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  • Anne

Le Cercope





Zoologie :


Voir le site d'A Ramel pour bien reconnaître ce petit insecte.




Croyances populaires :

Selon Ignace Mariétan, auteur d'un article intitulé "Légendes et erreurs se rapportant aux animaux" paru dans le Bulletin de la Murithienne, 1940, n°58, pp. 27-62 :


Dans le monde si vaste des Articulés les erreurs fourmillent, c'est compréhensible, car ces animaux s'écartent beaucoup plus de l'homme que les Vertébrés. Leur organisation, leurs métamorphoses surtout, déroutent beaucoup de personnes. On croit que les paquets d'écume qu'on voit sur certains arbres et sur certaines herbes et qui entourent les larves des Cercopes, donnent naissance à ces larves, alors que ce sont les larves qui rejettent par l'anus la sève qu'elles ont pompée avec des bulles d'air interposées.

On a dit aussi que c'était des crachats de Coucou ou de Grenouilles ou encore de la salive de Serpent.

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Mythologie :


Le cercope a un homonyme dans la mythologie grecque :


Apollodore, Bibliothèque : II, 6, 3.


Ovide, Métamorphoses (Traduction (légèrement adaptée) de G.T. Villenave, Paris, 1806) disponible sur le site remacle.org :


Les Cercopes (XIV, 75-100)

Les Troyens, à force de rames, s'étaient éloignés de Scylla et de l'avide Charybde. Déjà ils voyaient les rivages de l'Ausonie, lorsque la tempête les jette sur les Syrtes africains : Didon y reçoit Énée dans son palais : elle l'aime; et lorsque cet époux trop cher l'abandonne, elle ne peut plus supporter la vie. L'infortunée, feignant un sacrifice aux dieux, fait élever un bûcher, s'étend sur ce lit funèbre, s'y perce le sein, et, trompée par Énée, trompe elle-même toute sa cour.

Après avoir quitté les nouveaux murs qui s'élèvent au milieu des sables de la Libye, Énée est reporté vers le mont Éryx, où le reçoit Aceste, son ami. Il offre un sacrifice sur le tombeau de son père, et se rembarque sur les vaisseaux, où, par ordre de Junon, Iris avait porté la flamme. Il laisse bientôt derrière lui le royaume d'Éole, et les îles où le soufre enflammé s'élance dans les airs, et les écueils des perfides Sirènes. Privé de son pilote, Palinure, il côtoie les îles d'Inarimé, de Prochyté, et de Pithécuses aux stériles rochers, qui a conservé le nom de ses habitants.

[91] Le souverain des dieux, irrité de la mauvaise foi et des parjures des Cercopes, fit prendre à ce peuple trompeur la figure d'un animal difforme, et, sous de nouveaux traits, les Cercopes parurent différer de l'homme et lui ressembler. Leurs membres se contractèrent, leur nez s'aplatit, presque effacé de leur front; Jupiter sillonna leur visage de vieilles rides, couvrit leur corps d'un poil fauve, et les relégua dans cette île. Déjà il leur avait ôté l'usage de la parole, dont ils ne se servaient que pour le parjure, et il ne leur laissa, pour pouvoir se plaindre, qu'un rauque murmure.