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  • Anne

Le Colchique



Étymologie :

  • COLCHIQUE, subst. masc. et adj.

Étymol. et Hist. 1545 colchicum, colchicon (G. Guéroult, Hist. plantes, 249 et 310 ds Quem.) − 1616 (Dalechamps ds Fr. mod., t. 14, p. 283) ; 1628 colchique (d'apr. Bl.-W.5, sans réf.) ; 1680 (Rich. qui donne le mot fém.). Empr. au m. fr. colchicum empr. au gr. κ ο λ χ ι κ ο ́ ν proprement « herbe de Colchide », pays de l'empoisonneuse Médée, le colchique étant vénéneux. [La date 1611 (Cotgr.) pour la 1re attest. de la forme colchique fournie par Lar. Lang. fr. n'a pu être vérifiée, le mot n'y figure pas comme vedette autonome].


Lire également la définition du mot pour amorcer la réflexion symbolique.

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Botanique :

Selon l'article de Pierre LIEUTAGHI, « COLCHIQUE », Encyclopædia Universalis, consulté le 27 janvier 2017. http://www.universalis.fr/encyclopedie/colchique/ :


le colchique est "L'une des plantes les plus redoutables de la flore d'Europe. Toutes les parties du colchique (Colchicum autumnale L., liliacées) renferment, parmi une dizaine de substances toxiques à des degrés divers, un alcaloïde particulièrement dangereux, la colchicine, qui représente le principe actif médicinal. La dessiccation n'altère pas le poison. La colchicine isolée est toxique pour l'homme à la dose de 1,25 mg par kilogramme de poids. Son élimination est très lente. Les empoisonnements, rares à l'époque actuelle, frappent pourtant encore les jeunes enfants trompés par les capsules sèches qui rappellent la noix (cas mortels dans l'est de la France, vers 1960). L'ingestion entraîne de graves irritations internes avec spasmes douloureux, brûlures viscérales intenses, des désordres nerveux, délire et convulsions. La mort survient par paralysie vasomotrice et respiratoire. Il n'existe pas d'antidote spécifique ; le traitement est celui des intoxications par les alcaloïdes en général, avec une attention particulière accordée à la réhydratation. Trop dangereuse pour tenter même les empiristes amateurs de drogues héroïques, la plante restera longtemps exclue de la matière médicale. Les observations de Stoerck (XVIIIe s.) et les travaux modernes, très nombreux, ont fait du colchique, paralysant des terminaisons nerveuses sensitives, agissant à faible dose comme analgésique et anti-inflammatoire, le remède classique de la goutte aiguë, quand l'état des reins en permet l'usage (sous surveillance médicale étroite). La colchicine a une action remarquable sur la division cellulaire : elle en bloque le processus à la métaphase, quand les chromosomes se sont scindés en deux chromatides. Chez l'animal, la cellule meurt ou arrive à reprendre et à terminer sa division. Chez les végétaux, il se reconstitue un noyau porteur d'un nombre double de chromosomes. En traitant les plantes à la colchicine, on obtient des lignées polyploïdes souvent caractérisées par le gigantisme, ce dont la recherche agronomique sait tirer parti. La colchicine, inhibitrice de la mitose, a été expérimentée comme anticancéreuse, non sans résultats, en particulier dans les tumeurs ganglionnaires.

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Symbolisme :


Selon Pierre Dubois et René Hausman qui ont écrit et illustré L'Elféméride, Le grand légendaire des saisons - Automne-Hiver (2013),


"On dit que les colchiques sont les dernières ombres des crocus. On les appelle également veilleuses, veillottes, tue-chiens et doigts des morts. Autrefois, si on en écrasait dans les cheveux, les poux et autres vermines ne s'y mettaient pas. Parce que le bulbe ressemble à un gros "tortu" d'orteil déformé, on l'utilisait en emplâtres contre la goutte et les cors au pied.

En sorcellerie, le suc mortel de la colchique entrait dans la composition des "philtres mauvais". Les filles de Médée en brûlant ses racines sur des pierres d'alun faisaient apparaître d'horribles silhouettes et visages de démons.

Dans les Chroniques elfiques, on représente les colchiques "ainsi les ailes d'or des elfes et fays que l'on voit de terre jaillir au printemps de Mars sous la forme aimable des crocus et qui s'en retournent au moment de septembre s'enterrer, les ailes usées et fanées de trop d'excès de gaies et folles danseries."

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Comptines :


Qui ne connaît pas cette comptine célèbre que nombre d'entre nous ont chanté en automne ?


Colchiques dans les prés fleurissent, fleurissent, Colchiques dans les prés : c'est la fin de l'été. La feuille d'automne emportée par le vent En ronde monotone tombe en tourbillonnant. Châtaignes dans les bois se fendent, se fendent, Châtaignes dans les bois se fendent sous les pas.

La feuille d'automne emportée par le vent

En ronde monotone tombe en tourbillonnant.

Nuages dans le ciel s'étirent, s'étirent,

Nuages dans le ciel s'étirent comme une aile.

La feuille d'automne emportée par le vent

En ronde monotone tombe en tourbillonnant.

Et ce chant dans mon cœur murmure, murmure,

Et ce chant dans mon cœur appelle le bonheur.

La feuille d'automne emportée par le vent

En ronde monotone tombe en tourbillonnant. *

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Contes et légendes :


Dans la collection de contes et légendes du monde entier collectés par les éditions Gründ, il y a un volume consacré exclusivement aux fleurs qui s'intitule en français Les plus belles légendes de fleurs (1992 tant pour l'édition originale que pour l'édition française). Le texte original est de Vratislav St'ovicek et l'adaptation française de Dagmar Doppia. L'ouvrage est conçu comme une réunion de fleurs qui se racontent les unes après les autres leur histoire ; le Colchique raconte la sienne dans un conte venu de Slovaquie et intitulé "Le Diable et le raccommodeur de faience" :

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Littérature :


Pour en savoir davantage sur la manière dont Apollinaire imagine le colchique, rendez-vous sur un site fait par des élèves de 1ère qui traite du poison dans la littérature.


Les Colchiques


Le pré est vénéneux mais joli en automne

Les vaches y paissant

Lentement s'empoisonnent

Le colchique couleur de cerne et de lilas

Y fleurit tes yeux sont comme cette fleur-là

Violâtres comme leur cerne et comme cet automne

Et ma vie pour tes yeux lentement s'empoisonne


Les enfants de l'école viennent avec fracas

Vêtus de hoquetons et jouant de l'harmonica

Ils cueillent les colchiques qui sont comme des mères

Filles de leurs filles et sont couleur de tes paupières


Qui battent comme les fleurs battent au vent dément


Le gardien du troupeau chante tout doucement

Tandis que lentes et meuglant les vaches abandonnent

Pour toujours ce grand pré mal fleuri par l'automne


Guillaume Apollinaire, "Les Colchiques", Alcools, 1913.

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