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  • Anne

Le Toucan




Étymologie :

Étymol. et Hist. 1557 Toucan cité comme mot indigène du Brésil (A. Thevet, Les Singularitez de la France antarctique, p. 239 ds Arv., p. 478) ; 1578 id. (J. de Léry, Hist. d'un voyage fait en la terre du Brésil, p. 115, ibid., p. 479) ; 1579 (A. Paré, Appendice au Livre des Monstres, chap. II ds Œuvres, éd. J.-Fr. Malgaigne, t. 3, p. 783 : De l'oiseau nommé Toucan [sous-titre ; A. Paré cite ensuite Thevet]). Empr. au tupi tucano ; v. König, p. 205, Fried., Arv., loc. cit. et FEW t. 20, p. 82b.


Lire également la définition du nom toucan afin d'amorcer la réflexion symbolique.




Symbolisme :


Bonnie CHAUMEIL et Jean-Pierre CHAUMEIL, " L'oncle et le neveu, la parenté du vivant chez les Yagua (Amazonie péruvienne)" in Journal de la Société des américanistes, Vol. 78, No 2 (1992), pp. 25-37 expliquent les relations complexes qui existent au sein du vivant pour les Yagua :


[…] A l'instar des humains, nous l'avons dit, les animaux et les végétaux (à l'exclusion des minéraux) sont censés entretenir entre eux des relations de parenté consanguine, d'amitié ou d'hostilité cannibale selon les cas. […]

De même, les toucans se retrouvent tous cousins par la forme et la taille du bec et amis des perroquets, cousins entre eux par leur bec crochu. Cependant, le perroquet devient neveu de l'ara par l'écart de stature.

[…] Il existe par ailleurs, entre certains animaux et certains végétaux, des associations de type allégorique établies exclusivement durant l'époque de célébration des grands rituels. Elles n'ont toutefois pas grand chose à voir avec les rapports de parenté qui nous intéressent ici, si ce n'est qu'elles impliquent des analogies de même ordre. […] Des rapports plus systématiques entre végétaux et animaux ne semblent pas avoir court, mais peuvent exister ponctuellement, surtout lorsqu'il s'agit d'un animal qui se nourrit spécialement des fruits d'une espèce végétale précise (voir plus loin le toucan et l'arbre-à-sarbacane).

[…]

Au niveau « taxinomique » intermédiaire, les rapports entre groupes yagua s'expriment à travers les catégories claniques. La société yagua est en effet divisée en clans patrilinéaires riria, autrefois localisés. Nous avons relevé au cours de nos divers séjours les noms de quinze d'entre eux, mais la liste est loin d'être exhaustive :

ara rouge : apwiria / arbre-à-sarbacane  : mëtianuria

ara noir : wanakananë / arbre mata-mata : pranuria

toucan : nowaria / arbre : capirona asanuria

cassique : mowariria / arbre : lupuna mičária

chauve-souris : ričaturia / arbre cedro-macha : košmarečaria

écureuil : mëkaturia / liane (générique) : réjúria

singe araignée : kuotaria / liane ayahuasca : ramanuria

singe hurleur : kandaria

Selon le mythe d'origine des clans, c'est en frappant ou en piétinant un amas de détritus végétaux que les jumeaux mythiques créèrent les gens yagua en les appelant du nom de différentes espèces végétales ou animales. Autrement dit, les Yagua naissent dès le début « clanisés » en espèces naturelles. Si l'on ne décèle aujourd'hui aucun indice de hiérarchie clanique, il semble cependant que le clan de l'ara rouge ait occupé naguère une position dominante, y compris peut-être au plan politique (Chaumeil, s/presse).

[...]

En outre, certains clans associés deux-à-deux s'interdisent toute forme d'inter- mariage, soit à l'intérieur d'une même classe (par exemple ayahuasca/écureuil <végétal/animal >), soit entre classes (par exemple toucan/arbre-à-sarbacane <oiseau/végétal >). Dans ce dernier cas, l'explication fournie par les Yagua tient dans l'alimentation du toucan qui se nourrit des fruits de l'arbre-à-sarbacane (Pouteria sp.). L'oiseau grimpeur est alors perçu « identique » à l'espèce qui le nourrit. D'autre part, la classe oiseaux se dédouble en « sous-espèces » différenciées par la taille ou par la couleur :

toucan grand nowariria / petit siyória.

[…]

Il est intéressant de noter à cet égard que les Yagua n'observent aucun tabou alimentaire vis-à-vis des espèces éponymes, mais ils en respectent une partie comme emblème clanique. Les membres du clan de l'écureuil par exemple agrémentent volontiers leur costume de dépouilles séchées du petit rongeur, ceux du clan de l'ara rouge arborent aux bras les longues et chatoyantes plumes de l'oiseau, alors que ceux du toucan portent en sautoir les plumes caudales du volatile. Ainsi que Lévi-Strauss (1962 : 141-142) l'a souligné à propos des Ticuna, proches voisins des Yagua, les espèces paratotémiques se décomposent ici en partie consommable et en partie emblématique.

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Diana Cooper, auteure du Guide des archanges dans le monde animal (édition originale 2007 ; traduction française : Éditions Contre-dires, 2018) nous délivre un :

Message des oiseaux de la troisième dimension :

Nous voulons que vous compreniez qu'un aigle

n'est pas meilleur qu'un moineau. Pas plus qu'un colibri n'est

meilleur qu'un corbeau. Ils vibrent simplement à des fréquences

différentes et ont des leçons uniques à vous enseigner. Nous

avons choisi les leçons que nous voulons vous transmettre et la

manière dont nous allons vous les présenter, un peu comme un

conférencier choisit le sujet qu'il veut enseigner et la façon dont

il veut l'enseigner. Vous êtes unique et spécial, quelle que

soit la fréquence à laquelle vous vibrez.


Tous les oiseaux de la troisième dimension appartiennent à une groupe d'âmes et nous enseignent des leçons à les démontrant dans leurs propres vies. Ils viennent de Sirius ou sont descendus sur Terre en passant par cette planète.


Les toucans

Tout le monde connaît les toucans à cause de leur énorme bec coloré. Ils vivent en petits groupes, et leur plumage brillant leur permet de se dissimuler dans les forêts tropicales d'Amérique centrale, d'Amérique du Sud et des Caraïbes.

Ils ont de très petites ailes, dont ils ont tendance à sautiller autour des arbres dans la forêt tropicale.

Leur gros nec est très léger et les aide à rester au frais dans le climat chaud. Les artères qui se trouvent dans leur bec se dilatent quand elles deviennent chaudes et libèrent la chaleur. Ils ont l'un des meilleurs systèmes de régulation de la chaleur du royaume des oiseaux et des animaux.

Leur mission de service est de démontrer aux habitants des pays chauds qu'il existe plusieurs façons de réguler leur température. Cette mission concerne également le fait d'utiliser les donc que vous avez pour votre plus grand bien et d'être toujours prêt à vous adapter.

VISUALISATION POUR TIRER DES ENSEIGNEMENTS DES OISEAUX DE TROISIÈME DIMENSION

  1. Aménagez un espace où vous pourrez vous détendre sans être dérangé.

  2. Fermez les yeux et détendez-vous.

  3. Pensez à un oiseau et appelez-le, mais vous pouvez aussi laisser n'importe quel oiseau apparaître dans votre esprit.

  4. Dites mentalement à l'oiseau que vous êtes prêt à écouter ses enseignements et demandez une communication ou une démonstration.

  5. L'oiseau peut chanter pour vous, auquel cas relaxez-vous et laissez le message pénétrer dans votre cœur.

  6. Si l'oiseau vous montre une photo, demandez-vous quel est le message.

  7. L'oiseau peut communiquer avec vous par télépathie, alors restez ouvert pour apprendre.

  8. Remerciez l'oiseau et cherchez-en un de ce type dans votre vie, dans un livre ou à la télévision.

  9. Si vous en voyez un, sachez que cela vient confirmer qu'il vous apporte un message important.

Alternativement, vous pouvez sortir dans votre jardin, un parc ou la campagne et observer quels oiseaux se présentent à vous.

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Philippe Descola, dans « Les animaux et l’histoire, par-delà nature et culture », Revue d'histoire du XIXe siècle, 54 | 2017, 113-131 revient sur les oiseaux qui lui ont permis de distinguer quatre modes de pensée des relations entre humains et non-humains :


[…] Je décrivais donc quatre formules.

J’ai d’abord choisi le toucan, fondé sur mon expérience ethnographique chez les achuar. il est conçu comme un partenaire social avec lequel des rapports de compétition et de solidarité sont possibles, conçu comme un beau-frère générique, comme un séducteur aussi, donc animé d’une intentionnalité, en tous cas d’une agency intentionnelle très proche de celle des humains et en même temps qui s’en distingue en vivant dans un monde bien différent, celui de la canopée, monde qui est l’actualisation des dispositions physiques logées dans son corps. la différence entre les achuar et les toucans ne passe donc pas là où nous l’établissons : les uns comme les autres sont des personnes, avec une subjectivité, une dimension morale et les oiseaux se voient du reste comme des humains ; mais leur nature de toucan les distingue irrémédiablement des humains car elle les conduit à vivre dans un monde qui n’intersecte que très partiellement avec celui des Achuar. J’ai appelé cela animisme : les intériorités des humains et des non-humains sont semblables, mais ils se distinguent par leur corps.

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Littérature :


Paul Souchon, “AUTOUR DE ‘RUY BLAS’: LETTRES DE JULIETTE DROUET A VICTOR HUGO (Juin 1838-Février 1839).” Revue Des Deux Mondes (1829-1971), vol. 45, no. 2, 1938, pp. 337–373 :


[…] Dans la suite de cette lettre du 6 juillet, Juliette, qui va toujours jusqu'au bout de ses comparaisons, ne quitte pas le monde des oiseaux et elle invente, pour son usage personnel, un joli mythe, celui du toucan. On sait que le toucan est une variété d'oiseau grimpeur de l'Amérique tropicale dont le bec est fort gros et fort long, par rapport à son corps. Juliette ne se contente pas de se comparer à un toucan, elle va, désormais, se servir du verbe "toucaner", comme synonyme de s'ennuyer, et dessiner souvent, en marge de ses lettres, un de ces oiseaux penchant vers ses partes un bec mélancolique. Voici la première apparition du toucan :

« Moi, je suis resté bêtement à terre pour ne pas démentir mon origine toucane ou touquane, si vous l'aimez mieux, me reposant tantôt sur un pied et tantôt sur un autre, cachant tristement mon énorme amour dans le fond de mon cœur.

J'espère que le portrait est assez ressemblant. Si vous n'êtes pas content, c'est que vous êtes un envieux, mon bel aigle, du bel oiseau ravissant dont je vous ai fait l'image. Je t'aime, je n'ai pas la moindre envie de rire, ainsi que tu peux le voir d'après la vignette ci-contre. »

[…] Le lendemain, la reconnaissance de Juliette n'est pas épuisée et elle revient sur son plaisir et sur son attente : « Je trouve dans mon amour le courage de supporter votre absence et le petit bout de soirée d'hier m'a donné du bonheur pour aujourd'hui. C'est un morceau de sucre qui me fera prendre en douceur la médecine amère de cette journée. Si vous n'êtes pas envolé trop haut, regardez un peu sur la terre le petit toucan que vous y avez laissé et qui se tord le bec à regarder en l'air s'il ne voit rien venir... »

[…] Ce même dimanche, après toute une journée de solitude, Juliette, à cinq heures et quart du soir, se plaint doucement : « … Je n'ai plus d'espoir maintenant que ce soir, et encore. Je ne vous en veux pas, mon Toto, il faut me laisser toucaner à mon aise, voilà tout. »

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Le Toucan


Cancans za gogo

Ragots zé boucan

Tu causes tu causes

Toucan toucan


Avec tes plumes au bec

Avec tes plumes écris

En noir en couleur

Plus des gloses plus de cris

Toucan tu causes

Tout quand j'écris


Ragots de bouc

Cancans de bique

Vide ton sac

Et cloue ton bec


Jean-Hugues Malineau, "Le Toucan" in Prête-moi tes plumes, Éditions École des loisirs, coll. « Chanterime », 1978.

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