La Vergerette
- Anne

- 22 nov. 2024
- 9 min de lecture
Étymologie :
Selon l'encyclopédie en ligne Wikipédia :
Le nom scientifique Erigeron (francisé en « Érigéron ») dérive du nom grec du séneçon, ἠριγέρων (êrigérôn), formé du radical ἦρι (êri) « tôt, de bonne heure » et de γέρων (gérôn) « vieillard », et qui signifie littéralement « qui vieillit tôt ». Le nom latin de la même plante, sĕnĕcĭo, s'explique de la même façon car il dérive du latin sĕnex « vieux », faisant référence aux capitules fructifiés en akènes dont les aigrettes blanches du pappus leur donnent l'apparence de petites têtes de vieillards couvertes de cheveux blancs. Le nom vernaculaire de « Vergerette » est un diminutif de « verge », dérivé du latin virga, allusion aux rameaux souples et flexibles.
Autres noms : Erigeron - Érigéron - Conisa - Conise - Conyse -
Erigeron acre, L. — Vergerette âcre -
Erigeron alpinus L., 1753 - Vergerette des Alpes -
Erigeron canadense, L. - Conyse du Canada - Érigère du Canada - Fausse camomille - Herbe aux Français - Queue de renard - Vergerette du Canada - Vergerolle du Canada -
Erigeron karvinskianus - Pâquerette des murailles - Vergerette de Karvinski - Vergerette mucronée -
Erigeron strigosus - Érigéron hispide - Érigéron maigre - Érigéron rameux - Érigéron rude - Vergerette hispide - Vergerette rameuse - Vergerette maigre - Vergerette rude - Vergerette rugueuse -
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Botanique :
Fabien Girard, auteur de Secrets de plantes 2 (Éditions JCL, 2014) nous en apprend davantage sur la Vergerette :
"Qui ne connaît pas le pissenlit ? Qui n'a pas observé son système de reproduction et constaté à quel point il est efficace ? La plante ne cache absolument pas ses méthodes, et le fait qu'elle soit répandue partout fait en sorte que chacun en a été témoin à un moment ou à un autre. Parvenue à maturité, la fleur du pissenlit se transforme du jour au lendemain en une panoplie de graines, toutes surmontées d'une aigrette qui assure leur dispersion par le vent sur de grandes distances.
La Vergerette du Canada met elle aussi en œuvre cette stratégie, à cette différence près qu'elle produit infiniment plus de graines que le pissenlit. Cependant, comme elle doit atteindre une certaine hauteur avant de fleurir, elle est totalement absente des pelouses qu'on tond régulièrement. Mais, dans les champs cultivés, elle s'éclate en grand.
Comme elle ne se sème qu'à l'automne pour prospérer au printemps suivant, c'est surtout dans les friches qu'elle devient invasive, et dans les sols qu'on ne travaille pas chaque année.
Les agriculteurs ne l'aiment donc pas beaucoup et, sur tous les continents, dans les endroits où elle décide de s'installer, elle est considérée comme une mauvaise herbe. Mais, si on peut la contrôler, on n'est pas près de l'éradiquer, car elle est fort polyvalente et s'adapte à tous les milieux ou presque.
Personnellement, je n'ai aucune raison de lui en vouloir, au contraire. Je ne lui connais que des qualités, bien que je sois certain de ne pas toutes les connaître, loin s'en faut.
Les gens de mon équipe et moi, nous discutions du parfum qu'exhalait une tisane de vergerette, et les avis les plus divers fusaient.
- A la humer comme cela, je dirais qu'elle sent plutôt le miel de sarrasin.
- Moi, je dirais qu'elle a un arôme poivré ou citronné.
Nous n'arrivions pas à définir son odeur ave justesse, ce qui n'a rien d'anormal. La tisane de vergerette du Canada, ce n'est pas encore quelque chose de bien connu au pays. Pour la préparer, on fait infuser la plante entière pendant une dizaine de minutes. Comme en font foi les commentaires cités précédemment, le parfum et le goût sont loin d'être désagréables, même s'ils nous laissent perplexes.
L'huile essentielle de vergerette contient plus de 70% de limonène, à peu de choses près le même composé qu'on retrouve dans la pelure d'orange et les zestes d'agrumes, mais avec une différence dans la subtilité de l'odeur.
Durant l'été, quand je tombe sur une talle de vergerette, c'est l'aubaine. Je garde même dans mon véhicule un petit seau prêt à la récolter ; pour avoir la chance de m'en régaler durant l'hiver, je la mets le plus tôt possible au congélateur.
Il y a une raison à cela. Même si la documentation parle abondamment de la vergerette séchée, je n'ai connu que des mésaventures lorsque j'ai essayé de déshydrater cette plante. Elle sécrète tellement d'éthylène qu'elle fait tout mûrir rapidement. L'éthylène, c'est précisément l'hydrocarbure gazeux que dégagent les bananes et qui fait mûrir le lot au complet. Mieux, l'industrie alimentaire elle-même importe les bananes vertes, qui se conservent beaucoup mieux, et les fait mûrir en vitesse en les soumettant à la chambre à gaz selon les besoins du marché.
La vergerette n'agit pas autrement que la banane. Sa vie estivale est très courte, compte tenu du temps qu'il lui faut pour parvenir à maturité. C'est le travail de l'éthylène qu'elle dégage d'accélérer le processus de sa maturation."
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Dans Aimez vos plantes invasives : mangez-les ! (Éditions Quæ, 2015) François Couplan détaille les caractéristiques de la Vergerette du Canada :
"Erigeron canadensis ou Conyza c.
Nom vernaculaire : vergerette du Canada
Famille : Asteraceae
Type biologique : plante herbacée annuelle
Origine géographique : est de l’Amérique du Nord
Introduction : vers 1650. Elle se répand rapidement dans toute l’Europe occidentale, au point qu’à la fin du XVIIIe siècle on la croyait indigène… Elle s’est propagée au XIXe siècle avec la mise en place des réseaux routiers et ferroviaires, puis à la faveur des bombardements dans les villes dévastées au cours de la Seconde Guerre mondiale
Habitat : friches, bords de routes, voies ferrées, cultures, rives des cours d’eau
Répartition géographique : toute l’Europe occidentale
Fréquence : extrêmement fréquente, mais rarement dominante
Risque d’invasion : généralement faible, mais la plante peut localement concurrencer les cultures
Parties utilisées : feuilles
Période de récolte : toute l’année
Étymologie : Erigeron provient du grec erion, « laine », et gerôn, « vieillard », du fait des aigrettes qui surmontent le fruit et donnent au capitule l’apparence de la chevelure blanche et laineuse d’un vieillard. Le nom de conyza était utilisé par Dioscoride et Pline pour désigner certains érigérons. Il provient peut-être du grec kônôps, désignant un insecte.
Présentation générale : C’est une plante très mince, de 30 cm à 1 m de hauteur, à tige dressée, rameuse, couverte de poils ras, vert cendré, très feuillée. Les feuilles, pubescentes, étroites et allongées sont aiguës, avec une marge entière ou légèrement dentée. Les nombreux rameaux se terminent par de petites grappes de capitules, formant une panicule dense et allongée, mais aplatie au sommet. Les capitules sont petits, très nombreux, et présentent un centre de fleurs tubuleuses, jaunes, entouré d’une couronne de fleurs à ligule courte (moins de 1 mm), peu saillante, d’un blanc sale. Elles sont présentes de juillet à octobre et souvent bien plus tard dans la saison.
Espèces voisines : Le genre Erigeron comporte près de 400 espèces distribuées dans le monde entier, avec une concentration particulière en Amérique du Nord. À côté de quelques espèces natives se rencontrent la vergerette de Buenos Aires (E. bonariensis) et la vergerette de Sumatra (E. sumatrensis), originaire, malgré son nom, d’Amérique tropicale, deux adventices qui se répandent. Elles sont particulièrement fréquentes en région méditerranéenne, mais en extension vers le nord. Erigeron annuus et E. karvinskianus, américaines elles aussi, sont abondamment naturalisées. Ces différentes espèces ne semblent pas poser de problèmes majeurs.
Confusions possibles : Avec les vergerettes de Buenos Aires et de Sumatra. Chez la première, les rameaux latéraux sont plus longs que l’axe central ; chez la seconde, l’inflorescence est pyramidale, avec un axe central dépassant les autres rameaux. La vergerette du Canada présente une inflorescence aplatie au sommet et des capitules où la couronne de ligules est bien visible, tandis qu’elle est presque invisible chez les deux autres. Les autres espèces ont des ligules plus allongées."
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Vertus médicinales :
Henri Ferdinand Van Heurck et Victor Guibert, auteurs d'une Flore médicale belge. (Fonteyn, 1864) nous apprennent les propriétés thérapeutiques de la Vergerette :
"Vergerette âcre : Usages médicaux. — Cette plante, le Conyza cærulea, seu minor, de quelques formulaires, est d'une âcreté extrême ; elle est excitante et a été prescrite comme telle.
Vergerette du Canada : Propriétés Physiques et Chimiques — Cette espèce possède une odeur agréable, une saveur amère, âcre, un peu astringente. Elle contient une matière extractive amère, du tannin, de l'acide gallique et une huile volatile (De Puy). Elle cède ses propriétés à l'eau et à l'alcool. Elle fournit par incinération 4 à 5 petites cuillers de potasse (Dubuc).
Usages médicaux. — Toutes les parties de cette plante sont actives ; les feuilles et les fleurs sont préférées. Elle est diurétique, tonique, astringente. On la dit utile dans l'hydropisie et la diarrhée. On se sert de l'huile pour arrêter les hémorrhagies. On la donne en substance (1 à 4 grammes) ; en infusion (30 à 50 grammes dans 500 d'eau bouillante) ; en extrait aqueux ou en teinture. L'huile s'administre à la dose de 5 gouttes toutes les 2 heures. (Procter)."
Dans les Etudes ethnobotaniques québécoises (Contributions de l'Institut botanique de l'Université de Montréal. — No 55, 1945) de Jacques Rousseau et Marcel Raymond, on peut lire :
"Erigeron canadensis. ( Vergerette du Canada). o-hen-îa-kaion ( = vieille herbe).
Pour les convulsions et les fièvres, chez les enfants, infusion de vergerette (plante entière) et d'Asarum canadense (racine seulement). Introduit de l'Ouest du Canada."
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Usages traditionnels :
François Couplan, auteur de Aimez vos plantes invasives : mangez-les ! (Éditions Quæ, 2015) relève les usages suivants :
"Utilisations et vertus culinaires : Les jeunes pousses de la vergerette du Canada sont parfois mangées, cuites à l’eau, au Japon. Les feuilles ont une saveur très piquante, avec des notes d’estragon, et peuvent relever la nourriture comme du piment. Elles forment un intéressant condiment.
Pousses et feuilles de quelques espèces voisines servent occasionnellement de nourriture en Asie orientale.
Nigirizushi à la vergerette :
Ingrédients pour 4 personnes :
300 g de riz rond japonais, 30 cl d’eau,
4 c. à s. de vinaigre de riz,
2 c. à s. de sucre,
1 c. à c. de sel,
1 petit bol de feuilles de vergerette du Canada,
1 dorade très fraîche
Préparation :
Lavez le riz à l’eau froide dans une passoire jusqu’à ce que l’eau qui s’en écoule soit claire. Laissez-le égoutter une demi-heure dans la passoire.
Mettez l’eau et le riz dans une casserole et couvrez-la hermétiquement. Portez à ébullition sur feu moyen sans soulever le couvercle de la casserole. Faites cuire pendant 5 min, puis baissez le feu au minimum et laissez cuire 10 min. Retirez le couvercle et laissez reposer environ 10 min.
Dans une casserole, faites chauffer le vinaigre, le sucre et le sel sans porter à ébullition. Laissez refroidir. Versez le riz dans un saladier et laissez-le refroidir.
Versez la préparation vinaigrée sur le riz en plusieurs fois, en mélangeant délicatement pour ne pas écraser les grains.
Ajoutez la vergerette du Canada finement hachée.
Levez les filets de dorade, retirez-en la peau et coupez les filets en morceaux d’environ 3 cm sur 8 cm. Formez des boulettes de riz légèrement plus petites et recouvrez-les des tranches de poisson.
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Symbolisme :
Marie Alexandrine Martin, autrice de quelques "Notes sur quelques végétaux utilisés au Cambodge". (In : Journal d'agriculture tropicale et de botanique appliquée, vol. 16, n°2-5, Février-mars-avril-mai 1969, pp. 112-157) fait état d'un usage magique de la vergerette :
"Erigeron canadensis L. NV. : Vergerette du Canada.
Herbe récoltée à Peam Prus dans les champs en friche. Les habitants atteints de maladies dues aux sorciers se douchent avec l'eau de macération des feuilles, afin d'écarter le maléfice.
Distr. : Originaire de l'Amérique ; devenue cosmopolite."
Sur le site Picture this on peut lire ces extraits de différents articles :
"Quelle est la symbolique de la Belle vergerette (Erigeron speciosus) ?
Dans le langage traditionnel des fleurs, la Belle vergerette est souvent associée à l'idée de persévérance et de résilience. Ce symbolisme en fait une fleur idéale pour manifester un soutien inébranlable ou pour célébrer des accomplissements après une période de difficultés.
Interprétation contemporaine : Aujourd'hui, la Belle vergerette est souvent utilisée pour des bouquets de célébration afin de transmettre des messages forts de courage et de détermination. Sa floraison vivace est également perçue comme un symbole de joie et de beauté durable.
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Quelle est l'histoire et la signification de la Vergerette de Karvinski ?
Origines historiques : La Vergerette de Karvinski est originaire des régions montagneuses du Mexique, mais elle a rapidement conquis les cœurs des jardiniers et amateurs de fleurs à travers le monde. Les explorateurs européens du XIXe siècle ont contribué à sa diffusion en la rapportant dans leurs serres et jardins, fascinés par sa capacité à fleurir abondamment même dans des conditions difficiles.
Symbolisme et Signification : Dans le langage des fleurs, la Vergerette de Karvinski est souvent associée à la persévérance et à la beauté simple. Cette fleur symbolise le fait de tenir bon malgré les obstacles, une qualité très appréciée dans de nombreuses cultures. Son apparence simple mais élégante est réputée pour apporter un sentiment de paix et de calme à ceux qui l'admirent.
Célébrations : Bien que moins couramment utilisée pour des événements majeurs comme les mariages ou les grandes réceptions, la Vergerette de Karvinski trouve sa place dans des célébrations plus intimes. Elle convient parfaitement aux fêtes de jardin, pique-niques et réunions entre amis, où elle contribue à créer une atmosphère accueillante et détendue."
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Contes et légendes :
Selon les informations glanées (mais non sourcées) sur le site IPAL Formation :
"Petite histoire : Cette plante a le nom de « vergerette » car elle était utilisée autrefois comme « verges » (fouets) pour corriger les enfants. De plus, selon les légendes et traditions, on froissait les feuilles et tiges pour en dégager une odeur très particulière qui éloignait les sorcières !!!"
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