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  • Anne

Le Mimosa



Étymologie :

  • MIMOSA, subst. masc.

Étymol. et Hist. 1602 Herbe Mimosa, Herbe Mimose (Colin, Hist. des drogues, p. 488 [trad. du lat. de l'Escluse qui adapte lui-même un texte esp. d'Acosta] ds Arv., p. 343). Mimosa, lat. des botanistes (L'Escluse, Hist. des plantes, 1557, supra), tiré de mimus «mime» p. allus. au fait que certaines espèces se contractent quand on les touche, qui explique également les dénominations pop. de herbe sensible, sensitive, herbe vive (v. Roll. Flore t.4, p.252).

Lire aussi la définition du nom pour amorcer la réflexion symbolique.




Botanique :


Acacia dealbata :


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Selon Stefano Mancuso et Alessandra Viola, auteurs de L'Intelligence des plantes (édition originale 2013 ; Traduction française Albin Michel, 2018), on peut s'interroger :


"Une plante s'aperçoit-elle qu'on la touche ? Pour répondre à cette question, il suffit d'observer le comportement du Mimosa pudica : cette variété particulière de mimosa, dite "sensitive", replie ses feuilles dès qu'on la touche, un peu comme si elle souffrait de la timidité qui lui a valu son nom latin. Quelques instants suffisent pur déclencher ce mouvement qui n'a rien d'un réflexe conditionné, puisque la feuille ne se rétracte pas si elle reçoit une goutte d'eau ou si elle est secouée par le vent, mais uniquement si on la touche. Il s'agit donc bel et bien d'un acte volontaire, dont l'objectif suscite la perplexité des scientifiques. Il semble désormais évident, à ce stade de nos recherches, qu'il s'agit d'une stratégie défensive, mais on ne comprend pas encore bien à quoi elle s'oppose. Selon certains spécialistes, cette fermeture soudaine servirait à effrayer des insectes herbivores susceptibles de se poser sur la feuille. Selon d'autres, au contraire, le mimosa aurait adopté cette attitude pour présenter à ses prédateurs un aspect peu appétissant. En tout état de cause, il importe avant tout ici de souligner que cette plante, non contente de posséder un sens du toucher très développé, est aussi en mesure d'opérer des distinctions entre les stimuli qu'elle éprouve, et de ne se refermer que lorsqu'ils l'informent d'un danger.

Le premier à remarquer cette extraordinaire faculté d'apprentissage a été Jean-Baptiste Lamarck (1744-1829), un très grand savant inventeur, entre autres, du mot "biologie". Un jour, il confie la tâche suivante à son jeune collaborateur, le botaniste Augustin Pyrame de Candole (1778-1841) : transporter en carrosse, dans les rues de Paris, un certain nombre de petites plantes de Mimosa pudica, et observer leur comportement.

Candolle n'était pas homme à s'étonner des exigences de son maître respecté : sans se troubler le moins du monde, il installe dans une voiture la plus grande quantité possible de vases de mimosa et les promène dans Paris. Et il finit par s'apercevoir d'un phénomène curieux. Au début du trajet, les plantes avaient toutes refermé leur feuilles en réponse aux secousses du véhicule cahoté sur le pavé ; mais au bout d'un moment, elles les avaient rouvertes et semblaient s'être habituées aux vibrations.

L'explication, très simple, ne tarde pas à devenir évidente aux yeux du savant stupéfait : en très peu de temps, les mimosas avaient compris que les secousses n'étaient pas dangereuses et ils avaient donc cessé de gaspiller de l'énergie pour une fermeture de leurs feuilles devenue inutile.

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Symbolisme :


D'après le Dictionnaire des symboles (1ère édition, 1969 ; édition revue et corrigée Robert Laffont, 1982) de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant,


"Quelquefois confondu avec l'acacia dans les symboles maçonniques, le mimosa en est expressément distingué par Jules Boucher : La symbolique des fleurs fait du mimosa l'emblème de la sécurité ; c'est-à-dire dans un sens plus large, de la certitude. Cette certitude est celle que la mort est une métamorphose de l'être, et non pas une destruction totale. En sortant du tombeau, en sortant du cercueil, l'Initié, qui était auparavant la chenille ou le ver rampant sur la terre et dans l'obscurité, devient, en sortant de sa chrysalide, le papillon diapré qui s'élance dans les airs vers le Soleil et la Lumière. Ce Soleil, cette Lumière sont annoncés par le Mimosa aux fleurs jaune d'or, symbole de magnificence et de puissance."

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Selon Des Mots et des fleurs, Secrets du langage des fleurs de Zeineb Bauer (Éditions Flammarion, 2000) :


"Mot-clef : La sensibilité.


Savez-vous ? : Le mimosa s'est parfaitement acclimaté dans le sud de la France. Ailleurs, il est nécessaire de la cultiver en serre car le mimosa est très sensible au gel. Il participe grandement à la décoration de sa Majesté Carnaval, à Nice.


Légendes : En Inde, la légende raconte que le mimosa naquit sur les griffes d'un faucon. Afin de lui voler cet élixir des dieux, les démons combattirent le faucon et lui coupèrent la patte. A l'endroit où celle-ci atterrit sur la terre, poussa alors le mimosa, doux (pompons duveteux) et piquant (branches) en même temps. Au Moyen Orient, une branche de mimosa et placée au-dessus du lit pour prolonger l'amour et éloigner les sentiments de jalousie.


Message : Vous êtes mon seul amour."

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Pour Nicole Parrot, auteure du livre Le Langage des fleurs (Éditions Flammarion, 2000) :


"Les petits flocons duveteux, poussins miniatures, parlent à mi-voix d'une "sensibilité excessive". Ils évoquent les "amours secrets" en glissant au passage : "personne ne sait que je vous aime". Le mimosa est également symbole de sécurité, aussi peut-on le croire. Il lui arrive de se montrer pessimiste puisqu'il annonce : "un peu de comédie avant le drame". Alors, il ne s'agit sûrement que d'un mélodrame qui, comme chacun sait, se termine toujours bien, par des rires et des baisers.

Le mimosa parle aussi de mémoire indéfectible et de souvenir. Il est bien placé pour cela comme l'explique le savant biologiste Jean-marie Pelt : en Europe, et en Provence en particulier, il fleurit au cœur de l'hiver. Pour une raison toute bête : il se croit encore en Australie, sa patrie d'origine. Une patrie lointaine qu'il a pourtant quittée voici cent quatre-vingts ans.

En Espagne, on nomme les petites boules jaunes "fleurs des retrouvailles". Les jeunes filles qui voient arriver dans les mains de l'aimé le bouquet couleur citron peuvent être rassurées, le jour de rupture n'est pas arrivé. Bien au contraire. Elles respirent et sourient devant "ces mimosas aux reflets jaunes qui faisaient la révérence au soleil", comme les décrit Katherine Mansfield.


Mot-clef : "Amours secrètes"

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Doreen Virtue et Robert Reeves proposent dans leur ouvrage intitulé Thérapie par les fleurs (Hay / House / Inc., 2013 ; Éditions Exergue, 2014) une approche résolument spirituelle du Mimosa :


Nom botanique : Acacia spp.

Propriétés énergétiques : Provoque le rire ; vous rappelle 'l'importance du divertissement ; procure de la joie à ceux qui vous entourent et rend les fêtes amusantes et réussies.

Archanges correspondants : Jophiel et Métatron.


Chakras correspondants : chakra racine ; chakra du cœur ; chakra coronal.


Propriétés curatives : Cet arbre, ou arbuste, est recouvert de fleurs, ce qui donne l'impression qu'il est enveloppé d'une couverture jaune. Individuellement, les petites fleurs vous aident à vous sentir bien. Prises ensemble, elles vous permettent de vous sentir merveilleusement bien !

Mettez-vous en contact avec la belle énergie enjouée des fleurs de mimosa, et votre vie se remplira rapidement de joie et de rires. A l'image de ces minuscules inflorescences qui s'ouvrent avec éclat, vous aussi pourrez baigner dans l'éclat de son énergie bienfaitrice... et aider les autres par votre simple bien-être.


Message du Mimosa : « Je vous aiderai à exulter de joie ! A mon contact, vous remarquerez que le rire est de plus en plus présent dans votre vie. Chaque jour n'apporte qu'un bonheur plus grand. Où que vous alliez, vous déclencherez les rires, et les gens diront bientôt que vous êtes d'agréable compagnie. Je m'assurerai que l'énergie de votre lieu de travail soit plus légère et équilibrée. Si vous lancez des invitations, invoquez mon énergie, et nous ferons en sorte que tout le monde passe un moment merveilleux. »

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Littérature :


Congé au vent

A flancs de coteau du village bivouaquent des champs fournis de mimosas. À l'époque de la cueillette, il arrive que, loin de leur endroit, on fasse la rencontre extrême­ment odorante d'une fille dont les bras se sont occupés durant la journée aux fragiles branches. Pareille à une lampe dont l'auréole de clarté serait de parfum, elle s'en va, le dos tourné au soleil couchant.

Il serait sacrilège de lui adresser la parole.

L'espadrille foulant l'herbe, cédez-lui le pas du che­min. Peut-être aurez-vous la chance de distinguer sur ses lèvres la chimère de l'humidité de la Nuit ?


René Char, "Congé au vent" in Fureur et mystère, 1947.

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Le Mimosa La Sensitive [Mimosa pudica]


Sur la route de Saint-Tropez, Toucheras-tu la sensitive,

Mimosa Monsieur, mimosa Madame Mulot du matin,

Sur la route de Saint-Tropez, Marchand de pépins ?

De Saint-Tropez à La Ciotat, Tu as touché la sensitive !

Cueillez le mimosa, Le soleil s’éteint,

Cueillez-le pour l’offrir aux dames. Ne touche plus la sensitive,

Jusqu’à demain matin

Coquin !


Robert Desnos, "Le Mimosa" in Chantefables et Chantefleurs, 1952.

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Yves Paccalet, dans son magnifique "Journal de nature" intitulé L'Odeur du soleil dans l'herbe (Éditions Robert Laffont S. A., 1992) évoque ainsi le Mimosa :

30 septembre

(La Bastide)


Douze mois, j'ai joui au passage de son unique parfum, frais et lourd à la fois.

Douze mois, j'ai admiré à contre-soleil, or sur or, petites étoiles d'odeurs devant la grande étoile, ses rameaux-galaxies aux sphérules jaune clair.

Derrière la citerne, le vieux mimosa délire : il n'a cessé de fleurir depuis l'hiver dernier. Je crois qu'il va mourir.

[...]

27 décembre

(Bruxelles, chez le fleuriste)


Le parfum des mimosas jette un rayon de soleil sur mes lobes olfactifs. [...]

9 janvier

(Au-dessus de Menton)

[...] Mille soleils du matin sur la branche : fragrance du mimosa.

4 février

(La Bastide)


Les fleurs-larmes jaunes des mimosas pleurent des larmes de pluie d'or ; c'est une vérification botanique de la monadologie leibnizienne.

5 février

(La Bastide)


Il existe une folie dont j'ai oublié le nom, et qui consiste à tout compter. Elle procure bien des satisfactions.

Ce mimosa, par exemple, possède huit branches principales de quinze branches secondaires de quinze rameaux de quinze grappes de quinze sphères de dix fleurs chacune. L'arbre s'enorgueillit de près de quatre millions et demi d'unités reproductrices.

Quelqu'un a-t-il tenté ce décompte ? Est-il parvenu à des résultats comparables ?

Voici comment Christian Bobin évoque le mimosa dans son ouvrage intitulé La Grande Vie (Éditions Gallimard, 2014) :


Le mimosa est entré dans la pièce comme un gros chien ruisselant de soleil qui s'ébrouait, envoyant partout ses ondes jaunes.

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Voir aussi Acacia.

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