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Le Chevalier des bois épineux

  • Photo du rédacteur: Anne
    Anne
  • 26 oct. 2025
  • 7 min de lecture





Autres noms : Cyptotrama asprata (également orthographié aspratum) - Champignon doré - Collybie à feuilles d'aulne - Collybie à feuilles dorées - Collybie dorée hérissée - Collybie dorée hirsute - Collybie drapée d'or - Lépiote dorée-ébouriffée - Parasol orangé - Touffes d'or -




Mycologie :


Régis Courtecuisse, dans un article intitulé "Taxonomy of some fungi used by the Songola people (Zaïre)." (In : African Study Monographs, 1995, vol. 16, no 1, pp. 45-60) décrit un autre chevalier des bois :


Cyptotrama songolarum R. Courtecuisse sp. nov.


Description macroscopique : Le spécimen se compose d’un seul basidiocarpe séché en assez bon état, bien que le stipe soit partiellement cassé vers la base.

Le chapeau mesure 45 mm de diamètre, apparemment légèrement convexe, à marge enroulée à l'état frais. Il présente un umbo noirâtre proéminent et une surface aréolée ou irrégulière. Sa couleur d'origine est probablement brun orangé assez vif, plus foncée vers le centre. La surface du chapeau est recouverte de particules de sable ou de terre adhérentes (masquant malheureusement les flocons ou petites squamules probables), ce qui indique qu'il est relativement visqueux à l'état frais. Les lames sont assez serrées, brun rouille vif, largement adnées à légèrement décurrentes. Le pied mesure 50 x 8-13 mm, est plus ou moins cylindrique, plus foncé que le chapeau et fibrilleux. La chair semble assez mince.


Description microscopique : Spores elliptiques, hyalines, lisses, de 4 à 5,5 µm (6) × 2,8 à 3,5 µm (3,8) µm, non amyloïdes, à apicule distinct.

Basides claviformes, petites, de 15 à 18 µm × 3 à 6 µm, portant quatre stérigmates, très souvent organisées en amas.

Couche subhyméniale composée d'hyphes fines et entrelacées, les subbasidiales élargies à l'apex et portant 2 à 4 basides. Trame hyrnénophorale régulière, composée d'hyphes hyalines, de 5 à 25 µm de diamètre, plus large dans la couche médiane. Quelques lactifères sont présents, notamment vers le subhyménium.

Absence totale de boucles.

Pleurocystides dispersées, identiques aux cheilocystides, ces dernières assez nombreuses (mais bord branchial non stérile), cylindriques à claviformes ou largement utriformes, 25-35-(45) x 5-18 µm, hyalines, plutôt fragiles mais parfois avec une paroi plus ou moins épaissie.

La suprapellis est trichodermienne ou tend à être épithéliale par endroits, composée d'éléments elliptiques à sphériques articulés, organisés en petits amas (formant probablement de minuscules squamules à l'échelle macroscopique) ; les éléments de cette suprapellis sont très variables en forme et en taille, de 5 à 40 µm de long sur 5 à 20 µm de large, à parois plus ou moins épaisses (jusqu'à 1 µm de large et légèrement rugueuses). La subpellis mesure environ 150 µm d'épaisseur, est plus ou moins gélifiée et composée d'hyphes reptiliennes, parfois moniliformes, souvent capitées, de 1,5 à 3,5 µm de long.

Les hyphes du contexte sont plus banales, de 5 à 15 µm de long sur 11 µm de large.


Discussion : L’espèce appartient à la section Xerulina (Sing.) Sing. du genre Cyptotrama. Aucune des espèces décrites dans cette section (Redhead & Ginns, 1980) ne correspond à la combinaison de caractères décrite ci dessus. L’espèce la plus proche semble être C. deseynesiana Pegler, espèce africaine, dont elle diffère par ses spores légèrement plus étroites, 3,5-5,8 x 2-3,2 µm, ses cheilocystides très fines, et surtout par la présence de boucles d’anastomose (Pegler, 1966, 1977). L’absence de notes macroscopiques sur du matériel frais est regrettable, mais les détails microscopiques décrits ci-dessus pourraient permettre d’identifier ce taxon dans de futures collections et de compléter sa description.


Collection examinée : village de Tongomacho, en direction de Kindu, Maniema, Zaïre. 19 septembre 1990. Col. I. Y. Ankei A3. Nom songola : i. mbtilika (rna.).

Utilisé comme aliment.

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Dans l'article intitulé "Cyptotrama (Physalacriaceae, Agaricales) from Asia" (In : Fungal Biology Volume 120, n°4, avril 2016, pp. 513-529) Jiao Qin et Zhu-Liang Yang présentent le genre fongique des Cyptotrama et mettent à jour des espèces encore inconnues :


"Cyptotrama Singer (1960) est un genre fongique comprenant un groupe de champignons lignicoles, à pied et chapeau, non radicants et non visqueux, dotés d’un chapeau lisse ou floconneux, d’hyphes à jonctions serrées ou non, et de basidiospores lisses. Ce genre a d'abord été classé dans les Tricholomatacées ou les Xerulacées (Jülich, 1981 ; Singer, 1986 ; Redhead, 1987), mais a ensuite été transféré dans les Physalacriacées sur la base de données moléculaires (Moncalvo et al., 2002 ; Wilson et Desjardin, 2005 ; Binder et al., 2006, Matheny et al., 2006), Pseudohiatula Singer étant son genre le plus proche (Hao et al., 2014, Moreau et al., 2015). Quatre sections (sect. Cyptotrama, sect. Depauperata, sect. Xerulina et sect. Aporpotrama) ont été proposées au sein de ce genre (Singer, 1973, Singer, 1986), mais le classement de la sect. Xerulina a fait l’objet de débats, certains mycologues ayant tendance à la considérer comme un genre distinct, à savoir Xerulina Singer (Singer, 1962a, Pegler et Fiard, 1983, Pegler et Gardens, 1986, Corner, 1996, Pegler, 1966, Pegler, 1972, Pegler, 1977, Pegler, 1987).

On trouve des espèces de Cyptotrama dans les régions tropicales, subtropicales et tempérées de différents continents (Pegler, 1966 ; Pegler, 1972 ; Pegler, 1977 ; Pegler, 1987 ; Singer, 1969 ; Singer, 1973, Singer, 1978, Singer, 1986, Singer, 1989, Pegler et Gardens, 1986, Pegler et Fiard, 1983, Pegler et Gardens, 1986, Moreau et al., 2015, Redhead et Ginns, 1980). À ce jour, seize espèces au total ont été décrites au sein de ce genre, dont la plupart ont été signalées en Amérique du Sud (six espèces) (Singer, 1960, Singer, 1969, Singer, 1973, Singer, 1989, Redhead et Ginns, 1980), en Amérique du Nord (trois espèces) (Singer, 1973, Singer, 1978, Redhead et Ginns, 1980), en Amérique centrale (Dennis, 1970, Pegler et Fiard, 1983) et en Afrique (trois espèces) (Patouillard, 1902 ; Pegler, 1966 ; Singer, 1973 ; Redhead et Ginns, 1980 ; Courtecuisse, 1995 ; De Seynes, 1897). La seule espèce de Cyptotrama connue en Europe, Cyptotrama fagiphila Vila et al., a été décrite très récemment (Moreau et al., 2015). De même, Cyptotrama asprata (Berk.) Redhead & Ginns est la seule espèce répertoriée en Asie (Berkeley, 1847 ; Pegler, 1972 ; Redhead et Ginns, 1980 ; Pegler et Gardens, 1986 ; Yang, 1990, Corner, 1996, Bi et al., 1997, Huang, 1998, Wang et Chou, 2001, Chou et Chang, 2005, Wang et Tong, 2011, Wu et al., 2011). Cependant, des données moléculaires ont montré que C. asprata est un complexe d’espèces représenté par au moins deux espèces, C. asprata et Cyptotrama chrysopepla (Berk. & M.A. Curtis) Singer (Moreau et al. 2015). Par ailleurs, notre récente étude sur la diversité fongique a révélé que l’on peut collecter, dans une grande partie de l’Asie, des spécimens abondants de Cyptotrama présentant une macromorphologie diversifiée. Il convient d’étudier plus en détail si ces spécimens correspondent à l’espèce C. asprata déjà répertoriée ou s’il s’agit de nouvelles espèces encore inconnues.

[...]

Résumé de l'étude : Le genre Cyptotrama a été divisé en plusieurs sections, parmi lesquelles la section Xerulina a souvent été considérée comme un genre distinct par certains mycologues. Dans le cadre de cette étude, des spécimens de Cyptotrama provenant d’Asie de l’Est, d’Asie du Sud-Est et d’Asie du Sud ont été étudiés. À titre de comparaison, des échantillons provenant d’Amérique du Nord et de Nouvelle-Zélande ont été analysés. Nos analyses phylogénétiques multigéniques ont indiqué que Cyptotrama est monophylétique et que Xerulina doit être considérée comme une section au sein du genre Cyptotrama. Différents scénarios d’évolution des caractères morphologiques chez Cyptotrama ont été mis en évidence. Au total, sept espèces de Cyptotrama peuvent être identifiées en Asie, dont trois, Cyptotrama angustispora, C. glabra et C. shennongjia, sont nouvelles pour la science. Par ailleurs, trois taxons précédemment classés dans Xerulina ou Marasmius se sont avérés appartenir à Cyptotrama, et de nouvelles combinaisons, à savoir Cyptotrama trogioides, C. megaspora et C. myochroa, sont donc proposées. Une clé de diagnostic des espèces de Cyptotrama du monde entier est fournie."


NB. traduction DeepL version gratuite.

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Symbolisme :


Réponse de Chat GPT consultée le 26 octobre 2025 :


"Cyptotrama asprata, aussi appelée « champignon doré » ou « golden scrap mushroom », est une espèce de champignon tropicale remarquable pour son aspect doré, soyeux et fragile, qui lui donne un air presque surnaturel. Bien qu’il n’ait pas de symbolisme aussi codifié que certains champignons mythiques (comme l’amanite ou le mycélium en général), on peut dégager plusieurs symbolismes et interprétations issus de sa forme, de sa rareté et de sa biologie.

Voici quelques axes possibles de symbolisme pour Cyptotrama asprata :


  1. L’éphémère et la beauté fragile : Ce champignon ne vit que très peu de temps et pousse souvent sur du bois en décomposition. Symboliquement, il incarne :

    - La beauté passagère, comparable à une fleur qui se fane vite.

    - La valeur de l’instant présent, car sa splendeur dorée ne dure qu’un moment.

    - L’idée que la lumière (dorée) peut naître de la décomposition, donc la renaissance dans la mort.


  2. La transmutation et la lumière issue de l’ombre ! Son éclat doré, presque métallique, contraste avec le substrat sombre sur lequel il pousse. Cela évoque :

    - La transmutation alchimique — transformer la matière morte (le bois en décomposition) en lumière et beauté.

    - Une métaphore spirituelle : la capacité à faire émerger la lumière intérieure à partir de l’obscurité ou de l’adversité.

    - Dans certaines traditions mystiques, l’or représente la conscience divine ou l’illumination.


  3. La discrétion et le mystère : C. asprata est un champignon discret, peu connu, souvent caché dans des environnements humides et ombragés. Il symbolise :

    - Le mystère caché dans la nature, la beauté qu’on ne voit qu’en observant attentivement.

    - L’idée que ce qui est rare et humble peut contenir un trésor spirituel.


  4. Associations ésotériques possibles : Même si aucune tradition connue ne lui attribue un rôle précis, on peut le rapprocher :

    - des symboles de l’alchimie végétale, où l’or renvoie à la perfection spirituelle.

    - des archétypes du cycle de la vie, où la putréfaction (bois mort) est suivie de la floraison lumineuse (champignon doré).

    - d’un symbole de pureté retrouvée dans la nature sauvage."

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Arts visuels :


Le concept de Champidragons vient d'un challenge artistique imaginé par Chane, Sifhel, Svandendragon et Coliandre élaboré entre 2020 et 2021 sur les réseaux sociaux.


Le principe : durant le mois d'août, imaginer un design de dragon à partir d'une liste de 31 champignons.


Xavier Collette alias Coliandre propose donc sa version de ce champidragon, que l'on peut trouver dans le portfolio de son site ou bien dans un livre intitulé Le petit précis de champidragonologie (Éditions Coliandrium, 2021) :

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Illustration originale à l'aquarelle réalisée à la main par Lucile Dumont en Isère (visible sur le site Miinda.fr), avec le commentaire suivant :




« Voilà, de la prestance ! Voilà, la terreur du règne animal ! Quel dommage qu’il ne fasse que quelques centimètres de haut… allons bon, viens par là, mon petit. Nous t’érigerons une statue, si grande et si belle que les peuples à venir te prendront pour une créature gigantesque et craindront ton retour. »

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