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  • Anne

La Coloquinte




Étymologie :

  • COLOQUINTE, subst. fém.

Étymol. et Hist. 1. Fin xiiie-début xive s. colloquintide (Antidotaire Nicolas, éd. P. Dorveaux, p. 24, 35 et 36) ; 1314 id. (trad. Henri de Mondeville, Chirurgie, éd. A. Bos, § 1864) ; 1372 coloquinte et colloquinte (Corbichon, Propriét. des choses [éd. 1522], XVII, 60 et XVIII, 87 d'apr. Delboulle ds R. Hist. litt. Fr., t. 6, p. 461) ; 2. 1809 p. anal. de forme « tête » (Médit. d'un hussard, XXXII d'apr. Esnault ds Fr. mod., t. 12, p. 62). Empr. au lat. impérial colocynthis, -idis (lui-même empr. au gr. κ ο λ ο κ υ ν θ ι ́ς désignant la coloquinte), en b. lat. sous les formes coloquint(h)is et, avec changement de déclinaison, coloquint(h)ida, ae (TLL s.v., 1694, 79) auxquelles sont respectivement empr. coloquinte et coloquintide.


Lire également la définition du nom coloquinte afin d'amorcer la réflexion symbolique.


Autres noms : Cucurbita pepo ; Colochinthe ; Coloquinelle ; Courge d'Alexandrie ; Courge orangine ; Courge sauvage ; Faux Paca ; Pomme de calotin ; Orangin.

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Symbolisme :


Pour Scott Cunningham, auteur de L'Encyclopédie des herbes magiques (1ère édition, 1985 ; adaptation de l'américain par Michel Echelberger, Éditions Sand, 1987), la Coloquinte (Cucurbita pepo) a les caractéristiques suivantes :


Genre : Féminin

Planète : Lune

Élément : Eau

Pouvoirs : Protection ; Envoûtement.


Utilisation rituelle :

Les Chinois honoraient la Coloquinte comme le premier des légumes.

Dans les anciens tombeaux du Wurtemberg, on a trouvé, avec des noix et des noisettes, des Coloquintes ; on les considérait comme un excellent viatique et comme le meilleur moyen de monter au ciel afin d 'y renaître.

Utilisation magique :

En Afrique, la variété de Coloquintes appelée calebasse (fruits du cucurbita lagenaria et du crescentia cujete) est en général protectrice. On en suspend autour de la case pour tenir le mal à distance. Les sorciers se font des hochets en glissant des pois secs, parfois des osselets, à l'intérieur d'une Coloquinte qui est alors fixée au bout d'un long bâton enrubanné; ils agitent frénétiquement ces hochets pour effrayer les démons.

Chez les Malinkés et les Diolas de Sénégambie, la coutume subsiste de faire intervenir, pour moraliser les femmes, une sorte de fétiche-épouvantail appelé le Moumbo-Joumbo. On le suspend à rentrée des villages et il reste là tout le jour. Mais la nuit il entre en action. Un sorcier s'en affuble et, sous ce costume impressionnant, il va trouver les épouses ou les jeunes filles dont la conduite laisse à désirer et les terrorise par des danses, des cris, des bonds, ponctués de stridents coups de sifflet, agitant à leurs oreilles les hochets de Coloquintes et des sortes de volants musicaux qui vrombissent quand on les fait tourner à toute vitesse.

En Mauritanie, on lit les augures en faisant se battre deux scorpions à l'intérieur d'une Calebasse.

Évidés et séchés, ces fruits font des vases pour les autels; la nuit, dit-on, les âmes des défunts viennent s'y désaltérer.

En Italie, au contraire, c'est la croyance inverse qui prévaut. Les diverses espèces de courges ont été pendant longtemps le moyen d'introduction du diable dans le corps humain. Les paysans en faisaient alors des gourdes. Après avoir bu de l'eau conservée dans une Coloquinte qui n'avait pas subi tout un rituel de désenvoûtement, la personne se trouvait possédée du démon.

Les petits garçons naissent dans les choux, les petites filles dans les roses, et les lutins dans les Coloquintes.

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Dans Le Livre des superstitions, Mythes, croyances et légendes (Éditions Robert Laffont S.A.S., 1995, 2019) proposé par Éloïse Mozzani, on apprend que :


La coloquinte (calebasse), qui appartient aux cucurbitacées (famille de la courge, du concombre, du melon et de la pastèque), mais dont les fruits sont amers, à été honorée par les Chinois comme le premier des légumes,. A l'image de la courge en Asie, la coloquinte ou "courge sauvage" est liée en Europe à la régénération : "On les considérait comme un excellent viatique et comme le meilleur moyen de monter au ciel afin d'y renaître." Des coloquintes furent d'ailleurs retrouvées dans d'anciens tombeaux du Wurtemberg.

La coloquinte partage également avec la courge une réputation diabolique. On dit en effet qu'on peut être possédé du démon si on a bu de l'eau conservée dans une coloquinte qui n'avait pas subi tout un rituel de désenvoûtement".

La légende veut également que les petits garçons naissent dans les choux, les petites filles dans les roses et les lutins dans les coloquintes.

En Afrique, la calebasse, qui est une variété de coloquinte, a des vertus protectrices : suspendues autour d'une case, elle en éloigne le mal. Les sorciers glissent dedans des pois secs ou des osselets et s'en servent comme hochet qui, agité vigoureusement, effraie les démons. Les Mauritaniens "li[sent] les augures en faisant se battre deux scorpions à l'intérieur d'une calebasse."

Des calebasses évidées et séchées servent de "vases pour les autels ; la nuit, dit-on, les âmes des défunts viennent s'y désaltérer."

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Voir aussi Courge.


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