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  • Anne

Le Néflier




Étymologie :

  • NÉFLIER, subst. masc.

Étymol. et Hist. a) Type meslier 1177 mellier (Liv. blanc d'Abbev., fol. 167b ds La Curne) ; ca 1190 [ms. B. Cangé, fin xiiies.] meillier (Renart, éd. M. Roques, 8145 : Baston ot de meillier) ; ca 1230 [ms. unique, xiiies.] meslier (Wistasse le moine, éd. W. Foerster et J.Trost, 438) ; 1242 mellier (Cart. de Ponthieu, BN fr. 10112, fol. 22 rods Gdf. Compl.) ; b) type nesplier ca 1190 [ms. L, début xive s.] nesplier (Renart éd. citée, 8145, var.) ; ca 1256 [ms. A, xiiies.] nespliers (Aldebrandin de Sienne, Régime du corps, éd. L. Landouzy et R. Pépin, 54, 19) ; début xive s. nepliers (Gloss. Evreux, 188 ds Roques t. 1, p. 74) ; c) type nesflier ca 1190 [mss A et C, xiiie s.] (Renart, éd. E. Martin, VI, 871 et var.) ; 1314 [ms.] nefflier (Chirurgie de H. de Mondeville, éd. A. Bos, 1863). Dér. de nèfle ; suff. -ier*.


Lire également la définition des noms néflier et nèfle afin d'amorcer la réflexion symbolique.


Autres noms : Mespilus germanica ; Néflier commun ; Néflier d'Allemagne ; Aubépine d'Allemagne ; Mélier ; Mesplier ; Mespoulo

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Botanique :


Jean-Marie Pelt, dans son ouvrage intitulé simplement Des fruits (Librairie Arthème Fayard, 1994), brosse le portrait de la Nèfle, le fruit à cinq noyaux :


La nèfle a l'étrange particularité de ne se consommer qu'après maturité, alors qu'elle est presque blette. Aussi

la récolte-t-on tardivement, de préférence après les premières gelées, mais toujours avant la chute des feuilles. D'abord dure et acerbe, la nèfle se transforme peu à peu en une pulpe sucrée, tandis que sa peau vire du jaune orangé au brun. Le fruit contient cinq noyaux durs comme des pierres, dont on considérait jadis qu'ils possédaient la faculté de rompre les calculs urinaires : c'était là une illustration de la fameuse « théorie des signatures » selon laquelle les plantes révèleraient par un signe leurs propriétés thérapeutiques. Cette doctrine, répandue sur tous les continents, est l'une des caractéristiques les plus constantes de la « pensée sauvage ». Il faut y voir en fait un moyen de véhiculer, dans des sociétés de tradition orale, le souvenir des propriétés thérapeutiques des plantes telles qu'elles furent préalablement repérées et définies par les guérisseurs et autres « tradipraticiens »

En fait, la nèfle contient des proportions importantes de tannins et c'est à ce titre que la médecine l'a utilisée le plus judicieusement. Elle possède, en effet, de puissantes propriétés anti-dysentériques et anti-diarrhéiques. Elle reste cependant un fruit très marginal en raison, semble--il, de la difficulté qu'on éprouve à l décortiquer : il convient en effet de la peler, puis de la « désosser », pour n'en consommer finalement que la pulpe à la saveur douceâtre, acidulée, un peu vineuse, mais fort agréable.

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Bienfaits thérapeutiques :


La Nèfle dans la thérapeutique d'antan
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Henri Leclerc, La nèfle dans la thérapeutique d'antan. (In : Revue d'histoire de la pharmacie, 40ᵉ année, n°133, 1952. pp. 337- 342) =>


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Symbolisme :


Jean-Marie Pelt, dans son ouvrage intitulé simplement Des fruits (Librairie Arthème Fayard, 1994), cite le portrait du Néflier fait par Henri Leclerc, portrait plus symbolique que réellement botanique :


« Originaire des forêts de la Gaule et de la Germanie d'où Jules César l'importa en Italie, le néflier, en pénétrant dans les vergers, s'est à peine dépouillé de ses allures agrestes : s'il a perdu ses longues et fortes épines, c'est toujours, au milieu des autres arbres fruitiers, le silvain dont le tronc bossu, les membres sombres et noueux semblent se tordre sous la menace d'un orage ; son aspect maussade et dolent est celui d'un pauvre être souffreteux, couvert de feuilles épaissement ouatées, comme un vieillard cacochyme et déformé par les rhumatismes. A peine revêt-il un peu de grâce au printemps lorsque s'ouvre la large corolle blanche ou empourprée de sa fleur ; grâce éphémère, car à cette fleur succède bientôt un fruit ridicule et contrefait qu'on croirait l'œuvre d'une Nature en goguette : verdâtre et globuleux dans sa jeunesse, il prend, en mûrissant, la teinte bistrée, la consistance molle et fluctuante d'un inquiétant apostume ; pour comble d'ironie, il porte un diadème, couronne dérisoire formée par les dents persistantes du calice et rappelant assez le bonnet à pointes dont, au Moyen Âge, on ceignait le front des fols... De nos jours, le fruit du néflier est resté le symbole des choses dont 'l'inconsistance voisine avec le néant, ainsi qu'en témoigne à réponse populaire qu'on oppose à une requête importune : "Vous n'aurez que des nèfles !", ou plus énergiquement : "Des nèfles !". »

C'est en ces termes fort suggestifs qu'Henri Leclerc brosse le portrait du néflier et de ses nèfles.

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