Le Badamier

Dernière mise à jour : 30 août
Étymologie :
BADAMIER, subst. masc.
ÉTYMOL. ET HIST. − 1790 bot. « terminalia catappa L. » (Encyclop. méth. Med., t. 3, p. 515 : le badamier terminalia de linnéus est un genre de plantes exotiques qui renferme des espèces très importantes à connoître pour la matière médicale...). Dér. du persan badam « amande » (Stavorinus, Voyages dans l'archipel des Molucques, 1768 à 1778, trad. du holl. cité par Devic, Dict. étymol. des mots d'orig. orient., ds Littré Suppl. : les cauris [coquillages] servent de petite monnaie au Bengale ; à Surate, on emploie pour cet effet des amandes appelées badams...); suff. -ier*.
MYROBOLAN, MYROBALAN, subst. masc.
Étymol. et Hist. Ca 1256 mirabolan (Aldebrandin de Sienne, Rég. du corps, éd. L. Landouzy et R. Pépin, p.53, 16) ; xiiie s. mirobolan (Livre des simples médecines, éd. P. Dorveaux, p.131) ; 1539 myrobalans (Est.). Empr. au lat. myrobalanum « espèce de noix aromatique », myrobalanus (ds Blaise Lat. chrét., sans réf.), du gr. μ υ ρ ο β α ́ λ α ν ο ς « gland parfumé », comp. de μ υ ́ ρ ο ν «parfum» et β α ́ λ α ν ο ς « gland ».
Autres noms : Terminalia catappa L. - Amandier des Indes - Amandier du Pacifique - Amandier pays - Santal indien -
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Botanique :
Dominique Bourret, auteur de Bonnes plantes de Nouvelle-Calédonie et des Loyauté (Les Éditions du Lagon, 1981) propose une fiche présentant le Badamier :
"Terminalla catappa L.
Description : Cette Combrétacée est un grand arbre dont les branches étagées sont familières aux Néo-Calédoniens. A la saison fraiche, après avoir jonché le sol de ses amandes devenues à maturité violet pourpre, il perd ses épaisses feuilles rondes rougies et vernissées.
Origine et culture : Originaire de la Malaisie, le 8adamier se trouve dans tout le Pacifique. Il a dû être introduit il ya déjà longtemps en Nouvelle-Calédonie. Il fait partie des plantes de cueillette : ces plantes fournissaient jadis une base alimentaire importante au moment de la rupture du stock d'Ignames.
Le Badamier se plante très facilement et ses nombreux fruits assurent sa reproduction. Si vous en placez un dans votre jardin, prévoyez un espace suffisant en largeur. Ne l'adossez pas à un mur. Mettez-le au soleil et ne l'arrosez pas trop. Il pousse rapidement et si vous désirez qu'il ne soit pas trop haut et qu'il vous donne de l'ombrage, cassez le bourgeon terminal et les bourgeons qui sont à l'aisselle des branches principales. Surveillez la repousse et répétez de temps en temps l'opération.
Enfin, si vous êtes un jardinier indolent, sachez qu'à l'époque de la chute des fruits puis des feu illes votre Badamier vous donnera du travail !"
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Utilisations traditionnelles :
Dominique Bourret, auteur de Bonnes plantes de Nouvelle Calédonie et des Loyauté. (Les Éditions du Lagon, 1981) nous apprend que :
"Usage alimentaire :
L'amande du fruit consommée fraîche a un goût délicat et est parfaitement comestible. Il faut, comme pour les noix, laisser sécher l'enveloppe extérieure et casser la coque qui est très dure.
Séchée et concassée cette amande est utilisée par les Mélanésiens des Nouvelles-Hébrides pour farcir les sortes de puddings de pâte de manioc ou de taro qu'ils appellent "Iap lap". Elle apporte à la ration alimentaire des huiles et des protéines . Sur la côte Malabar des Indes elle est donnée comme aliment reconstituant aux femmes nouvellement accouchées.
Usage médicinal :

Ecorce : Découpez sur le tronc une plaque d'écorce d'environ cinq centimètres sur dix . Nettoyez la face externe et faites bouillir dans un litre d'eau jusqu'à obtenir une décoction rouge clair. Buvez un verre deux à trois fois par jour pour :
calmer les migraines (tempes battantes),
apaiser le "trac", l'appréhension , l'affolement,
calmer les crampes d'origine circulatoire,
calmer les crampes et fourmillements dus à la gratte ;
enfin, et ceci intéresse les chasseurs, préparer une course en montagne ; cette décoction donne du souffle et évite le "cœur qui tape".
ATTENTION : ce remède n'est pas recommandé aux femmes . Il peut accroître le volume et la fréquence des règles . Il n'est pas non plus recommandé à ceux qui ont des problèmes cardiaques, de la tension...
Feuilles : Les feuilles sont utilisées pour leurs vertus émollientes :
jus de feuilles chauffées versé sur des furoncles ou abcès ;
jus de feuille jaunie dilué avec de l'eau, en gargarisme contre les maux de gorge.
Ces emplois se retrouvent à Samoa et aux Tonga où l'on pense aussi que les feuilles ont des propriétés cicatrisantes.
Autres Combretacées utiles : Le Badamier-du-bord-de-mer, Terminalia littoralis Seemann, dont la si1houette est moins caractéristique, porte de petits fruits rouge vif. Les décoctions de feuilles ou d'écorces sont réputées avoir des vertus antiprurigineuses et sont employées en bain contre des démangeaisons d'origines aussi variées que la gratte ou la rougeole. Elles apaiseraient également les douleurs rhumatismales."
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Mythes et légendes :
D'après Angelo de Gubernatis, auteur de La Mythologie des plantes ou les légendes du règne végétal, tome 2 (C. Reinwald Libraire-Éditeur, Paris, 1882),
"INGUDI (iñguda, iñgua, terminalia catappa). — On la confond avec la Nagelia putran’gîva ou gîvaputraka (Roxb.), plante à laquelle on attribue dans le Bengale la propriété d’engendrer des enfants. On l’appelle aussi tâpasataru ou munipâdapa, « arbre de l’anachorète », parce que, avec une huile tirée des fruits écrasés de cette plante, les pénitents indiens préparent l’huile pour leurs lampes. Cf. à ce propos le premier acte du drame de Kâlidâsa : Çakuntalâ."
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