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Le Bolet rude

Photo du rédacteur: Anne
Anne
il y a 24 heures
5 min de lecture


Étymologie :


Étymol. et Hist. Début xive s. (Gloss. Lat.-G., B.N.L., 7692 dans Gdf. Compl. : Boletus, boulet) ; 1505 bolet (Platine de honneste volupté, fo90 vo, ibid.). Empr. du lat. impérial boletus, attesté dans la plupart des cas au plur., dep. Sénèque, Nat., 4, 13, 10 dans TLL s.v. 2066, 72 ; v. André, Bot. s.v.


Étymol. et Hist. 1. 1213 « mal dégrossi, inculte » (Fet des Romains, éd. Flutre et Sneyders de Vogel, 106, 3) ; 2. a) 1306 « se dit d'une chose dure au toucher » (Girart d'Amiens, Charlemagne, éd. H. Dammann, 480, 58) ; b) ca 1355 « désagréable à voir, à entendre » (Bersuire, f ° 89 ds Littré) ; 3. a) 1271 « fatigant; dur à supporter » (Rutebeuf, Ste Élysabel, éd. E. Faral, J. Bastin, t. 2, p. 165 ; b) 1462 « pénible à supporter (du temps) » (Cent Nouvelles nouvelles, éd. F. P. Sweetser, p. 98) ; c) 1835 des mœurs rudes (Ac.) ; 4. ca 1375 « dur, sévère (d'une personne) » (J. Cuvelier, B. du Guesclin, éd. E. Charrière, 118) ; 5. 1580 « difficile à vaincre, redoutable (d'un adversaire) » (Montaigne, Essais, éd. P. Villey, V. L. Saulnier, p. 153) ; 6. 1675 rude à (Mme de Sévigné, Corresp., éd. R. Duchêne, t. 1, p. 715); 1688 rude école (La Bruyère, Caractères, III, 64); 1718 les temps sont rudes (Ac.); 1798 cela me paraît rude « d'une chose difficile à croire » (Ac.); 1872 en voir de rudes (A. Daudet, loc. cit.) ; 7. 1859 « difficile à comprendre, ardu » (Hugo, Légende, t. 2, p. 776) ; 8. 1715 rude appétit (Lesage, Gil Blas, II, 7 ds Littré); 1841 rude gaillard (Balzac, Tén. affaire, p. 155); 1862 rude lapin (Larchey, Excentr. lang., p. 283). Empr. au lat. rudis « brut, inculte, grossier, ignorant ».


Lire également la définition des mots bolet et rude afin d'amorcer la réflexion symbolique.


Autres noms : Leccinum scabrum - Bolet des bouleaux - Bolet des trembles - Bolet raboteux - Charmille -  Pib - Pibe - Pible - Piple - Pible brun - Pible gris - Queue grise - Raboteux - Tremble - Trémou - Trémoul - Trémoulade - Trémoule - Trémoulet -

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Mycologie :


Selon Laurent Touchart, auteur de La toundra russe. Les milieux naturels de la Russie, une biogéographie de l’immensité., (L’Harmattan, pp. 33-114., 2010)


"Le nanisme est l’un des caractères les plus populaires 14 de la toundra. Le terme est paradoxalement employé pour les plus grands individus de cette formation végétale ! C’est que les cryptogames, les buissons d’airelles ou les petites herbes sont des plantes basses dans la toundra, mais aussi ailleurs, en particulier sous forêt. Il n’en est pas de même des bouleaux, des saules ou des aulnes, qui sont des arbres atteignant parfois plus de vingt mètres dans la taïga, tandis qu’ils sont réduits à des hauteurs de quelques décimètres dans la toundra, souvent 30 à 60 cm. Le plus nain de tous est le Saule herbacé (Salix herbacea, iva travianistaïa), qui dépasse rarement cinq centimètres. Comme ce sont des arbres ailleurs, ayant ici la taille de buissons, ils donnent l’impression d’une anomalie (1), qui conduit à l’emploi classique du terme de nanisme.


Note : 1)  Selon le principe que tout est relatif. D’où le jeu de mot de Mourad Adjiev, selon lequel le Bolet rude (Leccinum scabrum) devrait, dans la toundra, s’appeler nadbériozovik. En effet, en russe, ce champignon se dit podbériozovik, « le champignon d’en dessous le bouleau », tandis que nadbériozovik signifierait « le champignon d’au-dessus le bouleau ». En français, le rire n’est pas assuré.

Kerstin Adam, Christoph Kiefer et Dr. Hannes Petrischak, auteurs d'un fascicule intitulé "La nature dans la région de l‘Hochwald'– découvertes autour du Parc du développement durable Bande 144 – Ecrits et documents de l‘Académie européenne d‘Otzenhausen (Merziger Druckerei und Verlag GmbH & Co. KG, Merzig, 2010) rappellent la symbiose du bolet rude et du bouleau :


"Le bolet rude (Leccinum scabrum) : On le retrouve souvent à proximité de bouleaux. Les racines du champignon (mycélium) et celles des arbres sont très étroitement liées. Cette forme de symbiose est typique des interdépendances bénéfiques qui lient beaucoup d‘espèces d‘arbres et de champignons. Le champignon apporte eau et nutriments à l’arbre et profite en échange de produits métaboliques créés lors de la photosynthèse de l’arbre et qu’il ne peut lui-même produire. On appelle ce processus de complémentarité la mycorhize. Le bolet est très répandu et apprécié pour son goût, mais les amateurs de champignons avisés ne le coupent pas, car il reste une espèce protégée !"

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Usages traditionnels :


Amélie Barbier, autrice de « Parler avec v’apaq », (In : Terrains mis en ligne le 08 novembre 2021) décrit la chasse aux bolets au Kamtchatka :


"Au milieu des mousses (Cladonia rangiferina) et des arbustes nains (Betula nana, Pinus pumila), une chasse à v’apaq commence bien souvent comme une cueillette de bolets. Boletus edulis et Leccinium scabrum, que nous connaissons sous les noms vernaculaires français de cèpe de Bordeaux et bolet rude, jouent en effet un rôle important dans l’alimentation locale. En période estivale, la collecte de baies et champignons constitue une pratique commune à l’ensemble des familles, qui les conservent et les consomment tout l’hiver. Quatre villages de pêcheurs et chasseurs maritimes, ainsi qu’une communauté d’éleveurs de rennes, ont été déplacés au cours du xxe siècle puis relocalisés près du sovkhoze de Tymlat au bord de la mer de Béring : c’est une localité modelée par les politiques de collectivisation et de sédentarisation soviétiques. Le sovkhoze a disparu, reste le village. Les pêcheurs de Tymlat s’installent chaque été le long de la rivière et quelques groupes d’éleveurs continuent de pratiquer le pastoralisme dans des campements autour de la commune. L’économie locale actuelle repose sur un équilibre entre ces activités dites traditionnelles et les emplois administratifs, le travail à l’usine de poissons, les chantiers de construction et de rénovation.

La cueillette peut se pratiquer en solitaire ou en collectif : souvent, le groupe se fragmente (chacun ramasse de son côté) puis se reforme (on parle de la récolte). Lors des collectes de baies et végétaux, les cueilleurs se concentrent sur quelques bosquets abondants. Pour dénicher des champignons, en revanche, il faut marcher sur de grandes distances et ouvrir l’œil. Ainsi Anatole, un éleveur de rennes qui vivait au campement dans la toundra avant de déménager au village il y a quelques années, piste régulièrement les bolets isolés pour mettre la main sur des « famille » (sem’ja) ; il connaît les endroits favoris des mycètes (près des bouleaux nains notamment) et commente l’apparence individuelle des spécimens, leur propension à apparaître ou disparaître d’un jour à l’autre. Après une cueillette particulièrement réussie, Anatole a souhaité être photographié à côté de sa récolte. La pose qu’il adopte évoque les portraits en forme de tableaux de chasse popularisés sur internet, où le pisteur se tient près de la proie abattue en présentant son arme. Destination prisée des amateurs d’ours brun, le Kamtchatka est souvent le décor de ce type de clichés ; mais le trophée exposé ici par le chasseur de fungi prend la forme d’un sac rempli de plusieurs kilos de bolets."

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Symbolisme :




Arts visuels :


Le concept de Champidragons vient d'un challenge artistique imaginé par Chane, Sifhel, Svandendragon et Coliandre élaboré entre 2020 et 2021 sur les réseaux sociaux.


Le principe : durant tout le mois d'août, imaginer un design de dragon à partir d'une liste de 31 champignons.


Chane propose donc sa version de ce champidragon, que l'on peut trouver sur son site chane-artcom.fr ou sur son compte Instagram :


Mushroom Smaugust ! ❤️

1- Bolet !


Rejoins le challenge #mushroomSmaugust !


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