Le Coude
- Anne

- il y a 2 jours
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Étymologie :
Étymol. et Hist. 1. 1121-35 cute « coudée » (Ph. de Thaon, Bestiaire, 711 ds T.-L.) − xvies. ds Hug. (coude) ; 2. 1165-70 anat. le destre cote (Chr. de Troyes, Erec et Enide, éd. M. Roques, 980) ; xiiies. [ms.] code (Id., Perceval, éd. F. Lecoy, 4287) ; 1387-91 [mss A, L, P : ca 1400] coude (G. Phébus, Livre de chasse, éd. G. Tilander, 43, 18) ; d'où expr. : a) 1458 [ms.] jusques au coute sens propre (Fierabras, ms. Bruxelles, 9067, fo12 ro, Am. Salmon ds Gdf. Compl.) ; xves. fig. y être jusques aux coutes (Songe doré de la pucelle ds Anc. Poésies fr., t. 3, p. 218) ; b) fin xvies. plier le coude « boire beaucoup » (Bouchet, Sérées, éd. C.-E. Roybet, t. 1, p. 6) ; 1752 lever le coude (Ph. Leroux, Dict. comique, satyrique..., Lyon) ; c) av. 1755 coude à coude (St-Sim., 64, 73 ds Littré) ; 3. p. ext. av. 1660 « partie du vêtement qui recouvre le coude » (Scarron, Sonnets, Le Pourpoint troué ds Guérin 1892) ; 4. 1611 « partie d'un outil qui forme un angle saillant » coude de la branche (Cotgr.) ; 1690 (Fur. : Coude : angle fort obtus que fait une muraille, un chemin, & qui l'éloigne un peu de la ligne droite) ; 5. 1694 « bout de tuyau métallique qui permet de changer la direction d'une conduite » coude de conduite (Corneille). Du lat. class. cubĭtus « pliure du bras ; courbure; mesure de longueur ».
Lire également la définition du nom coude afin d'amorcer la réflexion symbolique.
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Anatomie :
Alain Froment, dans un ouvrage intitulé Anatomie impertinente, Le corps humain et l'évolution (© Éditions Odile Jacob, 2013) nous en apprend davantage sur le coude :
"L'articulation du coude et celle du genou se correspondent anatomiquement mais se plient chez ces animaux en sens inverse, disposition conservée chez nous : la pliure du coude regarde vers l'avant et la pliure du genou vers l'arrière. Parmi les zones d'émission odorante, les creux axillaires sont une zone privilégiée, qui n'existe pas chez les autres mammifères et est probablement liée à la station debout, qui permettait d'émettre des odeurs en direction des partenaires.
[...]
COUDE ET AVANT-BRAS : L'avant-bras est fait de deux os, le radius et l'ulna, autrefois appelés petit et grand fociles, du nom des bâtons utilisés pour allumer le feu (facillare) : Aristote assure en effet que ces deux os pris sur un lion produisent des étincelles lorsqu'on les entrechoque. La coudée est une vieille unité de mesure anatomique, comme on l'a vu dans le mythe des Pygmées ; une autre unité, l'aune, dédiée aux étoffes que l'on étire à bout de bras, vient d'aluna (« avant-bras » ; en grec alene, en latin ulna, qui est l'autre nom du cubitus). Cet os est en effet l'appui sur lequel on se repose (cuba, « je suis couché » - que l'on retrouve dans « incuber » et « couver »), lorsqu'on est allongé pour le repas romain. La pointe du coude est constituée d'une saillie osseuse, l'olécrane, qui est l'équivalent de la rotule au membre inférieur, bien qu'il soit soudé au corps de l'ulna et non mobile. Il s'insère dans une cavité de l'arrière de la palette humérale quand on étend le bras, mais en raison de la massivité de leurs os, les hommes ne peuvent pas toujours aligner parfaitement bras et avant-bras, à la différence des femmes. Sa section varie selon les populations, aplatie chez les Amérindiens, arrondie chez les néandertaliens, sans que cela ait des conséquences fonctionnelles. L'autre os, le radius (« rayon ») tourne autour du cubitus dans les mouvements de la main de pronation et de supination. Cette propriété est très importante et existe chez tous les primates mais c'est chez l'homme qu'elle présente son amplitude la plus grande. La rotation est possible grâce à la cupule qui forme l'extrémité supérieure du radius, et s'emboîte dans le capitulum, une saillie hémisphérique de la base de l'humérus. Le col du radius situé sous la cupule est très renforcé, ce qui le rend suffisamment dense pour être un de ceux qui résistent le plus longtemps lors de l'incinération.
Piquant : Le coude n'a pas bonne presse ; au Mexique, on dit d'un avare qu'il est muy codo, « très coude », et même « dévot du coude » en Argentine. L'elbowing, ou « coup de coude », utilise comme arme la pointe naturelle que nous donne l'olécrane, un geste de plus en plus répandu dans les sports collectifs. Il y a aussi en anglais un terme désignant une position dite « akimbo », mot à tonalité africaine mais qui viendrait du vieil anglais a ke(e)n bow, un « arc aigu » : elle décrit les coudes en pointe de flèche, tournés vers l'extérieur, mains aux hanches, position qui n'a pas de mot dans d'autres langues alors que partout cela signifie un geste antisocial d'exclusion ou de retrait de la communauté; c'est aussi le geste de déception du sportif qui a manqué son coup, le geste d'anti-embrassade, qui signifie clairement « restez à distance ». En raison de leur carrure plus faible, les femmes ont les coudes plus près du corps que les hommes, l'angle que fait leur bras avec l'avant-bras est de 6° plus ouvert, et cette allure moins rectiligne leur confère davantage de grâce même si l'avant-bras féminin est proportionnellement plus court.
Tennis-elbow : L'avant-bras est mis en avant pour parer les coups, aussi les fractures réparées du radius et du cubitus servent-elles en bioarchéologie à mesurer la violence interindividu et, quand il s'agit de femmes, des violences conjugales. Une autre fracture, dite de Pouteau-Colles, concerne l'extrémité inférieure du radius ; c'est la fracture la plus fréquente dans notre espèce, et elle fait aussi partie du tribut à la bipédie: elle se produit en effet le plus souvent lorsqu'on tombe et qu'on tend l'avant-bras pour amortir la chute. L'articulation du coude, en forme de poulie dans l'échancrure du cubitus, est sollicitée de façon excessive dans certains sports comme le tennis, ce qui génère douleurs et arthrose, le « tennis-elbow ». Plus généralement, l'étude des traces laissées par la traction des muscles sur les os, appelées enthésopathies, permet de reconstituer certaines activités ou postures comme l'archerie ou l'équitation.
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Croyances populaires :
Dans le Dictionnaire de la France mystérieuse - Croyances populaires, superstitions, sorcellerie, rites magiques (Editions Omnibus, 2016) Marie-Charlotte Delmas consacre un article au coude :
"Coude : Lorsqu’on se cogne le coude, si l’on n’y touche pas, on recevra un cadeau (Quimper), on aura une belle surprise (Landes), on recevra une nouvelle ou une visite (Loire-Atlantique). A Paris, selon un témoignage recueilli en 1912, le présage est plus précis : le coude gauche que l’on cogne amène un cadeau ou une bonne visite, le droit une dispute si on le frotte aussitôt après le choc."
Symbolisme :
Christiane Beerlandt, autrice de La Clef vers l'Autolibération - Origines psychologiques de 900 maladies (Éditions Altina - Beerlandt Publications, 1997, 2005) propose une interprétation intéressante du coude et de ses affections principales :
"LE COUDE (voir aussi Enthésite, tennis-elbow)
Concordance psychologique : Les coudes représentent une “vigilance électrique”’, |’accueil de nouvelles impressions, le fait d’être ouvert à la sagesse intérieure, d’être prêt à admettre de nouvelles énergies plus élevées... tu es entièrement ouvert(e) aux signaux que tu as suscités toi-même (consciemment et inconsciemment) et tu n’y opposes pas de résistance, mais tu les reçois de façon détendue. Ne lutte pas contre toi-même : suis la juste direction...
Ose partir en exploration en toute liberté, comme un véritable “Sagittaire’, sois ouvert(e) à chaque nouvelle aventure dans la vie, sans te limiter.
Les coudes sont en contact solide avec la partie inférieure de ta colonne vertébrale : il s’agit dune coopération, d’une union qui symbolise la sécurité, la certitude en toi, le contact avec la terre, l’autoprotection. A partir de ce sentiment sûr, solidement implanté en toi, tu peux ouvrir les mains et recevoir.
Les coudes symbolisent aussi l’ouvrage, le travail productif et souple, pour ton propre bien et pour celui des autres ; en t’appuyant sur ce sentiment de sécurité et de certitude, tu prends des responsabilités pour toi et pour les autres ; avec une aisance détendue, tu accomplis une tache pour ceux qui sont moins capables que toi dans certains domaines.
Tu progresses sans crainte et tu franchis toutes les difficultés ! Tu te frayes un chemin et tu laisses passer librement tes énergies.
Affections, en général : Restes-tu replié(e) sur toi-même, comme un fœtus, as-tu peur de nouvelles expériences, adoptes-tu une attitude défensive et méfiante a l’égard du monde extérieur ? Tu n’arrives pas à t’en sortir, tu es coincé(e), tu continues à piétiner, sans vraiment avancer dans la vie ; tu empêches ton évolution ; tu veux peut-être trop ou tu veux suivre une direction mauvaise pour toi... lâche prise, ne te bats plus, mais suis les signaux !
Pourquoi résister aux changements nécessaires ? A moins que tu préfères attendre avec apathie jusqu’à ce que tu te rouilles ?
As-tu les nerfs extrêmement tendus, manques-tu d’assurance dans ton for intérieur, te bats-tu contre les autres ?
Penses-tu que tu dois faire tes preuves dans un domaine quelconque, au lieu de t’accepter et de te trouver bon(ne) et estimable à cent pour cent, sans que tu doives encore chercher a t’affirmer auprès des autres ?
Considères-tu le monde comme hostile et vis-tu “sur tes gardes”, prêt(e) a tirer ou à rentrer entièrement dans ta coquille ?
Tu t’attaches à certaines idées, à des théories ou à des philosophies traditionnelles et tu refuses d’y renoncer, même si certains signaux te montrent qu’il est grand temps de revoir certaines choses ! Mais comme ta vie n’est pas bâtie sur la sécurité de ta propre base, tu n’oses même pas dévier du chemin ancien. Ainsi nait un combat obstiné avec de la douleur au coude !
La franchise te fera avancer plus loin... Ne colle à rien, n’adore rien, hors de toi-même !
Fais émerger, fais sortir tout ce qui git au fond de toi et émets ces énergies puissantes. Reconnais tes forces naturelles pures et primitives, mais ne force rien. Agis et vis a partir de ton Moi, non pas selon des “traditions”’, non pas en fonction du regard ou des normes d’autrui.
Laisse pousser la fleur d’un germe qui peut-être a été trop longtemps refoulé, caché sous “ce qu'il faut” ; donne la liberté à tes sentiments, à tes désirs, à ta nature ; ne résiste plus à des adaptations nécessaires, ni à ton Moi, qui demande que sa valeur intérieure soit reconnue ! Toute l’autorité sur toi est en toi : reconnais ce fait et ne lutte pas contre toi-même.
Chaque être humain est unique et a sa propre nature : reconnais également ce fait-là et ne te bats pas ni contre toi, ni contre les autres.
[...]
Enthésite : inflammation douloureuse de l’insertion des tendons sur l’os, p .ex. tennis-elbow.
Comme tu ne bâtis pas ta vie sur ta richesse Intérieure, tu te forces pour répondre a ta propre attente ou a celle du monde extérieur. Tu te retires sous une aile, sous la protection dune philosophie, dune idéologie, d’une institution, d’une tendance a la mode dans la ou société, d’un système, sans vouloir reconnaître explorer ta propre réalité intérieure ! Tu te forces parce que tu n’écoutes pas ta nature, ton Moi.
Tu te caches derrière une façade, derrière une image, de préférence en portant un casque à écouteurs, aveugle à tes valeurs les plus profondes ou aux valeurs intérieures d’autres personnes. Tu es fermé(e) à ta Source profonde, tu n’as pas de véritable contact avec elle : la lumière intérieure de ton âme, ton essence profonde, est emprisonnée dans une poigne de fer. Sous-jacent à cela, il y a l’Angoisse ! La taupe a peur d’apparaitre au-dessus de la terre et de se faire enfoncer la tête ; tu as peur d’être toi-même, de vivre ta personnalité. Tu te méfies de ton JE profond ; tu laisses rayonner seulement ton Ego extérieur !
Rends-toi compte de ta grandeur intérieure et vis ton être jusque dans ses régions les plus profondes ; prends conscience de toutes tes forces et de tes possibilités, ne les cache pas. Découvre ce monde si riche et le monde des autres au-dessous de la surface ! Donne-toi plus de profondeur, ne résiste pas, assume la pleine responsabilité de ta vie tout entière, non pas seulement d’une partie de ta vie ou de l’aspect matériel, extérieur. Ose nouer des contacts avec de nouveaux amis, qui sont également ouverts à leur sagesse intérieure et qui ne restent pas non plus attachés à de fausses valeurs. Ta vie n’est pas “vide”’...
Sois plus souple à ton égard et écoute ton Moi profond, ta nature ; il n’est pas nécessaire de faire tes preuves si tu reconnais ta valeur intérieure.
Ne laisse pas fonctionner ton corps comme un simple “corps”, mais comme animé par une Conscience de Toi qui se rend compte de son être unique, qui s’élève loin au-dessus de l'anonyme.
[...]
Fracture du coude : Tu es fâché(e) contre |’ Autorité au-dessus de ta tête, mais tu ne peux pas ou tu n’oses pas la détruire. Ta nature a été réprimée pendant trop longtemps ; tu as envie de quitter ton rôle de victime; tu t’insurges contre l'emmaillotement de ta nature ; tu t’opposes a des structures, a des normes ou a des va- leurs établies ; ta vie a été étouffée sous des règles ‘extérieures’ ou sous les revendications de ton milieu.
Tu as le sentiment d'être ‘restreint(e)’ ou tordu(e) par cette autorité, tu veux t'esquiver. Ton JE s’oppose fortement à quelque chose ou à quelqu’un. Tu a as impression qu’un(e) autre envahit ta nature privée ; tu veux défendre ton terrain avec violence et agressivité. Tension intérieure. Tu estimes que tu dois te délivrer le plus vite possible de ce harnais, mais tu te sens émotionnellement impuissant(e), les fardeaux émotionnels te paraissent trop pesants pour pouvoir effectivement faire émerger ta personne. Car tu te rends insuffisamment compte de ta valeur ; tu te sens comme une victime qui est au pouvoir d’autres personnes et de normes. C’est surtout intérieurement que tu vis ton agressivité, tu te replies sur toi-même, tendu(e) par les forces agressives accumulées. Derrière tes lunettes noires, d’un œil torve, tu épies l’autorité qui t’irrite ; tu lances des flèches souterraines. Mais entre-temps tu ne vois pas d’autre solution pour toi : tu cherches encore ta direction.
Au lieu de mettre un masque et de te taire obstinément, irrité(e) et triste, parviens à une communication ouverte et dis ce qui te gêne. Fie-toi à ton intuition, ose exprimer tes sentiments. Avance sur ton chemin en ligne droite, cesse de tout considérer d’un œil sombre et agressif.
Donne-toi de l’espace ; ne t’étouffe pas toi-même, car c'est toi qui, étant dépendant(e) des autres, t’es restreint(e) et emmailloté(e). Ouvre ton esprit à une compréhension claire et admets des forces de conscience intenses dans ton existence, au lieu de pensées négatives. Assurance ferme ; sois conscient(e) de ta valeur. Parviens à un contact ouvert, sincère et aisé avec les autres, avec flexibilité et souplesse. Sois entièrement présent(e) en toi, sans hésitation ; ne te confine pas dans un harnais. Laisse échapper à temps la négativité, avant que la fosse à purin ne déborde.
Transforme la résistance impuissante en épanouissement actif."
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Dans Le Temple de l'âme : La Parole divine du corps humain (Éditions Dangles, 1998) Roland Arnold décrypte la symbolique des coudes :
"Les coudes : Le mot coude est la traduction latine de cubitum, cubitus qui signifie tout à la fois :
coude ;
inflexion, courbure, angle d’un chemin, d’une chose ;
coudée, mesure de longueur ;
action d’être couché, de dormir ;
lit, couche.
La racine est cubo, qui signifie être couché, être étendu, être à table, être malade ou alité.
Le coude est l’articulation du membre supérieur qui réunit trois os : l’humérus, le cubitus et le radius.
Le coude est une prouesse anatomique, solide, puissante et en même temps souple. Seul, le tissu vivant est capable de concilier les paradoxes.
Equivalent du genou à l’étage inférieur, il permet la flexion dans le but de pouvoir porter la main à la bouche. Cette flexion est assurée par le glissement du cubitus sur l’extrémité inférieure de l’humérus, la tête radiale permettant exclusivement la rotation de l’avant-bras.
Les avant-bras : Le bras, et surtout l’avant-bras (support de la main), est considéré par le peuple Bambara comme le prolongement de l’esprit. Mais le coude, source de l’action, demeure d’Essence divine. Ainsi, dans le geste élémentaire par lequel l’homme fait parvenir la nourriture à sa bouche, l’avant-bras, en tant que milieu entre la bouche et la main, symbolise le rôle de l’esprit, médiateur entre Dieu et l’homme. D’où l’importance de la valeur symbolique d’une coudée qui mesure la distance entre Dieu et l’homme. C’est pourquoi les Bambaras disent que la coudée est la plus grande distance du monde, ou encore que la bouche n’arrive jamais à attraper le coude, pour exprimer la qualité transcendantale de Dieu."
Michel Odoul, auteur de Dis-moi où tu as mal, je te dirai pourquoi (Nouvelle Édition revue et corrigée Albin Michel, 2002) nous donne sa vision des coudes, empreinte de la philosophie chinoise :
"Le coude : Deuxième articulation reliée à l'épaule par le bras, le coude représente l'équivalent du genou. Il s'agit aussi de l'articulation qui plie, qui lâche, qui cède. Il donne au bras la possibilité d'une mobilité multidirectionnelle en élargissant celle-là vers tous les axes de l'horizontalité et de la verticalité, sauf vers l'arrière, à l'inverse du genou. La difficulté de lâcher face à une volonté d'action trop rigide se ressentira sur cette articulation. Le coude représente la porte de l'Acceptation (voir schéma page 187) par rapport à l'action. Il s'agit aussi de l'articulation qui fait la bascule entre le Conscient et le Non-Conscient, soit dans le sens de la Densification (du Non-Conscient vers le Conscient) soit dans le sens de la Libération (du Conscient vers le Non-Conscient). C'est à ce niveau que se font les bascules de nos ressentis, émotions ou idées d'action, à la condition de leur Acceptation.
Les maux du coude : Lorsque nous avons mal à un coude, cela signifie que nous avons de la difficulté à accepter un vécu, une situation. Étant au niveau du bras, cette tension est nécessairement en rapport avec l'action, le faire. Il se passe donc quelque chose ou quelqu'un fait quelque chose que nous refusons, que nous avons de la difficulté à admettre ou que nous n'acceptons que contraints ou forcés. Ce peut être aussi quelque chose que nous devons effectuer, malgré nous, ou que nous aurions préféré faire autrement ou ne pas avoir à faire. Les tensions au coude nous disent aussi que la façon d'agir, la nôtre ou celle des autres, ne nous convient pas, perturbe nos habitudes d'action, nos croyances ou nos certitudes par rapport à elles.
Si la douleur ou le traumatisme se manifestent dans le coude droit, ils sont en relation avec la symbolique Yin (maternelle) et s'ils se passent dans le coude gauche, avec la symbolique Yang (paternelle). L'exemple qui me vient ici à l'esprit est celui d'Hervé qui était venu me consulter pour des problèmes de douleurs aux épaules et aux
biceps. Il s'avéra que pratiquement tout le côté gauche de son corps était douloureux, tendu. Opéré des glandes salivaires gauches peu après son arrivée en France, il avait toujours tendance à se cogner ou à se blesser du côté gauche depuis cette période qui date de plus de vingt ans.
Au moment de sa visite, il souffrait particulièrement de ses épaules, puis, me dit-il, « maintenant c'est descendu » dans les deux coudes avec une légère dominante à gauche. Or, la vie d'Hervé avait basculé au moment des événements de l'indépendance d'Algérie. À cette époque, son père avait été enlevé et avait mystérieusement disparu. Il n'a, depuis, plus jamais eu de nouvelles de lui et ne peut que supposer sa mort. Quelques mois plus tard,
ses glandes salivaires gauches commençaient à se scléroser. Malgré de nombreux traitements, il en arriva au point
où il fallut l'opérer. L'opération « réussit » parfaitement. Seulement, il n'avait pas « avalé. ce qui s'était passé et le
côté gauche de son corps continuait à tirer la sonnette d'alarme et à essayer de lui communiquer sa souffrance.
Mais l'homme doit être fort, alors il n'exprime pas celle-là. Toujours est-il qu'Hervé n'avait toujours pas accepté ce qui s'était passé, ce qui avait été fait et qu'il en restait fragilisé. Il s'avère qu'il est confronté aujourd'hui à des problèmes et à des contraintes d'action dans son environnement professionnel qu'il a de la difficulté à accepter. Ses épaules, ses biceps puis ses coudes se sont manifestés très douloureusement, lui indiquant ainsi son ressenti de blocage par rapport à l'action, avec une dominante du côté gauche qui lui montre que sa blessure « paternelle » n'est sans doute pas cicatrisée."
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Patricia Verhaeghe, autrice d'un article intitulé "Le Corps, architecture du temple divin" (Revue Le Son bleu n°2 et 3, juin/septembre 2007) nous permet d'avoir une vision résumée du symbolisme du coude :
"Les Mystères ont pour seule fonction d’amener tout chercheur de Vérité à révéler les secrets qu’ils contiennent. Décider de percer le sens sacré du corps humain – grand livre de la Vie – revient à percer la Porte des Mystères, autrement dit à dévoiler le sens caché de notre être et par conséquent sa finalité. Or, pour ouvrir cette porte, il nous faut plonger au plus intime de nous-même à la rencontre de Celui en qui nous avons l’être, le mouvement et la vie. Nous découvrons l’œuvre potentiellement divine du Grand Organisateur – Rayon 7 - et la révéler consiste à enlever le voile.
Le corps symbole du temple divin : Le corps est l’instrument de notre âme et le Temple de notre Esprit. La Parole Divine est en effet au centre de notre corps.
Le corps, en tant que livre de chair, nous offre un enseignement d’une très grande richesse. En effet, le langage anatomique relève d’une science secrète en ce sens qu’il est révélateur des secrets de la vie occultés. Il s’agit de retrouver cette Parole sacrée enfermée au plus profond de nous-même par l’intermédiaire des symboles anatomiques. La seule finalité de notre vie étant l’accomplissement du Soi. Notre chair devient alors parlante.
Anatomie symbolique : Il y aurait beaucoup à dire sur les différents organes composant notre corps ainsi que sur les organes des sens mais il faut bien poser un cadre. Je me limiterai donc à une étude succincte des différentes parties de notre anatomie squelettique.
[...]
Les coudes représentent le centre de nos ailes. Les bras et les avant-bras sont considérés comme le prolongement de l’esprit."
Jacques Martel dans Le Grand Dictionnaire des malaises et des maladies (Éditions ATMA Internationales, 2014) nous éclaire sur les significations des coudes et de leurs atteintes :
"COUDES (en général) : Les coudes représentent la liberté de mouvement, la flexibilité, la facilité à changer de direction dans les nouvelles situations ou les expériences de vie. C'est l'articulation souple et flexible du bras qui permet la créativité et l'expression gracieuse de mes gestes quotidiens. Une douleur ou de la rigidité au coude signifie un manque de flexibilité, la peur de me sentir « pris » ou coincé dans une situation déplaisante. Les coudes étant reliés à l'action, je peux être rigide et juger les gens qui ont une façon de faire différente de la mienne et qui peuvent remettre en question mes propres habitudes. Je résiste à une nouvelle direction à prendre en bloquant inconsciemment l'énergie du cœur qui se rend jusqu'à cette articulation. Deux coudes en santé permettent de bien serrer quelqu'un dans ses bras. Je peux mettre plus d'énergie à faire tout ce que je veux. Je trouve alors facile d'accepter, la vie et ses nombreux changements. Je m'abandonne plus facilement et elle prend soin de moi comme je le mérite. Même si j'ai parfois peur de me laisser aller, je me sens « poussé du coude » par une autre personne, je dois « serrer les coudes » pour me protéger. Je reste ouvert à l'amour, ce qui m'aide à vivre plus facilement les expériences quotidiennes sans agressivité, avec souplesse et ouverture d'esprit.
COUDES - ÉPICONDYLITE : Plus connue sous le nom de tennis elbow en médecine sportive, l'épicondylite est une inflammation au niveau de l'articulation du coude. Mes coudes me donnent la flexibilité nécessaire dans les changements de direction. Dans le cas d'une inflammation, je dois prendre conscience du pourquoi ou de ce à quoi j'oppose tant de résistance. Il se peut que je développe de la frustration à la suite d'événements répétitifs qui se présentent dans ma vie et j'ai l'impression que je dois constamment amortir les coups. j'accepte ↓♥., ensuite de laisser aller mes vieilles idées et mes vieux patterns pour prendre la meilleure direction pour mon évolution. j'accepte ↓♥, aussi de laisser circuler l'amour dans les événements qui se présentent à moi.
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Le site La Vague de Vie propose un fascicule intitulé "Le symbolisme des organes du corps humain" (malheureusement non sourcé) dans lequel on peut lire la notice suivante :
"CONFLICTOLOGIE DES DIFFÉRENTES LOCALISATIONS : Tout événement conflictuel a une teneur émotionnelle spécifique. C’est ce ressenti qui décide du choix de la pathologie de tel ou tel organe. Ainsi, à l’intérieur même des conflits de dévalorisation existent des dévalorisations multiples et spécifiques : coude, gros orteil du pied droit, ligament croisé du genou gauche, incisive supérieure gauche…
Régions anatomiques :
L’avant du corps : l’avenir, l’autorité.
L’arrière du corps, le dos : le passé.
Le côté, le flanc : le présent.
Membres supérieurs : conflits reliés au père (notre Père, qui es aux cieux).
Membres inférieurs : conflits reliés à la mère (la terre, notre mère).
Côté droit : conflit affectif en rapport avec le masculin, le père, le devoir.
Côté gauche : conflit en rapport avec le danger, le féminin, la mère.
D’après M. Angeloz, les pathologies du côté droit du corps sont à mettre en lien avec des problématiques à la mère réelle et le côté gauche, avec des problèmes à la mère symbolique, à l’autorité. La mère symbolique, ce peut être la femme, le professeur, une mère de substitution, une « tatie », une marraine, une grand-mère, une grande soeur, pourquoi pas la France, l’Église pour le catholique, la Vierge Marie, l’armée, l’institution, etc. En effet, le premier contact fort du bébé est celui de son côté droit contre sa mère droitière qui le soutient, le nourrit, et le côté gauche est exposé au monde extérieur, potentiellement dangereux.
[...]
COUDE : Porte de l’acceptation, il assure la mobilité multidirectionnelle du bras. Il permet de plier, de lâcher ou de céder. Il illustre le degré de souplesse de la volonté. Il témoigne du degré de son acceptation de l’agir et du vécu. Démontre comment une façon d’agir est acceptée, convient, perturbe ses habitudes, ses croyances ou ses certitudes. Selon qu’il s’agit du coude gauche ou du coude droit, on est confronté à une énergie d’essence lunaire (magnétique) ou solaire (électrique), qui appelle à l’action. La spécificité du coude, c’est de pouvoir changer de direction. En rêve, associé à la capacité de fonctionner par soi-même, au degré d’aisance dans l’action, au niveau de tolérance ou d’acceptation, il peut signaler un besoin d’occuper son espace, la nécessité d’intervenir pour dégager son territoire personnel.
Le coude représente la source de l’action et le médiateur entre la main et la bouche, ou l’esprit qui voyage entre la Terre et le Ciel. Il marque la distance entre le contingent et le transcendant. Les Bambara disent que la coudée est la plus grande distance du monde puisque la bouche n’arrive jamais à saisir le coude. En général, le coude droit est relié à la moralité et à l’éthique; le coude gauche, à l’activité, à la maturation de l’expérience.
Les affections au coude : Peur de prendre une nouvelle direction. Vie en projection dans le passé ou dans le futur, extrayant du moment présent. Incapacité de passer à l’action ou d’obéir. Résistance au changement. Colère de se faire imposer quelque chose de nouveau. On vit un choix déterminé par quelqu’un d’autre. Peur qu’on abuse de soi. On reste trop sur ses gardes. Perte d’emploi redoutée ou présumée. Peur de se retrouver seul, sans appui. Peur de vieillir seul. Peur qu’une situation dégénère ou régresse."
Christian Flèche, auteur de Décodage biologique des maladies - L’encyclopédie des correspondances symptômes – émotions (Troisième édition revue et augmentée © 2019 Éditions Le Souffle d’Or) donne également sa version du symbolisme du coude :
"Coude : Fonction : coordonner les forces mises en jeu pour effectuer un travail précis.
« Avoir les coudées franches. »
« La coudée est une mesure. »
Conflit lié à l’utilisation du bras. « Il faut gérer ! »
Dévalorisation liée au travail : « huile de coude », et à l’identité : « pousser des coudes ».
« Il faut mettre de l’huile de coude. » Le travailleur retrousse ses manches et fait apparaître ses coudes.
Le paresseux a le cal du comptoir : il passe sa journée au bar. Son seul travail, c’est de poser son coude sur le comptoir et il boit.
♦ Épicondylite droite : « Je suis obligé et je n’en ai pas envie. » « Je suis obligé d’exécuter ce travail ou cette fonction et je n’en ai pas envie. » C’est une tonalité manuelle, une réalisation non souhaitée.
♦ Épicondylite gauche : « Je veux et je suis empêché ». « Je veux réaliser quelque chose et je n’y arrive pas. »
♦ Problèmes de tendons (tennis elbow) : Critère de perfection, pas de droit à l’erreur, je ne suis pas sûr d’y arriver : dévalorisation par anticipation.
♦ Épitrochléite (golf elbow) : C’est la face interne du coude. Problèmes et disputes de couple. L’un se retient de prendre l’autre dans ses bras, il ne veut pas céder le premier. « Je m’empêche de prendre ou de serrer dans mes bras. »
Pourquoi l’épitrochléite et pas l’épicondylite dans ce conflit ? C’est le méridien du cœur. Quand on prend quelqu’un, c’est pour le garder contre soi, pas pour qu’il soit content : en fait, c’est pour verrouiller. Le verrouillage se fait avec l’épitrochlée et le mouvement dynamique avec l’épicondyle.
Dans le golf, il faut à tout prix que ce soit verrouillé à l’épitrochléite ; dans le tennis, c’est le mouvement à l’épicondylite.
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