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  • Anne

La Grive




Étymologie :

  • GRIVE, subst. fém.

Étymol. et Hist. 1. 1280-90 ornith. (G. de Bibbesworth, Traité, éd. A. Owen, 32) ; 1456-67 plus estourdy [var. de la fin de 1486 : saoul] que une grive (Cent Nouvelles Nouvelles, éd. Fr. P. Sweetser, VI, 44) ; 2. 1628 arg. « guerre » (Le Jargon de l'Argot réformé, 42 ds Sain. Sources arg. t. 1, p. 234) ; p. ext. 1821 « troupe, armée » ici en partic. « corps de garde » (Ansiaume, loc. cit.). 1 fém. de l'a. fr. grieu, griu 1119 (Ph. de Thaon, Comput, 1553 ds T.-L.) du lat. greacus, v. grec, la grive étant un oiseau migrateur dont on pensait qu'il hivernait en Grèce. 2 d'orig. obsc.; aucune des hypothèses − emploi métaphorique de 1, l'oiseau étant particulièrement querelleur (FEW t. 4, p. 212 a), ou forme altérée et subst. du fém. de l'a. fr. grief « pénible », grief* (Lar. Lang. fr.) − n'étant réellement satisfaisante.


Lire également la définition du nom grive afin d'amorcer la réflexion symbolique.




Symbolisme :

Selon Didier Colin, auteur du Dictionnaire des symboles, des mythes et des légendes ( (Hachette Livre, 2000) :


"Ce petit passereau de la même famille que le merle tient son nom des marques ou petites tâches brunes qu'il porte sur son plumage blanc, tandis que ses ailes sont brunes, marques dont il semble "criblé" - le latin cribrum, "crible", ayant fini par donner grivel en ancien français, puis "grive". Le chant bruyant de la grive musicienne, notamment, que l'on trouve dans toute l'Europe, ressemble à celui du merle, dont il se distingue toutefois par le fait qu'elle aime à répéter plusieurs fois différents motifs Si l'on dit communément "saoul ou étourdi comme une grive", c'est tout simplement parce que ce petit oiseau de 20 ou 22 centimètre adore le raison dont elle se gorge lors de la période des vendanges, juste avant de migrer vers les régions d'Europe méridionale ou d'Afrique du Nord.

Depuis des temps immémoriaux, dans toutes les campagnes d'Europe, on sait qu'entendre le chant de la grive est annonciateur de pluie. Ainsi, ce petit oiseau familier a joué un grand rôle augural chez nos proches ancêtres. On pensait même qu'il était un signe de longévité et qu'en manger pouvait rendre la vie plus longue. Son chant timbré, si distinctif et mélodieux, a beaucoup impressionné l'imaginaire des hommes et des femmes du Moyen Âge. A cep point qu'ils crurent y reconnaître le chant de l'oiseau du paradis, porteur de la Bonne Nouvelle chère aux Chrétiens."

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Contes et légendes :

D'après Jean-Jacques Brochier dans son Anthologie du Petit Gibier :


« La meilleure est la grive de vigne, ou musicienne, c’est elle qui chante le mieux. Particulièrement à l’époque des vendanges, quand elle se gorge de raisins bien mûrs, qui la rendent pompette. De là la légende de ces grives saoules qu’on poursuivait entre les rangs de vigne et qu’on prenait à la main, ou d’un revers de casquette, treize à la douzaine. On a lu ça cent fois dans les livres, mais que celui qui a assisté personnellement à la chose me fasse signe. Je promets de le régaler d’une fricassée dont il se souviendra. Dans les mêmes livres, on dit aussi que les grives s’abattaient en si grand nombre sur les ceps qu’il fallait battre le tambour jour et nuit pour sauver la vendange. »

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