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  • Anne

Le Tussilage




Étymologie :

  • TUSSILAGE, subst. masc.

Étymol. et Hist. 1671 (Fr. Isaac Quatroux, Traité de la Peste, Paris, E. Couterot d'apr. J. Tolmer ds Fr. mod. t. 14, p. 291). Empr. au lat. tussilago « tussilage », André Bot., p. 324.


Lire également la définition du nom tussilage afin d'amorcer la réflexion symbolique.


Autres noms : Tussilago farfara ; Filius ante patrem (le « fils avant le père », parce qu'elle a la particularité de fleurir bien avant la feuillaison) ; Herbe de Saint-Guérin ; Herbe de Saint-Quentin ; Herbe de Saint-Quirin ; Pas-d'âne ; Pas de cheval ; Pas de poulain ; Pied de cheval ; Pied de poulain ; Taconnet.

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Botanique :


Nathalie Machon et Eric Motard, auteurs de A la découverte des plantes sauvages utiles (Éditions Dunod, 2013, 2015, 2018) nous précisent que

"Le pas d'âne est une espèce dite pionnière (recolonise rapidement des sols mis à nus) qui se rencontre donc sur des sols qui ont été remaniés, tassés ou décapés dans des lieux frais : des jachères, des grèves alluviales, des talus, des coupes forestières, des bermes rases, des fossés...


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Usages :


Dans le même ouvrage on apprend également :


Usage médicinal : le pas d'âne est encore aujourd'hui considéré comme un médicament particulièrement efficace dans tous les types d'inflammation bronchique. Le célèbre botaniste français Coste signale même dans sa flore, au sujet de cette espèce, qu'une infusion de capitules est tonique et stimulante. Les capitules sont utilisés en application externe, sous forme de cataplasme, pour leur effet apaisant sur diverses affections cutanées. Ils sont également efficaces pour soulager la névralgie. Une préparation amère, tonique et diaphorétique (pour induire la transpiration) peut être obtenue à partir de la racine. Attention cependant, le ps d'âne contenant dans ses tissus des alcaloïdes pyrrolizidiniques hépatotoxiques, son usage est à proscrire sur long terme.


Autre usage : en raison de leur parfum de réglisse, les capitules sont utilisés dans la préparation du tabac à pipe. Certains fument même les feuilles roulées et séchées.

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Symbolisme :


Pierre Dubois et René Hausman, auteurs de L'Elféméride, Le grand légendaire des saisons, Printemps (Éditions Hoebeke, 2016) mettent en vedette les plantes et les animaux en fonction du calendrier :


Autre petit éclat doré, le tussilage est une « bonne herbe » coriace qui fait la nique à la Vieille. C'est une Mère Tisanière qui l'a jadis plantée pour soigner les vilaines toux d'hiver de son bonhomme de Nuton. Afin de la reconnaître de loin, dès la repousse de mars, elle l'a houppeté d'une touquette jaune qui pousse avant ses feuilles épaisses et cotonneuses en forme de sabot d'âne. De belles feuilles brillantes découpées aux ciseaux avec lesquelles elle concocte des infusions. Tussilage : de tussi, « toux » et « agere » : chasser, contre les maux de poitrine. Et avec lesquelles le bonhomme Nuton prépare son tabac à pipe, à fumer au coin du eu dès octobre ou assis sous les étoiles aux longues et douces soirées des beaux jours. Les ronds de fumée du tabac de tussilage cheminent des pas-d'âne dans le ciel.

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Mythologie :


Selon Wikipedia :


Les Koropokkuru (homme sous les pétasites en langue aïnoue) sont des « lutins » de la mythologie aïnoue, population aborigène vivant au nord du Japon et à l'extrême est de la Russie. Ces êtres mythologiques habitent sous terre et dans les tiges des feuillages du tussilage et des pétasites. De la taille d'un pied d'enfant, ces « lutins » sont à proprement parler des kamuys (« esprits » en langue Aïnue) végétaux. Établis dans les forêts, ils apparaissent au voyageur perdu pour le guider sur sa route.

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