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  • Anne

L'Aile d'ange




Étymologie :

  • PLEUROTE, subst. masc.

Étymol. et Hist. 1875 (Lar. 19e). Empr. au lat. sc. pleurotus (1821, Fries, Systema mycologicum t.1, p.10) formé à partir du gr. ο υ ̃ ς, ω ̓ τ ο ́ ς « oreille », terme qui a évincé pleuropus (proposé en 1801 par Persoon, Synopsis methodica fungorum, p. 472) parce qu'il rappelait les dénominations pop. de cette sorte de champignon, oreille de l'orme, de noyer, de chardon (v. Cottez et Roll. Flore t. 11, pp. 145-146).


Lire également la définition du nom pleurote afin d'amorcer la réflexion symbolique.


Autres noms : Pleurocybella porrigens ; Pleurote du Cryptomeria ; Pleurote en oreille ; Pleurote étalé ; Pleurote sauvage ;

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Mycologie :


André De Kesel, Bill Kasongo et Jérôme Degreff, auteurs de "Champignons comestibles du Haut-Katanga". (In : RD Congo AbcTaxa, 2017, vol. 17, pp. 1-290) mettent en garde le mycophile à propos de la ressemblance de l'Aile d'ange avec les Pleurotes comestibles :


Carpophore fragile, non taché, doux (toxique et rappelant Pleurotus) [...]


Pleurocybella porrigens est un sosie dangereux des Pleurotus qui cause de graves intoxications et de l’encéphalopathie (Saviuc & Danel 2006). Il se distingue des Pleurotus par une chair très mince rendant le chapeau translucide, des spores globuleuses et par le fait qu’il pousse sur résineux (plantations de Pinus).

 














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Toxicité :


Selon P. Saviuc, auteur d'un article intitulé "Intoxication par les champignons : les syndromes émergents." (In : Congrès Urgences 2009. SFMU (Ed), 2009, vol. 46, pp. 479-487) :


Encéphalopathie convulsivante et Pleurocybella porrigens :


Une épidémie est survenue au Japon en 2004 chez des insuffisants rénaux (environ 60 cas avec 15 décès) à la suite de la consommation de cette espèce, comestible réputé ; le lien fait entre l’encéphalopathie et la consommation de cette espèce reste pour certains chercheurs controversé, malgré l’absence d’autres hypothèses. Cette espèce pousse dans l’Est de la France.


Espèces toxiques. Pleurocybella porrigens (Pleurote en oreille), consommée auparavant en tant que telle, même par des insuffisants rénaux.


Toxines et mécanismes d’action. Bêta-hydroxyvaline, lectines hémolytiques, thiocyanates et traces de dérivés cyanogénétiques isolés dans Pleurocybella porrigens sont aussi présents dans des espèces ou des aliments non reliés à une telle toxicité. Parmi les hypothèses avancées, les conditions climatiques/météorologiques propres à cette année auraient pu être propices à l’apparition d’une variété toxique.


Clinique et traitement. Quasiment tous les intoxiqués étaient porteurs d’une insuffisance rénale chronique et certains étaient dialysés. Les premiers signes sont apparus de quelques jours à 3 semaines après la consommation de quantités variables de ce champignon : dysarthrie, faiblesse des extrémités des membres, mouvements involontaires à type de tremblements, myoclonies, secousses musculaires et difficultés à la marche. Ces signes ont duré de 7 à 11 jours. À l’acmé sont survenus des troubles de conscience (jusqu’au coma) et des convulsions, résistantes au traitement, pouvant évoluer vers un état de mal convulsif. Un signe de Babinski, une ataxie, une parésie voire une paralysie, des paresthésies cutanées étaient plus occasionnels. La tomodensitométrie et l’IRM, normales les premiers jours, ont objectivé vers le 6e jour des lésions bilatérales intéressant les ganglions de la base du crâne et la substance blanche sous corticale. L’EEG montrait des décharges synchrones périodiques (PSD) et des pointes ondes. Le décès survenait dans un tableau de détresse respiratoire. Parmi les autres intoxiqués, les troubles de conscience pouvant persister plus d’un mois et des séquelles ont été rapportées ; la guérison ad integrum n’est survenue que dans 4 cas sur 10. La gravité de l’intoxication a été reliée non pas à la quantité ingérée mais à la sévérité de l’insuffisance rénale préexistante. Le traitement est symptomatique.

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Usages traditionnels :


Jean Després, dans les Champignons comestibles du Québec-Les connaître, les déguster. (Éditions Michel Quintin, 2017) déclare :


ce champignon connu comme "excellent comestible à travers le monde" (p. 45).

 

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