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Le Bonobo

Photo du rédacteur: Anne
Anne
16 avr. 2021
6 min de lecture

Dernière mise à jour : 13 sept.




Étymologie :


Selon Christine Masuy, auteure de Curieuses histoires de noms de lieux devenus communs, (Bruxelles, Jourdan, 2012),


"Le nom « bonobo » viendrait d'une erreur de lecture d'une caisse contenant un chimpanzé pygmée expédiée en Europe pour analyse. Celle-ci est étiquetée « Bolobo », du nom de la région du Congo d'où elle provient."




Zoologie :


Dans le Hors-série de Causette (été 2018) intitulé « Histoires d'A...mours », Claudine Colozzi nous propose un petit "Kama-sutra des animaux" sous forme d'abécédaire :


"C comme Clitoris

A l'exception de quelques espèces de tortues, seuls les mammifères ont l'apanage de naître avec ce petit organe charnu. Si les femelles bonobos, par ailleurs adeptes de la masturbation, préfèrent la copulation face à face, c'est sans doute qu'elle garantit une stimulation de leur clitoris.

[...]

H comme Homosexualité

L'homosexualité est répandue chez les animaux. Non seulement chez les singes bonobos et les dauphins, mais aussi chez certaines espèces d'oiseaux et d'insectes. Il existe ainsi toutes sortes de parades amoureuses qui vont de la nage en spirale entre phoques aux parties de cache-cache entre macaques rhésus femelles.

[...]

X comme classé X

Chez les animaux, la position la plus courante est celle de la levrette, mais il existe une foultitude de postures très originales : dos à dos, de côté, sur une patte, accroché aux mollets de la femelle, assis l'un sur l'autre, et même, chez les dauphins et les bonobos, la fameuse position du missionnaire !"

Dans Les 12 sagesses des animaux (Leduc.s Éditions, 2019) Yolaine de la Bigne nous transmet des messages de sagesse appris par l'observation des animaux :


"Les animaux sont si attentifs aux réactions de leur corps qu'ils ont développé une culture de l'automédication que nous découvrons depuis quelques années. [..]

Les chimpanzés, les bonobos et les gorilles mangent les fruits d'Aframomum angustifolium, aux vertus antimicrobiennes significatives."

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Laure Fontana et Sophie A. de Beaune, directrices de recherches et autrices de l'introduction de Et pourtant elle tourne ! Blocages épistémologiques en archéologie, CNRS Éditions, pp. 9-17, 2025) explicitent une des difficultés des conclusions auxquelles l'éthologie peut faire face :


 "Dans son dernier ouvrage, Frans de Waal aborde la question du genre à travers le prisme de nos cousins les plus proches, les primates non humains (de Waal, 2022). Il y dénonce la vision stéréotypée des mâles dominants chez les primates qui « possèderaient » les femelles, lesquelles passeraient leur vie à enfanter et à obéir. Stéréotype qui provient d’une étude vieille d’un siècle sur des babouins, espèce au demeurant assez éloignée de la nôtre. Frans de Waal se focalise sur deux espèces qui sont les plus proches de nous du point de vue génétique et qu’il connaît particulièrement bien pour les avoir étudiées pendant des décennies : ce sont les chimpanzés et les bonobos. Ces grands singes présentent la particularité d’avoir des comportements radicalement différents en ce qui concerne les relations entre les sexes : les sociétés de chimpanzés sont des sociétés agressives, territoriales et dirigées par les mâles tandis que les bonobos sont pacifiques, aiment le sexe et sont dominés par les femelles. Ainsi, ces deux types de grands singes également proches de nous offrent deux références aussi pertinentes l’une que l’autre pour analyser les relations entre les sexes. L’ouvrage de Frans de Waal fourmille d’anecdotes qui mettent à bas es stéréotypes de genre chez les grands singes – des adolescents qui prennent en charge des bébés orphelins, des mâles qui ont l’habitude de s’embrasser après un conflit, des femelles extrêmement respectées... Or, toutes ces observations vont à l’encontre de préjugés tenaces et de visions stéréotypées des grands singes. « Il faut [...] lutter contre les sceptiques, parce que la nouveauté suscite toujours de l’incrédulité. », nous dit Frans de Waal (de Waal, 2022, p. 130). Pourquoi une telle incrédulité est-elle si tenace malgré les nombreuses observations en laboratoire et dans la nature ? C’est qu’elle pourrait avoir ses raisons. L’une d’entre elles est la propension à comparer notre espèce avec celle des primates et en particulier avec les chimpanzés et les gorilles, ce qui permet de justifier la domination masculine dans les sociétés humaines et de légitimer les inégalités entre hommes et femmes : nous aurions hérité de cette prédisposition sociale avant l’hominisation et il s’agirait donc d’un invariant incontournable. Constat pratique tant pour les hommes désireux de maintenir leur domination que pour les féministes qui justifient ainsi leur lutte et font des hommes leurs éternels ennemis.

Cependant, si la domination masculine est en effet (tristement) très majoritaire dans les sociétés humaines aujourd’hui – bien qu’il y ait cependant des exceptions remarquables –, rien ne nous dit qu’il en était de même au Paléolithique. En dépit de l’absence de preuve archéologique, une récente publication affirme que, la domination masculine étant universelle, elle existait déjà durant la préhistoire (Darmangeat et Augereau, 2022). On peut pourtant s’interroger sur la pertinence de cette double affirmation. Si cette pratique a eu certes tendance à se généraliser chez Homo sapiens, il est abusif d’imaginer qu’elle a existé de tout temps et ce pour au moins une raison. Il faut d’abord garder à l’esprit que les grands singes ont évolué de leur côté et qu’une comparaison entre les grands singes actuels et les anciens hominines – Australopithèques – à l’origine de la lignée du genre Homo est donc périlleuse. On peut en revanche essayer de comprendre ce que les Homo sapiens d’aujourd’hui ont en commun avec les grands singes pour tenter de mettre en évidence ce qui pourrait provenir d’un ancêtre commun. Mais on se heurte alors à une difficulté : les chimpanzés et les bonobos, qui sont les plus proches génétiquement de nous, ont divergé après la séparation d’avec notre lignée. Or, ils présentent une organisation extrêmement différente en ce qui concerne la question du genre. On ne peut donc savoir si nos ancêtres lointains avaient un système basé sur une domination des mâles comme c’est le cas chez les chimpanzés ou sur une domination des femelles comme chez les bonobos. Rien ne permet de trancher dans un sens ou dans l’autre. On voit ainsi que les idées tenaces et erronées relatives aux comportements des grands singes influent sur les préjugés concernant notre propre espèce et c’est précisément pour cette raison qu’elles sont si difficiles à éradiquer."

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Symbolisme :


Selon le dossier de Futura planète publié le 1er mars 2021 par Fabrice Delsahut :


« Le bonobo, qui vit exclusivement en République Démocratique du Congo, est considéré, comme tous les grands singes de la planète, comme en grand danger de disparition. Son principal prédateur est l’humain ! Les raisons sont diverses : expansion démographique incontrôlée, déforestation anarchique, utilisation des terres pour l’agriculture, pauvreté, manque d’éducation, trafic de viande de brousse, etc. Il y a pourtant bien des raisons de favoriser la cohabitation entre le bonobo et l’homme, tant sur le plan culturel, écologique que social.

Le bonobo est un symbole culturel traditionnel. La culture des peuples de cette forêt nous rapporte des légendes anciennes véhiculant le respect mutuel et la coexistence.

Aujourd’hui, socialement et économiquement, avoir des bonobos dans la forêt offre aux populations riveraines l’opportunité d’améliorer leurs conditions de vie. A travers l’encadrement des organisations paysannes par les ONG de conservation et leurs partenaires, les ménages bénéficient d’appui dans des projets en agriculture, élevage et pisciculture. De plus, ils leur permettent d’accéder aux services sociaux de base et à un emploi.

Il est crucial d’informer les populations de l’importance écologique de ce jardinier de leur forêt : le bonobo favorise les nouvelles repousses en disséminant à la ronde les grosses graines prédigérées des grands arbres à feuilles et à fruits, hôtes aussi des chenilles, une de leurs grandes sources de protéines. Sans eux, on sait que ces graines n’auraient pas le même pouvoir de germination et surtout se retrouveraient sous l’arbre et sa couverture ombragée avec peu de chance de survie. Au fil du temps, ces arbres disparaîtront. Le reboisement et l’agroforesterie assurés par le bonobo induisent l’accroissement des stocks de carbone, ce qui contribue à l’atténuation des conséquences néfastes du réchauffement climatique.

La protection des lambeaux forestiers permettra d’offrir un habitat plus propice à l’homme, la faune et la flore. Tout est lié sur notre Terre ! »

Claudine André, fondatrice du sanctuaire Lola Ya Bonobo (RDC).

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