Blog

  • Anne

La Canneberge




Étymologie :

Étymol. ET HIST. − 1596 (Hulsius, Dict. françois-alemand et alemand-françois d'apr. Behrens ds Z. fr. Spr. Lit. t. 23, 2epart., p. 10 : airelle, steinberlein und schwarzebeer). Empr. à un mot dial. du Massif Central (Chamalières éi̭réla, Recharenge ai̭relo ds Nauton, Atlas ling. du Massif Central, t. 1, 1957, carte 212, points 9 et 4) ou des Alpes (voir Rolland, Flore pop., t. 7, p. 235 et Dauzat Ling. fr. 1946, pp. 243-244), dér. d'un simple attesté par le prov. mod. aire, du lat. ater « noir ».

Étymol. et Hist. 1665 canneberge (Vallot, Hortus regius ds Roll. Flore, t. 7, p. 240) ; 1846 cannebirge à Forges (Seine-Maritime) (Annuaire des cinq départements de Normandie, p. 385, ibid.). Orig. inc. FEW t. 21, p. 96a.


Lire également les définitions des noms airelle et canneberge afin d'amorcer la réflexion symbolique.

*

*




Symbolisme :


D'après Le Livre des superstitions, Mythes, légendes et croyances (Éditions Robert Laffont, 1995, 2019, proposé par Éloïse Mozzani,


Les airelles sont très bénéfiques : non seulement elles agissent contre les maléfices et les malédictions, mais de plus, elles attirent la bonne fortune : "En Forêt-Noire, au mois d'août, la maîtresse de maison met un oint d'honneur à placer sur le dessus du buffet une corbeille remplie de ces baies rouges : elles attireront la chance sur ce foyer pendant toute l'année".

Les personnes tristes et mélancoliques ont tout intérêt à manger beaucoup d'airelles, y compris sous forme de tarte ou de confiture, car ces baies, probablement en vertu de leur couleur, leur redonneront la joie de vivre.

Faire des fumigations de branches vertes d'airelles sept soirs de suite dans sa chambre favorise les rêves divinatoires.

En Pologne, notamment dans la région d'Olsztyn, l'airelle des marais qu'on répandait devant les portes éloignait les farfadets : "Lorsque les farfadets sortaient des marécages, la nuit, ils commençaient par s'infiltrer dans le cabaret fermé pour y vider plusieurs bouteilles d'eau-de-vie. Puis, soûls comme des grives, ils essayaient de s'en prendre aux maisons. Les baies roulaient sous leurs pieds, et les lutins ivrognes dégringolaient les uns sur les autres en poussant force cris et jurons".

*

*





Contes et légendes :

Howard Norman propose un recueil de contes intitulé Contes du Grand Nord, récits traditionnels des peuples Inuits et Indiens (Édition originale 1990 ; Éditions Albin Michel S.A., collection "Terre indienne", 2003). L'un d'entre eux concerne la canneberge :

L'embarras des amis canneberges

Montagnais


Petit-Buisson-de-Canneberges et Grand-Buisson-de-Canneberges étaient non seulement compagnons de chasse mais également voisins puisqu'ils vivaient dans des villages proches l'un de l'autre, sur la rive d'un lac. L'entrée de leur maison faisait face à l'eau, et ils pouvaient ainsi voir les orignaux traverser le lac en nageant.

Petit-Buisson-de-Canneberges et Grand-Buisson-de-Canneberges étaient les meilleurs amis du monde, ils se protégeaient mutuellement et étaient connus par tous comme « les amis canneberges ».

Ils se rendaient fréquemment visite.

Durant l'hiver, le printemps et l'été, il était impossible de mettre les amis canneberges dans l'embarras.

Mais quand venait l'automne, Petit-Buisson-de-Canneberges et Grand-Buisson-de-Canneberges étaient mûrs, gros et juteux.

Un jour, alors qu'ils traînaient paresseusement dans leur maison, ils entendirent soudain un orignal approcher.

Petit-Buisson-de-Canneberges et Grand-Buisson-de-Canneberges saisirent aussitôt leurs arcs et leur flèches.

Ils coururent vers l'entrée de la maison mais ils étaient si gros qu'ils restèrent tous deux coincés dans l'embrasure de la porte et ne purent sortir de chez eux. Ils ne réussirent pas à être là à temps pour tirer sur l'orignal qui passa devant leur maison et fut bientôt hors de vue.

Les amis canneberges furent très embarrassés par ce qui venait de se passer. Il existe d'autres façons de mettre les amis canneberges dans l'embarras, mais c'est ainsi que les orignaux s'y prennent.

*

*




Littérature :


Asa Larsson dans son roman policier En sacrifice à Moloch (Édition originale, 2012 ; traduction française Albin Michel, 2017) évoque une cueillette mémorable :


"Je me demande si ce n'est pas aussi cette année-là que j'avais cueilli tant de canneberges", reprit Sivving, heureux de plonger dans ses souvenirs de cueillette et peu enclin à changer de sujet. "C'était à la fin de l'automne. On était obligés d'attendre l'après-midi parce qu'il avait commencé à geler la nuit et que, le marin, les baies étaient congelées dans la tourbe."

Rebecka déplaça son poids d'une fesse sur l'autre. Si seulement il pouvait aller s'enquérir de cette Sol-Brit maintenant pour qu'ils puissent aller se promener en forêt.

Il doit bientôt avoir fini son histoire, se dit-elle. Pitié, faites qu'il ait bientôt fini.

"Une fois, j'en ai ramassé vingt-quatre litres, continua Sivving, inlassablement. J'en ai donné deux litres à la sœur de Maj-Lis, qui habite à Pajala. Elle avait de la famille qui était venue la voir de Finlande, ils en avaient cueilli cinq litres. Ils étaient super fiers. Alors le gendre leur a raconté qu'il connaissait quelqu'un qui en avait ramassé vingt-quatre litres. "Sitä ei voi", ils ont répondu, "Ce n'est pas possible !", et le mari a dit : "Pour le type ont je vous parle, si !"

Il se tut et se tourna vers la maison de laquelle ne provenait aucun bruit.

*

*



75 vues

Posts récents

Voir tout

L'Orne