Le Litchi
- Anne

- il y a 8 heures
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Étymologie :
Étymol. et Hist. 1. 1588 Lechia, fruit (La Porte, trad. de l'Esp. Mendoza, Hist. du Gd Royaume de la Chine, fo5 rods Arv., p. 302) ; 1664 Li-ci (Boym, Flora sinensis, p. 20 ds M. Thévenot, Relations, II, ibid., p. 303) ; 1696 Létchi (Le Comte, Nouv. mém., I, pp. 211-212, ibid.) ; 1721 litchi (Trév.). ; 2. 1628 Lechia, arbre (Figuier, trad. du Port. Mendes Pinto, Les Voyages, p. 308 ds Arv., p. 302) ; 1773 litchi (Bern. de St-P., Voyage à l'Ile de France, p. 64) ; 1832 letchi (Raymond). Empr. au chinoisli-chi par l'intermédiaire des récits de voyages port. et esp. Attesté en port. lechia (1541, F.M. Pinto ds Dalg. t. 1, p. 519) et en esp. lechia (1585, Mendoza, ibid., p. 520).
Lire également la définition du nom litchi afin d'amorcer la réflexion symbolique.
Botanique :
Selon Pierre Gibassier et Lucien Guyot, auteur de Les noms des arbres (Éditions des Presses Universitaires de France, collection Que sais-je ?, 1966)
"L'arbre qui le porte a pour nom scientifique nephelium, c'est l'ancien nom de la bardane, appliqué au litchi dont les fruits rudes ressemblent un peu à ceux de la bardane. Moins peut-être pour leurs fruits que pour leur port majestueux, leur ombre généreuse et leur caractère religieux."
Marie-Thérèse Romain, autrice de "Notules botaniques: les fruits exotiques." (Les Naturalistes de Charleroi, 2020) présente le Litchi :
"Litchi et fausses fraises
Le litchi ou letchi de Chine (Litchi sinensis) est une Sapindacée aux fruits douceâtres du même nom. Sa culture est attestée en Chine depuis plus de 2000 ans mais la plante fut introduite dans d’autres régions tropicales. C’est un Jésuite polonais, missionnaire en Chine, qui fit découvrir ce fruit aux Occidentaux au 17ème siècle. Il fut introduit à La Réunion en 1764 et, de là, fut planté à Madagascar, qui devint l’un des plus gros producteurs.
Il existe deux sous-espèces : Litchi sinensis subsp. sinensis, originaire de Chine et Indochine et Litchi sinensis subsp. philippinensis, originaire des Philippines et d’Indonésie. Il va de soi qu’il existe divers cultivars !
Les fruits sont produits en grappes fournies. Malgré son aspect charnu, le fruit est en fait un akène (fruit sec indéhiscent) dont la partie charnue, blanche et comestible est un arille (expansion de la graine), lui-même entouré d’une enveloppe coriace et grumeleuse qui vient de la paroi de l’ovaire et représente le péricarpe.
L’ovaire possède au départ deux carpelles dont l’un avorte, mais il peut arriver que les deux carpelles se développent, donnant alors naissance à des litchis « siamois ».
Rouge à l’état frais, le litchi ne le reste que peu de temps : il brunit en quelques heures, ce qui ne l’empêche pas de garder sa saveur !"
Le restaurant chinois est sans doute le meilleur endroit pour le déguster. Mais méfions-nous, car le litchi a des faux frères, que nous allons découvrir !
Le longane ou œil de dragon est, comme le litchi auquel il ressemble, le fruit d’une Sapindacée originaire de Chine (Dimocarpus longan). Il s’agit, comme chez le litchi, d’un akène, noir et brillant, entouré d’un arille pulpeux blanc et translucide, l’ensemble évoquant un globe oculaire, d’où son nom vernaculaire. Il se consomme comme le litchi."
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Anecdote historique :
Lothar H. Wedekind, auteur de "La Chine adopte l'irradiation des denrées alimentaires." (In : Bulletin de l'AIEA, 1986, vol. 28, no 2, pp. 53-57) relate ls faits suivants :
"Il y a plus de mille ans peut-être, sous la dynastie des Tang. la belle reine Yang trouvait une première solution au problème du ravitaillement de la Chine. L'histoire nous apprend qu'elle a chargé des pelotons de cavaliers de transporter des litchis frais depuis leur région de culture au Fujian, dans le Sud, jusqu'à la province septentrionale de Xian, à 2000 kilomètres environ de là. où l'on en avait grand besoin. Grâce aux relais permettant aux cavaliers de galoper nuit et jour, les livraisons ne prenaient paraît-il guère plus de trois jours. La Chine a toujours dû lutter pour assurer l'équilibre entre l'offre et la demande de denrées alimentaires, et les disettes régionales dues à des causes naturelles et autres demeurent l'objet de graves préoccupations. La Chine est le pays le plus peuplé du globe, mais elle ne dispose que de la quinzième partie environ de ses terres arables. Elle ne peut se permettre de gaspiller la nourriture, ni de négliger aucun moyen de lutte contre le gaspillage."
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Usages traditionnels :
Dans l'Atlas des saveurs : 1500 accords créatifs et des recettes inspirantes (Éditions Dunod, 2023) de Raphaël Haumont et Thierry Marx on lit les informations qui suivent :
"Litchi : Il suffit de regarder ls molécules présentes dans le Litchi pour comprendre pourquoi ce fruit se marie si bien avec les notes florales des roses et des framboises. Le macaron Ispahan de Pierre Hermé est la preuve de la réussite de ce trio, misant tout sur le géraniol et le nérol. Mais on peut également chercher des saveurs hespéridées, car le litchi a préparé le terrain avec ce grand nombre de molécules qu'il partage avec les huiles essentielles d'agrumes.
Tout d'une rose : La complexité aromatique des litchis ne s'arrête pas à leurs notes florales. Des études récentes ont démontré la présence de nérolidol, un composé que l'on retrouve dans le néroli, la lavande ou le camphre, et qui, isolé, donne des odeurs de métal et de cire. La légère amertume autour du noyau apporte de la complexité à la dégustation. Enfin, des traces de diméthyltrisulfite ont été décelées. Oui, les mêmes molécules que dans le chou, les oignons et l'ail...Et si nous en faisions un atout pour basculer dans des notes salées et proposer des accords osés ?
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Tout d'un agrume, sans l'acidité : Le litchi peut être utilisé comme un condiment ou comme une garniture qui apporte des notes florales et d'agrumes. Il possède toutes les molécules « signature » d'un yuzu ou d'un citron, mais sans l'acidité en bouche ! Au contraire même, il développe plutôt des notes grasses et rondes, qui permettent des accords favorables avec la noix de coco, la pêche ou l'huître. Un agrume sans l'acidité : voilà une nouveauté dans notre cuisine.
[...]
Astuce - Ne cuire sous aucun prétexte : Pas de cuisson pour le litchi ! Ce fruit s'épluche, se détaille et se consomme quasi immédiatement, si on veut profiter des ses notes si complexe. Tel un vin ou un saké (avec qui il partage de très nombreuses molécules aromatiques), il se consomme à température ambiante, sans aération excessive et dans une durée raisonnable après avoir été cueilli."
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Symbolisme alimentaire :
Pour Christiane Beerlandt, auteure de La Symbolique des aliments, la corne d'abondance (Éditions Beerlandt Publications, 2005, 2014), nos choix alimentaires reflètent notre état psychique :
"Le Litchi se sent bien à l'aise dans l’univers du “je” pur et nu, sans que ce “je” ait besoin de se cacher derrière une fonction, un emploi, un rôle, une attitude, une mode, un pays, une communauté, une tradition familiale. Il se montre ouvertement, tel qu’il est. Il ne veut rien cacher, il ne veut se retrancher derrière rien. On dirait que le Litchi symbolise l'humain dépouillé de tout ornement, sans Titre ni médaille, sans camouflage, sans se composer d’ “attitude” servant à dissimuler bien des choses... Il ne redoute pas la présence au fond de lui de quelque chose de négatif, de vilain ou de ténébreux, pas plus qu’il ne trouve que son corps soit laid. Il est d’une pureté et d’une clarté absolues : pour lui, tout peut être percé à Jour. Il n’a pas peur de la vérité car il représente la sincérité en personne. Tout en lui, de la cave au grenier, est propre et honnête. Le Litchi se plaît dans sa nudité puis- qu'il n’a rien à cacher. Il n’a pas l’impression de devoir enfouir dans ses profondeurs quelque chose de noir.
L’homme a-t-il (d’après sa conviction) laissé la lumière éteinte en lui et l’a-t-il cherchée à l’extérieur de lui, chez autrui, chez des dieux ? “Dites-moi, puis-je avoir confiance en moi ? Comment me considérez-vous ? Et puis-je avoir confiance en vous ?” L’ “envie” de Litchis incite l’homme à rechercher la lumière de son authenticité, tout au fond de lui. Il apprendra à éclairer sa “lanterne” auprès de lui-même, pas auprès des autres. Il n’a pas besoin de l’approbation d’autrui lorsqu'il s’approuve lui-même ! L’incertitude quant à la façon dont il est, dont il devrait être, le harcèle.. jusqu’au moment où 1l se rend compte qu’il a le droit d’être “soi-même”, en toute pureté, en toute franchise.
“Est-ce que tout cela est possible ? Est-ce que je suis bon ? Y a-t-il quelque chose en moi ?” L’être humain devra résoudre ces questions à l’INTÉRIEUR de lui. Au début, il semble chercher, espérant trouver les réponses toutes faites à l’extérieur. Comme s’il cherchait à se faire confirmer son existence, son JE. Il a besoin de se VOIR tel qu’il est, indépendamment des facteurs de l’environnement, à l’aise des circonstances, etc. … et, par cette pureté, de pouvoir ÊTRE lui-même en toute sincérité.
C’est L'ÊTRE HUMAIN qui, au-delà de l’image traditionnelle d’Eve la jeune fille et d'Adam le jeune homme... , se redécouvre en tant qu'ÊTRE HUMAIN : sans être assujetti aux clichés, aux attentes de la société. Il jette sa ligne de pêche jusqu'aux abysses de son âme pour remonter son Noyau Pur, sa nature authentique.
C’est l’Humain d’avant la Chute, l’humain qui réapparaît métamorphosé. Cela n’est possible que s’il s’est départi de sa “honte” et de son angoisse. Pour ce faire, il lui est indispensable de détruire en lui la “convoitise” et le “vouloir avoir”. Il ne veut plus plaire. Il ne veut plus faire montre de sa beauté et de sa force. Il est simplement lui-même. Il se sent bien ainsi, dans sa “nudité”, maintenant qu’il a remplacé sa convoitise, sa jalousie, son magnétisme sexuel... par son candide ÊTRE INTÉGRAL. Le Serpent est mort. L’être humain vit désormais par la Racine qui est plongée dans ses propres profondeurs, indépendamment d’autrui !
Celui qui a très envie de Litchis est homme plus ou moins agité qui, pris d’inconscientes angoisses, manquant de vue d’ensemble, navigue en tous sens sur les eaux de la vie. C’est l’homme qui ignore tout, sauf l’état réel de son âme profonde : il le sent. mais il n’est pas sûr de son origine, de sa véritable nature.
Le Litchi mène l’homme vers les nappes phréatiques, vers sa Racine : 1l demande une confiance absolue dans ce qui se passe sous l’eau.
Le Litchi dit : “Ose donc bâtir sur tes fon- dations, sur celui que tu ‘es’. Même si tu ne le vois pas tout de suite, TU ES effectivement un être unique, original. , ne mets pas cela en doute. Livre-toi à ton Moi profond, aux processus spontanés de la vie. N’essaie pas de tout saisir rationnellement avec l’esprit critique car ainsi tu n’arriveras jamais au niveau de la vraie Vie !”
“Il est possible”, poursuit le Litchi, “que tu ne ‘voies’ pas bien comment et pourquoi... Tu te demandes peut-être comment tout cela va finir. Tu te poses toute une série de questions à ce sujet, tu te sens émotionnellement livré à toi-même …?
La sphère du Litchi entend évacuer avec elle les angoisses sous-jacentes et construire une confiance inconditionnelle dans son propre Etre. Elle représente le contraire de l’adage “voir avant de croire”. Intuition, foi, confiance et absence de doute à l’égard de son propre Etre. “Oui, tu existes ! Oui, tu peux être ici ! Oui, tu es un être original qui existe indépendamment des autres.” Cet humain donne l’impression de se retrancher derrière autrui, derrière un groupe, une communauté, une famille alors que, peut-être, il n’existe point en tant que JE. Le Litchi lui parle: “Résous tes angoisses profondes. Ne te considère pas comme un animalcule qui peut être détruit tel un insecte. Pars à la recherche de ta propre grandeur.”
“Tenez”, dit le Litchi, “j’ai beau être l’un des fruits les plus petits et les plus mous, je crois fermement en mon existence. en ma qualité de JE.” Il peut bien le dire puisqu'il est sincère avec lui-même. Pour trouver son Noyau fort et sincère l’homme plonge avec le Litchi dans les eaux souterraines pour s’y dé- couvrir et s’y sentir bien et en sécurité. Les eaux vitales ne sont nullement menaçantes pourvu que l’homme porte un regard pur sur ses propres eaux.
Cela revient quelquefois à Douter de la Vie : “Suis-je existant ou mort ?”
Réponse du Litchi: “Mais ne le sens-tu pas ? Qu’as-tu donc à cogiter…. , à te faire des soucis ?” Seulement, le Litchi fait remarquer que l’être humain doit se trouver en toute “nudité”, INDÉPENDAMMENT de Qui ou de Quoi que ce soit. Lui, l’être humain, dans son Être nu, pur et total. Il doit regarder en face son “Je” pur, sans se cacher... derrière un emploi, une attitude, des “petites manières”, un rôle, un groupe, un(e) partenaire, un parent. Il se regardera comme un fruit qui vient de naître : 1l “s’habillera” d’après le caractère propre de son âme, d’après sa nature unique. Croître en toute sincérité à partir de lui-même... Cela signifie notamment qu’il doit se débarrasser de tout ce qui n’est pas à lui ou de tout ce qu’il a “adopté” : endoctrinements, habitudes, gestes, normes, traditions. et, surtout, LE “péché originel”: sa conviction d’être une créature peccable, un individu coupable, un être mortel, un vilain foutriquet. Il se trouve peut-être pris dans une “toile” du passé dont il n’avait pas à ce jour la moindre notion. Il devra désormais se “libérer” et en arriver à la vérité toute nue à propos de son propre être.
Il lui faudra sans doute se faire “redémarrer”, recommencer, se rééduquer. Tout revoir ce qu’on lui a appris autrefois. Faire table rase. Recommencer à zéro. Mais c’est précisément là qu’il fera sa propre connaissance : en partant de son Noyau pur et nu il se développera et se connaîtra durablement. Il continuera de “suivre” sa croissance et de se comprendre. l’angoisse, l’impression de manquer de base stable, de s’aventurer en territoire inconnu. Il n’éprouvera des angoisses qu’aussi longtemps qu’il restera encore une lueur de “mort” en lui, qu’il craindra la vérité de la vie, qu’il tentera d'échapper à lui-même.
Celui qui ressent une forte envie de manger des Litchis éprouve des difficultés à lâcher prise par rapport à tout et à tout le monde de manière à vivre sans structure et sans appui extérieurs. Il n’aura pas besoin de faire de l’hyperventilation ni de paniquer…. Il va être confronté à lui-même. “Qui suis-je —-tout à fait ordinaire et pourtant unique —-en tant qu'être humain parmi les humains ?”
Celui qui éprouve un grand besoin de Litchis est à la recherche de sa propre assise, de ses profondeurs. Cela l’ennuie sérieusement de ne “savoir” pas ce qui se passe là-bas, sous la surface. Il veut comprendre, ne rester pas étranger à ces choses. Peut-être ne s’attend-il pas tout le temps à entendre de beaux discours au sujet de sa personne, mais il est curieux, 1l veut simplement savoir. Il supporte difficile- ment qu’on garde une chose “secrète” pour lui (parce qu’il se méfie plutôt du secret de son propre Contenu !). Il a besoin de creuser davantage et d'examiner les choses. Il se pose des questions à propos des origines profondes, des causes premières des choses : il aimerait tout comprendre ou le découvrir.
Le consommateur de Litchis se lancerait bien dans des recherches pour tout saisir. Il interroge, il apprend, il insiste pour en savoir plus. Il n’est pas sûr... Il est parfois un peu méfiant, ne se fie pas d'emblée aux choses. On pourrait dire qu’il tâte le terrain pour pénétrer la “vérité”. Il devra se rendre compte que Le consommateur de Litchis se lancerait bien dans des recherches pour tout saisir. Il interroge, il apprend, il insiste pour en savoir plus. Il n’est pas sûr... Il est parfois un peu méfiant, ne se fie pas d'emblée aux choses. On pourrait dire qu’il tâte le terrain pour pénétrer la “vérité”. Il devra se rendre compte que la vérité se révélera d’elle-même dès le moment où, vivant en toute sincérité envers lui-même, il ne cache pas son véritable je dans sa pureté nue. (Son visage reste alors impassible...). Ce qui l’intéresse aussi, c’est de découvrir ce que les autres ont l’intention de faire de lui. Il n’aime pas être le dindon de la farce. Il se a horreur d’être laissé de côté. Comme il n’ose pas le demander ouvertement il se renseigne discrètement à gauche et à droite pour savoir si l’on ne le mène pas en bateau. Cette personne devra apprendre à dire son opinion sans détours, à être elle-même en toute franchise, de sorte que sa défiance en- vers autrui puisse disparaître. Elle devra sup- primer son attitude acide, critique ou méfiante envers elle-même et se réserver un accueil chaleureux. Ainsi, elle se sentira bienvenue aussi parmi les autres. Elle ne se laissera plus avoir par elle-même : elle vit à partir de son Noyau authentique, sans camouflage. Elle se sent parfaitement bien et pure dans cette vie “existentielle” à partir de son noyau de vérité. Elle se sent tranquille maintenant, sachant qu’au fond d’elle tout est bien et propre, tout comme “en haut” (son visage, son attitude, son corps). À l’intérieur comme à l’extérieur : tout respire l’authenticité. Elle ne se sent plus mal à l’aise dans les courants intuitifs et in- conscients qui traversent son âme. Il ne se sent plus flotter au gré des flots sur les mers de la vie. Il ne se cache plus derrière les apparences et les cadres. Rien ne l’effraie plus car il a choisi la Vie dans son authenticité pure : le voici solidement campé dans ses racines primordiales."
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Littérature :
Hannes De Vriese, auteur de Dans les cuisines créoles de Patrick Chamoiseau, la prodigieuse nourriture de survie". (In : Elfe XX-XXI. Études de la littérature française des XXe et XXIe siècles, 2019, no 7) oppose le litchi à la pomme dans l'imaginaire de Chamoiseau :
"De ce point de vue, la fiction – beaucoup plus que d’autres formes d’expression comme l’essai – manifeste le lien d’organicité privilégié que l’enfant créole, par exemple, entretient avec les aliments. Alors que la consommation des produits importés de métropole cristallise une fascination idolâtre et acculturée – c’est le cas de la pomme, produit métropolitain par excellence à côté duquel Patrick Chamoiseau, dans Écrire en pays dominé, range les charcuteries, les biscuits et le beurre –, l’évocation de la mangue ou du litchi convoque une plénitude du vivre authentique, qui a partie liée avec la mémoire d’une culture qui se goûte. Si l’échantillon venu d’ailleurs est l’instrument d’un déport de soi, le fruit local en revanche raccroche à une énergie familière, presque sensuelle.
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En s’adressant à son personnage, le narrateur se pose en mentor d’une jeune fille qui souhaite devenir écrivaine. Construire son identité d’auteur revient ici à faire le choix entre la pomme qui matérialise la pesanteur territoriale du centre métropolitain et la mangue ou le litchi qui s’ancrent dans le milieu antillais. Si la jeune femme mange des pommes, c’est bien par défaut car le pied de litchi n’a rien donné. Les pommes, venues de loin, sont présentées comme un produit de luxe, inaccessible donc en dehors des grandes occasions. Elles font intrusion dans le tracé intime des histoires personnelles, les contaminent, les entravent, pourrait-on dire, jusqu’à les faire basculer dans un mal-être nauséeux. C’est dire que l’aliénation du corps incarne la mise sous tutelle des imaginaires qui ont basculé, à leur insu, sous l’effet d’une nourriture importée, dans le déport de soi. La lourdeur à l’estomac devient le symptôme de cette épreuve du dépaysement qui ritualise le poids des ans. Les litchis, au contraire, sont associés à la trame singulière des identités narratives, celles qui se racontent par un geste scriptural. On lit plus loin en effet que « le pied de letchis est devenu [son] arbre d’écriture11 ». Alors que les litchis emblématisent la germination du texte qui se ramifie, les pommes en revanche demeurent une nourriture stérile, qui pèse au corps."
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