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  • Anne

L'Accenteur




Étymologie :

  • ACCENTEUR, ACCENTUEUR, subst. masc.

Étymol. ET HIST. − 1829, Boiste, Nomenclature complète d'Hist. Nat. s.v. : accenteurs s. m. pl. oiseaux insectivores. − Besch. 1845. Formé d'apr. le lat. accentor « celui qui chante avec, qui accompagne » seulement attesté ds Isid., Orig., 6, 19, 13 ds TLL s.v. : tres gradus sunt in cantando : primus succentoris, secundus incentoris, tertius accentoris. Malgré la rareté de accentor, l'hyp. d'une création à partir du lat. incentor est improbable, ce terme étant presque aussi rare au sens propre de « celui qui donne le ton, chantre » (2e moitié ive s.; Avienus, fin ive-début ve s. Paulin de Nole, et fin vie-viie s. Isid., sup. ds TLL s.v., un ex. ds Du Cange) ; dans cette même hyp., le lat. praecentor (dep. Apulée, largement attesté ds Du Cange) > m. fr. precentre, m. fr., fr. mod. precenteur, prechantre*, serait une base préférable.


Lire également la définition du nom accenteur afin d'amorcer la réflexion symbolique.


Autres noms : Prunella modularis ; Accenteur mouchet ; Traîne-buisson

Prunella collaris ; Accenteur alpin ; Pégot

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Zoologie :


Deux espèces en France : l'accenteur mouchet et l'accenteur alpin.

Dans son cours d'écologie comportementale intitulé Sélection sexuelle et conflits sexuels (année 2005, chapitre 2, p. 29/32) Alain Lenoir nous apprend une particularité étonnante du petit passereau :


D'une manière générale, des comportements de défense peuvent apparaître pour chaque sexe afin de prévenir la transmission de maladies transmissibles sexuellement. C'est ainsi que chez l'accenteur mouchet (petite passereau ressemblant au moineau domestique Dunnock, Prunella modularis) les deux sexes pratiquent une inspection détaillée du cloaque du partenaire avant toute copulation.

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Etienne Danchin, auteur de Stratégies d'accouplement et conflits sexuels dans un contexte monogame. (Thèse de doctorat. Université Paris VI, 2007) précise les mœurs sexuelles de l'Accenteur mouchet :


Une certaine part de la variabilité des comportements de copulation peut être attribué aux différents régimes d'appariement présents dans le monde aviaire. Dans une étude comparative sur le comportement de copulations des oiseaux, Birkhead et al. (1987) ont observé des différences dans la fréquence de copulation selon les stratégies de reproduction. Ainsi, les genres polygynes (n = 14) ont un taux de copulation significativement plus faible que les genres polyandres (n = 6). De la même façon, les genres monogames à fort taux de copulations hors-couple (extra-pair copulations: EPC) copulent plus fréquemment que la plupart des genres monogames à faible taux d'EPC (Birkhead & Moller 1992). Par ailleurs, les quelques espèces polygynandres connus (l'Accenteur mouchet, le Bruant de Smith) ont un taux extrêmement élevé de fréquence de copulation (voir Encadré n°3 pour un résumé des patrons de copulations selon les régimes d'appariement).

[...]

La structure sociale joue aussi un rôle dans les fréquences de copulations. Dans les régimes polygynandres, la fréquence de copulations des femelles est liée à leur nombre de partenaire. Ainsi, les femelles d'Accenteur mouchet Prunella modularis copulent à une fréquence moyenne de 0.57 cop/heure lorsqu'elles ne sont appariées qu'à un seul mâle et de 1.37 cop/heure lorsqu'elles sont appariées à 2 mâles (Hatchwell & Davies 1992).

[...]

S’il y a conflit, c’est à dire une asymétrie dans la fréquence (durée ou phénologie) optimale des copulations, on peut donc s’attendre à une asymétrie dans les comportements de chaque partenaire. Si le conflit concerne la fréquence de copulations, on observera une différence dans le nombre sollicitations de copulation non suivies d’effet selon le sexe. Ainsi, un des partenaires sollicitera plus de copulations et l’autre aura un taux de refus des sollicitations plus important. Ainsi chez l’Accenteur mouchet ou le Bruant de Smith, espèces polygynandres avec à fort potentiel de conflits sexuels, seul un tiers des sollicitations de copulation par la femelle sont suivi d’effet (Hatchwell & Davies 1992, Briskie 1992).

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Littérature :


Yves Paccalet, dans son magnifique "Journal de nature" intitulé L'Odeur du soleil dans l'herbe (Éditions Robert Laffont S. A., 1992) évoque à plusieurs reprises l'Accenteur mouchet :

26 novembre

(La Bastide)

Gamin gris

Semé de taches de rousseur

Accenteur mouchet

26 janvier

(La Bastide)


De loin, l'accenteur mouchet paraît terne. De près, l'oiselet se métamorphose : il devient à la fois tendre et minéral, si ces deux adjectifs se tolèrent. Sa tête et son poitrail ont les reflets d'ardoise des crépuscules de neige. Le reste du plumage se constelle de mouchetures acajou, à peines plus foncées que la rousseur moyenne des couleurs de la livrée.

Ce n'est pas un passereau : c'est une illusion d'optique qui picore.


Feuille morte

Ressuscitée

Accenteur mouchet

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