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  • Anne

Le Lycoperdon géant





Étymologie :

  • LYCOPERDON, subst. masc.

Étymol. et Hist. 1803 bot. (Dict. d'hist. nat., s.v. Lycoperdite : elles [les fongites] ont quelque ressemblance avec le lycoperdon ou vesse-de-loup). Lat. sc. mod. lycoperdon 1694 (Tournefort Bot., p. 441), formé à partir du gr. λ υ ́ κ ο ς «loup», et π ε ́ ρ δ ε σ θ α ι «péter», le nom pop. de la plante étant vesse-de-loup.


Lire également la définition du nom lycoperdon pour amorcer la réflexion symbolique.


Autres noms : Langermannia gigantea ; Bovista gigantea ; Tête-d'Homme ; Tête-de-mort ; Crâne ; Vesse-de-loup géante.

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Mycologie :


D'après Jean-Baptiste de Panafieu, auteur de Champignons (collection Terra curiosa, Éditions Plume de carottes, 2013),


"Sous le nom de Bovista gigantea, il est utilisé en homéopathie, contre des troubles gynécologiques et dermatologiques.


Le Géant : Ce lycoperdon a les mêmes caractéristiques que les petites vesses-de-loup : sa chair blanche, d'abord comestible, se dessèche bientôt en une poussière sombre constituée de milliards de spores (on a même estimé sa production à 7 000 milliards de spores !). Mais la vesse-de-loup géante est réellement ... gigantesque ! Paulet la comparait à une marmite, à une citrouille, ou à un crâne humain : "Son aspect est effrayant, en ce qu'on croit voir sortir de terre une tête d'homme blanche et chauve, sur la surface de laquelle rampent comme des veines ramifiées." De son côté, Bulliard, rapportait : "Des personnes dignes de foi m'ont assuré en avoir vu dont le diamètre avait près de 3 pieds", soit plus de 90 cm. Elle pourrait alors atteindre un poids de 25 livres. Mais, ajoute-t-il, "il arrive fréquemment qu'avant d'être parvenue au dernier terme de son développement, un coup de vent brise sa racine et la fait rouler sur la terre comme une boule. J'ai souvent vu les chiens de chasse courir après cette vesseloup comme après un lièvre qui aurait débuché [quitté son refuge]".


Narcotique pour abeilles : Si le lycoperdon est comestible jeune, on utilisait aussi sa chair séchée pour faire de l'amadou ou des compresses. Mais ce champignon avait autrefois un autre usage. En 1634, Charles Butler, pasteur et apiculteur, publiait le premier ouvrage anglais consacré aux abeilles, The Feminine Monarchy. Il y expliquait comment endormir les abeilles à l'aide du lycoperdon géant. Il fallait en embraser un morceau séché de la taille d'un oeuf et le disposer dans une boîte placée sous la ruche, le tout étant recouvert d'un drap. Le bourdonnement s'intensifiait d'abord puis déclinait, au fur et à mesure que les abeilles s'endormaient et tombaient dans la boîte. On frappait les parois de la ruche de manière à en décrocher les insectes. En France, le lycoperdon ne semble pas avoir été employé à cet usage, même si certains naturalistes s'intéressaient à cette action du champignon. Selon le médecin et botaniste François Cordier, vers 1870, "la fumée des Lycoperdons passe pour posséder des propriétés anesthésiques, c'est-à-dire de nature à abolir la sensibilité générale... On a même fait usage de ces plantes comme substitut du chloroforme". A la fin des années 1950, des chercheurs ont isolé du lycoperdon génant un extrait nommé calvacine qui montrait au laboratoire une forte activité antitumorale. Mais la calvacine contenait de nombreux composés différents et avait de forts effets secondaires, tels que des atteintes du foie, des poumons et des muscles, et provoquait une anorexie des animaux testés.


On s'en paye une tranche : Selon un journal anglais de 1869 : "Vittadini, grande autorité italienne en fait de champignons, recommande de ne prendre, quand on le peut, qu'une tranche à la fois du "Géant", et alors d'avoir soin de ne pas changer le champignon de position. Cette amputation non seulement ne l'empêche pas de pousser, mais elle l'empêche de mourir, et de la sorte on peut durant une semaine avoir tous les jours une omelette avec la même Vesse-de-loup."

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