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  • Anne

Le Laurier-rose



Botanique :

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Symbolisme :


D'après Nicole Parrot, auteure de Le Langage des fleurs (Éditions Flammarion, 2000) :


"Ses petites fleurs blotties au creux de feuilles rigides, brillantes et odorantes claironnent : "triomphe ! gloire !". Et ajoutent "je suis le plus heureux". A vous de savoir si le laurier-rose est heureux de son triomphe ou du vôtre, ou des deux à la fois. Lorsque ses fleurettes sont roses, il se fait sentimental et invoque votre beauté et votre douceur. Lorsqu'elles sont blanches, il reconnaît son indécision devant l'amour. Ou vous reproche la vôtre.

Le laurier-rose fleurit, sculpté sur les murs des tombeaux des pharaons. Il embaume là où il fait bon vivre, dans les jardins Boboli à Florence, autour des statues de la villa Médicis à Rome ou dans les patios de Cadix. Quant aux couronnes de feuilles de laurier, sous l'Antiquité, elles récompensaient grands hommes, artistes, savants, héros, dieux et déesses. Napoléon, qui pensait que la belle couronne verte faite de deux rameaux encadrant son front seyait à sa modestie, la remit à la mode. Elle envahit alors irrésistiblement les bas-reliefs, tapis, papiers peints et meubles Empire.

Mucha, créateur à la Belle Epoque, des plus belles affiches du siècle, mêlant en arabesques femmes et fleurs rares, arme Sarah Bernhardt d'une branche de laurier haute comme elle et lui compose une couronne de fleurs de laurier. Ce somptueux portrait contribue à son succès durant ses tournées outre-Atlantique? Quant aux jeunes filles et jeunes gens de l'an 2000, ils portent tous, ou presque, une couronne de laurier invisible puisque, en tant que bacheliers, ils sont "baccalarii", "porteurs de baies de laurier".


Mot-clef : "Mon cœur balance"

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Littérature :


Le Laurier du Généralife

Dans le Généralife il est un laurier-rose, Gai comme la victoire, heureux comme l’amour. Un jet d’eau, son voisin, l’enrichit et l’arrose ; Une perle reluit dans chaque fleur éclose, Et le frais émail vert se rit des feux du jour. Il rougit dans l’azur comme une jeune fille ; Ses fleurs, qui semblent vivre, ont des teintes de chair. On dirait, à le voir sous l’onde qui scintille, Une odalisque nue attendant qu’on l’habille, Cheveux en pleurs, au bord du bassin au flot clair. Ce laurier, je l’aimais d’une amour sans pareille ; Chaque soir, près de lui j’allais me reposer ; À l’une de ses fleurs, bouche humide et vermeille, Je suspendais ma lèvre, et parfois, ô merveille ! J’ai cru sentir la fleur me rendre mon baiser…


Généralife, 1843.

Théophile Gautier, "Le Laurier du Généralife" in Espana, 1845.

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