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  • Anne

Le Polypore du Bouleau




Étymologie :

  • POLYPORE, subst. masc.

Étymol. et Hist. 1790 (J.-J. Paulet, Traité des champignons, I, 512 ds R. Ling. rom. t. 42, p. 452). Empr. au lat. sc. mod. polyporus « id. » 1729 (P. A. Micheli, Nova Plantarum Genera, 129 d'apr. NED Suppl. 2), formé de l'élém. gr. π ο λ υ-, de π ο λ υ ́ ς « nombreux » et du gr. π ο ́ ρ ο ς « pore, passage ».

  • BOULEAU, subst. masc.

Étymol. ET HIST. − 1516 (Ordonn. des rois de Fr., 172 ro[1547] Delb. dans Quem.) ; 1518, janv. bouilliau (Edit de Fr. Iersur la conserv. des forêts dans Gdf. Compl.); av. 1619 bouleau (O. de Serres, 800, ibid.). Dér. de l'a. fr. boul, bououl « id. » (1215, Arch. K 28, pièce 3 dans Gdf.) utilisé encore dans quelques dial. (FEW t. 1, p. 346a) ; suff. -eau* (cf. Nyrop t. 3, § 197, 2o), peut-être pour éviter une confusion avec boule* (REW3) ; l'a. fr. est issu d'un lat. vulg. *betullus pour le class. betulla « id. » d'orig. gaul. (voir IEW, p. 480 et Ern.-Meillet).


Lire également la définition des noms polypore et bouleau afin d'amorcer la réflexion symbolique.

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Mycologie :


Dans le Bulletin de la Société Mycologique et Botanique de la Région Chambérienne (n° 16, 2011), Sylvie Serve nous apprend que :


Piptoporus betulinus (Bull. : Fr.) P. Karst.

Il se nomme communément le polypore du bouleau. Ce polypore est un champignon parasite, quasiment exclusif du bouleau. D'après la littérature, il possède soit une "odeur agréable, un peu acidulée" (Roux, op. cit.), soit une "odeur légère de chicorée à sec" (Marchand, 1974), soit encore une "odeur et saveur fortes, un peu acidulées" (Romagnesi, 1967). Ce champignon assimile beaucoup de principes actifs de l'écorce du bouleau et ses constituants principaux sont l'acide bétulinique, la bétuline, l'acide agarique, l'acide polyporénique et d’autres sucres et stérols en moindre quantité. Des études récentes ont dévoilé la nature antibiotique de plusieurs de ces acides, le polyporénique en particulier, et nous venons de voir les propriétés des constituants provenant du bouleau.

En 1991, on a découvert près d'un glacier en Autriche, une momie surnommée “l'homme des glaces” qui fut baptisée Ötzi. On a découvert sur lui des masses sphéroïdes qui ont été formellement identifiées comme étant du Piptoporus betutinus, il est certain qu'il se soignait avec ce champignon. Ceci nous apprend qu'il y a 5000 ans déjà, on connaissait les vertus du Piptoporus !

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Avant de décrire le Polypore du Bouleau dans son Grimoire de Magie forestière (Alliance magique Éditions, 2021) Lyra Ceoltoir présente rapidement les Polypores lignicoles :


Ils montent, ils montent, ils montent, telles de petites marches imbriquées sur les troncs des arbres de la forêt. Les polypores lignicoles (qui poussent donc comme leur épithète l'indique, sur le bois) sont une vaste famille rassemblant plusieurs taxons distincts, parfois très différentes, qui ont en commun de présenter un hyménium parsemé de très nombreux pores (d'où leur nom, « poly » signifiant « plusieurs »). Nous ne pouvons naturellement pas aborder les quelques trois cents espèces présentes rien que sur le territoire français, nous nous restreindrons donc à trois des espèces emblématiques de cette famille, épousant la forme caractéristique d'une « console » poussant à la perpendiculaire des troncs d'arbres.


Vie de champignon : Le Polypore du Bouleau

Le Polypore du bouleau (Piptoporus betulinus, du grec pipol porus, « portes qui se détachent » et du latin betulinus, « bouleau ») colonise, comme son nom l'indique, les bouleaux malades, endommagés ou morts. Il ne s'attaque quasiment jamais aux individus sains. Comme le polypore marginé, c'est un saprophyte. Son chapeau sans pied semble jaillir horizontalement des troncs comme une langue ou une marche d'escalier, en suivant une forme généralement en demi-cercle, de 5 à 20 centimètres de large sur 2 à 6 centimètres d'épaisseur. Son bord est épais, en forme de « bourrelet », et crée une petite marge sur sa face inférieure, tandis que sa surface, elle, est couverte d'une pellicule cireuse, beige à brun clair, coriace, mais se détachant facilement (d'où son nom grec). Ses tubes sont blancs, courts et forts.

Il n'est pas comestible, pour les mêmes raisons que son cousin, mais fut longtemps utilisé pour aiguiser les lames de chapeau et de rasoir : ses tranches fines étaient aplanies au maillet avant d'être fixées sur un morceau de bois, enduit de tripoli, et utilisé comme « cuir à rasoir ». En Europe de l'Est, on en tire également une substance antiparasitaire et vermifuge.

Il est en outre l'un des champignons retrouvés dans la besace d'Ôtzi, l'homme momifié par le glacier du Hauslabjoch que nous avons déjà évoqué, qui le transportait peut-être en tant que traitement médical pour soigner son dos et la maladie dégénérative des articulations dont il souffrait aux genoux, hanches et poignets (1).


Note : 1) Zink (Albert), Samadelli (Marco), Gostner (Paul), Piombino-Mascali (Dario), « Possible evidence for care and treatment in he Tyrolean Icenian » in International Journal of Paleopathology, vol 25, juin 2019, pages 110 à 117.

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Vertus médicinales :


Christelle Francia, Françoise Fons, Patrick Poucheret et Sylvie Rapior, auteurs d'un article intitulé "Activités biologiques des champignons : Utilisations en médecine traditionnelle." (In : Annales de la Société d’Horticulture et d’Histoire Naturelle de l’Hérault, Société d’Horticulture et d’Histoire Naturelle de l’Hérault, 2007, 147 (4), pp. 77-88.) recensent les usages traditionnels des champignons :


​​Usages traditionnels

​Espèces utilisées

Lieux géographiques

​Posologie, formes galéniques, renseignements complémentaires

Références

​Anti-infectieux et cicatrisant

Piptoporus betulinus (Polypore du bouleau)

Grande-Bretagne (South West Surrey)

​On utilise le charbon obtenu en plaçant le champignon dans une boîte en fer au-dessus d'un feu doux. Présenterait des propriétés antiseptiques et cicatrisantes.

​Swanton in Ramsbottom (1923)

Astringent

idem

Grande-Bretagne (South West Surrey)

Chair découpée en lanières et utilisée comme styptique dans les hémorragies.

Ramsbottom (1923)

Pédicurie

idem

Grande Bretagne (South West Surrey)

​Découpé en fines lamelles percées d'un trou qui servent de coussinet en cas de cors aux pieds.

Ramsbottom (1923)

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Usages traditionnels :


Selon François Simon Cordier, auteur de Les champignons: histoire, description, culture, usages des espèces comestibles, vénéneuses, suspectes, employées dans les arts... (J. Rothschild, 1876) :


Il a la chair blanche, ferme et tenace, et sert, en Angleterre, à faire d'excellents cuirs à rasoirs ; en Sibérie, à faire de l'amadou. On dit que les peuples du Nord l’emploient, après l'avoir brûlé, à aromatiser le tabac.

 



Symbolisme :


Dans son Grimoire de Magie forestière (Alliance magique Éditions, 2021) Lyra Ceoltoir rend compte de son expérience magique avec les champignons :


Le Message de l'Autre Monde : « Plus haut, plus haut, plus haut... Qui a dit que la mort était une fin ? Regarde-moi, j'en fais une source de nourriture, un support, un tremplin pour m'élever, pousser grandir. Ce qui est mort ne peut pas disparaître sans laisser de traces. Il faut le décomposer, lentement, pour en tirer de quoi avancer, tut en aidant le reste, l'inutile, à retourner dans le terreau fertile de l'En-Dessous afin de nourrir le potentiel de vie dont regorge le cœur de notre Mère Terre. Telle est ma mission. Noble et exaltante, n'est-ce pas ? Et toi, que peux-tu entreprendre pour faire de la mort un vecteur de vie ? »


Dans le chaudron : La formation caractéristique de ces champignons, qui revêtent l'aspect d'un escalier féerique que l'on croirait créer pour permettre aux habitants des bois de monter à l'assaut des troncs, en fait de précieux ingrédients pour les sortilèges et les charmes d'élévation, de progression, d'évolution, de développement et d'accroissement. Les polypores marginé et du bouleau, par leur mode de croissance semblable à celle des arbres, poussent à leur confier des projets, des désirs ou des espoirs qui se développeront avec eux.

En tant que régulateurs de la vie végétale, ils sont naturellement liés au cycle de vie, mort et renaissance, et peuvent ainsi aider à travailler sur ces notions, notamment lors des processus de deuil ou de bannissement, pour laisser « mourir » symboliquement quelque chose devenu inutile ou néfaste, et, inversement, pour se relever d'une épreuve, entamer une nouvelle étape d'évolution, grandir spirituellement et mentalement, ou encore tourner la page sur une phase de l'existence.

Leur forme en console se prête également tout à fait à la magie sauvage et sylvestre, en particulier en lien avec les esprits forestiers et les membres du petit peuple. On peut se servir de leur surface relativement plane et solide pour dresser de petits autels éphémères et naturels en hommage à une entité des sous-bois, adresser des offrandes à la forêt ou à une divinité sylvestre, ou encore jeter des charmes sauvages en extérieur. Evidemment, on n'emploie pour cela que des outils et éléments strictement naturels et sans danger pour la vie sauvage : exit les bougies, le sel et les encens ; préférez les couronnes de feuilles, les calices en cupules de gland ou les pentacles en brindilles.


Sortilèges : L'Échelle des Fées : Confier un souhait à la Forêt

En grand secret, vêtu de couleurs sylvestres pour mieux vous fondre dans la végétation, rendez-vous dans une forêt chère à votre cœur, en quête d'un polypore amical (ou d'une colonie de ceux-ci !) Laissez-vous imprégner des énergies de la forêt ; marchez lentement, le plus silencieusement possible, et essayez de vous fondre dans le décor. Soyez à l'écoute des bruits des animaux, du vent dans les branches, des craquements de feuilles sous vos pas, du chant des oiseaux.

Laissez une offrande de lait au miel au pied de l'arbre sur lequel pousse votre allié champignon et ramassez une jolie feuille morte, assez grande pour y inscrire votre vœu à l'aide d'un fin bâtonnet trempé dans une encre naturelle, de la suie diluée dans un peu d'eau, par exemple peut faire l'affaire. Résumez votre souhait à un seul mot ou à un symbole et tracez-le sur votre feuille en le visualisant de toutes vos forces. Prenez celle-ci entre vos mains et adressez une prière à la forêt :


« Forêt profonde, belle et sauvage,

Je suis venu(e) sous tes branchages

Pour te demander humblement

D'exaucer mon vœu maintenant. »


Déposez la feuille sur le polypore, face écrite contre le chapeau du champignon, en pressant légèrement pour qu'elle y adhère Incantez :

« Voici mon souhait, que je confie

A toi, champignon, mon ami.

Sois remercié de tes bienfaits.

Toi, champignon, échelle de fée. »


Prenez un instant pour exprimer vos espoirs et votre gratitude, répétez la libation de lait au miel au pied de l'arbre et partez le cœur léger d'une vie antérieure dont vous auriez beaucoup à apprendre.


Petit champi deviendra Grand : Sortilège de Croissance

Si vous voulez faire croître quelque chose, comme un projet, une idée, une situation, rendez-vous dans une forêt en quête d'un polypore (marginé ou du bouleau) ou d'une colonie. Cherchez le champignon le plus amical, qui semble tout à fait disposé à vous écouter et prendre soin de votre demande, et prenez un instant pour le regarder, l'admirer, vous émerveiller de son étonnante croissance et de la capacité qu'il a de grandir chaque année. Comptez les nervures sur son chapeau, pour vous donner une idée de son âge. Utilisez ce nombre dans votre incantation, pour la lier au champignon, par exemple afin de déterminer le nombre de vers ou de répétitions.

Quand vous vous sentez prêt, déposez sur le champignon un symbole, de ce que vous aimeriez faire croître. Cela peut -être la carte de visite de votre entreprise, la photographie de votre couple, une description d'une idée que vous aimeriez développer, une pièce de monnaie ou un billet pioché dans votre portefeuille... Posez vos mains de part et d'autre du champignon, et adressez-lui votre souhait sous la forme d'une incantation. Cela pourrait ressembler à :

« Polypore, toujours plus grand.

Au chapeau chaque année croissant.

Je te confie dès aujourd'hui

(Votre souhait) pour qu'il soit grandi. »


Remerciez chaleureusement le champignon par une offrande, oblation, chanson, cheveux, sang...), récupérez le symbole et partez sans vous retourner.

Gardez le symbole comme amulette. Ne donnez à personne la carte de visite, ne dépensez pas la pièce o le billet, mais conservez-le à l'abri, et ressortez-le en répétant l'incantation de temps en temps, quand vous ressentez le besoin de donner un petit coup d'énergie à votre sortilège (mais pas trop souvent non plus, vous en épuiseriez le potentiel).

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