuvième lune ou « lune d’octobre », symbolise l’automne. Cultivée en Chine depuis plus de 2500 ans, elle symbolise la paix, la vie paisible, la constance, la longue vie…

Par homophonie, on peut l’entendre comme « durer » ou « longtemps », c’est aussi le nom du neuvième jour du neuvième mois (fête du double neuf ou « fête des chrysanthèmes »). Porter un chrysanthème ce jour là est espérance de longue vie.

Le vin de chrysanthème dont nous parlions la semaine dernière, est consommé lors des fêtes d'automne. Autrefois les lettrés organisaient des joutes poétiques (abondamment « arrosées »…) où chacun pouvait déclamer ses productions et se donner du courage en buvant quelques verres de vin.... Cette fleur n’est pas sans vertus médicinales et purifie le corps. On la trouve sous forme de thé ou de boisson fraîche (non alcoolisée !).

On surnomme cette fleur parfois « fleur de reclus » à cause de Tao Yuan Ming, ermite et poète. Celui-ci refusa de saluer ses supérieurs en sa qualité de Chef de district et se retira loin du monde, refusant honneurs et richesses. Il lisait, écrivait, et avait une prédilection pour le chrysanthème qui modestement ne fleurissait qu’à l’automne, laissant les autres fleurs se disputer le printemps…

Le poète So Kong Tou en fait lui la fleur taoïste par excellence, discrète et fataliste…"

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Eric Pier Sperandio, auteur du Grimoire des herbes et potions magiques, Rituels, incantations et invocations (Editions Québec-Livres, 2013), présente ainsi le chrysanthème (Chrysanthemum morrifolium) :


"Les fleurs de chrysanthème sont d'un jaune pâle et très petites à leur état naturel ; elles sont particulièrement prisées par le peuple chinois.


Propriétés médicinales : Ces fleurs, sous forme de tisane et d'extrait, sont excellentes comme anti-inflammatoire ainsi que pour le traitement des fièvres et des étourdissements. on les utilise aussi pour traiter la pneumonie et calmer le foie. Son action purifie le sang et rend les yeux brillants. Les Chinois s'en servent pour traiter les maladies d'origine yang.


Genre : Masculin.


Déités : Kwan Yun.


Propriétés magiques : Protection - Compassion.


Applications :

SORTILÈGES ET SUPERSTITIONS

  • Des pots de chrysanthèmes en fleurs gardent la maison contre les influences négatives et les esprits néfastes.

  • Porter les fleurs sur soi protège de la colère des dieux et des esprits néfastes.

BAIN DE LA COMPASSION :

Ce dont vous avez besoin :

  • quelques fleurs de chrysanthème (deux ou trois)

  • une chandelle verte

Rituel :

Faites macérer les chrysanthèmes dans un bain d'eau très chaude dans lequel vous vous détendrez pendant 30 à 45 minutes ; ajoutez de l'eau chaude à mesure que l'eau du bain se refroidit.

Ce bain est tout indiqué lorsque vous avez du chagrin, particulièrement à la suite du décès d'un parent ou d'un ami. La déesse de la compassion, Kwan Yun, est réputée résider dans ces fleurs et vous enveloppera de réconfort."

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Contes et légendes :


Dans la collection de contes et légendes du monde entier collectés par les éditions Gründ, il y a un volume consacré exclusivement aux fleurs qui s'intitule en français Les plus belles légendes de fleurs (1992 tant pour l'édition originale que pour l'édition française). Le texte original est de Vratislav St'ovicek et l'adaptation française de Dagmar Doppia. L'ouvrage est conçu comme une réunion de fleurs qui se racontent les unes après les autres leur histoire ; le Chrysanthème raconte la sienne dans un conte venu du Japon et intitulé tout naturellement "Petit Chrysanthème" :

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Arts visuels :

Berthe Morisot, Jeune Fille au bal, 1875.



















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