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  • Anne

Le Virgilier




Étymologie :


De Virgile avec suffixe -ier.


Selon le Dictionnaire Littré : Virgilier : Genre d'arbrisseaux de la tribu des sophorées, dédié à Virgile.


Autres noms : Cladrastis lutea (kentukea) ; Bois jaune ; Virgilia ; Virgilier à bois jaune ; Virgilier d'Amérique ; Virgilier des teinturiers ;

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Botanique :


Jean-Claude Moiron propose une description détaillée du Cladastris lutea dans un article daté de janvier 2016 et disponible sur le site Parcs et jardins de Rhône-Alpes :


Virgilia lutea. Virgilier des teinturiers ou à bois jaune.

Famille des Légumineuses (Fabacées), Papilionacées.

Ce genre comprend 7 espèces dont 6 originaires d’Asie Orientale et 1 d’Amérique du Nord. Arbre pouvant atteindre une dizaine de mètres chez nous. La cime est généralement étalée. Ecorce lisse et grisâtre. Cladastris est très rustique, il supporte les grands froids. Feuilles de 20 à 30 cm de long, composées de 7 à 9 folioles ovales, dont la terminale est plus grande que les autres. Sur le pétiole central, les folioles sont alternes et insérées irrégulièrement. Belle couleur jaune en automne.

Au début de l’été, floraison blanche, en panicules ressemblant à la glycine, très odorantes et mellifères. Le fruit est une gousse aplatie de 3 à 8 cm de long, qui contient jusqu’à 6 graines. Arbre peu commun, qu’il faut planter en isolé ou en petits groupes, dans un sol profond et léger. Il craint les milieux acides. Il aime les situations ensoleillées à l’abri du vent.

Arbre de parc qui ne laissera pas indifférent. Longévité assez brève. Le bois de Cladastris est dur, dense, jaune vif à la coupe (d’où son nom ‘Lutéa’). Fournit une teinture jaune.

Pathologie : Sensible à divers polypores, s’installant sur les blessures. Une fois de plus, attention aux dégâts engendrés par les tondeuses et les roto fils.

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Symbolisme :


Dans son Nouveau Langage des fruits et des fleurs (Benardin-Béchet, Libraire-Éditeur, 1872) Mademoiselle Clémentine Vatteau poursuit la tradition du Sélam :


VILGILIER : Adoption.

Cet arbre a été récemment importé en France et adopté pour l'ornement des jardins.

 

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Littérature :


Pour l'instant je n'ai pas trouvé de documents retraçant le moment où on a donné le nom de cet arbre en hommage au poète latin. Il n'est cependant peut-être pas inutile de se remémorer quelle est son écriture.


Ainsi, selon Alain Michel, auteur de "Poésie et sagesse chez Virgile." (In : Bulletin de l'Association Guillaume Budé, n°3, octobre 1992. pp. 307-319) :


[...] Nous arrivons au terme de notre esquisse. Deux conclusions fondamentales doivent s'en dégager.

D'abord, Virgile doit beaucoup à la philosophie. Il ne saurait la négliger à l'époque où il vit. Elle existe, elle a proposé ses enseignements. La situation n'est plus la même qu'au temps d'Homère. Mais nous constatons que le poète ne s'asservit à aucune secte. Il doit beaucoup à l'Épicurisme. Mais il le combine avec le Platonisme, qui lui apporte d'une part un désir de transcendance et d'autre part la croyance en l'intervention des dieux dans le destin. De surcroît, l'Académie favorise le dialogue entre des doctrines qui apparaissent à la fois vraisemblables et opposées : rien n'est sûr, tout comporte sa part de vérité.

Ici intervient la poésie. Elle seule est capable de réconcilier, par l'intuition de la beauté, ce que le poète René Char appellera « les puissants termes opposés ». Prenons par exemple la Ve églogue. Elle chante la mort du héros Daphnis. Les deux interlocuteurs, Mopsus et Ménalque, prennent des attitudes opposées. Certes, nous avons des raisons de penser que Ménalque ressemble à Virgile. Mais on pourrait dire que Mopsus ressemble à Horace. Les deux personnages possèdent chacun leur part de vérité. La beauté poétique de leurs interventions nous le fait comprendre. Mopsus décrit avec tendresse et mélancolie le charme funéraire d'une fontaine dans la campagne. Nous pensons hfons Bandusiae, nous redécouvrons la douceur du souvenir épicurien. Mais Ménalque, avec Platon, s'élève jusqu'aux astres. Il est vrai que, de cet Olympe céleste, il regarde encore la terre... Que préfère Virgile ? Il ressemble à Ménalque sans doute. Mais il n'oubliera jamais Mopsus. Au-delà des croyances qui séparent, la poésie lui enseigne la communauté du beau et la fraternité des hommes.

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