L'Hermelle
- Anne

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Autres noms : Sabellaria alveolata -
Zoologie :
Selon Christophe Secula, auteur de "Acteurs et gestion du littoral. Une anthropologie de la baie du Mont-Saint-Michel." (Anthropologie sociale et ethnologie. Museum national d’histoire naturelle - MNHN PARIS, 2011) :
"Les récifs d’hermelles constituent en effet des « édifices » qui peuvent atteindre des tailles importantes, tant en surface qu’en hauteur. Il s’agit de « bioconstructions » édifiées sur l’estran par un ver marin, l’hermelle (Sabellaria alveolata), qui capture les grains de sable et les débris coquilliers en suspension dans l’eau (Gruet, 1994 ; Dubois et al. 2005) qu’il trie et englue pour fabriquer un tube dans lequel il vit. Les hermelles sont des vers sédentaires qui se nourrissent grâce aux mouvements des eaux : « à marée basse, l’hermelle se retire dans son tube et en obstrue l’ouverture grâce à sa couronne operculaire. Lorsqu’ils sont recouverts par la marée, les vers sortent légèrement du tube et étendent leurs filaments buccaux pour capturer de la nourriture ou des grains de sable. » (Le Rhun, 2002 : 61). Les hermelles vivent en colonie, les tubes sont fixés les uns aux autres formant ce que certains habitants de la baie comparent à des alvéoles de ruches. La densité varie entre 500 et 1 000 vers – donc « tubes » – par surface de 400 cm² (Gruet, 1973). La croissance des récifs est variable en fonction des conditions naturelles du milieu (Ayata et al., 2009), des moyennes de 15 cm par an ont été mesurées dans la baie (Gruet et Bodeur, 1997). Au premier stade de développement, les récifs ressemblent à des « champignons ». Puis les récifs sont reliés entre eux et forment des bandes de plusieurs mètres de large, qui prennent la forme de « table ». Ces tables peuvent alors se rejoindre et former des bancs, comme dans la baie, atteignant plusieurs hectares de surface.
Les hermelles peuvent construire leurs récifs sur des estrans morphologiquement très divers (Gruet, 1973). Dans la baie, « Étant donné la très faible pente […] l’espace de grève favorable est très étendu ; toutes les coquilles présentes sur cette partie de l’estran peuvent servir de point de départ à des récifs embryonnaires ». (Lucas et Lefèvre, 1956 : 88).
Le site appelé « Banc des Hermelles » est la zone récifale la plus étendue de la baie, mais aussi d’Europe. Il couvre une surface comprise entre 90 ha (Dubois, 2003) et 223 ha (Ricquiers, 2007), situé à environ 6 km du rivage devant Cherrueix et Saint-Broladre, localisé entre les cotes +3,5 m N-O et 5,5 S-E par rapport au zéro des cartes marines (Legendre, 1980). La Banc des Hermelles ne découvre totalement que lors de marées dont le coefficient est supérieur à 80.
La baie abrite également deux autres sites récifaux, localisés dans sa partie normande.
Le premier est situé sur les rochers qui s’étirent au pied des falaises de Carolles, parfois sur des murs de pierre délimitant d’anciennes pêcheries (Jacquet, 1952). Ces récifs sont dits « hermelles en placage », dont la position sur le haut de l’estran fait qu’elles ne servent pas de refuge à de nombreuses espèces animales (Gruet, 1981), contrairement aux récifs édifiés au milieu de l’estran comme le Banc des Hermelles, exploité depuis toujours par les pêcheurs de la baie (Kerforne, 1923).
Le biologiste Yves Gruet indique en effet que « L’homme […] puise abondamment dans les « crassiers » de la baie […] du Mont-Saint-Michel qui sont des lieux de pêche de crustacés (crabes et crevettes) et de mollusques (huîtres, moules, palourdes, pétoncles). […] La biomasse et la productivité dues à ces colonies jouent très probablement un rôle non négligeable dans l’économie littorale » (Gruet, 1973 : 3 et 8). Plusieurs espèces de crabes (tourteaux) ou de poissons (gobies) se nourrissent en effet d’hermelles, tandis que d’autres trouvent refuge dans les cavités formées par les récifs édifiés par les vers (congre, homard).
Le deuxième site récifal normand, appelé « Banc de la Frégate », est situé à environ 3,5 km au sud-ouest des falaises de Carolles, à même l’estran comme le Banc des Hermelles, et ne peut également être visité que lors de coefficients de marée supérieurs à 80.
Au début du XXe siècle, des scientifiques s’inquiétaient du rôle de ces récifs dans « l’assèchement » de la baie du Mont-Saint-Michel, accusés de barrer le lit des fleuves sur pas moins de 10 km (Galaine et Houlbert, 1916). Certains s’alarmaient de la « prolifération » de ces récifs, allant jusqu’à recommander leur dynamitage ou leur érosion par dragage.
Dans les années 1950, on signalait à l’inverse leur régression (Jacquet, 1956), et Robert Dolfus, professeur au Muséum, contredisait les conclusions de ses prédécesseurs à propos de ce qui était alors considéré comme une « calamité » : « L’importance des hermelles a été beaucoup exagérée, tant au point de vue du colmatage qu’au point de vue de la destruction des bancs naturels d’huîtres, et actuellement, il ne viendrait plus à l’idée d’un zoologiste de qualifier, comme l’ont fait Audouin et Edwards, les hermelles de « fléau » […] » (Dolfus, 1960 : 134). Il dénonçait au contraire les « conséquences » négative des pratiques de pêche à pied – destruction des récifs à la barre à mine – sur cet écosystème fragile et si particulier.
Aujourd’hui, les trois zones d’hermelles de la baie sont dans des états différents : le Banc des Hermelles s’est fortement dégradé entre 2001 et 2007, certains secteurs sont entièrement « colonisés » par les huîtres creuses ou la vase (Dubois, 2003 ; Secula, 2006 ; Ricquiers, 2007), et les récifs ne dépassent guère 70 à 80 cm au maximum. Au contraire, les récifs situés en Normandie sont beaucoup plus « dynamiques », certains récifs atteignent, au Banc de la Frégate ou au pied des falaises de Champeaux, plus de 1,5 m de hauteur, et continuent de s’étendre chaque année."
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Patrick Le Mao, Laurent Godet, Jerome Fournier, Nicolas Desroy, Franck Gentil, et al.., auteurs d'un Atlas de la faune marine invertébrée du golfe Normano-Breton - Volume 6/7 - Espèces d’intérêt particulier. (Éditions de la Station biologique de Roscoff, 2020) présentent l'Hermelle :
"L’hermelle, ou Sabellaria alveolata, est un annélide tubicole colonial qui se caractérise par sa capacité à élaborer des bioconstructions aux dimensions remarquables pouvant dépasser 2 m de hauteur et couvrir plusieurs km² (Fournier, 2013 ; Noernberg et al., 2010). On peut qualifier cette espèce d’« hermatypique » comme certaines espèces de coraux et cyanobactéries responsables de l’élaboration des stromatolithes. Ce ver marin construit un tube individuel composé de grains de sable coquillier assemblés à l’aide d’une colle qu’il synthétise (Flammang & Lambert, 2008 ; Fournier et al., 2010 ; Gruet et al., 1987). Les qualités de cette colle sont telles qu’elles intéressent des sociétés privées tant dans le domaine médical qu’industriel (Buffet et al., 2018). À la fois rigide et plastique, cette colle explique l’étonnante résistance des tubes face aux contraintes physiques qui leur sont imposées (Le Cam et al., 2011). L’aspect général des tubes fait penser aux alvéoles de cire des abeilles ce qui explique le nom de « honeycomb » worm utilisé par les Anglo-Saxons. À l’échelle du tube lui-même, l’organisation des grains ne laisse rien au hasard. L’hermelle a une préférence pour les petits éclats de coquilles qu’elle agence à la même façon des tuiles d’un toit pour assurer la solidité de l’ensemble. Collés les uns aux autres, les tubes de la colonie constituent des bioconstructions, dont la forme et la structure changent selon la position qu’elles occupent sur l’estran. Les placages épais de plusieurs dizaines de centimètres d’épaisseur qui recouvrent les platiers rocheux intertidaux laissent la place à des structures en boules isolées qui s’agglomèrent progressivement en bas de l’estran. Le stade ultime d’évolution est un récif tabulaire haut de plus de 2 m qui se régénère en permanence suite aux tempêtes hivernales qui constituent la principale cause naturelle de dégradation (Gruet, 1972).
Suspensivore, l’hermelle capture les particules alimentaires qui sont en suspension dans la colonne d’eau. Pour cette raison, les récifs se situent préférentiellement dans des zones à fort hydrodynamisme où l’agitation de l’eau est importante. Elle capture de la même façon les grains de sable nécessaires à la construction ou reconstruction du tube dans lequel elle vit. Son anatomie est entièrement adaptée à la vie tubicole. Coiffée d’une couronne de tentacules, l’hermelle peut retenir des particules très fines jusqu’à 5 µm environ (Dubois et al., 2003 et 2005). La colonie agit ainsi comme un très grand filtre. A titre de comparaison, la colonie de Sainte-Anne en baie du Mont-Saint-Michel a les mêmes capacités de filtration que les huîtres cultivées ou un quart de celles des moules de bouchot (Cugier et al., 2010 ; Dubois, 2003). Signalons que la densité peut atteindre 30 000 individus/m². La durée de vie de l’hermelle est estimée à trois ou quatre ans et la reproduction sexuée s’effectue deux fois par an en avril-mai principalement puis en septembre-octobre. Les larves se déplacent dans la colonne d’eau pendant plus d’un mois et demi avant de se fixer préférentiellement sur les colonies existantes (Ayata et al., 2009 ; Dubois et al., 2007). La colle des tubes contient en effet une molécule détectée par les larves et qui leur indique le chemin de la colonie. Ce système de recrutement a son importance en matière de conservation puisque l’espèce voit ainsi réduites ses chances de coloniser des espaces vierges.
Cette espèce est strictement intertidale dans le golfe Normano-Breton, mais elle colonise également certains fonds subtidaux rocheux de l’étage du haut infralittoral, en Méditerranée notamment. Sa répartition s’étend des côtes du Maroc jusqu’au nord de la mer d’Irlande. Le changement climatique actuel a sans doute des conséquences sur la modification de l’aire de répartition de cette espèce (Muir et al., 2016).
Même si sa présence est régulièrement notée tout au long des côtes rocheuses de l’ouest de l’Europe, elle n’atteint le stade récifal qu’en deux endroits, la baie du MontSaint-Michel et la baie de Bourgneuf. Les récifs de ces deux sites atteignent plusieurs dizaines d’hectares, mais c’est bien en baie du Mont-Saint-Michel que les bioconstructions d’hermelles sont les plus étendues d’Europe. Ces bioconstructions sont remarquables à plus d’un titre puisqu’elles sont installées en grande partie sur substrat meuble, cas rare sur l’ensemble de l’aire de répartition de l’espèce. Les hermelles ont colonisés trois secteurs de la baie du Mont-Saint-Michel, le récif de Sainte-Anne situé au centre de la baie, le récif de Champeaux situé près des falaises du même nom près de Saint-Jean-leThomas et le récif de la Frégate, 2 km plus au sud de celui de Champeaux. Ce dernier est un complexe de bioconstructions puisqu’elles colonisent des platiers rocheux, une ancienne pêcherie et se sont progressivement installées en bas de plage sur le sédiment meuble. L’espèce est actuellement également présente en de nombreux points du littoral du Cotentin, de Granville à Saint-Germain-sur-Ay, sous la forme de placages sur les platiers rocheux. L’hermelle a été signalée encore récemment en d’autres points du golfe Normano-Breton dont les îles Anglo-Normandes telles Jersey, l’île maîtresse de l’archipel des Minquiers et dans l’archipel de Chausey mais ces données mériteraient confirmation, car une confusion avec S. spinulosa n’est pas exclue. De part et d’autre de la baie de SaintBrieuc, à Saint-Quay-Portrieux et à Planguenoual, l’hermelle a été signalée sous la forme de placages peu épais il y a une quinzaine d’années, mais elle n’y semble plus présente que sous forme de tubes isolés. Elle semble avoir disparu de la Côte d’Émeraude car les derniers signalements entre Erquy et Saint-Malo datent de 1964 en baie de Lancieux (Retière, 1968). Les récifs et placages de la baie du Mont-Saint-Michel et de la côte ouest du Cotentin sont maintenant géographiquement très isolés des autres placages les plus proches, situés en baie de Lannion.
Les phénomènes d’apparition et de disparition subite de certains récifs restent encore mal documentés. On peut signaler la disparition du récif de la Frégate dans les années 1940 pour une raison inconnue et sa réapparition dans un lieu proche de celui d’origine en 2005. En l’espace d’une dizaine d’années, les quelques boules visibles sur l’estran ont donné lieu à un récif pristine de plus de 2,5 m de hauteur en certains points et de plus de 2 km de longueur. L’aspect très original de ce récif se base sur le fait qu’il s’est construit presque uniquement sur un substrat meuble.
Cette espèce qualifiée d’« ingénieure » par les écologues, non pas pour ses capacités de construire des récifs, mais pour structurer les communautés benthiques qui lui sont associées, est capable de modifier les caractéristiques physiques de son environnement sédimentaire. Cette capacité à construire des récifs permet à de très nombreux organismes benthiques de cohabiter au sein de ces bioconstructions originales. Les microhabitats tels les fissures, trous, galeries, parois sont colonisés par une multitude d’espèces benthiques. Les récifs d’hermelles voient leur richesse spécifique augmentée d’un facteur cinq fois supérieur par rapport à celles des sédiments meubles environnants (Dubois et al., 2006 ; Jones, 2017 ; Jones et al., 2018). L’assemblage des espèces qui vivent dans les récifs est très original puisqu’on observe des organismes originaires de l’intertidal et du subtidal, de la côte et du large et inféodées soit aux substrats meubles, soit aux substrats durs (Dubois et al., 2002). Les assemblages sont eux-mêmes différents selon la structure du récif : placage, boule isolée, boules coalescentes, table récifale, récif envasé… Enfin, la faune vagile est présente en quantité et trouve des représentants chez les crustacés, les gastéropodes et les poissons.
Les récifs d’hermelles ont longtemps été considérés comme une nuisance avant de devenir une espèce dite patrimoniale (Le Mao et al., 2017). Il existe actuellement deux types de pressions qui s’exercent sur les récifs. Une pression directe peut être reliée aux activités de pêche à pied et embarquée. En cassant des blocs de récifs à la recherche de crustacés, d’huîtres ou de moules, les pêcheurs endommagent ainsi physiquement le récif en contribuant à le fragmenter. Il existe également des pressions indirectes telles la compétition trophique et l’augmentation de la sédimentation de sédiments fins liés à la présence des moules cultivées sur bouchots (Desroy et al., 2011). Citons également la présence d’algues vertes favorisées par les apports terrigènes qui limitent le recrutement des larves sur les récifs (Dubois et al., 2006). Bien qu’aucun texte réglementaire n’existe pour la protection de cet habitat récifal remarquable (classé en annexe I de la Directive Habitat 92/43/CEE), des initiatives locales existent tant du côté breton que normand de la baie du Mont-Saint-Michel. Les récifs d’hermelles de la baie du Mont-SaintMichel, uniques en Europe, sont fragiles et particulièrement vulnérables aux pressions anthropiques et mériteraient des mesures conservatoires plus strictes."
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Symbolisme :
Christophe Secula, auteur de "Acteurs et gestion du littoral. Une anthropologie de la baie du Mont-Saint-Michel." (Anthropologie sociale et ethnologie. Museum national d’histoire naturelle - MNHN PARIS, 2011) :
"Le Banc des Hermelles est devenu un lieu « symbolique », défendu au titre du patrimoine naturel de la baie, mais aussi par les pêcheurs à pied locaux qui revendiquent « un droit d’usage ». Les pêcheurs locaux marins se sont à tel point approprié les lieux que l’évocation du sujet provoque des réactions vives, beaucoup estimant que le banc est à eux, et que personne ne pourra les empêcher de pêcher à cet endroit. De nombreuses appellations locales sont utilisées pour désigner les différents secteurs du Banc des Hermelles, permettant aux pêcheurs locaux de se repérer.
Les appellations utilisées pour désigner des secteurs précis du centre de la baie ont été transmises de génération en génération. Ces dénominations sont de moins en moins utilisées aujourd’hui, et restent l’apanage des pêcheurs locaux les plus âgés, ceux qui ont connu l’époque « faste » de la pêche à pied. Les pêcheurs donnent notamment des noms aux bancs de sable qui certes se déplacent, mais restent néanmoins toujours identifiables. Dans le centre de la baie, il n’est donc pas rare d’entendre les pêcheurs parler du Grand banc, du banc Roussel ou du banc de Madagascar. Entre les bancs se forment des baies (petite baie, grande baie, baie de l’Etou, baie des hogues (1), qui ne sont fréquentées que par des pêcheurs locaux de crevettes. Ainsi, la zone centrale de la baie, cœur de la pêche à pied des locaux, se voit attribuer une valeur symbolique, une véritable appropriation basée sur une diversité de captures et d’outils, et surtout sur une exploitation ancienne.
Note : 1) Les hogues sont des trous parfois très profonds creusés par l’eau dans le sédiment, qui peuvent s’avérer très dangereux si le pêcheur tombe dedans. Des hogues se forment notamment au niveau du Bec d’Andaine à proximité des lits de la Sée-Sélune en grande marée."
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Symbolisme astrologique :
Gabriel, le créateur du Site Zooastro.com propose de trouver son animal astral en fonction de la position du Soleil et de la Lune dans notre thème :
"Les Vers correspondent au signe du Taureau. Le Taureau est un signe de Terre, Fixe. Un Taureau cherche généralement à se sentir bien où il est, à profiter des biens matériels à sa portée. Il y a chez lui une forte sensualité tournée vers la paix et la douceur de vivre. Son sens pratique, sa décontraction et sa patience lui permettent d’occuper le terrain de ses désirs afin qu’ils deviennent réalité. Traditionnellement, le Taureau sait manipuler la matière afin qu’elle devienne sa richesse et sa joie. Il est terre-à-terre et obstiné, possessif, matérialiste. Une fois ses besoins personnels satisfaits, il rumine paisiblement ses acquis. Il ne regarde pas plus loin, et rien ne le fait changer de cap. Mais si l’on vient à lui retirer ce dont il jouit, il laisse exploser une colère indomptable et ravageuse.
Dans le monde animal, les Vers sont les meilleurs candidats pour transcrire fidèlement le symbolisme du signe du Taureau :
Apparus au tout début de l’Ère Primaire, les Vers font partie des premiers animaux encore existants à s’être détachés du règne végétal. Après les Éponges et les Cnidaires, ils ont inauguré un nouveau type d’organisation anatomique d’une grande simplicité. Celui-ci a été repris par toutes les espèces animales apparues après eux: La symétrie bilatérale. Composé de deux parties symétriques, le Ver présente un corps flexible, long, reliant la bouche et la queue. Comme un tube digestif qui aurait acquis la capacité de se déplacer pour aller chercher la nourriture, au lieu d’attendre qu’elle passe à portée.
On retrouve bien là les caractéristiques classiques du signe du Taureau, axées sur l’importance de la matière, du sol, de la fertilité, et aux valeurs nourricières.
Les Vers, des êtres essentiels : Le Ver est donc un modèle redoutablement efficace. Sa morphologie basique lui a permis de coloniser tous les environnements terrestres et aquatiques. Charles Darwin a été le premier à réhabiliter le Ver de terre. Il a découvert son rôle essentiel dans l’enrichissement, l’entretien et la conservation des sols, structure de base de la vie. Le Ver est ainsi le véritable propriétaire de la terre. Le mode de vie du Ver est un tel succès que bon nombre d’animaux plus évolués sont revenus par la suite à la simplicité de son anatomie : La Limace, les Serpents, la Cécilie…
Parmi les Vers il existe cependant une grande variété de formes et de stratégies évolutives :
Si le Ver de Terre est le modèle typique du genre, le Némerte s’en distingue par sa capacité de propulsion. La Néréide, qui ressemble au Mille-pattes donne au Ver une plus grande agilité, tout comme le Ver de Feu qui est quant à lui beaucoup plus flamboyant. Le Cestode a trouvé le moyen de se faire protéger par un hôte, et la Sangsue s’infiltre discrètement chez son amphitryon. Autre variante, l’Arénicole fabrique elle-même sa protection. L’Eunice a développé l’envergure d’être un prédateur redoutable, tandis que l’Hermelle, le Tubifex et le Riftia ont choisi la vie en communauté, dans des milieux divers, pour faire bloc face à l’adversité.
L’Hermelle ou la conservation : L’Hermelle est un Animal Astral Ver. Elle cherche tout simplement à se sentir bien où elle est, à profiter des biens matériels à sa portée. Sa volonté est tournée vers la paix, la joie et la douceur de vivre. Son bonheur est facilement atteint car il est fait de choses qu’elle trouve tout simplement dans son environnement. Son sens pratique, sa décontraction et sa patience à toute épreuve lui permettent d’occuper massivement le terrain de ses désirs afin qu’ils deviennent réalité. L’important pour elle est de s’implanter dans un espace de consommation personnelle. Une fois qu’elle a trouvé la bonne orientation à prendre, rien ni personne ne peut plus le faire changer de voie. L’Hermelle reste toute sa vie sur le sillon des décisions essentielles prises dans sa jeunesse. Elle a horreur du changement, et ne prête aucune attention à l’agitation extérieure tant que ses besoins vitaux sont satisfaits.
D’autant que l’Hermelle, introvertie et froide, complètement contrôlée et flegmatique, est attirée par une forme de vie austère et dure. Elle a besoin d’échafaudages ambitieux et profondément ancrés. Elle a un goût pour les constructions durables qui permettent d’abriter une famille, ou un groupe auquel elle tient beaucoup. Lente mais réfléchie, solide et équilibrée, sèche et rigide, elle puise dans sa structure sociale, sa civilisation, sa ville, ou sa maison, l’énergie d’avancer. Cette passion pour l’espace commun est certainement son point sensible.
Les particularités de l’Hermelle : L’Hermelle met sa sensibilité constructive et froide au service d’une volonté de profiter simplement de la vie. Mais le temps est source d’angoisse. Peut-on pleinement profiter des choses si elles ne durent qu’un temps très court ? Comment faire durer le plaisir ? Cette angoisse assombrit le tempérament originellement placide de l’Hermelle. Normalement, elle ne regarde pas plus loin que la satisfaction de ses besoins personnels. Mais comme elle se sent constamment menacée de perdre ce qui lui est cher, elle laisse parfois exploser une colère sèche et froide.
Après réflexion, l’Hermelle cherche des solutions pour conserver ce qui lui a été donné par la nature. Une partie de sa vie est consacrée à bâtir un espace de protection pour les choses fragiles essentielles à son bonheur. Dans cet effort, elle fait preuve de solidité, d’endurance, de patience, et de réalisme. Elle planifie des objectifs précis, dont la réalisation est poursuivie avec une opiniâtreté et une ambition étonnantes. Déterminée à tenir ses positions malgré sa forte exposition aux tempêtes de la vie, l’Hermelle réalise peu à peu une entreprise solide avec un grand sens du devoir. Ces réalisations impressionneront ses proches et laisseront leur empreinte longtemps après sa mort. Comment un si petit être est-il capable de réaliser une œuvre si vaste ?
C’est que l’Hermelle n’est pas seule. Elle sait agréger autour d’elle les forces vitales qui réaliseront avec elle l’œuvre qu’elle s’est juré de bâtir. Son rapport aux autres est assez ambigu. Car le groupe est utilisé pour construire un espace vital personnel amené à survivre aux besoins particuliers. Il s’agit de mettre en commun les forces afin de se nourrir soi-même… D’empêcher des puissances étrangères de gâter ou de capter les richesses thésaurisées pour l’avenir.
Les gens trouvent l’Hermelle assez austère et rébarbative. Elle affiche une posture égoïste et calculatrice parce qu’elle a peur de devenir vulnérable si elle se montre douce et chaleureuse. Son apparence réservée et dure cache en fait une personnalité souvent charmante et tendre. C’est comme si sa carapace avait gardé intacte la pureté de l’âme emprisonnée à l’intérieur. Mais elle ne montre qu’aux intimes les plus proches cette délicatesse, ce souci de confort et de simplicité.
Les pouvoirs de l’Hermelle : L’Hermelle est l’une des personnalités les plus matérialistes et réactionnaires du zodiaque. Il y a en elle le pouvoir de conserver, voir même restaurer une richesse vouée à la disparition si rien n’est fait. Aidée par son grand désir de reconnaissance sociale, cette personnalité en quête d’éternité saura mobiliser toutes les techniques pour parvenir à ses fins. Mobilisation du groupe pour construire une œuvre commune, planification d’objectifs précis personnels et collectifs, stockage en lieu sûr et thésaurisation et des biens récoltés. Quel que soit le domaine qu’elle choisira, elle s’imposera comme la fondatrice d’une œuvre durable, si toutefois elle n’oublie pas l’humilité de ses origines.
Exemple : Adolf Hitler, Cher, George Clooney, David Beckham."
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