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Catubodua, la Corneille du combat

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    Anne
  • il y a 20 heures
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Identification :


Adolphe Pictet, auteur de "Sur une nouvelle déesse gauloise de la guerre" (In : Revue Archéologique, Nouvelle Série, Vol. 18 (Juillet à Décembre 1868), pp. 1-17) essaie d'identifier la déesse Catubodua :


"Dans la Revue savoisienne du 15 novembre 1867, M. Louis Revon a publié une inscription gallo-romaine encore inédite, trouvée aux Fins-de-Ley, puis encastrée dans une maison du hameau de Ley, et transportée récemment à Taninges, chez M. le juge Tavernier, qui en a fait l'acquisition.

[...]

Tout l'intérêt de cette inscription se concentre sur cette nouvelle divinité, qui était certainement gauloise, et que son nom même semble désigner comme une déesse de la guerre, une Bellone celtique. [...]

Je m'attache d'abord à la terminaison bodua. C'est là, sans aucun doute, un terme gaulois, qui reparait plus d'une fois dans les noms d'hommes, soit en composition, soit avec un nouveau suffixe de dérivation.

[...]

Tout ce qui précède prouve bien la grande extension du terme en question dans tout le domaine de l'onomasticum celtique, mais ne nous apprend rien encore sur sa signification. L'ancien gallois bodu ne se retrouve plus dans la langue plus moderne, où il serait devenu boddw, et c'est l'irlandais qui vient nous fournir la solution cherchée.

Le glossaire de Cormac, édité par Stokes, donne (p. 12) donne bodb ou badb comme l'équivalent de crufhechta (1), dans O'Reilly cruifeachtha, scaldcrow, carrioncrow, le corbeau comme oiseau de sang et de carnage. Dans l'irlandais moyeu, bodhbh ou badhbh désigne aussi le corbeau, parfois le vautour, et en général un oiseau de proie ; mais il s'emploie de plus dans l'acception de sorcière et de virago (cf O'Curry, Cath M. Leana, p. 131, note ; et O'Reilly, Dict.). Nous verrons plus tard comment s'explique cette transition de sens.

Pour les Irlandais, le badhbh était essentiellement l'oiseau sinistre des champs de bataille, et le prophète de malheur ; et il joue un grand rôle dans les récits de guerre et de mort. Ce qui prouve que c'était bien là son vrai caractère, c'est que, de bodb, badhbh, s'est formé un adjectif bodba, badhbha, qui, dans ses acceptions diverses, se rattache surtout aux idées de danger, de terreur et de sang. (2). Ce qui le montre aussi, c'est l'origine étymologique probable de ce nom de l'oiseau, qui en reçoit une signification analogue.

[...]

Si le nom même du corbeau, chez les Irlandais, le désignait ainsi comme l'oiseau de proie, l'oiseau de sinistre augure, qui inquiète, vexe, tourmente, ce n'est sûrement pas dans ce sens qu'il s'employait pour former des noms d'hommes. Le corbeau, en effet, se distingue éminemment par son courage et sa remarquable intelligence. C'est en vertu de ces qualités qu'il était considéré comme un oiseau noble. [...] D'après les anciennes lois galloises, le corbeau est associé à l'aigle, au faucon et à la cigogne, comme ne devant pas être tué, sous peine d'une amende au roi.

[...]

Mais comment une déesse arrivait-elle à être nommée corbeau de guerre ? Ici c'est encore l'Irlande, surtout, qui nous apporte la lumière, en nous fournissant quelques faits traditionnels propres à expliquer cette personnification de l'oiseau de carnage. Chez les Celtes insulaires, comme chez les Germains, le corbeau tenait une grande place dans les récits de guerre et les superstitions populaires. L'instinct carnassier qui lui fait suivre les armées, sa présence et ses croassements quand il plane au-dessus des combattants prêts à en venir aux mains, comme dans l'attente du festin sanglant qui se prépare, l'avidité avec laquelle il fond sur les cadavres pour s'en repaître, tout cela devait frapper vivement les imaginations, et les disposer à y chercher des augures funestes ou favorables, suivant les circonstances. Dans la Bataille de Magh Leana, ou trouve l'inscription suivante des corbeaux sur un champ de carnage.


« Les rouges torrents de sang qui s'échappaient des hommes tombés, et les mares qu'ils formaient, se changèrent en caillots noirs, froids, épais, dans les creux et les sillons du sol. Alors les corbeaux noirs (brain ciar-dubha) aux bouches rouges s'abattirent sur les cadavres des nobles guerriers, et sur les larges poitrines des combattants ; et les badhbhs aux "bouches bleues (1), aux croassements rauques, se réjouirent, et tous poussèrent de longs cris de joie à la vue de cette vaste table de festin, et du régal abondant que leur promettaient ces corps gisants sur la terre. »


Le cri d'un corbeau planant au-dessus d'un guerrier avant le combat, était regardé comme un présage de mort. Ainsi, dans les Annales irlandaises de Bruxelles, à propos de la bataille d'Almhain (en 722), où tomba le roi Ferghal, un poëte dit :


« Le corbeau à la bouche rouge, au bec acéré (badhbh beldearg biorach) croassa au-dessus de la tête de Ferghal. »


Dans d'autres cas, cependant, le corbeau s'attache au futur vainqueur, à celui qui lui fournira sa pâture, et alors son cri funèbre jette la terreur chez les ennemis, et contribue à leur défaite. Parfois même l'oiseau vaillant se mêle directement au combat, et vient en aide à son guerrier favori. C'est là ce qui explique les noms d'ami du corbeau, que nous avons vus exprimés de plusieurs manières. Dans les Mabinogion gallois, on trouve une curieuse légende concernant les corbeaux d'Owain, prince de Rheged, au temps d'Arthur. Il avait à son service une troupe de trois cents corbeaux (ciccurain = cig-brain, corvi carnis), qui lui donnaient partout la victoire. Quand il élevait son étendard, ces belliqueux oiseaux entraient en fureur, et fondaient sur les ennemis. Le conte intitulé le Songe de Rhonabwy nous les montre en action comme suit :


« Dès que l'étendard fut dressé, tous les corbeaux s'élevèrent dans les airs, pleins d'ardeur et de colère, et frappant le vent de leurs ailes. Et, reprenant leur courage et leur énergie, ils s'abattirent d'un seul vol sur les têtes des hommes ; et saisissant les uns par les yeux les autres par les oreilles, d'autres encore par les bras, ils les enlevèrent dans les airs. Le ciel alors fut tout rempli du bruit des battements d'ailes et des croassements des corbeaux triomphants, mêlés aux cris et aux gémissements des hommes blessés et déchirés. »

[...]

Dans une note trop succincte, O'Donovan observe que cette Badhbh était une déesse de la guerre, une sorte de Bellone des Irlandais païens. Il est à regretter qu'il ne donne aucun détail sur cette divinité dont il doit sûrement être fait ailleurs quelque mention. Le dictionnaire d'O'Reilly a « Badhbh, an Irish fury, » ce qui se rapporte sans doute à la même tradition. Comme son nom même est celui du corbeau, on ne saurait douter qu'elle n'en fût une personnification féminine. Plus tard, et après l'introduction du christianisme, ce nom, ainsi que je l'ai dit, s'est généralisé pour désigner une sorcière, une virago, comme la Msyoipa grecque est devenue pour nous une mégère. Il s'appliquait aussi, d'après O'Reilly, aux bean sidhe ou sighe, les Banshees de la croyance populaire, sorte d'esprits femelles attachés à certaines familles, et dont l'apparition nocturne dans les airs, accompagnée d'un cri lugubre, était une annonce de mort.

[...]

Pour en revenir à la déesse gauloise Catubodua , ie crois que, d'après tout ce qui précède, on ne peut se refuser à y voir une proche parente de la Bodhbh ou Badhbh irlandaise, appelée peut-être aussi Cathbhodhbh, et une personnification du corbeau de guerre.


Notes : 1) (1) Sans doute de cru, sang, et de fecht, iter, expeditio (opus, pugos ?) Cf. infectha, pugnatus, actus (Zeuss, 172), fechtœ, id. (Sennach. mor, 250) ; et le gallois gweith = vect, opus, praelium (Zeuss, 172, 180), ainsi que 1'iríandais fichim, pugno (O'Reilly). Le nom de l'oiseau paraît signifier : qui va au sang, qui travaille ou com bat pour le sang, le sanguinaire.

(2) Le sens précis de cet adjectif n'est pas facile à déterminer. O'Donovan dans son Glossaire, et d'accord avec O'Curry (Cath M. Leana, p. 26), rend Bodhbha par dangerous ; mais ailleurs, dans sa version de la Bataille de Magh Rath, il lui attribue des acceptions très-diverses. Ainsi, p. 42, terrible, p. 170, awful, p. 318, dreadful ; mais p. 266, bloodthirsty et sanguinary, p. 274, bloody ; puis p. 216, majestick et p. 314, grand : Il semble, d'après les contextes, que le sens de terrible, redoutable, conviendrait assez bien partout. Dans ďautres cas, et en composition, bodhbha paraît jouer le rôle d'un augmentatif. Ainsi dans blathbodhbha, fine flowery (Topogr. poems, p. 6). Le substantif badb est employé de même dans les composés badb-dlus (great) closeness (Magh Rath, p. 190), badb-lasamain (very) fiery (p. 142). Ceci rappelle l'emploi analogue de ßoüc, bœuf, en grec, et de march, cheval, en gallois, par ex. : marchdaran, un violent tonnerre, marchleidr, un grand voleur, etc. Les Anglais disent aussi a horselaugh, a horseplay, comme nous disons figurément une fièvre de cheval,, une médecine de cheval, un bruit de chien, une faim canine."

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Symbolisme :


Christophe Vielle, dans un article intitulé "Matériaux mythiques gaulois et annalistique romaine : éléments antique d'un cycle héroïque celtique." (In : Etudes Celtiques, vol. 31, 1995. pp. 123-149) fait de l'apparition de Catubodua sous forme de corneille, un motifème capital du héros celte :


"De la comparaison des données romaines et irlandaises, l’on pourrait être tenté de procéder à la reconstruction des éléments de la geste héroïque gauloise. On peut en effet dégager une série d’éléments communs et correspondants, concernant les traits caractéristiques du héros « de la tribu ». Celui-ci serait donc de taille et de force extraordinaires, anormalement jeune, et au corps resplendissant sous ses ornements - torque et bracelets d’or, tunique (rouge ? couleur de la guerre) - et par son armement (bouclier, épée ou javelot). Quant à son mode de combat, il se retrouverait seul à se battre, en se présentant à la frontière des deux armées et en défiant en duel ses adversaires, qu’il décapiterait après les avoir vaincus (et qu’il dépouillerait de leur torque ?).

Tout cela pourrait bien sûr s’être passé réellement et ne pas relever spécifiquement du mythe héroïque, mais ici il y a en outre deux motifèmes qui ne peuvent être, eux, que mythiques. Le premier sont les contorsions magiques du héros, qui suivent son cri puissant : il se transforme et se fait monstrueux, avec notamment sa langue qui sort de sa bouche telle un flot de feu, et ses forces s’en trouvent décuplées. Le second est l’intervention de la déesse guerrière - Catubodua comme le théonyme gaulois est attesté (1)- sous la forme d'une corneille, qui apparaît au-dessus du héros et l'assiste en criant et en harcelant son adversaire.

Or ces deux motifèmes se trouvent précisément illustrés par l’iconographie antique. Le premier, celui des contorsions magiques, est représenté sur des monnaies gauloises (notamment des statères armoricains) où l’on peut clairement distinguer le visage d’un héros en contorsion, avec notamment une distension de la bouche d’où sort la langue telle un flot ou une flamme, comme l’a montré l’analyse minutieuse de M.-L. Sjœstedt, tandis que Cicéron (de Oratore, II, 66, 266) nous a laissé une description du bouclier cimbre de Marius, sur lequel était représenté un Gaulois « contorsionné, la langue tirée, les joues pendantes » (distortum, eiecta lingua, buccis fluentibus). On ajoutera ici qu’un autre phénomène faisant partie des contorsions de Cù Chulainn, celui des lumières s’élevant au-dessus de la tête du héros (cf. TBC I, 1. 2266, les « torches de la Bodb » ainsi que les « étincelles de feu flamboyant », na haíble tened trichemrúaid, et, 1. 2272, la fantastique « lumière du champion », lúan lâith), est également attesté dans l’iconographie celtique antique, et que si, à la différence de la langue tirée, cet élément n’a pu trouver place dans le « réalisme » annalistique, il fut sans doute présent à l’esprit du centurion (nommé Canidius dans certains manuscrits) qui, d’après Florus (II, 26), au début de notre ère aurait inspiré la terreur parmi des guerriers (celto-daces) de Mésie en usant d’un stratagème « d’une grossièreté assez barbare mais efficace » (satis barbarae, efficacis tamen... stoliditatis) : « il avait placé sur son casque des tisons incandescents qui, agités par le mouvement de son corps, lançaient des flammes, comme si sa tête était en feu » (foculum gerens super cassidem, agitatum motu corporis, flammam uelut ardenti capite funditabat), ainsi que l’a très justement remarqué G. Murphy.

Le second motifème, celui de l’intervention, au cours du combat, de la déesse sous forme de corneille, est représenté sur des urnes étrusques à thèmes gaulois où l’on voit un guerrier grec (c'est-à-dire un ennemi des Gaulois) qui s’effondre, le visage attaqué par un oiseau, comme l’a bien montré R. Bloch qui insiste sur le fait que ces urnes illustrent ainsi le motifème celtique « dans son état pur », « selon sa teneur originelle », comme elles le font par ailleurs avec les thèmes mythologiques grecs (il n'y a donc pas ici de transformation, comme dans le cas de l’introduction du motifème dans le récit annalistique). On le retrouve aussi sur une gravure rupestre du Valcamonica, datant de l’âge du Fer, où l’on peut voir un volatile intervenant au milieu d’un duel entre deux guerriers « comme si l’animal allait les séparer ou décider de leur sort (...) l’oiseau [ayant] semble-t-il pour mission de protéger (...) un guerrier ».


Note : 1) Sous la forme [ClATHVBODVA, correspondant parfait de l’irlandais Bodb Catha (« Corneille du combat »), cf. Leroux & Guyonvarch 1983 (cit. note 44), pp. 69 et 102-111. Étudiée d’abord par Adolphe Pictet (1868, « Sur une déesse gauloise de la guerre », Revue archéologique, XVIII, pp. 1-17)."

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Daniel Gricourt et Dominique Hollard, auteurs de "Un voyage entre deux mondes avec Épona. À propos d'un bronze gaulois inédit figurant la déesse équine" (In : De Nummis Gallicis - Mélanges de numismatique celtique offerts à Louis-Pol Delestrée - Recherches et Travaux de la Séna, 2013) attire notre attention sur l'éventuelle confusion à ne pas commettre entre  Épona et Catubodua :


"[...] Pour autant, il convient de souligner la quasi-absence de la déesse chevaline au sein des nombreuses images monétaires celtiques de la fin du second âge du Fer, et cela malgré la présence clairement perceptible d'une autre entité équestre féminine.

En effet, la cavalière armée et échevelée qui caracole, la poitrine nue, sur des monnaies d'or armoricaines et péri-armoricaines ne peut en aucun cas être Épona. Il s'agit de la déesse guerrière des Celtes, appelée la Bobd (prononcer Bove), « la Corneille » ou la Mórrigan en Irlande, et Catubodua, « la Corneille de combat », sur une inscription gallo-romaine (1) ; une divinité qui correspond en réalité à l'Athéna hellénique. (2) Elle est également figurée – ornithocéphale – sur des espèces d'argent des Celtes danubiens. Cette présence de la déesse combattante sur le numéraire celtique est naturellement liée à la relation étroite entre monnaies en métaux précieux et payement de troupes de guerriers stipendiés par des chefs ou des communautés.

[...]

La lecture de l'autre monnaie insulaire13 , un bronze du roi des Cantii Dubnovellaunos (ca. 25 av. J.-C.-5 ap. J.-C.), est bien moins évidente (Fig. 3). La divinité, qui porte une sorte de diadème, est ici sur un cheval dont le seul antérieur droit levé indique qu'il avance à faible allure, comme souvent sur les figurations d'Épona. Toutefois, deux éléments incitent à la prudence. En premier lieu, la déesse est à califourchon sur l'équidé, une posture qui, si elle est attestée par l'iconographie gallo-romaine ultérieure d'Épona, reste cependant très minoritaire14 . En second lieu, la cavalière tient derrière elle un attribut qui, selon l'interprétation qu'on en fait, induit une conclusion ou une autre. Si l'on y voit un carnyx15 ou une épée16, le personnage divin est dès lors guerrier et correspond à la Catubodua ; dans le cas d'un emblème de souveraineté, tel un sceptre, nous avons affaire à la Déesse-Mère chevaline, mais cela paraît beaucoup moins vraisemblable que dans le cas précédent."


Notes : 1) Sur l'épiclèse Catubodua : X. DELAMARRE, op. cit., 2003, p. 111. La version continentale de la déesse est connue par deux inscriptions gallo-romaines : l'une découverte à Mieussy en Haute-Savoie, sous le théonyme transparent de [C]athubodua Aug(usta) (CIL XII, 2571), l'autre à Herbitzheim, Bas-Rhin (CIL XIII, 4525), où elle est invoquée comme Victoria [C]assi[b]odua, nom qui ici pourrait signifier « la Corneille chevelue », ou « la Corneille d'airain » (X. DELAMARRE, op. cit., 2003, p. 109-110).

2) B. SERGENT, Le livre des dieux. Celtes et Grecs, II, Paris, 2004, p. 423-463. Nous sommes toutefois en désaccord avec notre savant collègue sur le fait que la Bobd pourrait être aussi la correspondante d'Épona par l'intermédiaire de l'irlandaise Macha (p. 439), une équation défendue en son temps par J. GRICOURT, « Épona - Rhiannon - Macha », Ogam, 6, 1954, p. 25-40, 75-86, 137-138, 165-188, 269-272. Car si celle-ci, qui offre un aspect chevalin, est bien la Bobd/Mórrigan et de la sorte l'homologue d'Athéna hippia, Épona et Rhiannon représentent un modèle féminin distinct qui a son équivalent dans la mythologie grecque : Déméter, la déesse incarnation de la Terre-Mère féconde."

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