Blog

  • Anne

Le Buis





Étymologie :

  • BUIS, subst. masc.

ÉTYMOL. ET HIST. − 1. 1160-70 buis désigne le bois (Thomas, Tristan, 1787 dans T.-L.) ; xiiie s. bois (Pyrame et Thisbé, 176, ibid.), forme attestée jusqu'en 1443, Compt. du temple dans Gdf. Compl. ; 1680 spéc. technol. (cordonnerie) bouis (Rich.) ; 2. 1360 buix désigne la plante (Le propriétaire des choses, 1. 17, ch. 20 dans Gay) ; 1471 bouys (Inv. du roi René à Angers, ibid.) ; xve s. buys benoit (Gloss. Lille, 39a dans T.-L.). L'a. fr. bois est issu du lat. bŭxus « buis » désignant d'abord l'arbuste (Ennius dans TLL s.v., 2263, 62) puis le bois (Virgile, ibid., 2263, 82) et l'objet fait en buis (Virgile, ibid., 2264, 9) ; v. aussi André Bot. Buis est issu soit de bŭxus, *boysus, par action fermante de y (avec peut-être infl. de buisson*), soit de bŭxeus, forme adjectivée. Bouys (1471) est issu de buis, [ẅi] ayant dès la fin du xiiie s. tendance à passer à [wi] (Fouché, p. 405).


Lire aussi la définition du nom pour amorcer la réflexion symbolique.



Toponymie :


Buis-les-Baronnies (26 063) ; Buis-sur-Damville (27 416) ; Buissard (05025) ; La Buisse (38 061) ; La Buissière (38 062) ; La Bussière (45060) ; La Bussière (86040)

*




Botanique :


*




Symbolisme :


D'après le Dictionnaire des symboles (1ère édition, 1969 ; édition revue et corrigée Robert Laffont, 1982) de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant,


"Le buis, consacré dans l'Antiquité à Hadès ou Cybèle, était et demeure un symbole funéraire, en même temps que d'immortalité, parce qu'il reste toujours vert. Cette signification est en rapport avec l'usage du buis le jour des Rameaux dans les pays nordiques, à la place des palmes, préférées dans les pays chauds, et avec le fait qu'on plante des rameaux de buis sur les tombes.

Parce qu'il est en outre un bois dur et compact, le buis symbolise la fermeté, la persévérance : d'où son utilisation dans la confection des maillets des loges maçonniques. A cause de cette dureté, les Anciens en faisaient des fouets, des toupies, des peignes, des flûtes et surtout des tablettes. Celles-ci étaient recouvertes d'une couche de cire et l'on pouvait ensuite écrire sur ces solides bases.

Les Gaulois avaient divinisé le buis, symbole d'éternité.

D'autre part, parce qu'il avait été classé parmi les arbustes infernaux, on le regardait communément comme un symbole de stérilité. De ce fait, les Anciens prenaient bien soin de n'en pas présenter aux autels de Vénus, déesse populaire de l'amour, de peur de perdre, par une telle offrande, leurs facultés viriles. Mais, pense Lanoé-Villène, ceci n 'était qu'une superstition et je crois qu'au contraire, dans le principe, les arbres dont le feuillage reste verdoyant pendant l'hiver ont dû d'abord être consacrés à Aphrodite, car la couleur verte lui a toujours été attribuée spécialement.

Rien de surprenant, à vrai dire, que le même arbuste soit consacré à Aphrodite, à Cybèle, à Hadès et symbolise en même temps l'amour, la fécondité et la mort, s'il est l'image du cycle de la vie."

*

*

Selon Didier Colin, Auteur du Dictionnaire des symboles, des mythes et des légendes (Larousse Livre, 2000) :


"Cet arbuste aux feuilles toujours vertes, que l'on trouve dans les lieux calcaires, fut choisi pour remplacer les palmes, feuilles de palmier ou de dattier que la foule venue pour acclamer l'entrée de jésus dans Jérusalem, une semaine avant la Pâque, coupa pour célébrer cet événement. Depuis lors, les Chrétiens fêtent le dimanche des Rameaux, qui précède celui de Pâques, en offrant des rameaux de buis symbolisant l'immortalité et l'éternité. Par ailleurs, le bois de buis, réputé pour sa consistance et sa solidité, était utilisé pour fabriquer des flûtes, des pipes et des toupies. De ce fait, c'est aussi un symbole de persévérance et de fermeté."

*




Croyances populaires :

D'après Véronique Barrau, auteure de Plantes porte-bonheur (Éditions Plume de carotte, 2012) : le buis est "un bois qui a de la veine".


Buis divin : De l'avis des Chrétiens d'antan, les feuilles brillantes de cette plante semblent avoir été arrosées par les larmes de Jésus sur sa croix de buis. divinisé par la religion catholique, le buis fut également considéré comme sacré par les anciens Grecs et les Gaulois. Sa verdeur éternelle et la résistance de son bois conféraient à l'arbre une image d'immortalité, de persévérance et par extension de porte-bonheur. Prenons l'exemple des allées de buis dans un jardin qui sont toujours du plus bel effet décoratif. Si leur croissance est de plus florissante, les propriétaires ont toutes les raisons de se réjouir car elle est un présage de bon augure. En Isère, dans la commune d'Apprieu plus précisément, il était de bon ton de posséder un buis dans son jardin. Choyé par les générations qui se succédaient, l'arbre devait être régulièrement taillé et certainement pas enlevé. Ce sacrilège aurait apporté déshonneur et malchance sur le fautif.


Les buis bénis : Lors du dimanche des Rameaux, nombre de paroissiens se rendent encore dans les églises avec un rameau de buis pour le faire bénir. Plus il était fleuri, plus l'argent affluerait dans l'année. Sa réputation de porte-bonheur était autrefois si grande que certains athées achetaient eux aussi des brins bénis sur le parvis des églises pour les emporter chez eux. Selon une croyance commune, la présence d'une telle branche dans une maison mettrait en effet les habitants à l'abri des sortilèges et des orages. Cette dernière protection s'opérait en jetant simplement le rameau dans le feu au premier coup de tonnerre. Les paysans n'oubliaient jamais de planter une ramille de buis dans leur champ pour préserver leurs récoltes des fléaux météorologiques et des animaux nuisibles. De la même façon, un brin était fixé sur al porte de chaque local abritant du bétail afin que nulle maladie ni maléfice ne puissent nuire aux animaux.

Protecteur, le buis béni l'est aussi pour les hommes souhaitant se prémunir de la peste ou de la fièvre. Trois feuilles ingurgitées le dimanche des rameaux tout en récitant trois Pater préserveraient de la fièvre toute une année.


Des rameaux gourmands : Dans le Limousin, le buis était destiné aux adultes, les enfants portaient quant à eux une petite branche de sapin décorée de friandises. Tout aussi gâtés, les petits habitants de l'Yonne portaient une branche de buis pourvue soir de pommes ou de gâteaux, soit de rubans, de fleurs, de pruneaux et de pommes.


Buis non béni, buis maudit ? Les rameaux de buis bénis étaient censés détenir des vertus exceptionnelles. Pourtant et à l'exception des Bretons vivant près de Rennes persuadés que le buis non consacré était facteur de troubles, les branches n'ayant pas reçu de bénédiction était à même de conférer de la chance. dans les Pyrénées, tout voyageur pouvait ainsi se préserver des périls potentiels en brisant un rameau de buis de sa main gauche et en le jetant derrière son dos."

*

*




Littérature


"Je m'abritais sous les buis. C'était un vin ce feuillage, surtout remué. Puis je repartais et je me disais en respirant profond : « Il faut de l'air frais pour l'odeur des buis. » En effet, au bout de cent pas elle était douce-amère comme une cire de ruche."

Jean Giono, Les Âmes fortes, folio p. 272-273.



872 vues