Blog

  • Anne

La Moule



Étymologie :

  • MOULE, subst. fém.

Étymol. et Hist. 1. 1240-80 moulles «mollusque lamellibranche comestible» (Baudouin de Condé, Dits et contes, 159, 180 ds T.-L.) ; 1690 moules d'eau douce dans les rivières et les étangs (Fur.) ; 2. 1878-79 «personne peu dégourdie» (La Petite lune, n°27, p. 4). Du lat. musculus «même sens».


Lire également la définition du nom moule pour pouvoir amorcer la réflexion symbolique.




Zoologie :

*

*




Croyances populaires :

Selon Ignace Mariétan, auteur d'un article intitulé "Légendes et erreurs se rapportant aux animaux" paru dans le Bulletin de la Murithienne, 1940, n°58, pp. 27-62 :


Sur les rochers, au bord de la mer, on voit souvent des Anatifes, sorte de Moules à long pédoncule. Leur véritable état civil a été établi vers 1835 à la suite des recherches du naturaliste anglais Thomson. Depuis une époque infiniment lointaine, il régnait, à leur sujet, une légende tenace, celle de la naissance des Canards aux dépens d'Anatifes. Les uns faisaient pousser les Anatifes sur quelque arbre au bord de la mer, et ces « fruits » s'ouvraient pour l'éclosion des oiseaux ; d'autres, moins riches d'imagination, affirmaient « avoir vu » sortir les jeunes Canards des coquilles flottantes.

*




Symbolisme :

Selon Mircea Eliade, auteur de Images et symboles (Éditions Gallimard 1952, renouvelé en 1980) :

Le rôle des coquillages dans les croyances funéraires :

En dehors de l'huître pei, le culte funéraire chinois utilisait encore la plus grande et la plus fine des moules, shen. Moules et coquilles bivalves étaient posées au fond de la tombe. Cheng Hûan commente ainsi cet usage : "Avant de descendre le cercueil, on doit recouvrir de shen le fond de la tombe afin d'empêcher l'humidité."

*

*

Dans Le Livre des superstitions, Mythes, croyances et légendes (Éditions Robert Laffont S.A.S., 1995, 2019) proposé par Éloïse Mozzani, on apprend que :


La moule, qui selon une croyance bretonne a été créée par le diable - pour cette raison, on répugnait à en manger -, serait capable de voler : « Si [les moules] s'ennuient ou si elles éprouvent le besoin de changer de place, par une nombre nuit d'hiver, avec le flot qui monte, elles se portent aussi haut qu'elles peuvent sur le rocher qu'elles habitent, puis, profitant de la marée basse, elles prennent tout à coup leur volée ».

Le suc des moules était réputé autrefois pour soigner la rage. On croit également qu'il donne de l'embonpoint. En Normandie, l'eau dans laquelle elles avaient cuit était aphrodisiaque : « on la versait dans l'oreille des vaches pour les faire entrer en amour à n'importe quelle saison de l'année ». En Hollande, comme dans la Belgique du XVIe siècle, cette eau était donnée aux porcs, dans la croyance que cela leur profitait. Les Portugais, eux, recouraient aux coquilles de moules pour remédier aux blessures, quelle que fût leur nature.

Les moules de Charente-Maritime, et surtout de Saint-Georges-de-Didonne, passaient pour retenir dans la région ceux qui en mangeaient.

On a attribué à ces mollusques une particularité qui revient en général à l'huître : les matins de beau temps, les moules ouvrent leur coquille au-dessus de l'eau pour recueillir la rosée, qui donne naissance à des perles. Par ailleurs, dans le nord de la Bretagne, on croit que « la neige engraisse et blanchit les moules ».

*




Arts visuels :

Vincent Van Gogh, Nature morte aux moules et crevettes,


- huile sur toile - 1886 -

Van Gogh Museum (Netherlands)








*


Georges Braque, Nature morte aux moules,