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Le Pouce-pied

  • Photo du rédacteur: Anne
    Anne
  • il y a 3 jours
  • 12 min de lecture


Étymologie :


Étymol. et Hist. 1558 poussepié (G. Morel, Verborum latinorum cum graecis gallicisque conjunctorum commentarii, s.v. urtica). Soit comp. de pouce* et de pied*, ce crustacé ayant été ainsi nommé à cause de son pédoncule qui a la forme d'un pouce (L. Joubin et E. Le Danois, Catal. ill. des animaux marins, t. 2, p. 190), ou peut-être à cause de la ressemblance qui existe entre son test et l'ongle du gros orteil (pouce du pied), soit comp. de pousse (forme du verbe pousser*) et de pied* (cf. Marseille pousso-pèd), l'animal ayant été comparé à un être qui agite ses pieds parce que son pédoncule est susceptible de s'allonger et de se contracter (v. FEW t. 9, p. 559a, note 26).


Étymol. et Hist. 1. Ca 1270 ornith. bernicle (trad. du Traité de Fauconn. de l'empereur Frédéric II dans Z. rom. Philol., t. 46, p. 242 : Une chascune meniere d'oies, de gentes et de bernicles) ; 1532 barnacle (Du Guez, Grammaire, 911, Génin dans R. Hist. litt. Fr., t. 4, p. 135) ; 1588 brenache (d'Argentré, Hist. de Bretagne, I, 47, ibid.) ; 1600 bernache (Duret, Du flux et reflux de la mer, 333, ibid., p. 136) ; 1671 bernacle (Journ. de S., 1671, p. 177 dans Trév. 1752) ; 1762 barnache (Ac.) ; 2. conchyliologie a) 1721 barnacle « anatife lisse » (Trév.) ; 1751 bernacle (Encyclop.); 1768 bernache (J.-C. Valmont de Bomare, Dict. raisonné universel d'hist. naturelle, Paris, Brunet) ; 1875 barnache (Gouezel, les Oiseaux de mer, Nantes, p. 20 dans Littré Suppl.) ; b) 1742 bernicle « patelle » (Dezailliers d'Argenville, L'Histoire naturelle éclaircie, 238 dans Quem. : On appelle ce coquillage en françois, Patelle [...] Jambe en Poitou et dans le païs d'Aunis, en d'autres endroits Bernicle) ; 1823 bernique (Mém. des Antiquaires de France, p. 330 dans IGLF Techn.). Orig. controversée ; suivant les différentes hyp. il y aurait soit un seul étymon, soit deux étymons différents pour 1 et 2 a, d'une part, et 2 b, d'autre part. Cf. avec 1 le lat. médiév. bernaca (ca 1175 Girard de Cambrai dans NED, s.v. Barnacle subst. 2), bernaculae (1210, Silvester Giraldus, Topogr. Hibern. dist. 1, cap 11 dans Du Cange, s.v. bernacae) et bernecla (ca 1247-48, Fridericus II Imp., art. ven., 1, p. 36, 13 dans Mittellat W. s.v., 1452, 10) peut-être à rapprocher, comme 2 a, de l'irl. bairnech de même sens (v. EWFS2, Dauzat 1968) lui-même à rattacher au celt. barennîka (irl. barenn « rocher », v. IEW t. 1, p. 134); noter au sens 2 a l'antériorité de l'angl. barnacle, attesté dep. 1581 (Campion dans NED) ; on explique généralement le rapport entre 1 et 2 a par une croyance pop. qui fait naître l'oiseau du crustacé, cependant le hiatus chronol. est considérable. 2 b est gén. considéré comme empr. au bret. bernic, brennik, de même sens, peut-être à rattacher au bret. bron « poitrine » à cause de la forme de la patelle (v. Barb. Misc. 4, pp. 15-17 et IEW t. 1, p. 170). Pour REW3, no1047, FEW t. 20, pp. 2-3 et Bl.-W.5, le bret. bernic serait également à l'orig. de 1 et 2 a, mais une orig. unique paraît peu vraisemblable (Barb. op. cit.) en raison notamment de l'écart sém. entre le bret. bernic qui désigne la patelle (2 b), et le nom de l'anatife lisse (2 a); noter cependant que Thomas, Mél. d'étymol. fr., 1902, p. 32 attribue à bernic le même étymon. celt. barennîka qui serait à l'orig. de l'irl. bairnech (supra).


Lire également la définition des noms barnache et pouce-pied afin d'amorcer la réflexion symbolique.


Autres noms : Pollicipes pollicipes - Barnache - Barnacle - Bernache - Lanperma - Operme - Pas-e-bez - Pied de biche - Poucepied - Poussepied - Pousse-pied -

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Zoologie :


François de Beaulieu, auteur d'un article intitulé "Balanes, anatifes et pouces-pieds, d'étranges crustacés" (In : Armen n°78, 1996) consacre un encart au pouce-pied :


"Les pouces-pieds ...


Les pouces-pieds (Pollicipes cornucopiae), comme les balanes, sécrètent une substance donnant à leurs larves une petite chance de trouver un site de fixation favorable après leur petit voyage en mer. C'est pourquoi, une cueillette raisonnable - c'est une espèce comestible - qui "éclaircit" le peuplement, peut favoriser la dynamique démographique, tandis que la mise à nu de larges surfaces de roche peut être très préjudiciable, ne serait-ce qu'en favorisant l'installation des moules, colonisatrices beaucoup plus rapides. Mais, le pouce-pied, tout hermaphrodite qu'il soit, pratique la reproduction croisée; il faut donc une densité d'individus suffisante pour qu'elle puisse avoir lieu. La maturité sexuelle n'étant atteinte qu'au cours de la cinquième année, il ne faut donc prélever que des individus d'au moins quinze millimètres. Si on les laisse tranquilles, ils pourront vivre au moins vingt ans, formant une bande de deux à trois mètres de large sur les rochers battus par les vagues.

Or, la cueillette à Belle-Île ou à Groix pour la "godaille" ou l'exploitation raisonnée par des professionnels responsables - activités autorisées dans certaines conditions - est sans cesse battue en brèche par un braconnage brutal. En effet, les gisements du Pays Basque et de Galice, ravagés depuis longtemps, ont bien du mal à alimenter le marché du percebe, produit dont la valeur identitaire a dépassé depuis longtemps l'intérêt gustatif. La demande espagnole est devenue telle qu'un chômeur peut être tenté de prendre des risques pour livrer un sac de cinquante kilos : c'est une "marée" de deux mille cinq cents francs ! Belle-Île ayant la réputation d'abriter les plus importantes colonies du monde, la tension y est souvent vive (on s'est même tiré dessus et on a compté jusqu'à deux cents pneus crevés) et des hommes sont morts pour s'être aventurés dans des falaises balayées par des lames. Ne racontait-on pas aussi, vers 1987, que la filière clandestine du poucepied servait à alimenter les caisses des séparatistes basques espagnols ? Les "coups" de plusieurs centaines de kilos ramassés en quelques heures et vendus au prix fort (600 francs le kilo !) par tel baroudeur local alimentent encore la chronique belliloise ... Les pêcheurs eux, en tirent de 50 à 150 francs selon la qualité, la saison, la quantité et le circuit de distribution. Ils aimeraient bien que la répression des cueillettes illégales ne se limite pas à la saisie-alibi de quelques sacs et quelques procès-verbaux classés sans suite.


des crustacés disputés


Groix n'est pas non plus à l'abri du braconnage mais l'existence de la Réserve naturelle devrait contribuer au maintien du peuplement. Relativement plus accessibles, les pouces-pieds de la côte Sauvage de Quiberon ont rapidement disparu. En fait, l'espèce, qui fut "commune" dans la région de Roscoff au XIXème siècle, ne remonte guère au-delà d'Ouessant et reste peu courante sur les rochers bien exposés de Camaret, du Cap-Sizun, de l'archipel des Glénan et des roches de Houat.

Les pouces-pieds peuvent être une intéressante ressource saisonnière pour quelques professionnels et même fournir des débouchés dans l'épicerie fine à des conserveries artisanales, mais la pérennisation de telles activités dépend d'une meilleure gestion des gisements et d'un ·contrôle sérieux des fraudes. On peut toutefois se demander si pour l'heure, on ne préfère pas, indirectement, gérer certains aspects au chômage en zone littorale en ne gérant pas les pouces-pieds !


Il y a trois espèces du genre Pollicipes au monde. L'une en Australie, l'autre sur la côte est des Etats-Unis, et l'autre- notre pouce-pied - du Sénégal à la Bretagne. Fleuron de la gastronomie belliloise, le pouce-pied aujourd'hui se fait rare. Il y a moins de 50 ans, les rochers des côtes ouest et sud en étaient couverts. Du niveau demi-marée jusqu'à basse-mer, on marchait sur ces crustacés. L'hiver, les villageois profitaient des grandes marées pour en déguster un repas. L'endroit le plus réputé pour le ramas- sage de grosses moules et de beaux pouces-pieds était la Truie, rocher situé à un mille de la côte Sud au large de l'île de Bangor. On y allait une ou deux fois dans l'hiver, car l'endroit est dangereux. En partant de port Kérel, il fallait une demi-heure environ à un bon rameur pour atteindre ce site. Arrivé sur place, un des équipiers restait dans le bateau et les autres sautaient sur le rocher. La pêche rapidement réalisée était mise en sacs, il fallait quitter les lieux avant le premier flot car les courants de marée sont très violents et rendent l'approche du rocher impossible. Au retour, on faisait la part des anciens, on se partagait la pêche ou on se réunissait pour la déguster ensemble. Le commerce des pouce8-pieds n'existait pas. Vers 1970, tout change ! Les Espagnols sont acheteurs. Ils ont épuisés leur lieux de pêche et l'importation bat des records. Sans règle, pêcheurs et amateurs bellilois rivalisent pour satisfaire la demande. Les prélèvements sont tels qu'en quelques années l'espèce est en danger. Aujourd'hui, la pêche est réglementée, et les prises des amateurs limitées à 2 kg par personne aux grondes marées."

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Catherine Dupont, Esteban Alvarez-Fernàndez, Yves Gruet et al., auteurs de "Un nouveau crustacé identifié sur le site gaulois de Port Blanc (île d´Hoëdic, Morbihan) : le pouce-pied Pollicipes pollicipes (Gmelin, 1790)." (In : Bulletin de l’A.M.A.R.A.I, n° 21, 2008, pp. 17-23.) font part de leur découverte :


"Présentation du pouce-pied Pollicipes pollicipes (Gmelin, 1790)


Le pouce-pied Pollicipes pollicipes est souvent confondu avec l’anatife Lepas anatifera. Si l’anatife vit sur des épaves et est parfois rejeté à la côte avec son support, le pouce-pied se fixe, quant à lui, sur les rochers à l’aide de son pédoncule. L’autre partie composée de plus de 18 plaques (Jennings, 1914 ; Relini, 1987 ; Barnes, 1996) est appelée capitulum.

Pollicipes pollicipes se trouve dans la zone intertidale entre le niveau moyen des hautes mers de morte-eau et le niveau moyen des basses mers de morte-eau (Cardoso et Yule, 1995). Aucune référence ne fait état de populations subtidales pour ce genre Pollicipes. D’autres Cirripèdes Pédonculés du genre Scalpellum sont, quant à eux, subtidaux en Manche et en Atlantique. Pollicipes pollicipes vit sur des côtes exposées aux houles (Barnes, 1996), à la base de hautes falaises accores (Southward 2008). Il peut aussi se fixer localement, sur des côtes moyennement battues, où des conditions topographiques locales (dessous d’un gros bloc, « grotte », goulet d’étranglement) peuvent provoquer une forte agitation (Barnes et Reese, 1960). Il se développe en bancs sur les rochers souvent mélangé à des moules et des balanes (Cardoso et Yule, 1995 ; Barnes, 1996). Sur le terrain l’observation montre en général les pouces-pieds rassemblés côte à côte et souvent en grappes (Cardoso et Yule, 1995). Les plus jeunes se fixent préférentiellement sur les pédoncules des individus adultes (Barnes et Reese, 1960).

Actuellement la distribution biogéographique de Pollicipes pollicipes s’étend du nord de la Bretagne au Sénégal avec une présence recensée en Méditerranée sur les côtes marocaines et algériennes (Barnes, 1996 ; Southward, 2008). Sa collecte peut se faire à la main, à l’aide d’outils par raclage de la roche ou à l’aide d’un marteau et d’un burin (Latrouite, 1992). La difficulté de son ramassage tient à l’escarpement des rochers et aux vagues souvent fortes qui frappent la falaise. Contrairement aux autres crustacés cirripèdes non pédonculés que représentent les balanes, le pouce-pied est consommé sous nos latitudes. Seule la partie interne du pédoncule cuit est mangée. En France, sa consommation reste limitée, tandis qu’en Espagne sa chair est très appréciée et fait l’objet d’un commerce lucratif. L’épuisement des gisements espagnols a même amené la France et plus particulièrement Belle-Île à exporter ce fruit de mer.

Les premières références archéologiques de l’exploitation du pouce-pied sont documentées à partir du Mésolithique, et plus encore au Néolithique. Ainsi, ce crustacé est présent dans les sites espagnols (Los Gitanos, Cantabrie) (Álvarez Fernández, 2008) et portugais (Vale Boi, Algarve) (Carvalho et al., 2008), mais aussi au Nord de l’Afrique (Zafrín, îles Zaffarines) (Álvarez Fernández, sous presse). En France, le site de Port Blanc est, à notre connaissance le premier où Pollicipes pollicipes a été identifié.

[...]

Le faible nombre de restes identifiés à Hoedic limite pour l’instant les interprétations quant à l’utilisation qui a été faite de ces crustacés. Cependant, la finalisation du tri des refus de tamis et de l’analyse malacofaunique ainsi que les campagnes de fouille à venir offriront une vision plus complète de l’exploitation de ce crustacé par ces populations humaines insulaires de l’Âge du Fer. Une reconstitution de la dimension des pouces-pieds trouvés à Port Blanc est envisagée. Elle devrait permettre de savoir si le pouce-pied a bel et bien participé à leur alimentation."

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Usages traditionnels :


Nadia Améziane, autrice de "Fruits de mer méconnus : quelles utilisations ? Quels impacts sur la ressource ?." (In : Revue d’histoire maritime, 2018, 24, pp. 139-156) s'intéresse à la consommation du pouce-pied :


"Les crustacés ont de longue date constitué des mets prisés par différentes civilisations. Les plus connus sont les araignées, les crabes, les crevettes, les étrilles, les homards, les langoustes, les langoustines et les tourteaux. Deux espèces moins célèbres font pour autant aussi l’objet de consommation alimentaire.


Le pouce-pied : La première concerne un crustacé cirripède marin, le  pouce-pied – ou poucepied –, qui a longtemps été une source de nourriture pour les habitants des côtes . Le pouce-pied inféodé à l’Atlantique Est correspond à l’espèce Pollicipes pollicipes. Son aire de répartition se limite à la zone intertidale 3, le long de la côte atlantique de l’Europe et de l’Afrique du Nord. Pollicipes pollicipes se compose d’un pédoncule cylindrique, charnu, court, gris foncé couvert de très petites plaques calcaires. Ce pédoncule est surmonté d’un capitulum triangulaire portant des plaques de tailles inégales (plus de dix-huit), blanches ou grises, unies entre elles par une membrane lisse brun vert. Le pouce-pied a une vitesse de croissance lente. Il vit fixé aux rochers fortement exposés aux vagues et forme souvent des populations denses. Les colonies ont une faible expansion 4. Seules les parties molles de l’animal sont consommées bouillies, le pédoncule étant la partie la plus appréciée des gourmets, particulièrement en été, alors que les œufs sont bien développés. Les pouces-pieds sont principalement constitués d’eau (90 %) avec 4 % de protéines, 5 % de lipides et environ 3 % de sels minéraux. Ils apportent de la vitamine B1 et B2, du potassium ainsi que d’autres minéraux et se révèlent faibles en teneur de graisse. Ils apportent 66 calories pour 100 g de poids par repas . En France, la valeur gustative du pouce-pied est reconnue depuis l’Antiquité, comme en témoignent les restes trouvés sur le site gaulois de Port-Blanc dans le Morbihan 6. Sa consommation a d’ailleurs longtemps été limitée aux riverains des gisements bretons et basques. Mais depuis plusieurs années, l’essentiel de la demande provient d’Espagne et du Portugal où il est particulièrement prisé.

Le pouce-pied se ramasse par raclage de la roche à l’aide d’une tranche ou « gratte », c’est-à-dire une sorte de râteau à main. Sur les sites où les densités sont faibles, on va même jusqu’à utiliser le marteau et le burin. En effet, le poucepied est généralement commercialisé collé à la pierre pour une meilleure conservation lors du transport. Selon la configuration du gisement, l’accès se fait par bateau ou par la côte. Le cas échéant, il nécessite des descentes en rappel ou en chaise de calfat le long de falaises inaccessibles à pied. L’escalade des prix a encouragé l’exploitation de sites plus difficilement accessibles et à rendements plus faibles .

Pour fournir le seul marché espagnol, qui en est devenu le premier consommateur, la production est estimée à 2 000 t/an. Au nord-ouest de la péninsule Ibérique, la Galice en est le principal lieu de production et de consommation. L’extraction des animaux y a connu une croissance considérable, passant de 227 t en 1994 à 400 t en 2001. Suite à un fort déclin des stocks locaux, dès les années 1970, en raison notamment de sa haute valeur commerciale 8, la demande du marché espagnol s’est tournée vers la France, le Portugal, le Maroc, le Pérou et le Canada où le pouce-pied Pollicipes polymerus présente une apparence et un goût similaires à ceux de P. pollicipes. L’Espagne est ainsi devenue le principal importateur mondial. En France, l’exploitation à des fins commerciales s’est surtout exercée sur les sites morbihannais. Depuis les années 1970, la quasi-totalité de la production nationale provient des gisements de Belle-Île-en-Mer. Dans les années 1960-1970, elle a dépassé les 300 t/an avant de chuter à moins de 50 t 9. Ces chiffres sont toutefois minimisés, les prises n’étant pas toutes déclarées.

Le pouce-pied a ainsi fait l’objet d’une pêche intensive qui a conduit à une surexploitation et à un fort déclin des populations dans plusieurs régions. La faible productivité de l’espèce, liée à une croissance lente et à une possibilité d’implantation réduite en raison d’exigences écologiques fortes, en fait une ressource peu abondante et fragile à exploiter. Aussi, sa pêche est soumise depuis plusieurs années à des quotas très stricts :


  •  En Galice, elle est autorisée de novembre à mars, ce qui évite seulement la période de reproduction du pouce-pied – mars à septembre. Le quota y est fixé à six kilogrammes par jour et par pêcheur et la taille minimale est de quatre centimètres de longueur totale ;

  • Par ailleurs, un système de cogestion a été mis en place entre les pêcheurs professionnels (cofradias) et  les  autorités régionales. C’est aussi le cas dans les Asturies. Non seulement les cofradias sont impliquées dans le plan de gestion, mais elles participent également à la lutte contre la pêche illicite  ;

  • Au  Portugal, les  pêcheurs vendent directement les  pouces-pieds aux consommateurs ou à des intermédiaires, ce qui rend très difficile d’apprécier la pression exercée sur la ressource. Par ailleurs, aucune réglementation n’a été mise en place à l’exception de quelques restrictions sur la pêche récréative. Citons aussi la mise en place d’un plan de gestion dans la réserve naturelle de Berlengas, en 2000, et du parc naturel du sud-ouest de l’Alentejo et de la côte vicentine depuis 2006  ;

  • En France, la période de pêche est de quatre mois environ (janvier à mars et septembre à novembre) et le quota est de 3 kg par pêcheur (pêche récréative) sauf pour les pêcheurs professionnels (bassiers). Cependant le problème de braconnage reste récurrent et est régulièrement sanctionné ;

  • Au Canada, les importations ont été arrêtées depuis 1999, date à laquelle la pêche commerciale du pouce-pied canadien a été fermée, suite à la baisse préoccupante du stock.


Outre la réglementation et face à une pêche illicite, des tentatives d’élevage de Pollicipes pollicipes ont été menées sur les côtes de Galice. Les résultats ont été peu probants. En effet, le mode de fixation larvaire de ces animaux rend difficile l’utilisation de substrats artificiels .

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Symbolisme :


Richard Harrington, auteur de Calme et puissant comme l'océan (Édition originale, 2020 ; Éditions FIRST, 2022) transmet la sagesse du pouce-pied :


"Choisis avec soin l'endroit où tu vis


Les pouces-pieds commencent leur vie en flottant sans contrôle parmi le plancton, puis changent de forme en grandissant. Ils sont très difficiles concernant l'endroit où ils choisissent de s'installer, car une fois adultes, ils ne pourront plus se déplacer. La larve inspecte quelques temps le rocher susceptible de devenir son habitat ; si l'endroit lui convent, le pouce-pied se cimente au sol, la tête à l'envers, les pattes dressées au-dessus du corps, le tout enfermé dans une armure fourreau qui comprend une trappe. Il passe ensuite sa vie à attraper le plancton qui nage à portée de ses pattes."

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