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Les Dents

Photo du rédacteur: Anne
Anne
il y a 7 heures
52 min de lecture



Étymologie :


  • DENT, subst. fém.

Étymologie et historique. 1. Ca 1100 masc. (Roland, éd. J. Bédier, 1956 : as dentz menus) ; id. fém. (ibid., 2346 : la dent seint Perre) ; ca 1150 dire entre ses denz (Pél. de Charlemagne, éd. P. Aebischer, 408) ; 1330-32 dens de lait (G. de Digulleville, Vie hum., 7484 ds T.-L.) ; diverses expr. : 1330-32 rire du bout du dent (Id., ibid., 8444, ibid.) ; 1340 monstrer le dent (à qqn) « s'opposer (à quelqu'un) en ennemi » (Bastard de Bouillon, 4385, ibid.) ; 1507-08 des menteurs et arracheurs de dens (Eloy d'Amerval, Le Livre de la Deablerie, éd. Charles-Fréd. Ward., 155 a) ; 1538-70 armez jusques aux dens (J. Grevin, La Tresor, p. 101) ; 1548 serrant de rage les dens (Noël du Fail, Baliverneries, éd. J. Assézat, p. 149) ;

2. 1177-79 es danz del peigne (Chr. de Troyes, Charrette, éd. M. Roques, 1354) ; 1er quart xive s. roe a dens (Ovide moralisé, éd. C. de Boer, IV, 3826). Du lat. dens, dentis masc. (peut-être employé au fém. par Cassius Felix ds TLL s.v., 537, 41) « dent (de l'homme, des animaux); objet en forme de dent ».


Lire également la définition du nom dent afin d'amorcer la réflexion symbolique.




Anatomie :


Dr Christian Beyer, auteur de Décodage dentaire - Ce que disent les dents des hommes (Éditions Chariot d'or, 2006) présente la denture :



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Alain Froment, dans un ouvrage intitulé Anatomie impertinente, Le corps humain et l'évolution (© Éditions Odile Jacob, 2013) nous en apprend davantage sur les dents :


"Dentition : On devrait distinguer la denture, qui est la description anatomique, et la dentition qui est le processus de formation et de croissance des dents. L'ancien français appelait les dents « quennes », dont on retrouve la trace dans le diminutif « quenottes » pour les dents de lait, ou « canes » (ricaner), ou encore « rades » ou « ratiches », du latin radix « racine ». La dentition d'adulte compte 32 dents, 8 par demi-mâchoire, au maxillaire en haut comme à la mandibule en bas : 2 incisives, 1 canine, 2 prémolaires et 3 molaires.


  • Dents des poules

Les toutes premières dents, qui remontent à environ 450 millions d'années, dérivent des éléments dermo-épidermiques (les odontodes), ces plaques qui couvraient le corps des ostracodermes et qui auraient migré à l'intérieur de la bouche chez les poissons à mâchoire (gnathostomes). Les bourgeons dentaires peuvent se spécialiser en éléments aussi différents que la come du narval, la défense de l'éléphant ou le fanon de la baleine. On les observe chez les oiseaux au stade embryonnaire, ce qui est un héritage de leur origine reptilienne, et il a été possible de réactiver le gène qui contrôle ce caractère ; les poulets obtenus ont été dotés de petites dents très semblables à celles des dinosaures ou des lézards. Les reptiles ont des dents toutes semblables mais les cynodontes (« à dents de chien ») sont les premiers, vers 250 millions d'années, à avoir une canine différenciée; celle du haut se place derrière celle du bas, disposition conservée dans notre espèce. Les premiers mammifères, vers 150 millions d'années, ont 52 dents. Tous les placentaires descendent d'un ancêtre à 44 dents, et ce chiffre s'abaisse à 32 chez nos ancêtres catarhiniens vers 35 millions d'années, chiffre qui n'a pas changé chez nous.


  • Sagesse

Les incisives, dénomination due à Ambroise Paré, ou incisoires, sont les riantes ou rieuses, comme disaient les Grecs (gelasinai). Elles sont coupantes chez l'homme, mais pas du tout chez beaucoup de mammifères, comme on le voit chez le chat. Les canines (« ce qui a trait au chien ») ont la racine la plus longue, souvenir de leur développement passé, mais dans la lignée humaine leur pointe ne dépasse pas les autres dents ; la canine supérieure est la « dent de l'oeil » car son infection peut se transmettre à l'oeil via le canal lacrymal. Les masselières, maschelières, meulières ou molaires, sont les dents qui meulent. Quant aux prémolaires, elles ne sont distinguées des autres dents qu'à partir du XlXe siècle. L'éruption des molaires marque les étapes du développement corporel : la première molaire, ou dent de 6 ans, est la première dent définitive à sortir, la deuxième ou dent de 12 ans, annonce la puberté, et la troisième ou dent de sagesse marque la fin de la croissance ; elle pousse « au temps que l'homme commence d'entrer en sa gaillardise », dit un traité médical du XVIe siècle, reprenant la vieille formule de Sénèque relative aux « dernières dents, qui terminent les progrès de la jeunesse ». En grec, ce sont « celles qui rendent sages » (sophronisteres), et pour Avicenne, elles signifient sens et intelligence. La tendance à leur disparition, à moins qu'elle ne soit due à la perte de sagesse de notre époque, est moins liée à une agénésie qu'à une absence d'éruption, à cause d'un raccourcissement de la face. Du reste, le calendrier chronologique d'éruption des dents de sagesse varie selon les populations du monde. Desse (1984) rapporte des observations de repousses dentaires assez fantaisistes que la tradition historique a conservées : à 104 ans dans un écrit de Pline, à 118 ans chez deux soeurs examinées en 1684, voire à 145 ans chez Jane Fitzgerald, comtesse de Desmond, selon Francis Bacon. On observe, le plus souvent sur la première molaire supérieure, une petite excroissance latérale appelée tubercule de Carabelli, dont la fréquence est très variable, environ un Européen sur deux, un Chinois sur douze, un Africain sur cinquante, rare chez les Inuits, mais qui ne se voit pas chez les autres primates.


  • Quenottes

Chez les requins, qui incarnent la forme ancestrale, les dents sont remplacées en pennanence. Chez les rongeurs qui abrasent rapidement leurs couronnes, la croissance dentaire est continue. L'homme est diphyodonte : deux dentures se succèdent, ce qui les met en harmonie avec la croissance des mâchoires. Les dents de lait ou lactéales, ou encore déciduales (destinées à tomber), sont au nombre de 20, soit 5 par demi-mâchoire : 2 incisives, 1 canine et 2 molaires ; il n'y a pas de prémolaires. Elles commencent à sortir vers 6 mois, avec d'abord les deux incisives centrales inférieures, suivies des autres incisives, puis des premières molaires puis des canines et des deuxièmes molaires. Mais les premières dents peuvent aussi être présentes à la naissance, ou sortir à 1 an. À 3 ans, la première denture est en place et commence à tomber vers 6 ans, sous l'action des bourgeons de la denture d'adulte qui se forment entre les racines des dents de lait, provoquant leur résorption. Il existe très rarement une dentition prédéciduale sous forme de dent rudimentaire sans racine, qui tombe pendant la première semaine de vie.


  • Morsure

Une dent est faite d'ivoire ou dentine, recouverte d'une capsule d'émail qui délimite la couronne, et d'une racine recouverte de cément, sur lequel s'insère le ligament alvéolo-dentaire. Ce ligament, qui arrime solidement la dent à son alvéole, est aussi un capteur proprioceptif qui renseigne le cerveau sur la pression exercée sur chaque dent. Si les dents tombent, le tissu alvéolaire correspondant se résorbe, faute de stimulation mécanique, ce qui donne une physionomie particulière aux vieillards édentés dont la face se raccourcit.

Le « coefficient masticatoire » évalue l'efficacité de la mastication en additionnant les chiffres attribués à chaque dent rencontrant une dent antagoniste ; une molaire qui a perdu son vis-à-vis ne sert plus à rien. La racine est creusée d'une cavité pulpaire qui contient un nerf et un rameau vasculaire. Des cellules analogues aux ostéoblastes de l'os, les odontoblastes, tapissent la cavité pulpaire et synthétisent la dentine tout au long de la vie, notamment en réaction à une carie. Cette propriété a donné à des artistes et des scientifiques londoniens l'idée du Biojewellery Project : si votre chéri(e) se fait retirer une dent de sagesse, on peut en recueillir les cellules et les cultiver sur un support en forme d'anneau, ce qui en quelques semaines donnera une bague faite de l'os de votre partenaire... L'épaisseur de l'émail est liée au régime alimentaire et varie d'une espèce à l'autre ; comme c'est le tissu le plus résistant de l'organisme, il a un immense intérêt en paléontologie tout comme en médecine légale, car c'est parfois tout ce qu'il reste d'un individu. Les australopithèques robustes, végétariens aux dents énormes, avaient l'émail le plus épais de ce qui est connu chez les primates. La force de pression que nous pouvons exercer sur chaque dent est de 70 à 100 kilos, alors que le tyrannosaure est crédité de 3,5 à 5,7 tonnes par dent, soit 8 à 10 fois plus que l'alligator, un des meilleurs mordeurs actuels, seulement dépassé par le piranha noir.


  • Dents du bonheur

Les néandertaliens avaient des incisives non coupantes avec articulation en bout à bout (labidodonte) alors que les Homo sapiens ont des incisives tranchantes avec un articulé dentaire en ciseaux (psalidodonte), ce qui n'a pas empêché les deux populations de partager la nourriture et d'échanger leurs gènes. Il existe parfois une inclinaison (proclivie) des incisives supérieures qui tendent vers l'horizontalité, ce que la verve populaire appelle « dents qui courent après le bifteck ». C'est assez fréquent dans certains groupes comme les Peuls d'Afrique de l'Ouest. C'est aussi en Afrique (surtout) que l'on peut observer un espace marqué entre les deux incisives centrales supérieures, dès lors appelées « dents du bonheur ». Ce caractère y est plus fréquent qu'en Europe, notamment parce qu'il y a plus d'espace sur l'arcade dentaire en raison du prognathisme. La blonde actrice Lauren Hutton avait mis les siennes en valeur dans son émission America's Next Top Madel, trouvant qu'elles lui donnaient plus de personnalité. Cet espace est parfois comblé par une petite dent surnuméraire nommée mesiodens, dent du milieu. Les Japonaises ont lancé la mode de la double denture appelée yaeba : au lieu d'afficher un sourire impeccable, le fait d'avoir des dents un peu irrégulières et qui se chevauchent, au besoin à l'aide de prothèses, est censé donner l'image d'une femme moins parfaite et plus accessible que si son apparence était irréprochable, et aussi plus juvénile en évoquant la dentition de lait.


  • Témoins

« Quelle étonnante invention que les dents, ces objets magiques, organiques et minéraux à la fois et qui, dans la bouche de chacun des vertébrés ou presque, depuis des centaines de millions d'années, racontent par le menu l'âge géologique et individuel qu'il a, comment il a grandi et où, ce qu'il aime manger et comment, et dans une large mesure, à quoi et à qui il ressemble », écrit Yves Coppens. Les dents présentent de nombreuses variations de nombre, de forme et de caractères selon les individus, mais aussi en fonction des populations mondiales et, bien sûr, de l'évolution. Par exemple, la taille des molaires est en séquence ascendante dans le modèle ancestral (la première molaire est la plus petite et la troisième est la plus grande) et descendante chez l'homme moderne, avec des exceptions que les dentistes voient couramment. Chaque jour, chez l'enfant, il se dépose une couche de tissu dentaire sur le bourgeon en formation, et comme ce processus commence au stade foetal sur les dents de lait et qu'on distingue une ligne correspondant au jour de la naissance quand on examine une coupe de dent au microscope électronique, on peut compter ces couches et déterminer l'âge de l'enfant. Les microtraces, également visibles en microscopie électronique, sont des rayures évocatrices du type d'aliments mastiqués, information utilisée pour reconstituer le régime alimentaire de nos ancêtres. Les dents enregistrent aussi les épisodes de maladie sous forme de sillons, les hypoplasies de l'émail dentaire, que l'on conserve toute sa vie et qui permettent de calculer, en fonction du calendrier de formation de la dent affectée, l'âge auquel le stress est survenu. Les dents sont le siège de nombreuses interventions à visée esthétique ou rituelle, comme la taille en pointe des incisives, leur suppression, ou l'insertion de pierres précieuses - diamants chez les rappeurs, pierres de couleur chez les Mayas.


  • Carie

Les caries résultent de l'acidification de la salive sous l'effet des bactéries telles que Lactobacillus acidophilus ou Streptococcus mutans, qui dégradent les sucres. Mais toutes les dents ne sont pas égales face à cette attaque, celles du bas, et notamment les antérieures, étant les plus résistantes et les mieux conservées - sauf en cas d'accident ou de pugilat où elles sont en première ligne. Les molaires, pourtant réputées plus solides car plus massives, sont en fait plus vulnérables : plus de 60 % des gens n'ont plus de deuxième molaire supérieure. À 60 ans la perte est en moyenne de 5 ou 6 dents, et le double si l'on est fumeur ; on disait autrefois que chaque enfant coûte une dent à sa mère, et il faut se rendre compte que jusqu'à une date récente l'esthétique buccale était de plus en plus médiocre avec l'âge. Pour préserver les dents, on a inventé depuis longtemps les « dentifriques », littéralement « frotte-dents ». En Afrique de l'Ouest, c'est un bâtonnet mâchonné qui joue ce rôle protecteur. Il faut se garder, notamment par un brossage intempestif, de risquer le déchaussement dentaire en exposant les racines.

L'importance de la carie a beaucoup varié depuis la préhistoire ; les chimpanzés en liberté n'en ont pas, sauf ceux qui viennent à proximité des habitations. Chez les hommes du paléolithique, elle est rare, à la notable exception de l'homme de Rhodésie (homme de Kabwé), un des premiers hommes modernes, dont les dents sont si attaquées que certains ont douté de son antiquité : ses caries avaient une allure moderne, et puisque son âge supérieur à 100000 ans n'est pas douteux, il constitue une exception parmi les hommes fossiles. L'alimentation des agriculteurs à partir du néolithique, avec sa haute teneur en amidon, a été le grand facteur favorisant de la carie, raison parmi d'autres de prôner le retour au « régime paléolithique », celui que nous avons consommé pendant des centaines de millénaires, riche en protéines animales maigres et en fibres, pauvre en gluten et dépourvu de sucre, de sel et de laitages. L'attrition dentaire résulte d'une usure exagérée, à cause d'aliments abrasifs, souvent végétaux, ou de certaines pratiques mobilisant les dents comme outils, pour ramollir les peaux par exemple. Le bruxisme est une autre pathologie où sous l'influence du stress, le sujet serre les dents inconsciemment, comme pour se préparer à un combat ; il en résulte des douleurs de l'articulation temporo-mandibulaire et une usure accélérée.


  • Couleur

La blancheur des dents est chez nous un atout, mais dans certaines cultures on les colore, ou on les laque en noir (Japon, Vietnam). Dans ces sociétés, en effet, seuls les sauvages et les animaux ont les dents blanches. Dans l'Angleterre élisabéthaine, avec l'afflux de sucre lié au développement de l'esclavage et de la canne aux Antilles (ce « goût amer» dont parlait Voltaire), la reine elle-même avait les dents noirâtres à cause des sucreries dont elle abusait, et toute la cour avec elle, de sorte que les roturiers qui voulaient paraître riches mais n'avaient pas les moyens de consommer tant de sucre, se coloraient les dents par affectation. Certaines anomalies de couleur ou de forme sont des signes pathologiques : c'est ainsi que l'on peut diagnostiquer la syphilis néonatale, la fluorose, le saturnisme ou la porphyrie.


  • Prémaxillaire

La région osseuse située entre l'orifice nasal et le palais a été l'objet de débats acharnés quand Vicq d'Azyr en 1779, puis Goethe, ont mis en évidence l'os intermaxillaire chez l'homme. Pressenti par Galien puis Avicenne et discuté par Vésale, cet os est apparent chez beaucoup de mammifères et s'appelle parfois os incisif car il supporte les incisives supérieures ; chez le chimpanzé, il fusionne avec le maxillaire avant la naissance ; chez l'homme, il faut étudier l'anatomie foetale ou les monstres pour l'apercevoir. Cette disparition participe de la réduction de la face et, plus généralement, de la simplification du squelette chez les primates. À l'inverse, les os propres du nez, qui en forment l'arête, sont soudés chez les autres primates mais pas chez l'homme. Pour Goethe, ce petit os prémaxillaire est la preuve qu'il y a chez les animaux une conformation primitive à partir de laquelle chaque branche, sous l'influence du milieu, a développé des spécificités. L'opuscule qu'il publie en 1786 se fait l'écho d'un superbe texte de Diderot : « Ne croirait-on pas volontiers qu'il n'y a jamais eu qu'un premier animal prototype de tous les animaux, dont la nature n'a fait qu'allonger, raccourcir, transformer, multiplier, oblitérer certains organes ? » Il énonce ainsi les idées évolutionnistes que Lamarck développe de son côté. Petrus Camper, à qui le travail de Goethe était dédié, dénombre 206 os du squelette chez l'homme et 207 chez le singe à cause justement du prémaxillaire, ce qui illustre l'importance de la querelle sur les différences homme-animal à l'heure de la biologie naissante.

[...]

Pour Tertullien, ce sont les dents qui sont les semences pour la résurrection,

[...]

Animaux de grande taille, munis d'un gros cerveau gourmand en énergie et de dents réduites, nous avons dû trouver des stratégies innovantes ; en perdant la capacité de grimper aux arbres, il fallait une rapidité accrue pour échapper aux prédateurs. La réduction des dents est allée de pair avec un régime alimentaire moins fibreux, plus facile à assimiler, constitué de viande et de graisse, que la cuisson a fini par rendre encore plus digeste, faisant du feu un élément capital de l'évolution humaine selon Wrangham. Bien que la preuve archéologique de son existence dès 2 millions d'années ne soit pas pour le moment établie, c'est un usage très ancien et croire se rapprocher de la nature véritable de l'homme en mangeant des aliments crus est un contresens total.

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Croyances populaires :


Dans le Dictionnaire de la France mystérieuse - Croyances populaires, superstitions, sorcellerie, rites magiques (Éditions Omnibus, 2016) Marie-Charlotte Delmas consacre un article à la dent :


"Dent : Au Ier siècle, Pline, citant Aristote, écrit que les dents écartées annoncent une vie courte tandis que plus de trente-deux dents présagent une longue existence (Histoire naturelle, livre XI). Il déplore que ces idées frivoles soient si populaires. Contredisant Aristote, l’écart entre les deux incisives supérieures – les dents du bonheur – passe aujourd’hui pour rendre heureux leur possesseur. C’est déjà le cas dans le Poitou au XIXe siècle ; dans le Maine-et-Loire, on appelle cette caractéristique le « ruisseau de bonheur » (C. Fraysse, 1905).

Certains jours présentent un danger pour l’arrachage d’une dent. Dans les Vosges, ce sont toutes les veilles des grandes fêtes chrétiennes ainsi que les périodes liturgiques de jeûne, dites des Quatre-Temps, les jours impairs des trois premiers mois et les jours pairs des derniers (L. F. Sauvé, 1889).


Les dents de lait : Divers procédés sont employés pour favoriser la formation de la dentition des enfants et éviter qu’ils ne souffrent. En premier lieu, on leur fait porter des colliers composés de perles (voir AMBRE) et de diverses pendeloques ou, par imitation, on suspend une dent à leur cou ou à leur hochet. Au Ier siècle, les Romains choisissent l’une des premières dents qui tombent aux poulains, à condition qu’elle n’ait pas touché le sol (Pline, Histoire naturelle, livre XXVIII). Jusqu’au XIXe siècle, les dents de loup ont bonne presse dans les campagnes et les villes françaises (voir LOUP). En Auvergne, les fausses canines de chien et de loup sont taillées dans de l’os et l’on peut acheter ce type de pendentif, de même que les colliers, dans les pharmacies (F. Pommerol, 1892). Dans les Vosges, on pend au cou de l’enfant, de préférence durant la semaine sainte (avant Pâques), une dent ayant appartenu à l’un de ses grands-parents décédés. Ainsi, ses dents de lait seront-elles belles, à l’image de celles qui les remplaceront et qui resteront saines (L. F. Sauvé, 1889). A Paris, au début du XIXe siècle, pour protéger la dentition et préserver l’enfant des convulsions, on vend des hochets qui portent une petite plaque magique sur laquelle sont gravés des signes cabalistiques.

Dans le Poitou, dès qu’apparaît la première dent de lait, il faut mettre un morceau de pain dans la salière et donner l’aumône au premier pauvre que l’on croise (Dr Ponteil, 1898).

La souris joue un rôle important lors de la perte des dents de lait des enfants. Celle que l’on nomme « la petite souris » apporte aujourd’hui un cadeau ou une pièce de monnaie. A la fin du XIXe siècle, cette offrande est destinée à faire repousser de belles dents, aussi parfaites que celles des souris (voir SOURIS). Dans le Gers, on place la dent sous le lit de l’enfant en disant : « Rat, petit rat / Moi, je te donne une vieille dent / Toi, rends-m’en une toute bonne. » (L. Mazeret, 1912.) Ensuite, si l’on ne souhaite pas conserver cette dent, il faut éviter de la jeter n’importe où, car si un chien ou un chat l’avalait, la nouvelle dent de l’enfant serait identique à celle de l’animal qui l’a mangée (Alpes-Maritimes, Jura, Gard). On la fait brûler dans la cheminée en disant « Tiens, feu, voilà ma dent / Rends-la-moi dans un mois / Blanche comme de l’argent » (Jura, E. Toubin, 1878) ou on la cache en hauteur dans un trou de muraille (Gard). En 1939, Marius Lateur évoque les traditions qui avaient cours dans son enfance : au hameau d’Outtersteene (Nord), pour avoir une belle dentition, les enfants allaient lancer leurs dents de lait dans un pré, de la main droite et le plus loin possible derrière eux. Ils faisaient ensuite un signe de croix et se gardaient de regarder où leurs dents étaient tombées, sans quoi celles qui repousseraient seraient vilaines comme celles d’une bête. Dans un autre hameau, les écoliers enterraient leurs dents, tournaient trois fois, les yeux clos, à l’endroit où ils les avaient cachées et terminaient par un signe de croix.


Les dents des adultes : A défaut de dentistes, les paysans ont une infinité de remèdes propres à soigner les maux de dents. Beaucoup d’entre eux sont liés à une plante (voir notamment CHARDON, EUPHORBE, HELLÉBORE), un animal (voir notamment CRAPAUD, TAUPE, VER DE TERRE). Cependant, la méthode la plus répandue relevée au XIXe siècle est celle du transfert du mal par l’intermédiaire d’un clou, méthode également employée pour traiter d’autres maladies. Le plus souvent, on passe le clou autour de la dent malade, puis on l’enfonce dans un mur, une porte en bois ou un arbre. Citée par l’abbé Thiers au XVIIe siècle, cette recette comporte parfois des petits ajouts ou des variantes.

Par exemple, dans la Brie, il faut faire tourner le clou trois fois autour de la dent (P. Sébillot, 1905) ; dans les Vosges, on doit faire saigner les gencives avec le clou d’un vieux fer à cheval et l’enterrer profondément. Tant qu’il restera dans la terre, la personne qui a procédé à ce rituel ne souffrira pas des dents (L. F. Sauvé, 1889).

Les dents sont considérées comme des ossements susceptibles de se séparer du corps du vivant d’une personne. C’est vraisemblablement pour cette raison qu’elles sont en rapport avec les ossements et la mort. Au Moyen Age, si l’on s’abstient de jeter au feu les os de l’animal que l’on vient de manger, on n’aura jamais mal aux dents (Evangiles des quenouilles, XVe siècle). Toutefois, ce sont les dents et les os humains qui tiennent la vedette pour les maux dentaires. Au Ier siècle, Pline rapporte l’usage de la scarification des gencives avec la dent d’un homme qui a péri de mort violente (Histoire naturelle, livre XXVIII). Au XVIIe siècle, on recommande de frotter les dents malades avec une dent de mort (J.-B. Thiers). Deux siècles plus tard, en Haute-Bretagne, il faut récupérer un petit os dans le cimetière et le passer sur la gencive en récitant une prière à l’intention de la mort. La douleur est censée disparaître définitivement, comme c’est aussi le cas dans les Vosges si l’on porte sur soi une dent de mort dont on ne doit jamais se séparer.

Par ailleurs, l’adulte qui perd une dent ou se la fait arracher doit la mener au cimetière, sur la tombe de sa famille ou dans l’ossuaire. Ainsi, après sa mort, il les retrouvera toutes pour sa résurrection au jour du Jugement dernier (Côtes-d’Armor, P. Sébillot, 1905). C’est pour la même raison que les Auvergnats du Puy-de-Dôme enterrent leurs dents au cimetière, comme dans les Vosges où on les cache dans le bénitier ou dans le trou d’un mur de l’église (F. Pommerol, 1907). En 1905, Paul Sébillot dit avoir lui-même constaté cet usage dans le bénitier de l’entrée du cimetière de Carnac. A Penvénan (Côtes-d’Armor), si l’on aperçoit un prêtre au moment où l’on jette sa dent dans le cimetière, c’est le signe assuré d’une mort prochaine (G. Le Calvez, 1892). Dans le Cantal, on enterre la dent et, s’il pousse un arbre à cet endroit, on viendra s’y mettre à l’abri pendant le purgatoire (1888).

Enfin, rêver que l’on perd une dent n’est jamais bon signe. Au XVIIe siècle, cela signifie la mort d’un proche (J.-B. Thiers), crainte également relevée au XIXe siècle. Si l’on trouve en se réveillant un morceau de dent dans sa bouche, c’est le présage d’un grand malheur à venir (Côtes-d’Armor, G. Le Calvez, 1892). Dans les Côtes-d’Armor (environs de Lannion), souffrir d’un mal de dent à trois heures de l’après-midi présage la mort d’un parent ou une grande perte (G. Le Calvez, 1892).


Sainte Apolline : Sainte Apolline, que l’on fête le 9 février, est particulièrement invoquée contre les douleurs dentaires. Selon Jacques de Voragine, on lui aurait brisé les dents pendant son martyre au IIIe siècle (La Légende dorée, XIIe siècle). C’est à la suite de cet épisode que, par analogie, on lui attribue le pouvoir de soulager les maux de dents.

Les paysans furent longtemps convaincus que les caries étaient causées par un ver qui rongeait la dent, croyance probablement liée au nerf dentaire. Ainsi retrouve-t-on ce ver dans les prières que l’on adresse à la sainte, d’où cette oraison récitée par les montagnards vosgiens : « Sainte Apolline étant assise sur la pierre de marbre, Notre-Seigneur passant par là lui dit : “Apolline, que fais-tu là ? — Je suis ici pour guérir mon mal de dents. — Apolline, retourne-toi ; si c’est une goutte de sang, elle tombera ; si c’est un ver, il mourra.” » Il faut ensuite dire cinq Pater et cinq Ave à l’intention des cinq plaies du Christ et « faire ensuite le signe de la croix avec le pouce de la main droite sur la joue qui recouvre la dent malade, en ajoutant : “Dieu te guérisse par sa toute-puissance ! Ainsi soit-il” » (L. F. Sauvé, 1889.) Ce type de prière n’est pas propre aux Vosges, il est relevé de façon

quasi identique dans diverses régions, comme dans le Gers par exemple, où l’on dit : « Sainte Apollonie, qui êtes assise sur la pierre ; sainte Apollonie, que faites-vous là ? Je suis venue ici pour le mal aux dents. Si c’est un ver, il se sortira : si c’est une goutte, elle s’en ira. » (L. Mazeret, 1907.)

Dans la chapelle de Trivagou (Pleslin-Trivagou, Côtes-d’Armor), la statue de sainte Apolline, dont les dents sont noircies, guérit les maux de dents (P. Sébillot). En 1883, Jules Lecoeur, dans ses Esquisses du Bocage normand, écrit que ceux qui souffraient des dents venaient plonger un linge dans un ruisseau près duquel se trouvait une statue de sainte Apolline « au bas de côte du Sugnon ». Ils se frottaient ensuite les gencives avec ce chiffon et l’attachaient aux buissons et aux arbres voisins.

De nos jours, à Lézat-sur-Lèze (Ariège), de nombreux parents mènent leurs petits enfants au curé de la paroisse afin qu’il les touche avec la canine de sainte Apolline. Cette relique aurait été rapportée de terre sainte par Roger II, comte de Foix. Le curé accueille une cinquantaine de nouveau-nés par mois."

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Symbolisme :


Dans le Dictionnaire des Symboles, Mythes, Rêves, Coutumes, Gestes, Formes, Figures, Couleurs, Nombres (Éditions Seghers, 1969) Jean Chevalier et Alain Gheerbrant proposent la notice suivante :


"DENTS : 1. Pour les Bambara il existe une correspondance entre les dents et l'œil, tous deux analogiquement associés aux concepts d'intelligence et d'univers.

Les Bambara distinguent parmi les dents trois groupes aux fonctions symboliques différentes ; les incisives, les canines et les molaires. Les incisives sont figuratives de renommée et de célébrité, apparaissant au premier plan quand les lèvres s'entrouvrent pour le rire, elles sont également signe de joie, et sont censées conférer à la parole une allure de jeunesse et de jovialité. Les canines sont signe de travail, mais aussi d'acharnement et de haine. Les molaires, symbole de protection, sont signe d'endurance et de persévérance ; les personnes ayant de fortes molaires passent pour tenaces et obstinées dans leurs paroles.

Perdre ses dents, c'est être dessaisi de force agressive, de jeunesse, de défense : c'est un symbole de frustration, de castration, de faillite. C'est la perte de l'énergie vitale, tandis que la mâchoire saine et bien garnie atteste la force virile et confiante en elle-même.


2. La tradition védique semble accorder un sens similaire aux dents et spécialement aux canines, dont il faut se concilier la force agressive. Elles sont :


Deux tigres qui poussent vers le bas,

Cherchant à dévorer le père et la mère.

O Agni, rends-les favorables !

Soyez pacifiques et de bon augure !

Ce qui, de votre substance est redoutable

O dents,

Qu'il s'en aille autre part :

Ne lésez pas le père et la mère !


3. La dent de sagesse sert, en Irlande, d'après quelques textes, à l'incantation nommée teinm laegda ou illumination du chant. Le poète ou le héros doué de vision met son pouce sous sa dent de sagesse, le mord, chante un quatrain, puis offre un sacrifice aux dieux.


4. La poésie galante persane, comme l'européenne, compare les dents à des perles ou à des étoiles fixes ; souvent aussi à la grêle : Une rosée est tombée des narcisses (tes yeux) comme a pluie, elle a arrosé les rosés (la loue) ; transformée en cette grêle qui réjouit l'âme (tes dents), elle a criblé les jujubiers (tes lèvres).


5. La dent est un instrument de la prise de possession, tendant à aller jusqu'à l'assimilation : la meule qui broie, pour fournir un aliment au désir. Les dents symbolisent la force de mastication, l'agressivité due. aux appétitions des désirs matériels. Les dents du Dragon figurent l'agressivité de la perversion dominatrice : la mastication dévorante. De la semence des dents du Dragon naissent les hommes de fer : les hommes à l'âme endurcie qui, se croyant prédestinés au pouvoir, ne cessent de s'entre-combattre en vue de satisfaire leurs ambitions. Les ambitieux aux dents longues.


6. Mais ce moyen d'assimilation est le symbole d'une perfection, s'il tend à assimiler les nourritures célestes : Les dents signifient la perfection avec laquelle, elles divisent la nourriture qu'elles reçoivent ; car chaque essence intellectuelle, ayant reçu en don d'une essence plus divine l'intellection unitive, la divise et la multiplie, providentiellement pour élever spirituellement autant qu'elle le peut l'essence inférieure dont elle a la charge.


7. La dent serait enfin un symbole du temps. C'est ainsi qu'André Virel explique la pratique de percer les dents, de les relier en colliers, de les espacer dans la denture, aux fins, dit-il, de transcender le temps."

Annick de Souzenelle autrice de Le Symbolisme du corps humain (Éditions Albin Michel, 1991) s'intéresse au décryptage du symbolisme de la dent :


"Les dents : La denture, dans la bouche, semble couronner l’Épée, à moins qu’elle ne soit le dernier rempart que rencontre l’Homme à l’entrée du dernier palais ? Cet « écrin meublé de perles fines » que chante le poète André Lemoyne estil une couronne ? Est-il un rempart ?

En rang, serrées les unes contre les autres derrière les lèvres, les dents ressemblent à un ultime gardien du seuil, monstre d’un côté de la porte, réalité divine de l’autre.

Nous venons de le dire : les dents devant la langue sont le bouclier devant l’Épée. Les mythes confirment-ils cette image ?


Deux récits de la mythologie hellénique font jouer aux dents le rôle de semences. D’elles va germer une armée de guerriers qu’en une journée le héros de chacun des récits devra vaincre :

– l’un de ces héros est Cadmos, fondateur de la ville de Thèbes ;

– l’autre est Jason, dont nous connaissons l’aventure.

Dans les deux cas, les dents proviennent du Dragon qu’auparavant Cadmos a tué. Qui est le Dragon ?


Ce monstre est, par excellence, gardien du Trésor. Du reptile il tient son corps doté de mille anneaux d’airain, de l’oiseau ses ailes fantastiques, mais sa tête a l’éclat doré du métal, sa gueule est armée d’une triple rangée de dents, sa langue darde trois aiguillons acérés et vibrants, ses yeux roulent du feu. Animal fabuleux, il garde à la fois la terre, le ciel et les enfers.

C’est en le clouant à un chêne, Arbre vert et symbole de fécondité – au niveau de son gosier, Porte des Dieux –, que Cadmos se rend vainqueur du monstre. « Arrache les dents du dragon, conseille alors Pallas Athéna, déesse guerrière sortie toute casquée d’or du crâne de Zeus, et sème les dents dans la terre pour qu’elles soient la graine d’un nouveau peuple illustre. »

De ces graines surgissent des milliers d’hommes armés au milieu desquels, sur l’ordre de la déesse, Cadmos jette une pierre. Se croyant attaqués les uns par les autres, ces guerriers s’entretuent. Cinq vaillants héros sortent indemnes du carnage. Ils deviennent, avec Cadmos, pierre-fondation de Thèbes.


La construction de Thèbes ordonnée par l’oracle de Delphes apparaît comme celle de la Ville sainte (la Jérusalem céleste des Hébreux). N’oublions pas que le dauphin (lié à l’oracle de Delphes) fait exécuter les ordres de Neptune, et que Neptune, dieu des profondeurs sous-marines, a pour sceptre le trident (étymologiquement « à trois dents »). Nous retrouvons sous cet emblème le symbole de Cerbère, chien à trois têtes qui garde les enfers et dont le corps est celui du Dragon.

Vaincre Cerbère ou vaincre le Dragon ressortit bien à la vérité, au même niveau du mythe : il s’agit dans les deux cas de vaincre les enfers avant de pénétrer dans les palais et de construire la Ville sainte.


Le monstre tué, c’est Pallas Athéna qui sert de guide. Sortie du crâne de Zeus (au niveau du chakra coronal), la vierge guerrière est seule à connaître cet étage céleste : la Ville en haut dont la ville en bas est l’image. Thèbes comme Jérusalem n’ont d’existence dans la géographie terrestre qu’en tant qu’images de la géographie céleste.

C’est à ce moment que les dents du monstre jouent ce rôle capital de germes des habitants de la cité future. Ces habitants se dressent comme Pallas Athéna, armés et casqués pour un divin combat. Quel est-il, ce combat ?

C’est autour de la pierre que lance le héros, sur l’ordre de la déesse, que se joue le drame : se croyant attaqués, les guerriers s’entretuent. À la vérité, ils se mesurent à la pierre. C’est là que la pierre et les dents révèlent ce qu’ils sont.

Nous avons eu bien souvent l’occasion de rappeler le symbolisme de la pierre. Souvenons-nous, dans le mythe grec, des pierres que lancèrent Deucalion et Pyrrha par-dessus leurs épaules pour repeupler la terre alors détruite par le Déluge. Il s’agissait, là encore, des germes d’une race future, nés d’un couple sorti des eaux, c’est-à-dire entré dans son processus d’évolution spirituelle. Jetées par-dessus les épaules, les pierres étaient bien promesses de fruits spirituels.

À la vérité, chaque dent du Dragon vaincu joue le rôle d’une petite pierre. Mais nous sommes ici à un étage supérieur du mythe : le Dragon vaincu, la descente aux enfers assumée et les dents jetées dans la terre pour y germer et porter des fruits, voilà qui confirme le processus de mort et résurrection de chaque être devenant Verbe.


Nés armés et casqués à l’image de la déesse – qui semble par son Verbe créateur tenir le rôle de Père-Mère –, les guerriers, qui se croient attaqués par la pierre jetée au milieu d’eux, sont à cette pierre ce que les élus de la tradition judéo-chrétienne sont à l’Épée. Ils doivent se mesurer à elle. Cinq d’entre eux survivent. Cinq d’entre eux « se révèlent pierre » et rejoignent Cadmos pour fonder la Ville sainte.

En ce sens, l’Épée ou la pierre, identifiées au Verbe, trouvent la plénitude de leur puissance symbolique dans les Écritures où l’Ancien et le Nouveau Testament se répondent et se confirment à leur sujet : « La pierre qu’ont rejetée ceux qui bâtissaient est devenue pierre d’angle » (Ps 118, 22), et l’apôtre Luc d’enchaîner avec les propres paroles du Christ : « Quiconque tombera sur cette pierre s’y brisera et celui sur qui elle tombera sera écrasé » (Lc 20, 17).

L’apôtre Paul de son côté se réfère lui aussi à la prophétie (És 28, 16) en disant : « Voici, je mets en Sion une pierre d’achoppement et un rocher de scandale, et celui qui croit en lui ne sera point confondu » (Rm 9, 33).


La pierre d’angle est la pierre de fondation du Temple. Elle est son principe et contient son achèvement. Elle est l’Alpha et l’Oméga, le premier et le dernier, et tous deux ne font qu’un. C’est pourquoi la Ville sainte ne pourra être bâtie que par ceux qui, se faisant pierre-fondation, se seront mesurés à la pierre d’angle.

C’est en ce sens que Simon, l’un des Douze, venant de confesser Christ, Fils de Dieu, se mesure à la pierre d’angle dont Christ dit : « Sur elle, je bâtirai mon Église » (Mt 16, 17). Simon devient alors Pierre, l’une des douze pierres de fondation de l’Église.


Est-il besoin, dans cette perspective, de mentionner le second mythe grec que concernent les dents du Dragon, celui de Jason usurpant la toison d’or ? Son récit, quant à ce passage symbolique, est une réplique de celui que nous venons de vivre, mais au lieu que la déesse préside à son ordonnance, c’est Médée, la magicienne, qui manipule les forces en présence selon des pouvoirs infernaux. Cette fois, pas un des guerriers nés des dents du Dragon ne survit au carnage. Satan s’élève contre Satan, son royaume se détruit de lui-même.

Le Royaume divin, au contraire, la Ville sainte, se construit à partir des pierres dont chacune, après s’être mesurée à la pierre d’angle, Alpha et Oméga de la construction, est devenue pierre de fondation.


L’apôtre Jean ne termine-t-il pas le livre de l’Apocalypse sur la vision de la Jérusalem céleste après que « Celui qui est assis sur le Trône dit : “Voici, je fais toutes choses nouvelles… C’est fait, Je suis l’Alpha et l’Oméga, le Commencement et la Fin” » (Ap 21, 5-6).

L’apôtre décrit ensuite la Ville : « La muraille de la Jérusalem céleste repose sur douze fondements, et sur eux, les douze noms des douze apôtres de l’Agneau » (Ap 21, 14).

Couronne autrefois rituellement tracée dans le cérémonial de fondation d’une ville, sa muraille d’enceinte la reliait au Ciel plus qu’elle ne la défendait de ses ennemis de la terre. Ses créneaux dentelés rappellent l’image de Qeren קרן , la « corne », mot qui donnera aussi la « couronne » (notons qu’en anglais, corner stone est la « pierre d’angle » !).

La couronne dentaire, muraille de la Ville sainte, entoure et protège la langue, l’Épée, le Verbe.

Le symbolisme hébraïque confirme ce qui vient d’être dit.


La « dent » est la lettre Shin שׁ qui a la forme d’un trident et dont la valeur numérique est 300. Si nous la décomposons, elle s’écrit שׁן et a pour valeur 300 + 700 = 1 000 (comme la corne Qeren קרן dont la valeur est 100 + 200 + 700 = 1 000).

Non seulement nous retrouvons là l’unité profonde du mystère divin trinitaire qui préside à la création des mondes, mais surtout nous vivons, en ce symbolisme du 1 000, l’unité retrouvée, reconquise, embrassant la totalité des mondes accomplis.

La lettre Shin chez les Hébreux est intimement liée aux trois patriarches – Abraham, Isaac et Jaqob –, pierres de fondation d’Israël qui supportent les douze tribus et de qui naîtra le Verbe.

Shin, « dent », signifie aussi « pointe du rocher ». En Égypte, la pyramide tronquée trouve sa finition. En Israël, Kether, la Couronne, s’est posée sur le couronné. Kether כתר a pour valeur numérique 20 + 400 + 200 = 620.

Le couronné est celui qui a fait le haut comme le bas, qui a réuni le Mi et le Ma. Or, dans la Genèse (1, 6), l’« étendue » qui sépare le Mi du Ma est Raqya‘ רקיע dont la valeur numérique est 200 + 100 + 10 + 70 = 380 et dont la complémentarité est bien Kether (620) 620 + 380 = 1 000.

Nous retrouvons ce nombre 380 dans le nom du Sauveur, Yésha‘, עשׁי :

380 = 70 + 300 + 10.


Cette étendue Raqya‘ est nommée Shamaïm dans ce deuxième jour de la Genèse. C’est bien autour de la lettre Shin que le Mi et le Ma sont réunis.

Dans cette perspective symbolique, la dent en pointe du rocher est à la fois la couronne et le couronné. Elle est le parachèvement de l’OEuvre.

La pointe du rocher (de Reish, la « tête ») est le sommet de la tête au niveau duquel nous étudierons plus fondamentalement le symbolisme de la couronne et la signification de l’ouverture du chakra coronal (d’où est née

Pallas Athéna).


Il est intéressant, pour nous qui avons étudié le symbolisme de la tête du chien, de constater que les canines ont, par rapport aux incisives médianes dans la couronne dentaire, la même place que la constellation du Chien par rapport au Soleil dans le ciel du solstice d’été, ou que ces personnages cynocéphales par rapport au Christ en gloire dans la couronne des élus qui court autour du tympan de la basilique de Vézelay.

Par leurs trois racines, les dents de sagesse ne sont certainement étrangères ni à la Sagesse, Ḥokhmah (qui rejoint Kether), ni au trident.

Le trident, sceptre de Neptune, dieu des eaux souterraines chez les Grecs, et de Ganesha, dieu de l’inconscient chez les hindous, est symbole de l’unique pouvoir de la Tri-unité divine.


Couronne de « perles fines », les dents sont donc aussi bien les boucliers serrés devant l’Épée. Les boucliers ne s’ouvrent qu’après avoir vérifié celui qui pénètre dans sa dimension de Verbe.

Pierres de fondation, les dents ne peuvent être que de même qualité que la pierre d’angle, le Verbe.

Tout se confirme.


Et lorsque la symbolique onirique nous apporte des images de dents qui tombent ou de denture abîmée, il faut toujours nous interroger sur nos structures profondes et sur la qualité de notre verbe. Nos boucliers ne devraient jamais laisser passer une parole injuste.

« Les parents ont mangé les raisins verts et les enfants ont eu les dents agacées. » Les dents, en tant que structures, ont aussi leurs racines parentales. Nous devons à nos enfants de les leur donner saines, ce qui exige notre sainteté, c’est-à-dire notre accomplissement.

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Dans Le Temple de l'âme : La Parole divine du corps humain (Éditions Dangles, 1998) Roland Arnold décrypte la symbolique des dents :


"Les dents : Du latin dens, dentis : dents de l’homme et des animaux, et tout ce qui sert à mordre, à entamer, à saisir.


a) La dent dure, le désir terrestre : D’une part, les dents présentent un caractère de défense, d’attaque (montrer les dents) en évoquant les morsures ; au sens figuré : les paroles acérées, le langage incisif, les mots mordants. D’autre part, elles représentent un rempart de couronnes en arcades protégeant la langue, épée de feu dans le palais, avec ses voiles et ses piliers. C’est le rempart de la parole.

Les dents sont des instruments permettant de prendre possession, tendant à aller jusqu’à l’assimilation : la meule qui broie pour fournir un aliment au désir.

Selon Paul Diel, dans le symbolisme de la mythologie grecque, les dents symbolisent la force de mastication, l’agressivité due aux appétits des désirs matériels. Les dents du dragon figurent l’agressivité de la perversion dominatrice : la mastication dévorante. De la semence des dents du dragon naissent les hommes de fer : les hommes à l’âme endurcie qui, se croyant prédestinés au pouvoir, ne cessent de s’entre-combattre en vue de satisfaire leurs ambitions.

Ne dit-on pas : « De jeunes loups aux dents longues », en évoquant l’agressivité commerciale de certains professionnels de la vente ? Ou encore : « Avoir une dent contre quelqu’un » ?

Il est un beau poème dans la tradition védique, qui semble nous dire qu’il faudrait se concilier la force agressive des dents, surtout celles des canines :


Deux tigres qui poussent vers le bas,

cherchant à dévorer le père et la mère.

Oh Agni, rends-les favorables !

Soyez pacifiques et de bon augure !

Ce qui, de votre substance est redoutable

Oh dents,

Qu’il s’en aille autre part.


Mais, comme toujours, il y a un autre niveau de lecture de la vie symbolique des dents : vision paradoxale s’il en est. Le dépassement des paradoxes signe une évolution vers la maturité.

Les dents, moyen d’assimilation, sont aussi symbole d’une perfection si elles tentent d’assimiler les nourritures célestes.

Selon le Pseudo-Denys l’Aréopagite :

Les dents signifient la perfection avec laquelle elles divisent la nourriture qu’elles reçoivent ; car chaque essence intellectuelle, ayant reçu en don d’une essence plus divine l’intellection unitive, la divise et la multiplie providentiellement pour élever spirituellement, autant qu’elle le peut l’essence, inférieure dont elle a la charge.


b) Le couronnement de la sagesse : La couronne étant une distinction à acquérir, symbole de la royauté d’une personne, elle nous invite dans ce cas de figure à réfléchir sur la conquête de la Parole.

Le symbolisme de la couronne se rattache à celui de la tête et représente l’accomplissement, la perfection, la pleine conscience...

Rappelons-nous que ce n’est pas ce qui entre dans la bouche qui souille l’homme mais ce qui en sort.

Aucune parole impure ou injuste ne devrait passer par ce rempart couronné, gardien du palais (« canines » vient de canin). Ne devraient sortir que des paroles saintes, évoluées, et ne devraient y pénétrer que des aliments purs, non souillés. Il en est de même pour l’air.

Il est une phrase très connue de la Bible en rapport avec les dents :


Les pères ont mangé des raisins verts, et les dents des enfants en ont été agacées !


Les raisins verts sont les fruits immatures ; les raisins sont symbole de la Connaissance ; ils sont mangés par des gens immatures, engendrant à leur tour des enfants qui ne pourront pas dépasser cette absence de maturité. Cela se traduit particulièrement bien au niveau de la parole et des oeuvres (fruits).

Si la Libération divine n’intervient pas à un moment donné dans la succession des générations, la prison du matériel, du profane, sera comme un héritage.

En revanche, si les parents ont découvert le monde spirituel (les raisins mûrs), alors... :


En ces jours-là, on ne dira plus : Les pères ont mangé des raisins verts, et les dents des enfants en ont été agacées, mais chacun mourra pour sa propre iniquité ;

Tout homme qui mangera des raisins verts, ses dents en seront agacées.


Si les pères sont libérés en eux-mêmes, et s’ils ont pu libérer leurs enfants, alors ils porteront des têtes d’hommes responsables et couronnés.

Il apparaît clairement que les dents sont l’expression d’une certaine culture, et ce d’autant plus qu’elle est liée à la parole.

Les dents de sagesse poussaient à une époque lointaine vers l’âge de dix-huit ans, alors que l’espérance de vie était de l’ordre de quarante ans, en raison des premières dents qui étaient vite usées. La sagesse est un signe de maturité et il semble que de nos jours les dents de sagesse ne poussent plus, faute d’utilité, mais peut-être aussi par manque de sagesse.

Perdre ses dents, c’est être dessaisi de force agressive, de jeunesse, de défense : c’est un symbole de frustration, de castration, de faillite. C’est aussi l’évaporation de l’énergie vitale, alors qu’une mâchoire saine et bien garnie atteste la force confiante en elle-même.

L’expression « avoir de bonnes dents » pour croquer la vie à pleines dents traduit la justesse du positionnement par rapport aux vicissitudes de la vie."

Michel Odoul, auteur de Dis-moi où tu as mal, je te dirai pourquoi (Nouvelle Édition revue et corrigée Albin Michel, 2002) évoque rapidement les dents, dans une vision empreinte de la philosophie chinoise :


"Son appartenance [il parle de la bouche] au Principe de la Terre et au système digestif signifie son rôle important dans la nutrition alimentaire (nourriture) et psychologique (expérience), et la présence des dents symbolise la capacité à mordre dans cette vie et à mâcher ce qu'elle nous propose pour l'avaler... et le digérer... plus facilement. C'est pourquoi les bébés et les personnes âgées ne peuvent pas ou ne peuvent plus le faire, les seuls aliments qu'ils sont à même d'avaler étant liquides, c'est-à-dire affectifs lorsqu'il s'agit du niveau psychologique."

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Le site La Vague de Vie propose un fascicule intitulé "Le symbolisme des organes du corps humain" (malheureusement non sourcé) dans lequel on peut lire la notice suivante :


"DENTS : La répartition symétrique de la dentition, avec les diverses formes et rôles des dents, illustre l’expansion cosmique à partir du coeur des Fondations. Les dents sont associées aux concepts d’intelligence et d’Univers. Elles sont les instruments de la prise de possession d’une réalité qui tend à aller jusqu’à l’assimilation. Elles permettent l’assimilation et, allégoriquement, le perfectionnement. Elles servent à triturer les nourritures : si elles servent à assimiler des valeurs terrestres, elles symbolisent une perversion ; si elles servent à assimiler des nourritures célestes, elles symbolisent une perfection. En Perse antique, on les comparait à des perles ou à des étoiles fixes. Dans l’ensemble, elles révèlent la force active, la jeunesse et la défense. Elles figurent les créneaux du palais (château fort) qui contrôlent ce qui y entre et ce qui en sort. En psychologie, on associe les dents au degré d’agressivité ou d’auto-érotisme d’un sujet. Selon leur solidité, elles expriment alors un sentiment de puissance, un désir de vengeance ou la volonté de prolonger l’enfance. Les incisives illustreraient le désir de la renommée ou de la célébrité, la jovialité et la jeunesse ; les canines, l’application au travail, l’acharnement, l’agressivité, un conflit parental ; les molaires, la protection et la défense, l’endurance, la persévérance, la ténacité, voire l’obstination.


Les affections aux dents : Outre l’incurie ou la malpropreté, le mal de dent évoque la peur des résultats que la prise d’une décision peut amener ; la peur de se faire avoir ; la peur de l’échec ou de l’erreur (peur de se tromper) ; la peur de ne pas pouvoir revenir en arrière pour réparer un choix. Colère retenue, indécision, atermoiements. Incapacité de disséquer les idées qui sous-tendent une décision; incapacité de subvenir à ses besoins ou de combler ses désirs. Agressivité diffuse. Le fait de se casser une dent suggère la culpabilité concernant une décision déjà prise. Les dents cariées éclairent des soucis financiers, la peur de perdre des biens, une santé délicate, des propos faux, un manque de loyauté, un chagrin d’ordre affectif, des perturbations orageuses dans ses relations, des miasmes émanant de la sclérose ou de la stagnation dans la conscience. La perte d’une dent dévoile qu’on laisse les autres prendre les décisions à sa place; qu’on a recours à des paroles injustes ; qu’on manque de structure profonde; qu’on ne perçoit pas son être et son univers comme précieux ; qu’on défend ou protège mal son intimité ou son territoire. Elle peut évoquer l’harmonisation d’une tendance hostile ou le changement de pensée sur un sujet. La perte multiple de dents suggérerait une grande frustration, une castration psychique, la présomption d’une faillite, la perte de ses moyens de défense, la chute de son énergie vitale ou de sa joie de vivre, la démission, l’affaiblissement de sa persévérance, l’expression d’une moindre combativité.


DENTS BLANCHES : Jeunesse, jovialité, authenticité, intégrité, pureté, propreté, défense passive naturelle, grande intelligence.


DENTS LONGUES : Grande ambition, amour-propre, esprit insatiable, agressivité."

Dr Christian Beyer, auteur de Décodage dentaire - Ce que disent les dents des hommes (Éditions Chariot d'or, 2006) défriche le symbolisme de la denture dans son ensemble :


"Alors regardons ensemble le mot DENT, et recherchons cette Essence qu’il tente de nous révéler, et qu’il transmet à notre inconscient depuis toujours. On a d’abord un D, qui dans l’alphabet hébraïque est le dalèt. Le dalèt symbolise une porte, une ouverture. Puis vient ENT, de la racine latine ens, entis, qui signifie Essence, Entité. Ens, entis vient lui-même du verbe esse qui a deux sens. Le premier est “manger”, qui a donné notamment le verbe allemand "essen”. On retrouve donc la notion de nourriture. En deuxième signification de esse, on trouve bien entendu le verbe être ! La dent est donc porteuse de ce sens profond qui est : la porte qui mène à notre Essence. En hébreu, la dent se dit chen, qui s’écrit avec un shin et un noun final, respectivement de valeur numérique 300 et 700. Ainsi, la valeur du mot DENT est de 1000, ce que Annick de Souzenelle traduit par : le un suivi de trois zéros signifient le retour à l’unité divine (le 1) après les étapes de la création (les 0).

Sur l’axe relationnel au Soi, la dent qui en représente l'extrémité de contact, synthétise l’ensemble des données repré- sentatives de tous les niveaux de l’individu. Axe majeur d’un point de vue relationnel, la relation au Soi est la relation qui se rapproche le mieux de la notion “holistique”. Travailler une dent est déjà en soi un acte de dimension holistique. Ce qui manquait donc était la conscience de l’étendue des relations qu’entretient l'organe dentaire avec l’être vivant. Cette conscience peut au- jourd’hui s’envoler vers de nouveaux horizons grâce au véhicule que représente le décodage dentaire. Il est toujours étonnant de voir avec quelle efficacité cet outil thérapeutique permet de débloquer des situations chroniques, sur le plan comportemental et donc, d’un point de vue plus large, relationnel. On comprend aussi de manière implicite, que le décodage dentaire d’une “pathologie” de l’enfant ne peut se faire sans l’implication de parents dans ce processus. Rappelons à ce propos que l’enfant va “hériter” des situations émotionnelles inachevées de son couple parental, tout ce qui se nomme “conflit” vécu et non porté à résolution lors des dix-huit mois précédents sa naissance. Englobé dans le terme de projet sens, ces blessures relationnelles sont transmises au nouvel humain afin qu’il y trouve une solution.

J’ai ainsi pu m’apercevoir, (mais peut-être que d’autres l’ont déjà mentionné !), qu’un enfant va être très spécialement dédié à guérir la souffrance émotionnelle de ses grands-parents, afin de rendre à ses propres parents, des parents heureux. Imaginez un instant qu’un discours silencieux se tienne d’inconscient à inconscient qui serait de cet ordre : “mon enfant, si tu veux des parents heureux, des parents qui sachent te faire ressentir l’amour et la présence d’un papa et d’une maman, alors guéris nos parents afin qu’ils aient pu nous l’enseigner !”

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Jacques Martel dans Le Grand Dictionnaire des malaises et des maladies (Éditions ATMA Internationales, 2014) nous éclaire sur les significations des dents et de leurs atteintes :


"DENTS (en général) : Les dents symbolisent les décisions, la solide porte d’entrée qui me permet de mordre à « pleines dents » dans la vie ! Réalités intérieure et extérieure passent par mes dents qui sont l’un des moyens pour m’exprimer entièrement dans cet univers. La dent est un des organes annexes très durs qui représente l’énergie fondamentale de mon être, mon intégrité. La capacité intérieure d’accueillir les nouvelles idées, l’amour et la nourriture intérieures, ainsi que mon équilibre et ma stabilité se manifestent par des dents saines et dures.

Les dents sont, en partie, le miroir de l’être. Lorsque la nourriture passe à travers ma bouche, cette dernière transmet aussi des sentiments qui peuvent affecter mes dents à plus ou moins long terme. La dent est toujours atteinte en premier (même si c’est par exemple une carie non apparente) et l’organe mou du corps qui y est relié par la suite. Ainsi, des dents altérées (par exemple : cariées) indiquent une faible affirmation de soi, une réalité inacceptable pour moi et la peur de prendre ma place dans l’univers avec les responsabilités que cela implique. Ma difficulté à acquérir mon autonomie et mon indépendance, à accéder à ce que je désire se traduira par des malaises avec mes dents. Même si j’ai de la difficulté à prendre certaines décisions bénéfiques pour moi, je dois rester ouvert aux moyens disponibles me permettant de dépasser les situations les plus délicates. Pour bien des animaux, les dents représentent le moyen le plus efficace de se protéger et de se défendre en cas d’attaque extérieure. Si je me sens en danger et que je ne sais trop comment réagir, mes dents, elles, réagiront.

Les dents représentent aussi ma volonté à aller de l’avant, à bien faire les choses, ma capacité à donner vie à mes pensées et à mes émotions. Un conflit profond, de la culpabilité reliée à une situation émotionnelle véhiculée en paroles, ou tout autre dérangement intérieur peuvent se manifester par une réaction aux dents et même aux gencives. Le malaise au niveau de la dent ou des gencives apparaît lorsque je décide que le conflit ne sera pas résolu et que consciemment ou non, je décide que « le temps va arranger les choses ». Je veux « limiter les dégâts » et ce seront mes dents qui vont se gâter. Les situations non résolues, les émotions non gérées « pourrissent » mes dents. Je peux donc « serrer les dents » pour me défendre d’une agression extérieure dans une situation qui me fait fortement réagir. Je ferme la porte, en résistant à ce qui veut entrer en moi ou, au contraire, à ce qui a besoin de sortir de moi. Les incisives (les dents d’en avant) se rapportent au fait d’avoir à « trancher » par rapport à un choix, c’est-à-dire oui ou non, faire ou ne pas faire telle action, etc.

Les canines sont davantage liées au fait de pouvoir exercer une certaine autorité sur les décisions que j’ai à prendre. Un peu comme des crocs, elles symbolisent ma capacité ou mon obligation à me protéger moi-même. Elles peuvent être affectées lorsque je me sens « déchiré » par rapport à une décision à prendre. Je travaille avec acharnement et j’ai l’impression de ne pas pouvoir atteindre mes buts. Les prémolaires m’indiquent mon degré d’accord par rapport à mes décisions. Quant aux molaires, elles représentent mon degré de contentement par rapport aux décisions qui ont été prises ou qu’il me reste à prendre. Ce sera l’émail de la dent qui sera atteint lorsque j’ai l’impression que je n’ai pas le droit de « mordre » dans une situation à cause de la morale ou de l’éducation reçue (je suis trop bien élevé pour faire une chose pareille...). Je peux aussi avoir l’impression de me faire « user » par mes proches car je n’ai aucune barrière pour me défendre. La dentine sera affectée lorsque je pense ne pas pouvoir être capable de « mordre » dans une situation, doutant de moi-même, de mes capacités. Ma réalité, mon quotidien me pèsent lourd et je veux les fuir.

J’accepte ↓♥ de rester ouvert à l’amour, sans avoir peur de perdre la gratitude des autres. Lorsque j'ai les dents saines, je me permets davantage de sourire et j'ouvre ainsi une communication non verbale aux autres. Je m’aime tel que je suis, avec toutes mes qualités. Je dois prendre soin de mes dents, elles « habillent » ma personnalité. Elles me permettent une communication claire et précise, étant capable d’exprimer avec les mots justes ma pensée et mes émotions. Les dents n’ont pas de masque ! Je reste moi-même, sans me juger et en demeurant ouvert aux critiques extérieures. Je transforme mes pensées en amour véritable et mes dents restent en santé.


DENTS (MAUX DE...) : Les problèmes dentaires sont reliés aux décisions, particulièrement lorsque j’ai mal aux dents. Je reporte la prise de décisions parce que les conséquences de ces choix m’effraient, m’insécurisent. C’est associé à la responsabilité personnelle, à ma capacité de prendre des décisions, sans avoir peur de ce qui va arriver plus tard. (1) Cette indécision peut venir du fait que je n’ai pas une vue d’ensemble d’une situation et qu’ainsi, je ne peux pas tirer des conclusions appropriées. Mes dents avancent d’une façon excessive vers l’avant quand je suis trop pressé dans mes décisions, quand je voudrais que tout aille plus vite. Je fais constamment des compromis pour que les autres m’aiment. Si mes dents sont orientées vers l’arrière, j’ai plutôt tendance à mettre les freins, à me replier sur moi-même. Si j’ai une rage de dents, il se peut fort bien que la rage se soit emparée de moi parce que je m’en veux de ne pas pouvoir communiquer ce que je veux. J’ai le goût de « montrer les dents », de maugréer pour prendre ma place et montrer que j’existe, montrer ma puissance. Je veux qu’on m’écoute, qu’on me respecte. Au contraire, je me « ferme la gueule ». Dans la racine, elle me montre la rage que j’ai par rapport à une situation où il y a un membre de la famille que j’ai peur de perdre.

La douleur réapparaît habituellement dans des situations « douloureuses » où je dois me détacher par rapport à une situation ou une personne. Si je n’ai pas réglé complètement une situation, la douleur peut rester même après l’extraction d’une dent. La douleur me montre que la colère que j’ai est inutile et que je dois cesser de me mettre de la pression par rapport à l’aspect que représente la dent douloureuse. Je prends conscience qu’en communiquant mes besoins et mes désirs, les rages de dents n’auront plus raison d’être. Lorsque je suis un enfant et que mes dents percent avec difficulté, je me sens perdu, ne sachant sur qui ou quoi m’appuyer. Je vis de l’angoisse et de l’incertitude. Si au contraire je n’ai aucune sensibilité, c’est ma façon de fuir des situations désagréables, de faire la sourde oreille aux messages que mon corps m’envoie.

Lorsqu’il s’agit de tartre sur les dents, c’est une forme d’agression intérieure, une réaction qui n’a pas été réglée et qui refait surface. Cela peut m’amener à durcir mes positions par rapport aux décisions que j’ai à prendre ou que j’ai prises. Je vis pour les autres au lieu de vivre selon mes propres aspirations et ma volonté personnelle. Le tartre devient une armure pour mes dents pour me protéger des attaques extérieures. Lorsque je me casse une dent, je vis une confrontation par rapport à quelqu’un ou quelque chose de plus grand et plus puissant que moi et je peux m’entêter à continuer de me battre pour mes idées ou ce en quoi je crois. Je suis rigide, allant toujours au-delà de mes capacités.

Si les dents de lait persistent, je m’accroche à certains comportements enfantins car j’ai peur de grandir. Si je perds mes dents d’une façon prématurée, j’ai l’impression que ce sont les autres qui prennent les décisions à ma place. Je ne peux pas « mordre dans la vie ». Si j’en suis rendu à perdre mes dents, par exemple lorsque j’avance en âge, c’est comme si ma vie ne m’appartenait plus puisque ce sont les autres qui prennent les décisions à ma place. Je ne peux plus « montrer les dents », je renonce bien malgré moi à ma créativité, ma jeunesse. Si certaines de mes dents ne se sont pas développées, il m’est difficile d’être en vie : je ne vois pas comment je peux devenir indépendant, surtout de ma mère et pouvoir m’exprimer librement sans avoir peur des conséquences. Le déchaussement des dents, lui, est relié à la peur d’être découvert dans un secret qui n’a pas été dit. Cela me ronge au fil des ans. Aussi, je me perds et je n’ai aucune limite parce que je veux, comme un caméléon, trop m’ajuster aux autres pour qu’ils m’aiment et m’acceptent ↓♥. Il serait temps que je délimite mon espace vital et que je me libère de ce secret qui me ronge pour faire circuler l’énergie et mordre dans la vie.

J’accepte ↓♥ de trouver un moyen de structurer davantage ma pensée et mes idées ; ainsi, il me sera plus facile de prendre de judicieuses initiatives liées à ce que je vis actuellement et de changer mes comportements. J’accepte ↓♥ d’être conscient de ce qui se passe dans ma vie, de comprendre l’essence de la détermination qui gère mon univers. Je vérifie le côté affecté par les problèmes dentaires et j’apporte la solution qui convient. S’il est en haut, je pense à l’intuition et à l’instinct tandis qu’en bas, c’est davantage une décision du domaine rationnel et logique, quelque chose de voulu physiquement.


DENT (ABCÈS DE LA RACINE DE LA...) : Puisque cet abcès se retrouve dans les tissus qui enveloppent la racine dentaire, cela démontre ma colère par rapport à une décision à prendre. Comme l’infection est située dans la cavité centrale de la dent, cela indique la contrariété que je vis par rapport à une décision qui me ronge par en dedans (de-dent). C’est comme un petit volcan qui fait éruption et qui laisse jaillir des émotions négatives longtemps réprimées. Je peux vivre une douleur intérieure intense par rapport à la nourriture affective dont j’ai besoin et que j’ai l’impression de manquer. S’il y a une coupure affective, notamment avec ma mère ou avec mes enfants, et que j’emmagasine peine, désappointement, tout en me sentant coupable de ce qui se passe, l’abcès va apparaître. Mes racines profondes sont remises en question.

J’accepte ↓♥ de prendre cette décision avec le plus d’amour et d’harmonie possibles en tenant compte des valeurs les plus élevées qui gouvernent ma vie, dans le respect de moi même et des autres.


DENTS (CARIE DENTAIRE) : La carie dentaire est la manifestation d’une douleur intérieure extrême.

Elle manifeste à l’extérieur ce qui se passe dans les profondeurs de ma personne. Quelque chose me ronge jusqu’au plus profond de mon être. Je n’arrive pas à exprimer ce mal qui me ronge et l’inflammation fait son apparition. La dent commence à ramollir et c’est souvent douloureux, en raison de la sensibilité nerveuse présente au niveau de la dent. Lorsque la tension émotionnelle est devenue trop intense, elle se transforme au niveau physique par une carie sur la dent qui correspond exactement à ce que je vis. Puisque chaque dent représente un aspect particulier de ma personnalité et de ma vie, la carie me montre que je refuse ou rejette cet aspect particulier, que je m’autodétruis. Si je plombe cette dent, les 1 émotions qui y sont rattachées seront emprisonnées, jusqu’à ce que j’en devienne conscient. La structure de la dent est la plus rigide du corps humain. La carie dentaire concerne l’aspect « mental ». Est-ce de la haine, des remords ou de la rancune vis-à-vis de quelqu’un, particulièrement par rapport à l’autorité ? Il se peut que « je montre les dents » quand je me sens attaqué. Quelle est la véritable cause de ma douleur ? La raison première augmentera mes chances de renverser ce processus de destruction. Je peux m’en vouloir de me taire et ainsi de me faire du mal à moi-même. Je peux aussi avoir vécu une situation où j’avais le goût de « mordre » quelqu’un en situation d’autodéfense et que je ne l’ai pas fait car « un enfant bien éduqué ne fait pas ce genre de choses ». J’avais souvent des caries étant enfant, car j’ai une « dent » contre une personne. J’ai reçu peu de nourriture affective (marques d’affection, tendresse, douceurs, etc.). On a ri de moi et j’ai été profondément blessé, jusqu’au fond de mes dents ! Il se peut aussi que je vive un conflit familial où j’assume difficilement ce que je reçois de mon entourage, et que je doive filtrer ce conflit avec mes dents par le processus de mastication. Car mes dents me permettent de filtrer et de discriminer ce qui entre à l’intérieur de mon corps et, par le fait même, dans mon Univers en général. Plus nombreuses sont mes caries, plus je me coupe de moi-même et me rapproche inconsciemment de la mort. Car chaque carie manifeste une partie vitale de moi qui est morte ou est en train de mourir car un conflit que je vis reste sans solution. La douleur s’exprimera entre autres par une carie et peut engendrer aussi d’autres maux physiques qui sont en relation.

J’accepte ↓♥ de cesser de chercher la cause physique (alimentation, sucre, etc.). Je laisse plutôt évoluer mes pensées et je change ma manière de voir les situations de ma vie. Je peux me demander : quelle est la « nourriture » émotive et rationnelle (mes pensées) qui n’est plus bénéfique pour moi et que j’aurais avantage à remplacer par une « nourriture » plus saine et équilibrée ? Je prends la vie avec « un grain de sel » et je permettrai ainsi à mes « dents de sagesse » de se développer et de se fortifier. Ce sera beaucoup plus profitable pour moi !


DENTS — DENTIERS OU FAUSSES DENTS : Le dentier me donne l’illusion d’une forte vitalité. En effet, semblable aux vraies dents, il donne l’impression d’être vrai, d’être sincère comme de vraies dents ! Rien n’est plus faux ! Puisque je veux une réponse claire, je vais au fond des choses. Suis-je capable de vivre mes expériences avec courage et sincérité, comme avec mes vraies dents ? Suis-je déterminé à être ce que je suis vraiment, à m’affirmer, à être entier, à « croquer » dans la vie ? Si le dentier me blesse (par exemple suite à un soi-disant mauvais ajustement), je suis encore blessé, même inconsciemment, par un parent accaparent, exigeant ou qui « empoisonne » ma vie (en haut, le père, mon côté rationnel, Yang et en bas, la mère, mon côté affectif, intuitif, Yin). Cela m’empêche de devenir plus autonome.

Je cesse de vivre en fonction des autres. J’accepte ↓♥ d’être moi-même et, en m’affirmant, je trouve la satisfaction et le bonheur.


DENTS (GRINCEMENT DE...) — BRUXISME : Les dents représentent les décisions et une certaine forme d’agressivité. Le grincement de dents, aussi appelé bruxisme, est donc une colère inconsciente qui remonte à la surface, une rage refoulée qui s’exprime souvent la nuit.

Je suis très nerveux intérieurement, je me retiens de dire ou de faire certaines choses. Comme je n’arrive pas à prendre des décisions claires et précises, le grincement de dents est l’expression physique de ma tristesse et de mon agressivité réprimée par rapport à une situation qui m’est insupportable. Comme une porte mal graissée, le grincement de dents met en lumière ma peur à m’ouvrir pour prendre des décisions et le bruit exprime une forme de gémissement intérieur, me sentant sous l’emprise d’un maléfice, envoûté.

Je parle dans le silence afin de libérer ce que je n’ai pu exprimer par mes paroles pendant le jour, tous les non-dits, tout ce que j’ai enfoui en dedans. Les enfants sont très souvent affectés de bruxisme : c’est en bas âge que j’apprends les jeux de pouvoir et les différentes relations d’autorité qui existent. Si j’ai peur de dire mes opinions, me sentant « trop petit » par rapport à mes parents, ma gardienne ou mes instituteurs, je grincerai des dents.

Quel que soit mon âge, le bruxisme manifeste ma très grande tension intérieure. Je vis une très grande dualité entre ma tête et mon cœur♥, ma raison et ma passion, le résultat étant de la passivité.

J’accepte ↓♥ de prendre conscience de cet état sans le refouler et de l’exprimer comme je le vis présentement. J’accepte ↓♥ ma sensibilité et les émotions qui font surface et je réalise que mes incertitudes m’amènent à vivre beaucoup plus de tension intérieure que le fait de prendre les initiatives qui s’imposent. Lorsque je prends une décision, je me libère et je me sens plus épanoui.


DENT DE SAGESSE INCLUSE : La sagesse est une grande qualité. J’ai le bonheur de la manifester dans cette vie-ci. Elle me permet de m’ouvrir à l’univers et me procure des bases solides dans tout ce que j’entreprends.

Les dents de sagesse symbolisent cette autonomie que j’acquiers avec les années. Ainsi, une dent de sagesse qui refuse de sortir, de « prendre sa place », signifie que sur le plan mental, je refuse encore de prendre tout l’espace qui me revient et de me faire confiance. Je garde en dedans ce qui me déplaît chez moi pour ainsi plaire aux autres.

J’accepte ↓♥ de consciemment prendre la place qui me revient pour développer toutes les qualités divines essentielles à mon évolution. Je peux créer ainsi des bases plus solides à ma vie. J’accepte ↓♥ de laisser la nature suivre son cours et d’ouvrir ma conscience pour grandir et voir les changements en moi ! Ils me rapporteront !


DENT (SYMBOLISME DES...) : N.B. Je fais toujours par rapport à la personne. Donc :

Je vois à ma gauche les maxillaires supérieur (dents 11 à 18) et inférieur (dents 41 à 48) droits de la personne qui correspondent au cerveau gauche (côté rationnel, concret, matériel, analyse).

Je vois à ma droite les maxillaires supérieur (dents 21 à 28) et inférieur (dents 31 à 38) gauches de la personne qui correspondent au cerveau droit (affection, intuition, désir, sensibilité).

Puisque les dents sont vivantes et qu’elles ont un processus d’évolution qui s’échelonne sur plusieurs années, il est intéressant de noter que chacune d’entre elles est reliée à un sentiment ou émotion qui, mal géré, entraîne une faiblesse à cette dent en particulier.

S’il y a perte de dents du côté supérieur droit (dents 11 à 18), j’ai de la difficulté à trouver ma place. Le côté supérieur gauche (dents 21 à 28) m’indique que j’ai de la difficulté à réaliser mon désir d’être. Le côté inférieur droit (dents 41 à 48) fait référence à ma difficulté à construire ma vie concrètement. Le côté inférieur gauche (dents 31 à 38) m’indique que je ne reçois pas la reconnaissance affective dont j’ai besoin de ma famille.


L’incisive centrale supérieure droite (#11) correspond au père, à la partie masculine chez l’humain, l’autorité, Dieu. L’incisive centrale supérieure gauche (#21) correspond à la mère, à la partie féminine chez l’humain. Si un espace se retrouve entre ces 2 dents, mes polarités féminine et masculine sont dissociées. Si je suis une femme, je remets constamment en question ma relation avec mon conjoint. Si je suis un homme, je vis une dualité par rapport à la femme : je suis attiré mais en même temps écœuré♥ par elle. Un espace entre ces deux dents dénote ma difficulté à former un couple, autant à l’extérieur qu’à l’intérieur de moi. Si une de ces dents chevauche l’autre, la dent qui est par dessus représente le parent que je perçois comme étant le dominant et celle qui est plus à l’intérieur comme étant le parent que je perçois comme dominé ou effacé.

Les incisives centrales inférieures (# 31 et #41) font référence à la place qu’occupent concrètement, c’est-à-dire dans la vie quotidienne, la mère ou celle qui la représente (#31) et le père (#41) ou celui qui le représente.

Juste à côté se trouvent les incisives latérales (# 12, 22, 32, 42). Elles sont en relation directe avec les incisives centrales. Si j’ai de la difficulté avec un de mes 2 parents ou ce qu’ils représentent, les incisives latérales changeront de position, ma dynamique ou mes réactions par rapport au principe masculin et féminin étant remises en cause. Ces dents seront devant ou chevaucheront les incisives centrales si je veux être plus fort que mes parents, devant eux, indépendants, non soumis à l’autorité. Je veux dominer mes parents ou ceux-ci s’éclipsent d’eux-mêmes. Plus elles sont vers l’avant, plus j’ai voulu me distancer de mes parents tôt. Cette situation existe par rapport à ma mère si l’incisive latérale gauche (#22) chevauche la #21 et ce sera par rapport au père si c’est l’incisive latérale droite (#12) qui chevauche la # 11. Si les incisives latérales se retrouvent en arrière des incisives centrales, j’adopte alors une attitude de soumission par rapport à un ou aux deux parents ou je me sens surprotégé.

Les canines (# 13, 23, 33, 43) apparaissent au moment de la puberté (vers 13-14 ans), quand l’énergie sexuelle se développe. Elles correspondent aux grandes transformations que je vis intérieurement. Des difficultés par rapport à mon corps, ma sexualité naissante, à ma capacité à faire des choix affecteront mes canines. La canine supérieure droite (#13) est reliée à un changement qui se voit ou se manifeste à l’extérieur, aux projets et à la vision du futur, aux devoirs et obligations qui peuvent m’amener à ne pas m’exprimer. La canine supérieure gauche (#23) elle est reliée aux changements intérieurs et à la soumission. Si par exemple, j’ai de la difficulté avec l’apparition de mes menstruations, il a y des chances que la #23 sera affectée. La canine inférieure gauche (#33) étant en face de la #23, elle correspond aux changements intérieurs qui se concrétisent à l’extérieur, dans ma famille. Si je dois tout vivre en silence, la #23 sera affectée. J’ai tendance à vivre en esclave et me sentir obligé de servir les autres. La canine inférieure droite (#43) représente ma détermination et la croissance de mon corps. Si par exemple j’ai arrêté de grandir trop tôt, cela se voit dans la #43.

Les premières prémolaires (#14, 24, 34, 44) représentent qui je suis, ce que je veux. Si ces dents sont extraites, moi comme enfant, je me sentirai obligé de faire partie de la masse au lieu d’être un individu distinct. C’est comme si la collectivité est plus importante que l’individu. Je me soumets à une autorité autre que la mienne. La prémolaire supérieure droite (#14) montre de quelle façon je m’exprime dans la société, avec mes qualités et ma richesse intérieures. Si j’ai du mal à exprimer mes désirs et à prendre ma place, cette dent est déplacée. La première prémolaire supérieure gauche (#24) est reliée à toute ma sensibilité, mon côté affectif intérieur. Mes désirs mal vécus et mes rêves d’enfant non réalisés par rapport à ces éléments amèneront des difficultés avec la #24. La première prémolaire inférieure gauche (#34) m’indique de quelle façon j’exprime ma volonté concrètement dans ma vie de tous les jours, particulièrement au niveau affectif (et surtout par rapport à l’amour maternel) tandis que celle de droite (#44) est reliée à l’amitié et la façon dont je mets à terme mes projets. Si je suis contrarié d’une façon marquée face un projet qui me tient à cœur♥ la #44 sera atteinte.

Les deuxièmes prémolaires (#15, 25, 35, 45) sont reliées aux désirs que je veux réaliser et aux trahisons (père, mère, dans le couple, en amitié). C’est toute ma créativité qui est en cause. Si je ne peux pas l’exprimer, ces dernières seront affectées. La deuxième prémolaire droite (#15) fait référence à ce que je veux développer à l’extérieur. Le fait de ne pas pouvoir avoir d’enfants, quelle qu’en soit la raison, est un exemple de quelque chose que je voudrais créer mais qui ne s’est pas réalisé. La deuxième prémolaire gauche (#25) renferme mes habiletés particulières que je manifeste ou non, qui je suis vraiment. Elle renferme toutes mes possibilités passées et présentes. La deuxième prémolaire inférieure gauche (#35) est reliée à ma relation avec ma mère dans le concret et comment je suis affecté par ses énergies, comment je me sens libre ou étouffé par celle-ci. Plus je me sens pris, étouffé par ma mère, plus cette dent penche vers l’intérieur. La deuxième prémolaire inférieure droite (#45) fait référence au travail et à la trahison impliquant un(e) ami. Une difficulté à organiser des projets concrètement pourra affecter cette dent aussi.

Les premières molaires (#16, 26, 36, 46) apparaissent à l’âge de 6 ou 7 ans et elles montrent de quelle façon je prends ma place ou non et mon besoin d’être reconnu par les autres. La première molaire supérieure droite (#16) se rapporte spécifiquement à la place que je désire prendre dans la société, extérieurement tandis que la première molaire gauche (#26) est reliée à la place que je désire prendre et qui me permet d’extérioriser mon côté sensible et émotif. La première molaire inférieure gauche (#36) exprime si je suis bien reconnu au niveau affectif ou non, spécialement de mes parents. Je peux avoir l’impression de ne pas exister ou de ne pas être aimé comme je le voudrais et la #36 réagit. La première molaire inférieure droite (#46) se rapporte au travail d’une façon très concrète. La difficulté à concrétiser un projet ou mettre sur pied une entreprise agira sur la #46. Elle est reliée à la notion de désir, de mort et de renaissance. Si j’ai failli mourir étant très jeune ou si la mort a été présente d’une façon intense, que la personne soit décédée ou non, la #46 sera affectée.

Les deuxièmes molaires (#17, 27, 37, 47) apparaissent vers l’âge de 12 ans. Elles font référence à mes interactions avec les autres et comment je suis perçu. La deuxième molaire supérieure droite (#17) se rapporte à la vie de tous les jours et au travail. Si mes rapports avec les autres sont disharmonieux, la #17 réagira. La deuxième molaire supérieure gauche (#27) montre mes rapports intérieurs avec les autres mais au niveau de mes émotions. Des attentes qui ne seront pas rencontrées par rapport aux attitudes des autres envers moi vont affecter la # 27. La deuxième molaire inférieure gauche (#37) réagira à son tour si, en plus d’une déception par rapport à une attitude précise, la personne fait un acte dans le physique qui va amplifier cette déception. La deuxième molaire inférieure droite (#47) se rapporte à mes rapports en eux-mêmes. Les situations de conflits intenses où des paroles ou des gestes ont été posés rendront la # 47 plus vulnérable.

Les dents de sagesse (#18, 28, 38, 48) apparaissent vers l’âge de 21 ans, âge où j’intègre mon côté spirituel. Elles représentent le monde dans lequel j’évolue mais aussi le monde spirituel, ma mission, ma valeur personnelle et la relation d’aide. Ce dernier est accessible par la voie mystique, c’est-à-dire plus orientée vers la religion et ses mystères ou par la connaissance ésotérique. Je choisis la voie de la connaissance plus que le mystique si mes dents de sagesse sont absentes. Si j’ai des dents de sagesse que sur le maxillaire supérieur, j’ai de la difficulté à intégrer dans mon quotidien ma connaissance des plans supérieurs, invisibles. Quand elles ne sont que sur le maxillaire inférieur, je mets beaucoup d’énergie dans mes actions au quotidien pour réintégrer le monde physique. La dent de sagesse supérieure droite (#18) fait référence à la force que j’ai à développer pour m’incarner, m’intégrer dans le monde à tous les niveaux. La dent de sagesse supérieure gauche (#28) correspond à ma peur de ne pas m’intégrer dans le monde. Ma faible estime de moi est porteuse d’une peur d’être rejeté. La dent de sagesse inférieure gauche (#38) fait référence à ma capacité à extérioriser mes points de vue et mes émotions au monde qui m’entoure et la dent de sagesse inférieure droite (#48) est influencée par ma capacité à m’intégrer dans le monde physique, à être bien ancré.


Note : 1) C’est pourquoi tant de personnes ont peur d’aller chez le dentiste. Souvent, je blâme ma peur des seringues et des piqûres pour justifier de ne pas aller chez le dentiste. Mais, inconsciemment, je sais que le fait de travailler sur mes dents m’amène à toucher à des émotions désagréables ou que je veux fuir. Il est fréquent de se sentir plus émotif et fébrile chez le dentiste.

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