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L'Agaric des trottoirs




Autres noms : Agaricus bitorquis - Agaric à deux anneaux - Boule de neige niçoise - Psalliote des trottoirs -



Mycologie :


Dans son Atlas des champignons comestibles et vénéneux de la France et des pays circonvoisins. (Doin Éditeurs, 1888) Charles Richon nous propose une description de cet Agaric :


Chapeau arrondi (0", 05-9), épais, glabrescent, blanc de lait, puis crème ou ocre pâle au bord ; stipe plein, ovoïde, glabre, blanc, avec une collerette membraneuse (voile) au sommet et un voile volviforme [volva] près de la base, séparés par un sillon concave (5 à 10mm) ; lamelles écartées du stipe, arrondies, blanches puis rosées et brun foncé; spores ellipsoïdes, subsphériques (0 ", 005-6), ocellées, d'un bai purpurin.

Chair ferme, blanche, d'un incarnat rosé, puis bistré à l'air, d'une odeur forte et agréable de Psalliota campestris.

Été. Terrains calcaires et sablonneux des Alpes-Maritimes (M. Barla). [Quélet, Assoc. franc. pour l'avancement des sciences ; Congrès de Rouen ; 1883.]

Espèce comestible.

 

Le site Au jardin info propose une description plus détaillée :


Description de l'Agaric des trottoirs : Le chapeau de l'Agaric des trottoirs, convexe-globuleux jeune, s'étale en vieillissant. Son centre reste plat. Lisse, il se craquèle par temps sec. De 4 à 12 cm de diamètre, il se teinte de blanc, crème, brun. La cuticule se détache avec facilité, sur toute sa surface. La marge initialement enroulée se déploie progressivement , dévoilant des lames serrées, rose pâle évoluant vers le rose intense puis le brun à maturité. Ces lames restent libres sur un pied blanc crème, trapu, s'amincissant légèrement vers la base. Le port d'un double anneau est un caractère typique de l'Agaric des trottoirs, vestiges de 2 voiles, l'un partiel et l'autre total. Sa chair, du pied au chapeau, est particulièrement ferme, voire dure en son centre. Elle se teinte de rosâtre, lentement, aux blessures.

L'odeur de l'Agaricus bitorquis est agréable, de bon champignon, sa saveur douce.

Le mycélium, partie végétative cachée, s'installe en un réseau de fins filaments dans les sols compactés.


Détermination de Agaricus bitorquis : Le double anneau, la chair très ferme et l'habitat particulier de l'Agaricus bitorquis le caractérisent sans faille. Agaricus bernardii pourra prêter à confusion, mais il porte un seul anneau ascendant, son odeur est désagréable et se rencontrera la plupart du temps en milieu salé.


Milieu de vie : L'Agaric des trottoirs se développe dans des zones compactées, des sols très durs, bords de chemins, routes, dans des cailloux mais aussi des espaces couverts de bitume. Le mycélium a la capacité d'investir ces milieux ingrats, et le sporophore, partie reproductive visible, dur et massif, peut percer même le bitume pour diffuser ses spores à l'air libre. Comme tous les Agarics, Agaricus bitorquis se nourrit de matières organiques. On le dit saprophyte.

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Nicolas Thomas écrit un article dans La Manche Libre (publié le 5 juillet 2013) qui expose la particularité de l'Agaric des trottoirs qui peut en faire un symbole de force impressionnante :


Insolite : des champignons transpercent le bitume près d'Avranches


Dans le lotissement des Vignes à Marcey-les-Grèves près d'Avranches, des champignons ont poussé à travers le bitume.

Depuis quinze jours le phénomène attire les voisins et les habitants de Marcey-les-Grèves. A proximité d'un arbre de la commune, de très gros champignons appelés Agaric des trottoirs ont soulevé le bitume dans la cours d'un particulier dans le lotissement des Vignes.

Ce phénomène assez rare est dû à la très forte pression de turgescence (pression de l'eau à l'intérieur des cellules) dans le champignon en croissance associé au fait que, malgré son aspect fragile, sa paroi est enrichie de chitine, ce qui lui permet de résister au poids de la couche de bitume.

Ces champignons sont comestibles mais leur aspect a rebuté le propriétaire qui ne sait pas comment résoudre ce problème. Ces cas sont extrêmement rares. Certains spécialistes ont même décrit que ces champignons pouvaient soulever des plaques de fonte !

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Sur le site RTS Découverte, on trouve une réponse plus scientifique à cette particularité de l'Agaric des trottoirs donnée par Philippe Clerc (Docteur, Conservatoire et Jardin botaniques de la Ville de Genève) :


Ce que l'on voit habituellement d'un champignon est la fructification, la partie qui sert à la reproduction du champignon, mais cela n'est que la pointe de l'iceberg. La partie la plus importante, le «corps» du champignon – le mycélium – est généralement cachée à l'intérieur du substrat (sol, bois mort, etc.) sur lequel la fructification pousse. Ce mycélium est constitué par des cellules particulières appelées «hyphes». Les hyphes sont de longs et fins filaments ou micro-tubes dont le diamètre se situe autour de 5 millièmes de millimètres et qui sont plus ou moins ramifiés. Ils ont une paroi en chitine (comme l'exosquelette des insectes) très résistante et imperméable à l'eau, une forte pression hydrostatique et un ensemble varié d'enzymes qu'ils peuvent sécréter pour digérer le substrat sur lequel ils vivent. Toutes ces propriétés des hyphes permettent aux champignons de pénétrer activement, d'explorer et d'exploiter de manière idéale les substrats dans lesquels ils vivent, ceci quasiment sans aucune concurrence. Certains champignons font encore plus fort et agrègent ensemble des hyphes pour constituer de véritables faisceaux d'hyphes (à la manière des câbles qui sont constitué de plusieurs filament torsadés en spirale) appelés «rhizomorphes». Ces derniers, structures très fortes et résistantes, peuvent alors pénétrer la maçonnerie et même parfois le béton, en transportant l'eau et les éléments nutritifs nécessaires au champignon.

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Usages traditionnels :


Charles Richon, auteur d'un Atlas des champignons comestibles et vénéneux de la France et des pays circonvoisins. (Doin Éditeurs, 1888) rend compte d'usages de nos ancêtres :


M. Quélet qualifie ce Champignon de comestible très fin. Il paraît du reste se recommander par les caractères d'odeur et de saveur du Champignon de couche. Cette espèce nous a paru intéressante à faire connaître et à reproduire ici, à un autre point de vue, comme l'exemple le plus frappant de l'existence réelle et de l'indépendance du volva dans le genre Psalliota, dont nous avons essayé de présenter l'histoire.

 



Symbolisme :


L'Agaric des trottoirs manifeste concrètement le vieil adage : "la foi déplace les montagnes".

 

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